Greenpeace ( « paix verte ») est une organisation non gouvernementale internationale (ONGI) de protection de l'environnement présente dans plus de à travers le monde. Fondée en 1971 par les militants du mouvement visant à s'opposer aux essais nucléaires aux États-Unis, l'organisation Greenpeace est un groupe de plaidoyers luttant contre ce qu'elle estime être les plus grandes menaces pour l'environnement et la biodiversité sur la planète.
Historique Origines À la fin des années 1960 et au début des années 1970, le militantisme pacifique est bien connu du grand public, mais le principe de protection de l'environnement n'en est qu'à ses balbutiements. C'est justement la combinaison de ces deux concepts qui va conduire à la création de Greenpeace : vert (« green ») et paix (« peace »). En effet, à cette époque, au Canada, trois groupes se forment afin de promouvoir la paix et l'action environnementale : la Scientific Pollution and Environmental Control Society (SPEC), les Green Panthers et un dernier groupe lié à l'association américaine écologiste Sierra Club. Ce sont les essais nucléaires menés depuis 1965 par les États-Unis sur l'île d'Amchitka en Alaska qui marquent le début de l'aventure..
En 1969 notamment, les Américains annoncent qu'un test d'une grande envergure, utilisant une bombe d'une mégatonne, aura lieu à Amchitka. Un journaliste de Vancouver, Bob Hunter, écrit alors dans le journal Vancouver Sun que les explosions près d'une ligne de faille pourraient déclencher un tremblement de terre et un tsunami destructeur : « Les États-Unis vont commencer à jouer à la roulette russe avec un pistolet nucléaire pressé contre la tête du monde qui pourrait balayer d'un bout à l'autre du Pacifique ». Cette annonce engendre la naissance d'une campagne intitulée Don't Make a Wave (« Ne faites pas de vague ») dont l'objectif est de protester contre les essais nucléaires. Malgré tout, en , la bombe explose, à 4 000 pieds de profondeur, et les États-Unis annoncent un mois plus tard qu'un second test est prévu pour 1971, avec une bombe cinq fois plus puissante.
Même si aucun tsunami n'a finalement lieu, les membres des groupes souhaitent s'engager plus activement contre ces essais. Grâce aux fonds récoltés lors d'un concert-bénéfice organisé le au Pacific Coliseum de Vancouver, le comité Don't Make a Wave affrète un bateau de pêche, le Phyliss Cormack, et le rebaptise « Greenpeace » pour le voyage. Le marque donc le début du mouvement international de Greenpeace. Ce jour-là, un groupe hétéroclite de 12 militants embarque sur le chalutier de pêche : le propriétaire du bateau John Cormack, les écologistes Jim Bohlen, Bill Darnell et Patrick Moore, le médecin Lyle Thurston, l'ingénieur Dave Birmingham, le géographe Terry A. Simmons, le politologue Richard Fineberg, les journalistes Bob Hunter, Ben Metcalfe et Bob Cummings, l’activiste Paul Watson enfin le photographe Bob Keziere.
Le chalutier n'atteint pas la zone d'explosion car il est intercepté par un navire de la Garde côtière américaine.. Ce dernier force les militants à rebrousser chemin, mais plusieurs membres d'équipage signeront ensuite une lettre de soutien au comité. Dès 1972, notamment grâce à l'attention des médias sur les actions des militants pour une paix verte, les États-Unis cessent leurs essais nucléaires atmosphériques.. Le comité décide donc de changer officiellement son nom : c'est ainsi que le bureau provincial des sociétés à Victoria enregistre le le nom de ..
Années 1970 Greenpeace décide de continuer son combat et se concentre ensuite sur les essais nucléaires atmosphériques français sur l'atoll de Moruroa en Polynésie française. La jeune organisation a besoin d'aide pour ses protestations qu'elle trouve auprès de David McTaggart, un ancien homme d'affaires canadien qui navigue désormais dans le Pacifique à bord de Vega, son voilier de 12,6 mètres. En 1972, le voilier est rebaptisé Greenpeace III et se rend dans la zone d'exclusion de Moruroa pour tenter de perturber les essais nucléaires français. Le navire est finalement écarté par les autorités françaises mais David McTaggart décide d'y retourner l'année suivante. Malheureusement, en tentant violemment d'arrêter la manifestation, la marine française blesse ce dernier à l'œil. Cependant, l'incident est photographié et rendu public. En 1974, la France décide de cesser ses essais nucléaires atmosphériques.
Alors que les actions de Greenpeace sont d'abord centrées sur un objectif de paix anti-nucléaire, l'organisation commence à se concentrer davantage sur les questions environnementales à partir de 1975. En effet, le Phyllis Cormack part affronter les baleiniers soviétiques sur la côte de Californie. Leur objectif : perturber la chasse en se plaçant entre les harpons et les baleines. A bord du navire, 13 militants de Greenpeace sont présents, dont leur premier officier Paul Watson qui sera si choqué par l'aventure qu'il fondera en 1977 l'ONG Sea Shepherd Conservation Society afin de se consacrer à la défense des océans...
vignette|Première réunion internationale de Greenpeace, à Vancouver au Canada, en 1977, en présence de représentants de la fondation Greenpeace Canada et des bureaux du Canada, des États-Unis, du Royaume uni, de France et d'Australie En 1979, Greenpeace devient une organisation internationale quand les bureaux présents dans différentes régions du monde fusionnent afin de constituer Greenpeace International. C'est David McTaggart qui, grâce à son intervention pour mettre fin aux essais nucléaires de la France, en deviendra le Président.
