Liébaud III de Bauffremont est né vers 1165 et est mort vers 1227, très certainement dans son château de Beaufremont et est inhumé dans le cloître de l'abbaye de Morimond.
Les Bauffremont apparaissent pour la première fois vers 1190, dans les personnes de Hugues et Liébaud IIINobiliaire de Franche-Comté, Par Roger de Lurion, Publié par Laffitte Reprints, 1976, .. Cousins des ducs de Bourgogne, après la chute de Jérusalem, ils accompagnent en 1190 leur comte Henri de Bar, à la troisième croisade. Ils arrivent avant les autres croisés et participent au siège de Saint-Jean-d'Acre (1191). Liébaud III et son père empruntent de l’argent à Messine. Leurs noms et leurs armes figurent dans la première des salles des Croisades du château de Versailles. Leur cri de guerre : Dieu aide au premier chrétien montre qu’ils sont vraiment des chevaliers très chrétiensNouveau manuel complet du blason, ou Code héraldique, archéologique et historique : Nouveau manuel complet du blason, ou Code héraldique, archéologique et historique avec un armorial de l'empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc., Par J. F. Jules Pautet, Publié à la librairie encyclopédique de Roret, 1854, .. Le baron, Liébaud III, est cité dans les chartes en 1202, 1203, 1218, 1226. De plus en plus, on voit dans les textes Liébaud III être témoin ou garant des comtes de Bar Thiébaut (1190-1214) et Henri II (1214-1239), ce qui indique clairement qu’il est entré dans leur vassalité, bien qu’il ne leur rend pas hommage. En effet, Liébaud III jouit de droits régaliens (Chartes des empereurs Henri II, Frédéric Barberousse, etc.) et les seigneurs de Beaufremont, d'ancienne chevalerie, .
Biographie Le premier château des Bauffremont
vignette|300px| Ruines du château de Beaufremont au début du .
La légende attribue l'origine du nom à Bowermund ou Vawrimont suivant les auteurs, chef des Burgondes ayant participé à la défaite des Huns en 427 après s'être fait baptiser et avoir pris comme devise : Dieu aide au premier Chrétien !. Il aurait par la suite, fondé une place forte sur une colline des Vosges à laquelle ses fils auraient donné son nom. Historiquement, en 1030, époque où vivent Eudes ou Odon de Bauffremont, point de départ actuel de la filiation ininterrompue de la Maison de Bauffremont le château existait depuis fort longtemps et avait un rayonnement considérable. Le château de Beaufremont est situé sur les terres du comte de BarLes Vosgiens célèbres : dictionnaire biographique illustré, Par Albert Ronsin, Publié par Editions G. Louis, 1990, .. C’est un château fort défendu par dix huit tours, deux enceintes, des fossés profonds. Les murs ont entre quatre et cinq mètres d'épaisseur. Cette citadelle féodale, située entre Neufchâteau et Domrémy-la-Pucelle d'une part, Contrexéville et Vittel d'autre part, est élevée en un lieu stratégique : sur une imposante colline dominant l'immense panorama du pays entre Meuse et Moselle.
Sa famille
Odon ou Eudes, Liébaud et Hugues sont les plus anciens seigneurs de Beaufremont. Un diplôme de l'empereur Frédéric Barberousse, daté de Montbard, au royaume de Bourgogne, le , nous fait connaître à la fois ces trois aïeux de ce Liébaud. Cette pièce importante nous révèle aussi la nature de la seigneurie de Beaufremont. Cette seigneurie est un fief héréditaire relevant directement du Saint-Empire romain germanique, et qui, dès le , porte le titre de baronnie. Voici la traduction d'une copie de ce documentDiplôme de l'empereur Frédéric rapporté par le baron de Zurlauben dans ses Tables généalogiques des maisons de Lorraine et d'Autriche. (Paris, 1770, un vol. in-12, ). cité par Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, Par Société d'émulation du département des Vosges, Épinal, Publié par C. Huguenin, 1856, v.9, . :
vignette|200px|gauche|Barberousse habillé en croisé.
