Alexandre Gustave Eiffel, né Bonickhausen dit Eiffel le à Dijon et mort le à Paris , est un ingénieur centralien et un industriel français, célèbre pour ses nombreuses réalisations en architecture métallique.
Issu d'une famille bourgeoise, il effectue de brillantes études à l'École centrale des arts et manufactures de Paris. Diplômé en 1855, il commence sa carrière en travaillant sur de grands projets ferroviaires, notamment la construction de ponts métalliques. En 1866, il fonde sa propre entreprise et se spécialise dans la construction de structures métalliques de grande envergure. Il révolutionne l'architecture de son époque, en repoussant les limites de la construction métallique.
La tour Eiffel, érigée pour l'Exposition universelle de 1889, est sans doute son œuvre la plus célèbre. Ce monument, à l'époque la plus haute structure du monde, devient rapidement un symbole de Paris et de la France. Outre cette tour, il conçoit de nombreuses structures métalliques remarquables, telles que la statue de la Liberté à New York, le viaduc de Garabit dans le Cantal ou le pont Maria Pia à Porto. Ces réalisations témoignent de son talent d'ingénieur et de son influence sur l'architecture mondiale.
Il consacre les dernières années de sa vie à la météorologie et à l'aérodynamique. Il équipe la tour Eiffel d'instruments de mesure et réalise de nombreuses expériences sur les effets du vent sur les structures. Il meurt à Paris en 1923, laissant un héritage considérable qui fait de lui une figure incontournable de l'histoire de l'ingénierie. Ses travaux ont contribué à façonner le paysage urbain de nombreuses villes à travers le monde.
Biographie Premiers pas Sa famille a porté longtemps le nom double « Bönickhausen dit Eiffel » (ou « Bonickhausen dit Eiffel » sans tréma, pour Gustave à sa naissanceLe surnom était partie intégrante du nom de famille à l’état civil : État-civil de la Côte-d'Or, Dijon, Registres d'état civil 1832, (consulté le 8 août 2011).). Son deuxième nom a été ajouté par un ancêtre allemand qui s'est installé à Paris au début du , et qui était originaire de l'Eifel, à Marmagen dans l'actuelle Rhénanie-du-Nord-Westphalie.. Le nom de Eiffel sonnant moins germanique que le patronyme originel de la famille, Bönickhausen, à une période férocement anti allemande, Gustave souhaite retirer ce nom ayant Supplique du de Gustave Bonickausen au ministre de la Justice, demandant que son nom soit changé en Gustave Eiffel. Archives nationales, BB/11/1473, dossier 3121x78.. En effet, en 1875, un dessinateur, que Gustave a licencié, le diffame en l’accusant d’être un espion à la solde de Bismarck. Gustave porte plainte, fait condamner le dessinateur et, le , se pourvoit devant le garde des sceaux pour ne plus porter que le nom d’Eiffel.. L’autorisation de porter le patronyme d’Eiffel lui est accordée par un décret du ., puis par un jugement du tribunal de première instance de Dijon du .
Son père, Alexandre Bönickhausen dit Eiffel, officier, engagé dans les armées napoléoniennes en 1811, devient secrétaire de l'intendance militaire de Dijon, ville où il épouse, le , Catherine-Mélanie Moneuse, fille d'un négociant de bois. Celle-ci se lance dans le négoce de la houille en acquérant les concessions de plusieurs mines de charbon (devenant ainsi l'une des toutes premières femmes chef d'entreprise en France), à une époque où ce marché est en pleine expansion grâce à l'essor de la révolution industrielle, et parvient, à grands efforts, à se constituer une petite fortune personnelleBiographie de Gustave Eiffel sur le site gustaveeiffel.com.. Son frère, Bernard-Gilles Moneuse, est l'époux de Tullie Moneuse, née Caignet. Catherine-Mélanie convainc son mari de quitter son emploi administratif pour se charger de la comptabilité de son entreprise prospère.