Années 1980 vignette|267x267px|Le Rainbow Warrior (ici en 2018) À la fin des années 1970 et au début des années 1980, Greenpeace a aussi pour objectif de perturber la chasse aux phoques. Dans le golfe du Saint-Laurent au Canada en 1982 par exemple, les activistes aspergent près de 150 bébés phoques du Groenland avec un colorant vert inoffensif dans le but de rendre les peaux commercialement inutilisables.. La même année, l'Europe décide d'arrêter définitivement l'importation de peaux de bébés phoques. En outre, la Commission Baleinière Internationale (CBI) met en place un moratoire international sur la chasse commerciale à la baleine, ratifié par un grand nombre de pays et entré en vigueur en 1986. Il interdit officiellement la pêche de ces animaux.. Autre combat de Greenpeace, la lutte contre les déchets toxiques rejetés en mer, récompensée par la mise en place en 1983 d'un moratoire sur l'immersion des déchets radioactifs par la Convention de Londres, confirmé en 1993.
1985 marque l'histoire de l'ONG qui perd l'un de ses activistes à la suite d'un attentat commis par les autorités françaises contre leur bateau, le Rainbow Warrior I. En 1978, Greenpeace lance en effet le premier Rainbow Warrior (littéralement « Guerrier de l'arc-en-ciel »), un ancien chalutier de pêche nommé ainsi d'après le livre Warriors of the Rainbow, qui a inspiré Bob Hunter, l'un des premiers activistes, lors du premier voyage à Amchitka. Décoré d'un arc-en-ciel, le navire est utilisé par Greenpeace dans ses campagnes entre 1978 et 1985, contre la chasse aux baleines, aux phoques ou encore le déversement en mer de déchets radioactifs. En 1985, alors que le Rainbow Warrior est parti protester contre les essais nucléaires français dans le Pacifique, il est coulé dans le port d'Auckland en Nouvelle-Zélande par les services secrets français à la demande du ministre de la Défense de l'époque, Charles Hernu. Le Rainbow Warrior fait naufrage, engendrant le décès du photographe d'origine portugaise Fernando Pereira..
En 1989, l'organisation installe son siège à Amsterdam (Pays-Bas), d'où sont définies et coordonnées les campagnes de l'ONG..
Années 1990 vignette|Actions régulières contre les groupes pétroliers (ici au siège britannique d'Esso en 2003)|283x283px1995 est une date importante pour Greenpeace qui réussit à annuler la décision d’un géant pétrolier. En effet, cette année-là, des militants occupent la plate-forme pétrolière Brent Spar dans l'Atlantique Nord-Est car l’entreprise Shell souhaite immerger la structure qui contient des restes de pétrole et autres produits chimiques.. Les médias couvrent la manifestation. Des appels au boycott des stations-service appartenant à Shell sont lancés dans de nombreux pays européens. La pression de l'opinion publique conduit Shell à revenir sur sa décision initiale et la société accepte de démanteler l’installation pétrolière sur terre. La campagne de Greenpeace influencera l'adoption en 1998 d'un règlement administré par la Convention Oslo-Paris (OSPAR) qui interdit définitivement l'immersion en mer des plates-formes pétrolières.
1997 est également une date clé pour les militants car après la campagne menée depuis 1988 par Greenpeace et d'autres organisations en faveur d'une action urgente pour protéger le climat, les ministres des pays industrialisés adoptent le protocole de Kyoto, acceptant de fixer des objectifs juridiquement contraignants de réduction des gaz à effet de serre.
Greenpeace continue également ses combats pour la sortie du nucléaire, civil ou militaire, ainsi que sa lutte contre la pollution chimique. L’organisation lance tout au long des années 1990 diverses actions en ce sens. Par exemple, en 1991, alors que la centrale nucléaire de Cattenom en Moselle met en service son dernier réacteur, Greenpeace survole le site avec un dirigeable pour exprimer son désaccord.. En 1993, des activistes bloquent plusieurs jours l’accès à l'usine de chlore Elf-Atochem (aujourd'hui Arkema) située à Fos-sur-Mer afin de lutter contre la production de chlore. En 1998, une montgolfière envoyée par Greenpeace proteste contre les essais nucléaires de l'Inde et du Pakistan en survolant le Taj Mahal avec le slogan : « Le désarmement nucléaire, maintenant ! ».
L’organisation intensifie aussi de plus en plus son combat contre la déforestation. Par exemple, en 1998, Greenpeace se rend en Équateur afin d'étudier l'impact social, économique et environnemental de l'abattage des forêts de mangroves pour l'élevage de crevettes.
Années 2000 vignette|298x298px|Manifestations régulières contre les mines de charbon allemandes (ici en 2018) Les années 2000 sont symbolisées par les images de la statue du Christ Rédempteur habillée à deux reprises d’une banderole Greenpeace en faveur de la protection de l’environnement. En 2002, les militants se rendent en effet à Rio de Janeiro au Brésil pour protester contre les résultats du Sommet mondial sur le développement durable qui vient de se terminer à Johannesburg. Ils suspendent sur le monument emblématique de la ville une immense banderole avec le message suivant : « Rio plus 10, une seconde chance ? » en référence au Sommet de la Terre qui a eu lieu dans la ville en 1992. Les militants souhaitent ainsi signifier aux dirigeants mondiaux qui ont assisté au Sommet mondial sur le développement durable qu’ils ont manqué l'occasion de mettre fin à la pollution et à la pauvreté mondiales. Les activistes réitèrent en 2006 avec la légende « L'avenir de la planète est entre vos mains », afin d’inciter les gouvernements à agir pour la protection de la biodiversité.