vignette|Un Boeing 737 d'Air Guinée Express accidenté le . vignette|Le vol US Airways 1549 finit sa course dans le fleuve Hudson.
Un accident aérien, un écrasement, un atterrissage forcé avec dégâts, une catastrophe aérienne ou l'anglicisme ., définissent un événement lié à l'utilisation d'un aéronef et qui entraîne la mort ou des blessures à une ou plusieurs personnes ou des dommages irréparables à la structure de l'appareil. Un événement qui met en cause la sécurité des vols sans conséquences sérieuses est considéré comme incident aérien. La cause peut en être purement accidentelle ou relever d'une action volontaire (suicide, sabotage, détournement ou terrorisme).
Les États peuvent établir une autorité chargée d'assurer la sécurité des vols et les enquêtes en cas d'accident. Ces agences, ainsi que quelques organismes non gouvernementaux, maintiennent des bases de données dont l'objectif est de faire progresser la sécurité.
L'élaboration de statistiques regroupant les accidents aériens en fonction de divers critères permet de sensibiliser les constructeurs, les exploitants, les équipages, les contrôleurs aériens, les services de maintenance, en identifiant les causes primaires ou secondaires des accidents.
Plusieurs éléments peuvent contribuer à un accident, comme des défauts de fonctionnement, des conditions météorologiques difficiles ou des collisions (au sol ou en plein vol).
Entre le et le , il y aurait eu près de sur un total de 5 milliards de passagers..
Définitions L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) distingue ainsi les accidents et les incidents :
Accident aérien Un accident aérien est un événement, lié à l'utilisation d'un aéronef, qui se produit entre le moment où une personne monte à bord avec l'intention d'effectuer un vol et le moment où toutes les personnes, qui sont montées dans cette intention, sont descendues, et au cours duquel : une personne est mortellement ou grièvement blessée du fait qu'elle se trouve : dans l'aéronef, ou en contact direct avec une partie quelconque de l'aéronef, y compris les parties qui s'en sont détachées, ou directement exposée au souffle des réacteurs, sauf s'il s'agit des lésions dues à des causes naturelles, de blessures infligées à la personne par elle-même ou par d'autres ou de blessures subies par un passager clandestin caché hors des zones auxquelles les passagers et l'équipage ont normalement accès ; ou l'aéronef subit des dommages ou une rupture structurelle, qui altèrent ses caractéristiques de résistance structurelle, de performances ou de vol, et qui devraient normalement nécessiter une réparation importante ou le remplacement de l'élément endommagé, sauf s'il s'agit d'une panne de moteur ou d'avarie de moteur lorsque des dommages sont limités au moteur, à ses capotages ou à ses accessoires, ou encore de dommages limités aux hélices, aux extrémités d'ailes, aux antennes, aux pneumatiques, aux freins, aux carénages ou à de petites entailles ou perforations du revêtement ; ou l'aéronef a disparu ou est totalement inaccessible.
Incident aérien Un incident aérien est un événement autre qu'un accident, lié à l'utilisation d'un aéronef qui compromet ou pourrait compromettre la sécurité de l'exploitation.
L'objectif de l'OACI est la recommandation de processus d'analyse des accidents pour en rechercher les causes et en déduire des actions permettant d'améliorer la sécurité. Le rapport d'accident établit la cause primaire et, souvent, l'enchaînement de causes secondaires qui ont participé à la constitution du problème. Ces conclusions intéressent les constructeurs et équipementiers, les compagnies aériennes ou les exploitants, les équipages, les contrôleurs de la navigation et les services de maintenance. La détermination des responsabilités n'entre pas dans le champ des investigations.
Les définitions de l'OACI et les statistiques qui en découlent concernent les aéronefs motorisés utilisés par des organismes ou des compagnies civiles. Les États qui se basent sur les recommandations de l'OACI pour établir une agence d'enquête peuvent toutefois étendre le domaine de compétence aux accidents d'aéronefs sans moteur, aux aéronefs sans pilote à bord et aux utilisations militaires en excluant toutefois les cas liés aux actions de belligérants.
Le terme « catastrophe » ne figure pas dans les textes officiels, mais apparaît dans les médias lorsque l'accident concerne le transport aérien commercial de passagers. La notion de « catastrophe » évolue aussi en relation avec l'augmentation du trafic et l'accroissement de la taille des avions.
L'aviation générale et, en particulier, l'aviation légère génère bien plus d'accidents que le transport aérien, mais ils font rarement l'objet de médiatisation à l'échelle nationale. Les accidents aériens liés aux activités militaires, entraînement et missions hors conflits, font rarement l'objet d'un rapport rendu public qui pourrait révéler des informations classifiées.
Crash vignette|Pompiers opérant sur un OV-10 A de la Philippine Air Force après un écrasement en 2006. Un « crashMême emprunté à l'anglais, c'est un mot de la langue française. le wiktionnaire. » désigne spécifiquement l'accident d'un aéronef qui percute violemment le sol ou qui s'abîme en mer (à la différence d'une collision aérienne ou d'une explosion en vol). Au CanadaEntrée écrasement dans le Grand dictionnaire terminologique., ainsi que dans la terminologie officielle françaiseArrêté du relatif à la terminologie des transports, NOR: EQUA9301082A, version consolidée au ., on parle plutôt d'« écrasement [d'avion] ».