Ses parents travaillant énormément, il est confié pendant sa petite enfance à sa grand-mère maternelle habitant Dijon.. Durant son enfance, Gustave Eiffel alterne entre sa maison natale située quai Nicolas Rolin à Dijon et le château du Castel, situé aussi à Dijon, actuellement inclus dans le périmètre du lycée Le Castel. De 1843 à 1850, il fait ses études au collège royal de Dijon., actuel collège Marcelle-Pardé. À , en 1850, son baccalauréat en poche, il quitte Dijon pour entrer au collège Sainte-Barbe de Paris. en vue de la préparation du concours d'entrée à l'École polytechnique. Mais il échoue à l'oral et choisit d'entrer à l'École centrale des arts et manufactures de Paris dont il sort diplômé en 1855. Il choisit alors comme spécialité la chimie, en vue de reprendre la direction de l'usine de son oncle. Mais à cause d'une brouille familiale, il s'oriente vers la métallurgie, domaine d'activité que sa mère connaît et dans lequel elle a des relations.. Il réside à Clichy à partir de 1856.
Débuts Après avoir été employé pendant quelques mois aux Forges de Châtillon-sur-Seine où son beau-frère est directeur., Eiffel fait la rencontre en 1856, par l'entremise de sa mère, de Charles Nepveu, entrepreneur parisien spécialisé dans la construction métallique, pionnier de l'utilisation d'air comprimé dans les forages, par ailleurs proche des frères Pereire. Résistant, léger et facile à manipuler, l'acier commence à s'imposer pour la construction de ponts et de charpentes, liés en particulier à l'essor des chemins de fer. Le jeune ingénieur fait bientôt la preuve de ses talents. Eiffel est placé par Nepveu, dont les affaires ne sont pas florissantes, à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, où il étudie son premier ouvrage : un petit pont en « tôle » pour le chemin de fer de Saint-Germain. En dehors de cet emploi, il travaille avec Nepveu, à une offre pour la construction d'un pont ferroviaire sur la Garonne. Fort de ce marché probable, Nepveu cède son affaire à la Compagnie belge de matériels de chemins de fer dirigée par François Pauwels., qui embauche Eiffel.
Ainsi sa première grande réalisation fut le pont ferroviaire de Saint-Jean à Bordeaux en 1858 en collaboration avec Paul Régnauld, chantier dont il assume la direction à vingt-six ans. Gustave Eiffel utilise alors la technique de fondation à air comprimé lors de l'exécution des piles tubulaires. Or, il est l'auteur d'une étude : Le fonçage par pression hydraulique des piles concernant cette nouvelle techniqueLe Dictionnaire de Bordeaux sous la direction de Mario Graneri-Clavé, Édition Loubatières, 2006, , .. Le succès de l'entreprise, qui doit relier la Compagnie des chemins de fer du Midi appartenant aux frères Peireire à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, lui assure une première réputation. Au début des années 1860, sa collaboration avec Paul Régnauld l'aurait amené à réaliser la passerelle Saint-Paul et l'observatoire Sainte-Cécile à Arcachon.
Mariage et famille vignette|redresse|gauche|La famille Eiffel dans le jardin à Levallois-Perret (photo de Jules David, ca. 1875). Le , à 29 ans, il se marie à Dijon avec Marguerite Gaudelet, alors âgée de Acte mariage AD21 .. Le couple a cinq enfants, trois filles et deux garçons (Claire (1863-1934), Laure (1864-1958), Édouard (1866-1933), Valentine (1870-1966) et Albert (1873-1941)), laissant une nombreuse postérité. (dont l'historien d'art Georges Salles et la cavalière Virginie Coupérie-Eiffel)Association des Descendants de Gustave Eiffel (ADFE). Arbre Généalogique 2022..
Sa femme meurt le à Levallois-Perret, à l'âge de Acte décès AD92 .. Sa fille aînée Claire assurera auprès de lui le rôle de maîtresse de maison, car il ne se remariera pas« Gustave Eiffel, l'homme du fer (1832-1923) », France Culture, ..
Premiers succès vignette|redresse|gauche|La statue de la Liberté à New York. Le premier grand chantier de Gustave Eiffel est, en 1858, le pont ferroviaire de Bordeaux, long de , chantier dont il assure la direction à seulement. C'est une prouesse technique sur un fleuve aussi large, qui lui permet de tester une série d'innovations qui feront sa force par la suitePage du pont de Bordeaux, sur le site des descendants de Gustave Eiffel.. Eiffel, fort de ses premières expériences réussies, décide de fonder sa propre société. En 1866, il fait l'acquisition des Ateliers Pauwels de constructions métalliques, à Levallois-Perret, à l'ouest de Paris.
