dit le Gros, né en 1095–1096 et mort le , fils d' et d'Ermengarde d'Anjou, est comte de Rennes et duc de Bretagne de 1112 à 1148.

Premières années , dit le GrosCe surnom lui est donné entre autres par la Chronique de Quimperlé dans son obituaire: « Obiit Conanus Grossus, dux Britaniæ »., naît à la fin de 1095 ou au début de 1096<ref>Selon J. Quaghebeur : Le mariage eut lieu entre 1090 et 1095 Conan naquit au plus tard le . .</ref>.

Selon Orderic Vital, en lors de l'entrevue de l'Ormeteau-Ferré entre et , duc de Normandie, le roi de France concède à son homologue « toute la Bretagne » c'est-à-dire la vassalité directe de la Bretagne. princeps des Bretons devient « l'homme lige du roi des Anglais ». Conan le fils d' est alors fiancé avec Mathilde FitzRoy, duchesse de Bretagne, une des filles illégitimes d'.

Si le premier acte de en qualité de duc de Bretagne de pleine exercice est de 1115, dès 1112 il intervient auprès de son père. Le un privilège de l'évêque de Nantes en faveur de Marmoutier indique « regnantibus Alano et Conano ejus filio in Britannia ». peut de plus compter sur l'aide de sa mère, Ermengarde d'Anjou, femme de caractère respectée qui avait assuré la continuité du pouvoir ducal lorsqu' était parti en croisade. L'union avec Mathilde intervient dans le courant de l'avant le qui la voit intervenir dans un acte comme uxor de Conan..

Relation avec la France et l'Angleterre Bien qu'époux de Mathilde FitzRoy, fille illégitime d', se montre un fidèle de et il participe à deux expéditions royales en Auvergne en 1122 et 1126 pour défendre l'évêque de Clermont contre les violences du comte . Par contre son suzerain capétien ne veut rien entreprendre contre la Normandie. Cependant en , lorsque l'empereur voulant aider son beau-père dans le conflit qui l'oppose à , envahit la France et avance avec une puissante armée jusqu'à Reims. participe, face à la menace germanique, avec tous les autres grands vassaux du royaume de France à l'ost convoqué par ..

Le mariage en 1128 de Mathilde l'Emperesse, fille du roi d'Angleterre et veuve de l'empereur avec Geoffroy Plantagenêt entraîne un rapprochement entre l'Anjou et la Normandie très dangereux pour la Bretagne qui se voyait encerclée par deux principautés voisines jusqu'à présent rivales. Toutefois après la mort de son beau-père, le roi d'Angleterre en 1135, les luttes pour le pouvoir qui se déroulent en Angleterre et en Normandie assurent à une certaine tranquillité.

Tentative de mise au pas des féodaux

Entre 1120 et 1125 deux seigneurs du comté nantais baron de Ponchâteau et Savary vicomte de Donges sont devenus le fléau de la région entre la Loire et la Vilaine, allant même jusqu'à envahir la cité de Redon et à mettre les biens de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon au pillage. mène une guerre sans pitié contre eux, confisque leurs terres et rase leurs châteaux. Ils doivent finalement se soumettre et assister, avec l'ensemble des barons du duc, à la consécration du maître autel de l'abbaye qu'ils avaient attaquée par Gérard, évêque d'Angoulème, le .

Un autre conflit éclate dans le comté de Rennes entre le duc et le baron de Vitré. En 1132 est le maître de la ville et en confie la garde à fils d' du lignage des « Goranton-Hervé » une famille de féodaux rivaux des « Robert-André », seigneurs de la ville.. Ce n'est qu'en 1135 après la mort d' que le duc rend la cité à son fils , toutefois il entre aussi en conflit avec lui. rassemble sa troupe à Châteaugiron assiège et prend rapidement Vitré et en chasse , son épouse Emma et ses fils André et Robert. se réfugie chez « son proche parent » Henri de Fougères, mais ordonne à ce dernier de la chasser. Robert se rend alors auprès de . afin de rompre cette alliance donne sa fille Constance en mariage à Geoffroi le fils de . Robert de Vitré toujours en quête d'alliés se réfugie chez son cousin germain car ils étaient tous deux nés de filles de Robert de Mortain. Conan menace le sire de Laval d'une guerre jusqu'à ce que ce dernier expulse son cousin qui aux abois s'en va à La Guerche-de-Bretagne dont le seigneur est le frère de son épouse Emma. mène alors son armée contre La Guerche mais pour ce faire il sollicite l'aide de car il doit faire face à une coalition qui comprend outre Robert de Vitré, son fils Alain seigneur d'Acigné et de la Guerche, le sire de Mathefelon qui avait épousé Marquise la sœur de Robert et celui de Candé. est défait à la bataille du pont de Visseiche (près de Marcillé-Robert) au début de 1144 et Geoffroy d'Anjou rentre dans son comté sans combattre. recouvre Vitré en et se réconcilie finalement avec ..

