est un thriller américain réalisé par Brian De Palma et sorti en 1981. Il raconte comment un ingénieur du son, témoin d'un accident qui a coûté la vie à un candidat à l'élection présidentielle, cherche à prouver qu'il s'agit en fait d'un assassinat au moyen de l'enregistrement sonore qu'il a fait de l'accident.
Prévu pour être un film assez simple, le projet est fortement modifié par le choix de John Travolta pour le rôle principal, le film voyant son budget passer de 5 à 18 millions de dollars. Très influencé par les films de Michelangelo Antonioni et Conversation secrète de Francis Ford Coppola, Brian De Palma ajoute à ces influences le contexte politique de son époque, faisant référence à l'accident de Chappaquiddick et à l'assassinat de John F. Kennedy, tout comme est marqué par la manière dont les États-Unis ont contrôlé les images de guerre après la guerre du Viêt Nam.
Sa fin dramatique, la vision sombre présentée par ce film déçoivent le public et une partie de la critique qui s'attendaient à une histoire d'amour et une fin heureuse. Le film est un lourd échec commercial qui affecte son réalisateur, même si certains critiques, comme Pauline Kael, considèrent qu'il s'agit d'un grand film et du meilleur de Brian De Palma au moment de sa sortie.
Synopsis vignette|Un quai du métro dans la gare de Philadelphie, semblable à celui montré dans le film. Jack est un ingénieur du son qui vit à Philadelphie et travaille sur des films de « série Z ». Lors d'une séance de mixage d'un film, le réalisateur lui demande de trouver un cri de femme « réaliste » pour une scène de meurtre et de trouver de nouveaux sons, ayant l'impression qu'il réutilise trop ceux qu'il lui fournit. Jack va, de nuit, prendre des sons naturels sur un pont à l'aide d'un micro canon. Soudain il entend une voiture arriver, la voit quitter la route et s'abîmer dans la rivière. Jack plonge afin de sauver les occupants du véhicule. Le conducteur semble déjà mort, mais Jack parvient à sortir la passagère de la voiture. À l'hôpital, il apprend que le conducteur était le gouverneur de l'État, en lice pour la présidentielle. On lui demande de taire, par respect pour sa mémoire, la présence de la jeune femme, Sally, qui se trouvait avec lui.
Jack part avec Sally et, en écoutant l'enregistrement de l'accident, il distingue une détonation précédant l'éclatement d'un pneu ; il s'agit donc d'un attentat. Il convainc Sally de rester à Philadelphie alors qu'elle souhaite quitter la ville. Jack lui raconte qu'il a travaillé précédemment pour la police, mais qu'il en est parti après qu'un policier qui portait un micro lors d'une opération en infiltration s'est fait tuer en ayant été repéré : sa sueur avait provoqué un court-circuit qui a brûlé sa peau ce qui l'a trahi auprès des gangsters sur lesquels il enquêtait.
Jack apprend par les médias qu'un photographe, Manny Karp, se trouvait également sur les lieux du drame cette nuit-là et qu'il a pu filmer toute la scène. Avec les images de l'accident publiées dans la presse, il reconstitue un film sur lequel il cale sa bande-son et qui met en évidence le tir qui précède l'explosion du pneu. Décidé à récupérer le film original pour faire un meilleur film afin de prouver l'attentat, Jack parvient à convaincre Sally de l'aider. Il découvre qu'elle travaillait avec Manny Karp dans le but de compromettre le gouverneur pour ruiner sa carrière politique, ayant été engagée par des adversaires politiques du gouverneur.
Pendant ce temps, Burke, le tueur qui a tiré dans le pneu de la voiture du gouverneur, travaille à faire disparaître les preuves de l'attentat. Jack n'arrive pas à convaincre la police à qui il a confié une copie de son film car la bande-son a été démagnétisée par Burke. Il a d'ailleurs effacé toutes les bandes magnétiques que possède Jack sans trouver celle de l'attentat qui était cachée. Pour préparer l'assassinat de Sally, Burke tue aussi des femmes lui ressemblant en maquillant ces crimes en meurtres sadiques, les étranglant puis transperçant leur corps à l'aide d'un pic à glace pour former un dessin représentant la cloche , dont une réplique sera montrée lors du défilé du qui a lieu quelques jours plus tard.