Nous Official de la cour de Toul, faisons connaître à ceux qui liront les présentes lettres que nous avons vu, lu mot par mot, et fait transcrire certaine pièce saine et entière, non viciée, non barrée, et exempte de tout soupçon, dont la teneur suit et est telle : Au nom de la sainte et une Trinité, Frédéric, par la faveur divine, empereur auguste des Romains. Il convient à la grandeur impériale non seulement de conserver inviolablement les belles actions de ses prédécesseurs, mais encore de les confirmer fortement par son autorité, afin qu'étant imitateurs de ces actes, nous participions à leur gloire. Sachent donc tant l'âge présent que la postérité future de tous les sujets fidèles de notre empire, que Libald de Baffrimont, sa femme Pétronille, fille du comte de Dagsbourg Les comtes de Dagsbourg descendaient, ainsi que les ducs de Lorraine, de la maison d'Alsace. et Hugues leur fils, pour arracher à des vexations nouvelles et injustes leur château de Baffrimont, nous ont présenté des immunités venant de l'empereur Henri II, de sainte mémoire, immunités dans lesquelles nous avons trouvé inséré que ledit Empereur avait toujours eu sous sa protection très complète, et sous privilège spécial, ce même château, par amitié pour son fidèle Eudes, maître dudit château. En conséquence, pour que le nouveau remède de notre secours pût guérir les vexations récentes qui tourmentent ledit château, entraîné par les prières desdits Libald de Baffrimont, Pétronille sa femme, et vaincu par les demandes de Béatrix, notre chère épouse et auguste Impératrice, » nous confirmons de notre autorité celle des premiers rois et empereurs, prenons sous notre protection impériale le susdit château avec toutes ses appartenances, confirmons et corroborons la liberté que notre heureux prédécesseur l'empereur Henri II a accordée au susdit Eudes. Nous décrétons donc et voulons à tout jamais qu'aucun duc ou comte, ou tout autre dignitaire, n'ait la hardiesse d'empiéter sur les lieux, champs, forêts, eaux ou toutes autres possessions du domaine dudit château de Bafrimont, pour exiger des redevances, et bâtir des maisons ou vexer des hommes de ce château, soit dans notre temps, soit dans les temps à venir, et entendons que tout ce qui a été transmis légalement soit observé dans la suite sans aucun changement ; nous voulons enfin qu'il soit libre audit Libald de Bafrimont de posséder le susdit château avec ses dépendances, en toute tranquillité sous notre protection. Et afin que cet ordre demeure sans être enfreint, soit de notre temps, soit pour l'avenir, avec la volonté de Dieu, nous l'avons confirmé ci-dessous de notre main même et y avons fait apposer l'impression de notre sceau. Voulant que si quelqu'un se permettait jamais de transgresser ce privilège et notre statut, il fut mis au ban impérial, et payât cent livres d'or très-pur, moitié à notre chambre et moitié audit Libald. Nous avons fait aussi mentionner ci-dessous les témoins en présence de qui ces choses ont été convenues, et dont voici les noms : Humbert, archevêque de Besançon ; Héberard, archidiacre; Mathieu , duc de Lorraine ; Bertolf, duc de Zeringen ; Zobald, duc de Bohème; Udalric, comte de Lenzburg en Argeu ; et Hugues, comte de Dagsbourg. — (Seing de Frédéric, empereur très invincible des Romains.) Moi Raymond chancelier, à la place d'Étienne, archevêque et archichancelier de Vienne, ai vérifié cet acte. Donné à Montbard, l'Indiction cinquième, l'an de l'Incarnation du Seigneur mil cent cinquante sept, sous le règne de Frédéric, très glorieux empereur des Romains, la sixième année de son règne et la troisième de son empire.» Passé heureusement en Christ, le dix-huitième jour avant les calendes de décembre au royaume de Bourgogne. Ainsi-soit-il. Et nous, Official susdit, avons jugé devoir apposer le sceau de notre dite cour à cette présente copie prise de l'original, à la prière et requête du noble homme Hugues, guerrier et seigneur de Beffromont, pour attester ce que nous avons vu. Fait le treizième jour avant les calendes de juillet, l'an du Seigneur mil trois cent soixante.