Typologie des accidents Les enquêtes sur les accidents d'avion ont pour objectif d'améliorer la sécurité des vols. Un accident n'a que rarement une cause unique. Les comptes-rendus non officiels ou les bases de données compilant les accidents identifient le plus souvent une cause déterminante, mais le rapport du bureau d'enquête recherche les causes qui génèrent ou participent à la cause déterminante ainsi que les erreurs de perception ou d'action qui n'ont pas permis les corrections ou palliatifs. Le rapport est utilisé par les Services officiels pour modifier les normes et par les constructeurs, exploitants, équipages, service du contrôle aérien et ateliers de maintenance pour modifier les procédures. En principe., le rapport du bureau d'enquête ne détermine pas les responsabilités, mais il est un élément essentiel pour les actions en justice éventuelles.
Un accident n'a que rarement une cause unique, il résulte d'une série d'incidents, qui, pris séparément, pourraient être sans conséquence grave. Ainsi, lorsque les forces aériennes de l'Union soviétique détruisent en vol le Boeing 747 du vol 007 de la Korean Airlines qui pénètre dans leur espace aérien, l'origine de la catastrophe est facilement identifiable : destruction de la cellule par un missile. Toutefois, dans un deuxième temps, l'analyse montre que la présence de l'avion dans une zone interdite était probablement due à une erreur de navigation qui pouvait avoir, elle-même, plusieurs origines : erreur humaine ou dysfonctionnement de l'instrument. Par ailleurs, les procédures de communication entre l'avion et le contrôle aérien local n'ont pas fonctionné correctement, etc.
D'après des statistiques américaines, les erreurs de pilotage représentent un peu plus de la moitié des causes primaires des accidents aériens dans le domaine des vols commerciaux (hors domaine militaire et petits avions)., et cette proportion tend à augmenter à la suite en particulier de l'amélioration de la fiabilité du matériel.
Les statistiques démontrent qu'il y a de bonnes chances de survie dans les accidents au sol. La destruction de l'avion peut avoir lieu après la mort de l'équipage et des passagers. En cas de panne généralisée du circuit de pressurisation, on a pu voir des avions continuer à voler en mode automatique pendant plusieurs heures et percuter le sol après épuisement du carburant.
Rupture d'un élément L'origine potentielle est un défaut de conception ou de construction aboutissant à un sous-dimensionnement d'un élément par rapport aux efforts réels qu'il subit ; les conséquences sont immédiates et irréversibles.
Perte ou déformation importante d'un élément de la structure
Un Boeing 747 de la compagnie nippone Japan Airlines effectue le vol JL123 du entre Tokyo et Osaka. La rupture de la cloison à l'arrière de l'appareil et la soudaine décompression entraînent la perte de la dérive. L'accident fait 520 victimes (et 4 rescapés). C'est le plus grave accident aérien n'impliquant qu'un seul avion.
Dépressurisation explosive Sur un aéronef pressurisé, la chute instantanée de la pression due à la perte d'un hublot, à l'ouverture d'une porte ou d'une trappe, peut entraîner la rupture du fuselage, du plancher, de circuits ou de commandes.
Un McDonnell Douglas DC-10 de la compagnie turque Turkish Airlines effectue le vol TK981 du entre Paris et Londres. L'ouverture d'une porte de soute entraîne une décompression explosive. La différence de pression entre la cabine et la soute provoque la rupture du plancher, ce qui endommage les câbles des commandes de vol, rendant l'appareil incontrôlable. L'accident fait 346 victimes, passagers et membres d'équipage.
Perte d'un moteur, d'une hélice, éclatement du compresseur ou de la turbine d'un réacteur
Un McDonnell Douglas DC-10 de la compagnie américaine American Airlines effectue le vol AA191 du entre Chicago et Los Angeles. Le réacteur situé sous l'aile gauche de l'appareil se détache au décollage. L'accident fait 273 victimes dont 2 au sol.
Éclatement d'un pneu après rétraction du train La température des disques de frein ou du pneu peut entraîner une élévation de la pression.
Un Lockheed L-1011 de la compagnie saoudienne Saudi Arabian Airlines effectue le vol SV162 du entre Dharan et Karachi. L'éclatement d'un pneu fait un trou dans la carlingue et deux passagers sont éjectés. L'avion se pose en urgence à Doha.
Rupture d'arrimage de la cargaison
Le , le vol 101 de Fine Air s'écrase juste après son décollage de l'aéroport de Miami, tuant les 4 personnes à bord et une personne au sol. L'enquête déterminera que des erreurs lors du chargement du fret, qui était mal arrimé à bord, ont causé l'accident.
Un Boeing 747 de la National Airlines effectue le Vol 102 le . Lors de son décollage de la base militaire de Bagram, sa cargaison, des véhicules militaires, se décroche à la suite d'un mauvais calcul d'arrimage. L'accident cause la mort des 7 membres d'équipage à bord.
Défaut de fonctionnement d'un élément L'origine potentielle est un défaut de maintenance ; les conséquences sont souvent indirectes et l'accident est dû à une accumulation de causes.
Défaut de fonctionnement des commandes
Le le Liberator II du général Władysław Sikorski, commandant en chef de l'armée polonaise et le premier ministre du gouvernement polonais en exil, s’écrase au large de Gibraltar presque immédiatement après le décollage. Le pilote de l'avion est le seul survivant.
Un Boeing 737 de la compagnie américaine United Airlines effectue le vol UA 585 du entre Denver et Colorado Springs. Le pilote perd le contrôle de l'appareil en raison de l'inversion des commandes du gouvernail. Cette inversion serait due à un dépassement des butées du servo-moteur de commande. L'avion s'écrase en entraînant la mort des trente passagers et membres d'équipage.
Défaillance des servitudes électriques, hydrauliques ou de la pressurisation L'absence d'énergie électrique ou hydraulique se répercute sur le fonctionnement des autres servitudes ; un défaut de pressurisation peut entraîner une défaillance de l'équipage.