L'entreprise emporte alors plusieurs grandes commandes d'édification de viaducs et de bâtiments à structure ou charpentes métalliques. Pour ce faire, il n'hésite pas à parcourir l'Europe entière. Le talent de l'ingénieur centralien, sa vivacité à saisir toute nouvelle idée ou projet et sa grande capacité à s'entourer de brillants collaborateurs contribuent au succès de la société Eiffel : Théophile Seyrig en 1868, Émile Nouguier à partir de 1875, Maurice Koechlin à partir de 1879 Maurice Koechlin sera d'ailleurs à l'origine en 1881 de la conception de l'armature de fer de la statue de la Liberté, dessinée par Auguste Bartholdi et inaugurée à New York en 1886.
Hangars, gares et galeries Édifices construits par les ateliers Eiffel :
Ponts et viaducs Gustave Eiffel se lance aussi dans la conception de structures métalliques pour des ponts : pont métallique de Lavaud, lieu de traversée du Lay (Vendée), entre Péault et La Couture, construit en 1877. Un des 16 ponts encore en service ; pont du château de Kermezen sur la commune de Pommerit-Jaudy (Côtes-d'Armor) ; viaducs de Neuvial et de Rouzat pour la ligne de chemin de fer Commentry - Gannat en 1869 : il y crée des jambes de forces incurvées, à l'instar de la future tour Eiffel ; pont métallique de Gérone, en Catalogne. pont métallique ferroviaire sur la Birse, près de Münchenstein, en Suisse, construit en 1875. Le , ce pont cède sous le poids d'un train. Cet accident, actuellement la plus grande catastrophe ferroviaire en Suisse, fait et Naufrage ferroviaire, article du 19 novembre 2011, 24heures.ch ; pont Maria Pia sur le Douro, à Porto, 1877. Son projet fut à la fois le plus léger, le moins cher et le plus audacieux. Cette réalisation assoit définitivement sa réputation en France comme à l'étranger puisqu'il remporte ce concours international en face à de grands groupes métallurgiques (les Français Fives-Lille, Ernest Goüin et Cie et un groupe anglais) ; pont Eiffel à Viana do Castelo (Portugal), 1878 : viaduc rail-route à double tablier, long de ; pont de Cubzac sur la Dordogne (Gironde), 1879 : pont-route en poutre en treillis ; viaduc de la Souleuvre dans le Calvados ; à Saigon au Vietnam, 1882R. Gentilini, « Les voies de communication en Cochinchine », Le Génie civil, 1886, p.16.Liste des ponts routiers construits par Eiffel, Association des descendants de Gustave Eiffel (ADGE). ; viaduc de Garabit, 1884. L'achèvement de ce viaduc, situé dans le Cantal, lui assure une énorme renommée. L'arc de cent soixante-cinq mètres de portée qui soutient le tablier du pont constitue un record du monde, absolu en ce domaine. De plus, celui-ci est élevé à cent vingt-deux mètres de hauteur. En fait, l'avant-projet est de Léon Boyer. Il figura sur le dernier billet de 200 francs, consacré à Eiffel ; viaduc de la Tardes« Le viaduc de la Tardes », dans Le Génie civil, 9 août 1884, tome V, , planche XXV, planche XXVI., près d'Évaux-les-Bains, sur la ligne de chemin de fer de Montluçon à Eygurande (la ligne a été désaffectée en 2008) ; viaduc de Thouars : pont de chemin de fer au-dessus de la rivière le Thouet ; il fait monter 14 piles en maçonnerie pour le pont-canal de Briare (1896), conçu par l'ingénieur Léonce-Abel Mazoyer ; la cuvette métallique est fabriquée par les établissements Daydé & Pillé de Creil ; le pont sur l'Escaut à Tamise (Belgique) ; pont ferroviaire sur la Siagne, sur la ligne Nice-Meyrargues, construit ensuite par l'ingénieur Jules Rival Site sur la ligne train des Pignes. ; pont ferroviaire de Capdenac-Gare, construit en 1860-1861 ; pont ferroviaire d'El-Ourit à Tlemcen (Algérie) ;