s'efforce donc de s'affirmer comme un prince territorial bien que son autorité s'exerce surtout dans ses domaines patrimoniaux du sud de la BretagneSelon André Chédeville et Noël-Yves Tonnerre, sur les subsistants de son règne, 32 concernent les évêchés de Quimper, Vannes et Nantes.. Les baronnies de la frontière comme La Guerche-de-Bretagne, la Domnonée, la vicomté de Léon les comtés de Trégor de Penthièvre et le Goëlo restent « de facto'' » à l'écart du pouvoir ducal.

Dans sa mise au pas de ses vassaux, il est amené à édicter quelques nouvelles lois pour le duché, comme celle supprimant le droit de brisDroit qui permettait au seigneur de s'approprier la cargaison d'un navire brisé sur ses côtes. approuvé en par les évêques lors du concile de Nantes ou celle limitant les droits seigneuriaux sur les héritages des roturiers morts sans héritiers directs. Ces réformes ont été rendues possibles notamment grâce au soutien sans faille de l'Église.

Bienfaiteur de l'Église Les donations aux institutions religieuses faites par concernent les abbayes bretonnes comme la fondation familiale de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé () ou Saint-Melaine de Rennes (1128) mais aussi de grandes abbayes des provinces voisines comme l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers (vers 1129–1136) où il s'était rendu en pèlerinage en 1106–1110 avec son ami de jeunesse ; Marmoutier (vers 1116–1142 et 1143–1146) l'abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron dans le diocèse de Chartres (entre et ), l'abbaye Saint-Florent de Saumur (1146) abbaye de Savigny (1148) dans l'actuel département de la Manche l'abbaye du Mont-Saint-Michel (vers 1112–1140)Recueil d'actes inédits des Ducs et princes de Bretagne « Règne de dit Le Gros » 70-87 et 341-346..

Le duc se montre docile vis-à-vis du Saint-Siège. Ses parents et lui-même avaient donné à la puissante abbaye de Marmoutier quatre églises du diocèse de Nantes sur lesquelles l'évêque Brice de Nantes avait cédé ses droits à l'invitation du légat apostolique Gérard d'Angoulême en 1110. Le prélat se ravise et tente de récupérer ses églises. Il obtient du Pape la restitution des biens malgré les protestations de par le biais du Légat Geoffroy évêque de Préneste. Le vieil évêque de Nantes se rend à Rome plaider directement sa cause et le pape lui restitue ses quatre églises par la bulle pontificale du . se soumet et par une charte du il met l'évêque Brice en possession des églises Notre-Dame, Sainte-Croix, Saint-Saturnin et Saint-Aubin..

dont la mère est une proche de Bernard de Clairvaux est un aussi un bienfaiteur de l'ordre cistercien. Il favorise l'implantation en 1130 de l'abbaye de Bégard dite plus tard « le petit Citeaux de l'Armorique » et il est le fondateur de l'abbaye de Buzay avec sa mère en 1135 et le de l'abbaye Notre-Dame de Langonnet. En 1144 Bernard qui avait nommé son frère Nivard comme prieur, doit intervenir personnellement auprès de pour l'obliger à s'acquitter de ses promesses non tenues envers l'abbaye de BuzayLes Abbayes Bretonnes, ouvrage collectif publié par la Biennale des Abbayes Bretonnes (B.A.B.) et Fayard 395 et 458.. Enfin lorsque saint Bernard écrit à pour lui enjoindre de participer avec ses barons à la seconde croisade, qu'il prêche, ce dernier décline la demande du fait de son âge.

Fin de règne et succession Selon Pierre Le Baud en 1148, sur son lit de mort, désavoue qui jusqu'alors était considéré par tous comme son fils légitime, au motif que ce dernier serait un bâtard. Il reconnaît alors son petit-fils pour seul héritier sous la tutelle de , le second époux de sa fille Berthe. Le refus d' d'accepter cette mise à l'écart provoque une grave crise successorale.

Union et descendance De son mariage avec Mathilde FitzRoy naissent trois enfants : Constance, épouse de ; Berthe de Bretagne, née après 1118, épouse vers 1137–1138 d'Alain le Noir, premier comte de Richmond, et qui épouse en secondes noces en 1147 ; .

Ascendance

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie . . . . . Réédition : Mayenne, Joseph Floch, 1975, « Le duc dit le Gros » 37-42. . . . .

Articles connexes Abbaye Notre-Dame de Langonnet fondée par

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