Le baron László Mednyánszky (báró Mednyánszky László en hongrois, Ladislav Medňanský en slovaque), né le à Beckó (en slovaque Beckov, aujourd'hui en Slovaquie) et mort le à Vienne, est un peintre impressionniste hongrois, considéré comme l'une des figures les plus singulières de l'art hongrois de son temps.

Issu de la noblesse, il mena toute sa vie une existence itinérante entre l'aristocratie, le monde de l'art, la paysannerie et l'armée — autant de milieux qui peuplent son œuvre.

Biographie

Origines et formation

Fils d'Eduárd Mednyánszky et de Mária Anna Szirmay, issus tous deux de familles propriétaires terriennes, László Mednyánszky est le neveu du baron , prêtre et ministre de la Défense durant la révolution, et de , commandant martyr de la Révolution hongroise de 1848.

En 1861, sa famille s'installe au château de son grand-père, (aujourd'hui château de Strážky, en Slovaquie), qui deviendra le décor de nombre de ses œuvres. En 1863, le peintre autrichien Thomas Ender, de passage au château, remarque ses premiers dessins et l'encourage.

Il étudie au lycée de Késmárk (Kežmarok), puis à l'Académie des beaux-arts de Munich en 1872-1873. Insatisfait de son enseignement, il part pour Paris et entre à l'École des beaux-arts. À la mort de son professeur, Isidore Pils, en 1875, il quitte l'École et travaille en indépendant à Montmartre.

Par le mariage de sa sœur avec István Czóbel, Mednyánszky devient le beau-frère de la poétesse Czóbel Minka, qu'il encourage à écrire et dont il fait connaître les poèmes à Mór Jókai et à Zsigmond JusthLászló Márton, « Czóbel Minka : életrajz », Digitális Irodalmi Akadémia, en ligne..

Du mariage de sa soeur naît sa nièce Margita Czóbel (1891-1972), elle-même peintre amateur.

Une vie itinérante

Après 1877, Mednyánszky retourne à Nagyőr pour y peindre, puis voyage à travers l'Europe entreses résidences de Haute-Hongrie, Budapest, Vienne et Paris.

Il visite la colonie d'artistes de Szolnok à l'automne 1877, puis l'Italie en 1878. À la mort de sa mère en 1883, il vit dans une relative réclusion à Nagyőr. En 1887, il y retourne pour participer à la lutte contre une épidémie de choléra et contracte lui-même une pneumonie.

Il passe une grande partie des années 1889-1892 à Paris, où il fréquente notamment l'écrivain hongrois Zsigmond Justh, qui le compte parmi ses amis les plus proches : dans son dernier roman, Fuimus (1894), le personnage du meilleur ami du protagoniste est inspiré de MednyánszkyAlain Servantie, « Un témoignage inédit des milieux intellectuels queer parisiens en 1888. Le journal intime de Sigismond Justh », Sextant, n° 40, 2023, en ligne.. Mednyánszky réalise également un portrait de Justh, aujourd'hui conservé à la Galerie nationale slovaque (Priateľ z profilu. Zsigmund Justh).

À la mort de son père, en 1895, succède une période où il continue ses allers-retours réguliers à Nagyőr jusqu'en 1900. Il tient sa seule exposition personnelle à la galerie Georges Petit à Paris en 1897.

De 1905 à 1911, il vit à Budapest, avant de s'installer à Vienne.

Première Guerre mondiale et mort

En 1914, Mednyánszky se trouve à Budapest. Il devient correspondant de guerre sur les fronts austro-hongrois de Galicie, de Serbie et du Tyrol méridional. Au printemps 1918, il retourne à Nagyőr pour se rétablir de blessures de guerre. Après un séjour à Budapest, il meurt à Vienne au printemps 1919.

Mednyánszky était homosexuel et eut plusieurs relations avec des hommes au cours de sa vie; la plus longue et la plus importante, avec Bálint Kurdi, originaire de Vác, dura plusieurs décennies..

Opinions politiques

Avec l'homme politique hongrois Béla Grünwald, qui interdira la Matica slovenská, Mednyánszky tente de fonder une association destinée à contrer les agitateurs panslaves; il en rédige lui-même les statuts. Cette association rassemble plusieurs milliers de membresCsilla Markója, « Verekedés után, Mednyánszky a Budapest–Pozsony–Bécs háromszögben », Európai utas, 2004, p. 22-23..

Œuvre

Son œuvre, marquée par l'impressionnisme avec des influences du symbolisme et de l'Art nouveau, dépeint des paysages, le temps qu'il fait, et des figures modestes — paysans, ouvriers, vagabonds — principalement de la région des Carpates et de la Grande plaine hongroise où il a grandi. Il a aussi peint des portraits de proches et, durant la Première Guerre mondiale, des scènes de soldats.

Une partie importante de ses œuvres a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale cependant à l'approche du front en 1944-1945, Margita fait décrocher les toiles de Mednyánszky de leurs cadres, les roule et les dissimule dans des gouttières et sous un escalier, sauvant ainsi l'essentiel de l'œuvre conservée sur place. Restée seule au château jusqu'à sa mort, elle en fait don à la Galerie nationale slovaque en 1972, avec l'ensemble de la collectionKatarína Beňová (éd.), Barónka. Osudy Margity Czóbelovej (1891-1972) medzi Mednyánszkym a Robbe-Grilletom, Bratislava, Slovenská národná galéria, 2011...

Une grande partie de son œuvre est donc conservée à la Galerie nationale hongroise de Budapest et à la Galerie nationale slovaque de Bratislava Galerie

Notes et références

Voir aussi Peintres de l'Alföld Czóbel Minka Zsigmond Justh Galerie nationale slovaque

Liens externes

Catégorie:Naissance en avril 1852 Catégorie:Décès en avril 1919 Catégorie:Peintre hongrois Catégorie:Élève de l'Académie des beaux-arts de Munich Catégorie:Peintre impressionniste Catégorie:Histoire des LGBT en Hongrie Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière national de Fiumei út Catégorie:Correspondant de guerre