Jack est contacté par un journaliste de la télévision, Phil Donahue, qui a appris qu'il possédait un film de l'attentat. Il envoie Sally, qui n'a jamais vu Donahue, au rendez-vous qu'il a pris avec lui à la gare de Philadelphie. Jack ignore que Burke a intercepté ses communications. C'est le tueur qui vient à la rencontre de la jeune femme. Sally est équipée d'un micro et Jack peut écouter sa conversation avec Burke. Mais il la perd tandis que Burke l'emmène vers la fête qui a lieu ce jour-là. Jack tente de les rejoindre le plus vite possible en voiture, mais il a un accident dans le défilé. À son réveil, il entend dans le micro Burke détruire le film et agresser Sally. Il court pour secourir la jeune femme. Lorsqu'il arrive enfin auprès d'eux, Burke a déjà étranglé Sally et Jack le poignarde avec son propre pic à glace tandis que commence le feu d'artifice de la fête.
À la fin du film, on apprend que l'enquête a conclu que Sally et Burke se sont entretués, Jack n'est pas mentionné. Il utilise le cri poussé par Sally pour le film de série Z sur lequel il travaille et réécoute, seul, ce que lui disait Sally lorsqu'elle lui parlait dans le micro.
Fiche technique Titre original et français : Titre québécois : Éclatement Titre de travail : Réalisation : Brian De Palma Assistant réalisateur : Joe Napolitano Scénario : Brian De Palma (avec la participation non créditée de Bill Mesce Jr.) Musique : Pino Donaggio Photographie : Vilmos Zsigmond et László Kovács (non crédité) Opérateurs caméra : Jan Kiesser et Garrett Brown (opérateur steadicam) (non crédité) Montage : Paul Hirsch Son : Tom Fleischman et Dick Vorisek Décors : Paul Sylbert et Bruce Weintraub Costumes : Vicki Sánchez Cascades : Carey Loftin Casting : Lynn Stalmaster Production : George Litto Producteur exécutif : Fred C. Caruso Sociétés de production : Cinema 77, Geria Productions, Filmways Pictures et Viscount Associates Sociétés de distribution : Filmways Pictures (États-Unis), UGC (France), Mission (France, réédition 2012), Ambassador Film Distributors (Canada) Budget : 18 millions de dollars Filmways Board Elects Armstrong President, Chief Operating Officer Wall Street Journal (1923 - Current file) [New York, N.Y] 18 Aug 1981: 38. Pays de production : Langue originale : anglais Format : Panavision, , 2,35:1 (Technicolor, son Dolby numérique) Genre : thriller Durée : 108 minutes Dates de sortie : États-Unis : France : , (réédition), (réédition numérique) Classification : Tous publics avec avertissement (France), R (16+, 18+) (Canada) Affiche : Michel Landi (France)
Distribution vignette|alt=Photo noir et blanc d'une femme blonde aux cheveux courts, pommette marquées, qui parait souriante et vive|Nancy Allen en 1984. John Travolta (VF : Gérard Depardieu) : Jack Terry Nancy Allen (VF : Catherine Lafond) : Sally Badina John Lithgow (VF : Jean-Pierre Leroux) : Burke Dennis Franz (VF : Marc de Georgi) : Manny Karp Peter Boyden (VF : Jacques Ferrière) : Sam, le réalisateur Curt May (VF : Jean Roche) : Frank Donahue John Aquino (VF : Bernard Murat) : l'inspecteur Mackey John McMartin (VF : Roger Carel) : Lawrence Henry Deborah Everton (VF : Annie Balestra) : la prostituée J. Patrick McNamara (VF : Serge Lhorca) : l'inspecteur à l'hôpital Thomas J. Carthy (VF : Serge Lhorca) : un policier à l'hôpital Larry Woody (VF : Med Hondo) : le médecin soignant Sally Maurice Copeland (VF : Claude Joseph) : Jack Manners John Hoffmeister : le gouverneur McRyan Barbara Sigel (VF : Maïk Darah) : Betsy, la fille amoureuse Dave Roberts (VF : Marc François) : Bill, le présentateur du journal TV Dick McGarvin (VF : Philippe Dumat) : un journaliste TV Luddy Tramontana (VF : Jacques Thébault) : Freddie Corso
