Chéreng est une commune française, située dans le département du Nord (59) en région Hauts-de-France. Elle fait partie de la Métropole européenne de Lille.

Géographie Localisation La commune se situe dans la Pévèle.

Chéreng fait partie de la Métropole Européenne de Lille.

Communes limitrophes

Géologie et relief Le village de Chéreng se trouve au-dessus d'une vallée primaire constituée par le calcaire de Tournai.

Durant l'été 2009, la ville a innové en s'équipant d'un camion benne hippomobilec'est-à-dire tiré par un cheval écologique, contribuant ainsi au sauvetage des chevaux de la race Trait du Nord en leur retrouvant une utilité(l'autre usage de ces chevaux est le débardage par chevaux en forêt. La jument nommée Olive participe également aux festivités du village.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Marque.

La Marque, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Thumeries et se jette dans le canal de Roubaix à Wasquehal, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Marque sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:05 TU à partir des 682 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1966 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint le .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de ChérengLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Marque Deûle ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par les bassins versants de la Marque et de la Deûle, formant une vaste cuvette sédimentaire de de long et de de large, où la pente est très faible. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la Métropole européenne de Lille.

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lesquin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Chéreng est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Lille (partie française)Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération internationale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lille (partie française) comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lille (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (69,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (37,3 %), prairies (29,2 %), zones urbanisées (27,5 %), forêts (5,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports La commune est desservie, en 2023, par les lignes 66, 72 et 73 ainsi que par la ligne de transport à la demande 20R du réseau Ilévia..

Toponymie

Histoire Préhistoire Sans prétendre faire remonter ce village à une très haute antiquité, il est certain qu'il partage, vu sa position, les origines de Pont-à-Tressin.

Moyen Âge La seigneurie de Chéreng s'est formée du fief de Montmort, qui comprend la plus grande partie du territoire et auquel furent rattachées par concession ou par appropriation les prérogatives seigneuriales du village. Toute distinction entre Montmort et Chéreng est effacée au .

Le lieu est nommé Ceren en 1164. Une charte de ce même monastère de 1195 lui donne le nom de Cheren. En 1261, un cartulaire de Loos l'appelle Chérench qui devient Chierench en 1325, selon un manuscrit de saint Nicolas de Lille.

En 1319, Pierre de Gaillard, seigneur de Chéreng, reconnait par ses lettres que les bourgeois de Lille sont exempts de tout droits de ponténage, vinage, chaussée et travers du pont à Tressin.

En 1340, Chéreng est le théâtre d'escarmouches entre les Anglais, les Liégeois et les Flamands d'une part, et Philippe de Valois d'autre part.

Vers 1360, la seigneurie de Chéreng ou de Montmort est aux mains de la famille de Rancevillers dont l'héritière avait épousé Gérard de Valy. Le , ce Gérard de Valy, du chef d'Améline de Rancevillers, sa compagne, sert le rapport et dénombrement du fief de Chéreng sous le nom de Montmort.

L'autel de Chéreng est donné, dès 1145, à l'abbaye par Honorins, évêque de Tournai, et sa première forme lui vient précisément de la confirmation de cette donation faite par Gérard, successeur d'Honorins.

Selon Legroux, « Comme Philippe de Valois, roi de France, était passé le pont en 1340, il s'est donné en ce lieu des escarmouches de temps en temps entre quelques détachements et celle des Anglais, Liégeois et Flamands ». Selon BuzelinJean Buzelin ou Johannes Buzelinus, auteur de Annales Gallo-Flandriae, 1624, (cf.: ), « Dans cette partie de la Pévèle, dit-il, où coule la Marque, se trouve Chéreng. C'est là qu'on voit le pont de Chéreng, vulgairement le Pont-à-Tressin, si fréquenté par ceux qui vont à Lille ou à Tournay. »

Lorsqu'en 1340, Philippe de Valois campe à Bouvines avec son armée, à deux fois les Anglais et les Flamands firent une attaque par ce pont. Ils veulent repousser au-delà de la Marque l'arrière-garde du camp français. À deux reprises, ce pont est le théâtre de combats intenses. Les soldats du Hainaut en tête, presque tous nobles et de bonne maison, profitant d'une nuit obscure, passent par là et surprennent à l'improviste les troupes du roi de Bohème et de l'évêque de Liège. Mais Rodernaque, homme d'illustre naissance, revenant de garde avec ses soldats, les aperçoit et les attaque vivement. Il en tue un tel nombre que le reste doit reculer de l'autre côté du pont. Ceux-là sont presque tous tués parce que les Liégeois qui viennent de fourrager attaquent le flanc des fuyards. Quelques nobles allemands ont peu après plus de chance : ils traversent le pont en plus grand nombre pour attaquer les Français, suivis par Jean de Hainaut et un certain nombre de chevaliers flamands. Ils laissent, pour s'assurer le passage du pont, une petite arrière-garde. Alors, ils provoquent Charles de Montmorency et le marquis de Saulieu par une ruse de guerre, feignant la crainte et la fuite, ils attirent Charles de Montgomery près du Pont et défont son armée.

En 1427, Louis XI envoie des forces pour défendre Tournai et le village est occupé militairement. La ville de Tournai est alors assiégée par Adolphe d'Egmont, duc de Gueldres, qui sera tué dans une sortie.

Époque moderne En 1521, le comte de Massau, commandant l'armée de l'empereur Charles Quint, arrive avec les Espagnols pour conquérir la capitale du Tournaisis. Les rives de la Marque reçoivent la visite des soldats, et le pont, l'un des quatre du Mélantois, reçoit des troupes pour le garder. Les hérétiques, pas plus que les soldats, ne se feront faute d'y laisser des traces de leur passage en 1566. Ils avaient commis de si grands désordres à Tournai, qu'ils ne peuvent pas négliger de pousser leur course jusqu'à Chéreng.

Denis Chemin, ministre et chef des Gueux en 1566, est le fils du maréchal de Chéreng. Au mois de décembre arrive un pauvre homme de la ville de Lille pour voir le camp des Gueux situé près des ruines de l'abbaye de Saint-Maur. Pris pour un espion et interrogé sur ce qu'il vient faire, il ne sait que répondre. Denis Chemin le condamne à être pendu à la fenêtre de sa chambre. Quand il monte à l'échelle, le prédicant lui demande s'il veut être Gueux, ce qu'il lui sauverait la vie. Il répond « oui ». Mais les autres Gueux craignant qu'il ne reste papiste souhaitent le tuer. Le condamné s'adresse à Dieu et à la Vierge, et meurt sans autre cause de condamnation qu'une lettre de son curé qu'il porte sur lui.

On lit dans le Nobiliaire des Pays-Bas que Maximilien-François de Fiennes obtient l'érection de ses terres d'Ansaing, de Gruson et de Chéreng en marquisat, sous le nom de Fiennes, par lettres de l'an 1698.

Louis XIV et la conquête de la Flandre vignette|Portail de l'ancien relais de Poste Royale (la Hamaide) à Chéreng. Le roi Louis XIV médite la conquête de la Flandre et force Tournai à capituler, le . Le maréchal d'Aumont, un de ses généraux, profite de la commodité de la rivière et parvient à Pont-à-Tressin. Le roi fait élever en 1670, à Tournai, une citadelle et met en réquisition tous les habitants d'alentour qui par le fruit de leur travail collectif achèvent l'édifice en huit jours