L'Angevin forme une ancienne population de petits chevaux rustiques de robe baie, élevée près d'Angers en France. Sous l'influence de l'administration des haras nationaux, la race est croisée avec le Pur-sang, prend de la taille et devient un cheval de selle demi-sang réputé pour son usage militaire, également connu sous le nom de demi-sang d'Angers, particulièrement au cours du , de 1833 à 1850.

L'élevage de ce cheval accompagne la forte demande des remontes militaires en région angevine, mais la concurrence des chevaux Vendéens et Anglo-normands, tout comme l'arrivée de l'automobile, fait entrer cet élevage en crise au début du . La disparition de la cavalerie militaire et l'orientation de toutes les populations régionales de chevaux de service vers le sport entraînent l'inclusion des chevaux Angevins dans la race nationale du Selle français, en 1958.

Histoire

L'histoire du cheval Angevin peut être mise en parallèle avec celle de nombreuses populations chevalines régionales durant le , époque où des programmes de zootechnie transforment les chevaux autochtones des provinces françaises en introduisant des étalons étrangers via les haras nationaux français, afin de créer de nouvelles races destinées à l'armée. Le cheval arabe et le Pur-sang sont considérés comme des améliorateurs. Ce type de croisement, à savoir une jument autochtone, à orientation carrossière ou militaire., et un étalon Pur-sang, est reconnu en 1914 sous le nom de « demi-sang ». On trouve des chevaux « demi-sang » dans de nombreuses régions françaises, régions dont ils tirent généralement leur nom..

Le statut de race aux chevaux Angevins., qui doivent leur nom à leur principale région d'élevage, autour d'Angers.. Depuis leur fusion avec le Selle français en 1958, et en l'absence de l'établissement d'un stud-book, il n'est désormais plus possible de trouver des chevaux de ce type.

Origines D'après Eugène Gayot, avant 1812, la notion de « cheval Angevin » est absente, et les chevaux de la région ne portent pas de nom particulier. Il existe toutefois une source de 1783 pour parler de la foire d'Angers .. Avant 1789, il n'y a pas plus d'une trentaine d'étalons dans tout l'Anjou, et en 1804, après les guerres révolutionnaires, seuls quatre étalons peuvent être rassemblés à Angers. L'administration des haras y établit un dépôt et le nombre d'étalons stationnés croît dès lors régulièrement..

Les chevaux autochtones de l'angevin avant les croisements Avant les croisements avec des chevaux de sang, les chevaux Angevins sont « petits, faibles et mal construits »., ils vivent toute l'année sur de pauvres pâtures ou des terrains communaux, se reproduisent au hasard et sans contrôle avec de jeunes étalons castrés à deux ou trois ansArch. dép. Maine-et-Loire, État de l’agriculture dans le Baugeois, 1814, Récolte des fourrages, arrondissement de Segré, 1834, Enquête sur les chevaux, 1833, Enquête du Premier Empire sur les chevaux du Baugeois, cités par ., sont très rustiques et ne coûtent presque rien à entretenir. Les agriculteurs les mettent au travail et ne leur donnent pas d'autre nourriture que celle qu'ils peuvent glaner dans les marais ou les pâtis, pâtures et prairies artificielles sont rares. Ils les prennent le matin pour faire le travail, et les reconduisent le soir.. Un propriétaire parle en 1810 de « mauvaise race » dans la vallée de l’Authion, ajoutant que « l’on voit jusqu’à 8 chevaux employés dans des terres légères, où deux chevaux de Brie, ou de Beauce, avec un seul laboureur, feraient le double travail », mais reconnaît que le faible coût de revient et la robustesse de ces chevaux conviennent aux cultivateursLettre de Bertrand de Narcé de Brain-sur-l’Authion, 1810, cité par ..

