Plovan est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie Situation vignette|gauche|Carte de la commune de Plovan. Située sur le littoral atlantique, au milieu de la baie d'Audierne, la commune de Plovan est séparée de l'océan par un cordon de galets et possède de plage. La commune fait partie du Pays Bigouden.
Le GR 34 traverse la partie littorale de Plovan.
Relief et hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.
Le finage communal, étendu puisqu'il s'étend jusqu'aux abords du bourg de Pouldreuzic d'une part, et que sa partie nord-est aux alentours de Goarem Vez, va jusqu'à être limitrophe de la commune de Plogastel-Saint-Germain, a des altitudes allant du niveau de la mer jusqu'à au nord de Goarem Vez. Le bourg, situé vers d'altitude, est nettement excentré dans la partie sud du territoire communal. Le cordon de galets limitant à l'ouest la commune et la séparant de la Baie d'Audierne est un obstacle à l'écoulement naturel des eaux des minuscules fleuves côtiers, en fait de simples ruisseaux, comme le Quido qui sépare Plovan de Peumerit et Tréogat, ce qui explique la présence d'étangs (qui sont d'anciennes lagunes) et de paluds (lorsque les étangs finissent par être comblés par les alluvions) comme, du sud au nord, l'étang de Kergalan, celui de Guelen (tout petit), l'étang de Nérizellec et le palud de Trébanec.
La commune est délimitée à l'est et au sud par le ruisseau qui alimente l'étang de Kergalan et la sépare de Peumerit et Tréogat, au nord par un autre ruisseau qui alimente le palud de Trébanec et sert de limite avec Pouldreuzic.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlovanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de Kergalan, d'une superficie totale de ( sur la commune) et l'étang de Nérizellec ()..
Le cordon de galets
À hauteur de Plovan, les galets, gros, atteignant parfois de longueur, constitués de granite, de micaschiste ou de quartz, proviennent en grande partie des rochers du voisinage, mais certains appartiennent à une variété de diorite porphyrique dont on ne trouve pas d'affleurements dans le voisinage immédiat. Ils se sont accumulés au fil des millénaires sous l'action des courants puissants de la Baie d'Audierne et témoignent aussi de l'existence d'anciennes plages soulevéesCharles Barrois, Sur les plages soulevées de la partie occidentale du Finistère ( note), "Annales de la Société géologique du Nord", 1881, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57516918/f255.image.r=Plovan. Le Guide Joanne le décrit ainsi : « Le mugissement des lames qui roulent avec fracas sur les galets du rivage, principalement sur la levée de cailloux de Plovan et le plateau de Penhors, les cris lugubres des goélands, des cormorans, des courlis et des mouettes, frappent seuls l'oreille du voyageur sur les bords désolés de la baie. On n'y voit ni maisons, ni cultures ; on n'y entend ni les chants du laboureur, ni le bêlement des troupeaux, enfin aucun de ces bruits qui, dans la campagne, indiquent ordinairement le voisinage de l'habitation de l'homme »..
Mais le cordon de galets a beaucoup souffert des prélèvements effectués, particulièrement par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi de la circulation automobile, même si dès , un arrêté préfectoral avait interdit toute extraction côtière sur le territoire de la commune de Plovan..
Le ramassage de galets est désormais strictement interdit par arrêté municipal afin de préserver le cordon littoral subsistant.
Descriptions du paysage
Les voyageurs étaient frappés par le passé par la désolation du paysage. Adolphe Joanne par exemple écrit : « Le mugissement des lames qui roulent avec fracas sur les galets du rivage, principalement sur la levée de cailloux de Plovan et le plateau de Penhors, les cris lugubres des goélands, des cormorans, des courlis et des mouettes, frappent seuls l'oreille du voyageur sur les bords désolés de la baie. On n'y voit ni maisons, ni cultures ; on n'y entend ni les chants du laboureur, ni le bêlement des troupeaux, enfin aucun de ces bruits qui, dans la campagne, indiquent ordinairement le voisinage de l'habitation de l'homme ».
Per Jakez Helias décrit ainsi, dans le conte La rivière de Kido, de manière imagée, les conséquences de l'envasement et de l'ensablement progressif de la région :
Les étangs et leur évolution
Les étangs, longtemps considérés comme sans intérêt, ont souffert des aménagements réalisés au long du ; par exemple en 1951 Robert Corillion écrit :
En 1891 Jean-Baptiste CassardJean-Baptiste Cassard, né le à Rezé, décédé le à Rezé., originaire de Rezé, avait par exemple acheté l'étang de Kergalan et y avit entrepris de grands travaux d'assèchement pour y créer une exploitation agricole afin d'y produire des légumes et y élever des vaches..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pluguffan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Plovan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,6 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (91,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (51,9 %), terres arables (35,9 %), prairies (3,7 %), zones urbanisées (2,5 %), forêts (2,4 %), zones humides intérieures (2,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploezven en 1325., Ploezguan vers 1330, Ploeozvan en 1368, en 1395, en 1404 et en 1468, Plouezvan à la fin du , Ploeozvan en 1516, en 1535 et en 1536, Ploezvan en 1574, Plozvan en 1603 et en 1655, Ploüan en 1675, Ploan en 1705, Ploüain (?) en 1731, Plovan en 1815 et en 1828.
D'après ce relevé, la forme Plovan apparaît au .
En breton, le nom est également . C'est aussi la forme normalisée préconisée par l'Office public de la langue bretonne.
Le nom vient du breton ploe « paroisse » et de Ozvan, nom d'origine inconnue qui serait peut-être un moine breton., à moins qu'il ne s'agisse de sainte Ozvan, une sainte originaire d'Irlande qui serait venue en Bretagne pour éviter un mariage forcé..
Toutefois une autre hypothèse existe : Gorgon est un officier romain de l'entourage de Dioclétien qui fut martyrisé au début du pour avoir refusé de renier sa foi après s'être converti au christianisme. Si ce saint est quasi oublié de nos jours, il était jugé au suffisamment important pour que Bossuet en prononce deux panégyriques en 1642 et 1649. Il est possible que le clergé catholique l'ait substitué au dieu celte Gargan comme saint patron ; à Plovan plusieurs sources guérisseuses sont dédiées à saint Gorgon..
Histoire
Préhistoire
De nombreux éclats de silex ont été trouvés à Ty Nancien principalement, mais aussi à Kervouyen, Ty Lan et Kergalan par une équipe dirigée par Pierre Gouletquer, chercheur au CNRS, suggérant la présence d'habitations permanentes au mésolithique.
Le ménage de saint Kodelig (en breton ) est un ensemble de pierres situé sur la commune de Plovan. Une légende locale est rattachée à ce site mégalithique, composé d'une stèle gauloise, d'un menhir du Néolithique et d'une pierre plate brute.
Trois autres menhirs proches les uns des autres de quelques dizaines de mètres se trouvent près de Kergloglé (et du hameau de Morvé) dont l'un, situé sur la rive d'un ruisseau, est un menhir couché.. Deux autres menhirs (l'un debout, l'autre couché) se trouvent à Lespurit-Ellen.
vignette|Les deux stèles protohistoriques situées dans le placître de la chapelle de Languidou..