Son père
vignette|100px| Blason des Brixey, la famille de sa mère qui est dame de Bourlémont.
Ce diplôme date de 1160. Hugues II, son père a donc 16 ans quand les droits de sa famille sont confirmés. Mais déjà la haute extraction de son grand-père lui avait permis de s'allier avec la puissante maison de Dagsbourg, tige de la famille ducale de Lorraine.
Hugues son père, hérite du château de Beaufremont et de ses dépendances : des terres, des forêts, des eaux, assurément les étangs dont les chaussées existent encore et une partie du cours des ruisseaux du Bani et de l'Anger, et même certains lieux, peut-être déjà les territoires environnants de Lemmecourt, Landaville, Gendreville, Médonville et Malaincourt. Hugues est repéré dans une vingtaine d’actes entre 1144 et 1190. Il s’agit essentiellement de chartes dans lesquelles Hugues est présent comme témoin, émanant des évêques de Toul Henri de Lorraine (mort en 1165) et Pierre de Brixey (1168-1191), de l’évêque de Langres Gauthier de Bourgogne (1163-1179), du duc Simon II de Lorraine (1176-1205) et du comte Henri de Bar (1170-1190). La plupart de ces actes concernent des donations aux grands établissements ecclésiastiques de la région (abbayes de Chaumousey, de Morimond, de l’Etanche, de La Crête et de Mureau, prieuré de Châtenois), certaines de ces donations émanant d’Hugues lui-même ou de ses frères et sœurs. On a là une idée du réseau qu’est alors en train d’intégrer Hugues (pour la première fois appelé seigneur de Beaufremont en 1180), celui des grands seigneurs laïcs et ecclésiastiques du Bassigny champenois et lorrain.
Son père est un chevalier qui ne va pas hésiter partir à la croisade à l’âge de 45 ans, mais c’est aussi un homme très pieux. Liébaud III va être élevé dans le respect profond de ses valeurs. Quand on se figure découvrir à Cologne les tombeaux de Sainte Ursule et de ses compagnes. Deux de ces corps saints sont donnés aux religieux de l'abbaye de Morimond. Deux religieux et deux frères convers sont chargés de transporter les corps de ces saintes. La marche à travers l'Alsace et la pieuse Lorraine est un triomphe continuel. L'enthousiasme est à son comble lorsque l'on voit les sires de Beaufremont, de Vaudérnont, de Choiseul et de Clémont recevoir sur leurs épaules les corps glorifiés, et les porter jusqu'à l'abbaye, dans le lieu qui avait été préparé pour les exposer à la vénération publique. Après l'office, on ouvrit le reliquaire, et on distribua des reliques à plus de deux cents paroisses qui s'étaient rendues de loin à cette touchante cérémonie. On renferma le reste dans une châsse d'argent ornée de pierreries, offerte par les barons, et qui est déposée dans la chapelle sainte Ursule du monastèreAnnales de la Société d'émulation du département des Vosges, Par Société d'émulation du département des Vosges, Épinal, Publié par C. Huguenin, 1856, v.9, ..
Le duc de Lorraine Mathieu fait sa demeure habituelle à Châtenois, et plusieurs familles distinguées résident dans les châteaux du voisinage. Hugues II de Baufremont, rentré dans son manoir féodal, était donc loin de s'y trouver isolé de la haute société. Il ne peut même manquer d'avoir de fréquentes relations avec le prince, car ils sont parents à un degré peu éloigné, ayant l'un et l'autre pour aïeux les comtes de Dagsbourg. Nous avons la preuve de ces relations avec la cour ducale dans l'acte d'une donation de dix jours de vignes au prieuré de Châtenois, faite au moment du décès de Mathieu , en 1176, par Berthe, épouse de ce duc, et par Simon II de Lorraine, leur fils. Hugues de Beaufremont, appelé à être témoin de cette donation, est nommé en cette qualité dans l'acte avec les abbés et quelques-uns des principaux seigneurs de la contréeAnnales de la Société d'émulation du département des Vosges, Par Société d'émulation du département des Vosges, Epinal, Publié par C. Huguenin, 1856, v.9, ..