En 1814, ils sont vendus, à l'âge de , 180 francs maximum au Lion-d’Angers, à Briollay et à Châteauneuf. Leur prix peine à atteindre les à l’ouestStatistique de 1814, Ministère de l’Instruction publique, 1914, cité par .. Des chevaux de trait réputés sont importés de Bretagne et de Normandie.

Marché du cheval de cavalerie vignette|upright=1.5|Le Lion-d'Angers est historiquement et culturellement un haut lieu de l'élevage du cheval Angevin. Ici, une vue depuis l'hippodrome.|alt=Photo panoramique d'un hippodrome verdoyant.

L'industrie chevaline s'implante dans les départements qui constituent l'ancien comté du Maine et l'Anjou, depuis une époque qui ne remonte pas au-delà de 1830, et de telle façon qu'elle alimente en chevaux de cavalerie légère et surtout de cavalerie de ligne le dépôt de remonte d'Angers.. Après la Révolution française, cet élevage se met en place près de Segré, D'après l'hippologue Eugène Gayot, « de 1812 à 1850, c'est-à-dire en moins de quarante ans, la population de chevaux a presque doublé » dans l'Anjou, passant de têtes à plus de . Le dépôt de chevaux militaire d'Angers est créé en 1841, il achète des animaux de selle à un prix avantageux, pour toutes les armes et surtout pour la cavalerie légère, l'artillerie et la ligne. Le succès de l'élevage du cheval Angevin est attribué, d'une part, aux qualités du climat tempéré en Anjou, d'autre part, à l'influence positive des croisements effectués avec le Pur-sang sous la houlette de l'administration des haras nationaux. Une raison invoquée par le Journal des haras est le développement des courses de chevaux Pur Sang en Anjou sur la même période, des juments poulinières sont alors importées..

Les progrès de l'agriculture permettent aux paysans de se procurer plus facilement du fourrage, l'assèchement des marais entraîne la récupération de terrains pour mettre des chevaux en pâture. Pour l'École Impériale Vétérinaire de Toulouse, l'administration des haras n'agit cependant ni dans l’intérêt des éleveurs de chevaux, ni dans celui des chevaux eux-mêmes. En poussant les plus pauvres paysans d'Anjou, qui possèdent des juments défectueuses, à accepter la saillie par un étalon Pur-sang, les haras nationaux provoquent la naissance de poulains chétifs que l'éleveur paysan ne peut pas nourrir..

L'élevage du cheval Angevin, très actif près du Lion-d’Angers, entre en crise au début du en raison de la concurrence de la Normandie et de la Vendée, qui produisent des chevaux de selle militaires, mais aussi de l'arrivée de l'automobile, qui remplace peu à peu les chevaux de luxe des riches propriétaires.. Le préfet du département conseille l’élevage du cheval de traitDépôts d’étalons, Rapport du préfet, 1908, cité par .. Le nombre de chevaux en Maine-et-Loire continue à augmenter jusqu'à l'arrivée de la Première Guerre mondiale, qui provoque un recul général des effectifs d'animaux d'élevage.

Croisements vignette|gauche|La souche d'origine de l'Angevin est influencée par le cheval breton.|alt=Gravure d'un petit cheval rustique à la robe claire.

Les premiers croisements entre le cheval autochtone de la région angevine et les étalons de Pur-sang remontent aux années 1807 à 1815, lorsque le château de Craon est confié à l'administration des haras.. Le but est d'obtenir des animaux plus grands, mais toujours compacts et solides.. Depuis 1806, 220 étalons, dont 22 Arabes ou Pur-sangs, se sont succédé dans le pays, ont fait la monte dans la circonscription des haras d'Angers, et donné les produits qui ont fondé les chevaux Angevins.