Version française Adaptation des dialogues : Georges et Anne Dutter
Production Genèse et scénario vignette|alt=Homme de 29 ans, cheveux noirs coiffés en arrière, lèvres charnues, sourcils épais, il tient sa veste par-dessus son épaule|John Travolta, acteur dont la présence dans la distribution va fortement influencer Blow Out. Après le succès de Pulsions, Brian De Palma est attaché à beaucoup de projets : une série pour HBO, le film Flashdance et un script intitulé Personal Effects. Finalement, il se concentre sur ce dernier qui devient The De Palma Cut: The Films of America's Most Controversial Director de Laurent Bouzereau - publié en 1988.. Il sort à cette époque des recherches faites pour son projet d'adaptation du livre de Robert Daley qu'il n'a pas pu tourner, ayant été renvoyé par la production. Ce film devait notamment lui permettre de faire en sorte que sa carrière ne soit pas cantonnée aux films de genres et de passer à des films hollywoodiens différents de ce qu'il a fait jusque-là.
C'est pendant le mixage de son film précédent, Pulsions, que Brian De Palma a l'idée de faire un film sur un preneur de son : le responsable des effets sonores de son film lui faisait écouter des sons et lui donnait leur provenance et le réalisateur a imaginé que ces sons pourraient être la d'une affaire aussi compliquée que l'assassinat de John F. Kennedy. Si le cinéaste n'a jamais voulu consacrer un film entier à cet assassinat, le thème de l'assassinat politique est régulièrement présent dans son œuvre. Il s'avoue en effet par l'assassinat de Kennedy et souhaite faire un film sur l'histoire d'un personnage qui détiendrait la preuve d'un tel crime et réussirait à comprendre ce qui s'est passé. Il s'inspire directement de l'accident de voiture du sénateur Edward Moore Kennedy sur l'Île de Chappaquiddick, en inversant le sort des protagonistes : dans la réalité le sénateur s'en est sorti et la jeune femme est morte.
Après avoir eu l'idée de départ, Brian De Palma organise un concours de scénarios via le magazine pour des étudiants canadiens. Il est censé tourner le meilleur des scénarios envoyés mais n'en trouvant aucun suffisamment bon, il décide de l'écrire lui-même. La première version, intitulée (littéralement « Effets personnels »), lui permet d'avoir un financement.
Le personnage de Jack est fortement influencé par les recherches faites par Brian De Palma pour . Le livre raconte l'histoire vraie de Robert Leuci, un policier de la brigade des stupéfiants de New York qui dénonça la corruption qui régnait dans sa brigade.. Brian De Palma a passé beaucoup de temps avec Robert Leuci et voulait qu'il soit incarné par John Travolta dont il estimait le charme indispensable pour faire accepter au spectateur ses trahisons. C'est de ces recherches que provient le flashback de où le personnage principal travaille pour la police, Leuci ayant notamment porté un micro afin d'enregistrer ses collègues corrompus. Le sentiment de culpabilité éprouvé par Robert Leuci a également servi le personnage de Jack.
L'idée de l'épilogue de , le cri de Sally utilisé par le héros pour sonoriser un film de série Z, est venue à Brian De Palma en découvrant que les anciennes bobines de film ayant été exploitées en salles étaient recyclées en amorce dans les salles de montage. Il a, par exemple, découvert un jour en salle de montage qu'un morceau d'une ancienne copie de Lawrence d'Arabie servait d'amorce entre deux sons. C'est le même processus qui est à l'œuvre dans le film :