En 1840, il : « produits industriels » et résultats de sangs mêlés, de croisements renouvelés, , il y a , ressemblant de plus ou moins loin au Pur-sang. L'influence des étalons royaux est visible, en particulier ceux stationnés à Angers. Les érudits de l'époque leur attribuent les changements physiques positifs observés chez le cheval Angevin.., et l'administration des haras s'attribue la création du « cheval Angevin », particulièrement développé entre 1833 et 1850..

vignette|Exemple de Pur-sang, race avec laquelle a été croisé l'Angevin.|alt=Un cheval alezan pose de profil, juste équipé d'un licol. À Beaupreau et Segré, ces chevaux sont pour le plus grand nombre le résultat des Pur-sangs et Anglo-normands du haras, avec les petites races du pays ou avec d'assez fortes juments bretonnes.. En 1852, Eugène Gayot remarque « chez une grande partie de la population équestre angevine des caractères particuliers » qui « la montrent comme une famille à part, comme un groupe assez important par le mérite et par le nombre, pour prendre rang désormais parmi les productions les plus utiles de l'espèce », bien que les chevaux manquent encore un peu d'homogénéité.. Alexandre-Bernard Vallon et André Sanson les décrivent comme « une espèce métis » proche du type anglo-normand....

Le cheval de travail des paysans est, en revanche, croisé avec des Bretons et des Percherons. En 1928, les Percherons sont en tête des races équines de Maine-et-Loire, au détriment des bœufs qui, d'animaux de traction, deviennent des animaux de rente dans tout l’Ouest de la France.

Mode d'élevage L'administration des haras reproche à l'élevage paysan le manque de soins accordés aux animaux, et le fait que ces derniers travaillent les mois d'été sans être nourris d'avoine.. La plupart des éleveurs enferment les chevaux, en hiver, dans des écuries basses, chaudes et humides, où l'air et la lumière pénètrent difficilement. Le pansage est à peu près inconnu. Les chevaux restent dans les prés, les marais et les jachères, jusqu'au moment où les neiges ou les inondations obligent à les retirer, et n'y reçoivent pas d'autre nourriture que celle qu'ils trouvent. Ces conditions hygiéniques nuisent à leur développement physique, mais elles les rendent dociles, doux, sobres et rustiques ; ceux qui réunissent les conditions nécessaires pour entrer dans l'armée s'acclimatent facilement et promptement dans les corps, ils y font un bon service...

La nature marécageuse et humide du sol de Maine-et-Loire, qui donne du foin mou et de mauvaise qualité, nuit à l'élevage du cheval.. Dans l'ouest, le sol argileux et acide ne permet pas de faire pousser des céréales, c'est pourquoi 10 à 20 % des surfaces agricoles servent à l'alimentation animale, contre 5 à 10 % dans l'est du département. Seules les vallées du Segréen fournissent des chevaux de qualité, cité par .Giraud, 1862, et 60, cité par .. L’amélioration de l’alimentation donnée aux chevaux se traduit par de bons résultats physiques., au cours du , les prairies artificielles, les cultures fourragères et le chaulage se développent : en ajoutant de la chaux, l’acidité du sol diminue et l'apport de calcium améliore les cultures à destination des animaux d'élevage..

Disparition vignette|Le Selle français a été créé par fusion de toutes les races de demi-sang, dont l'Angevin, pour la pratique du sport.|alt=Photo d'un cheval bai et se son cavalier au plané d'un gros oxer rouge et blanc. Au en France, les corps de cavalerie, les chevaux de train et d'artillerie deviennent obsolètes durant la Première Guerre mondiale, et cessent définitivement d'être achetés et employés à cet usage après la Seconde. Parallèlement, les populations locales de chevaux militaires, dont les effectifs baissent sur cette même période, commencent à être montées pour le sport et les loisirs. Il devient alors nécessaire de créer une race chevaline de sport nationale. En 1958, la création du « Selle français » est officialisée, regroupant tous les anciens chevaux demi-sang régionaux d'origines connues, y compris les Angevins. Les premiers Selles français sont peu homogènes, mais offrent une grande diversité génétique, complétée par de nouveaux croisements avec des Pur-sangs, Anglo-arabes et Trotteurs français..

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