Gouesnach (écrit également localement Gouesnac'h) est une commune du département du Finistère dans la région de Bretagne (France).

Géographie

Localisation La commune est située sur la rive gauche de l'estuaire de l'Odet qui le borde à l'Ouest, et est bordée à l'Est par l'axe Quimper-Bénodet ; sa limite nord est formée par le ruisseau de l'Anse de Saint-Cadou qui sépare la commune de Quimper, et sa limite sud par le ruisseau de l'Anse de Kerandraon, qui la sépare de Clohars-Fouesnant, deux affluents de rive gauche de l'Odet formant des rias appendices de celle du fleuve précité. Gouesnach forme une presqu'île, une sorte d'enclave, raisons pour lesquelles cette commune est restée isolée et rurale jusqu'à une période récente, et le fait que la prononciation bretonne soit restée la seule usitée localement l'indique bien. Le développement récent de Quimper fait que la commune est désormais englobée dans la banlieue du grand Quimper et est de plus en plus urbanisée.

Pendant l'été 2013, une plage a été temporairement aménagée à Pors Meillou grâce à l'apport de de sable..

Située en amont du pont de Cornouaille, la commune n'est pas soumise à la loi littoral, ce qui explique notamment l'absence de sentier côtier, les rives de l'Odet étant presque totalement privatisées et celui-ci n'est accessible qu'en quelques rares endroits : Anse de Porz Guen, Anse de Porz Garo (par un sentier botanique), Pors Keraign, Pors Meillou. Toutefois un passage est accessible à marée basse, et même à marée haute lorsque le coefficient de marée est inférieur à 70, sur la grève de l'Odet, depuis Porz Guen jusqu'à Pors Keraign.

Géologie et relief Au nord-ouest, l'estuaire s'encaisse profondément entre Gouesnach et Plomelin dans une succession de courts méandres aux falaises boisées appelés les Vire-Courts dont la sinuosité constitue une limite au tonnage des bateaux remontant jusqu'au port de Quimper.

Le sous-sol de la commune est presque totalement granitique (ce granite contient des pegmatites à bérylLes pegmatites intragranitiques à béryl de Gouesnach, "France. Bureau de recherches géologiques et minières", 1964, https://books.google.fr/books?id=-7wcAQAAMAAJ&q=Gouesnach&dq=Gouesnach&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwifwJjM-77JAhWLbBoKHVJXDzgQ6AEITjAI) ; quelques affleurements de micaschistes sont toutefois visibles au niveau du bourg et de ses alentours.

Le finage communal est très vallonné, les altitudes allant du niveau de la mer jusqu'à (ce point culminant se trouve au sud-ouest du manoir de Boutiguéry). Si la partie orientale de la commune est plus plane, formant un plateau d'une quarantaine de mètres d'altitude (c'est aussi l'altitude du bourg), les dénivelés s'accentuent vers l'ouest, en raison des nombreux vallons, creusés par de tout petits affluents de l'Odet, qui échancrent ce plateau.

L'encaissement de la ria de l'Odet et les fortes pentes boisées de la rive qui en résultent expliquent l'absence de véritables infrastructures portuaires, même si quelques criques abritent ou ont abrité des ports rudimentaires (Pors Meillou, "Abri du Moulin" en français, fut utilisé comme port dès l'époque romaine ; un quai et une cale y furent aménagés en 1875 facilitant le trafic des sabliers transportant le maërl, des goémoniers et le chargement de poteaux de mines à destination du Royaume-Uni ; Éric Tabarly, qui habitait à proximité, utilisa un mouillage non loin pour ses Pen Duick ; d'autres anses aussi furent utilisées comme ports rudimentaires comme Pors-Guen [Pors Gwen], Sainte-Barbe et Pors-Keraign).. Ces trois ports servent désormais de mouillages, identifiés par des bouées, pour environ 90 bateaux de plaisance et sont gérés par l'« Association des plaisanciers de Gouesnac'h »..

Hydrographie

vignette|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GouesnachLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.

Un diverticule de l'Odet soumis aussi à la marée, l'Anse de Saint-Cadou, constitue la limite au nord avec Quimper (partie sud et ancienne paroisse d'Ergué-Armel).

L'étang du Lenn est un espace naturel qui fait l'objet d'une Convention de partenariat entre le département, la Communauté de communes et le Conservatoire du littoral signée en décembre 2018 afin de le protégerJournal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest du 12 décembre 2018..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Plomelin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Gouesnach est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Fouesnant, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.2|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (70,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (74,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (36,1 %), terres arables (24,8 %), forêts (14,7 %), zones urbanisées (14 %), prairies (9,3 %), eaux maritimes (1,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Voies de communication et transports La commune n'est desservie que par une seule route départementale, la D 234, qui se termine au niveau du bourg et n'est qu'un embranchement de la D 34, l'axe Quimper-Bénodet. Par ailleurs seules des routes communales (chemins vicinaux) desservent la commune.

Toponymie Étymologie et origines Probablement issue d'un démembrement de la paroisse de Pleuven, Gouesnach a dû accueillir au Haut Moyen Âge un établissement monastique, ainsi que l'atteste la forme la plus ancienne relevée dans le cartulaire de Quimper au : Goumenech (prononcé gouvenec'h) dont le composé menec'h semble être le pluriel en langue bretonne de manac'h (moine). Le nom s'est écrit Guouenech (vers 1330), Goumenech (en 1368), Gouvenech (en 1426, 1458 et en 1574), Gouenec'h (en 1516), Gouesnach (en 1621)..

Le nom en breton est Gouenac'h. En français local comme en breton, on prononce (gouénarrh). Le nom officiel de la commune, tel qu'indiqué sur le site de l'Insee. est écrit en utilisant la lettre CH au lieu de la lettre C'H, ce qui représente une tout autre prononciation.

Histoire Préhistoire et Antiquité vignette|gauche|La stèle préhistorique du Cosquer. vignette|gauche|Bijoux en or trouvés en 2012 à Gouesnach (Musée départemental breton). La présence d'un tumulus surmonté d'un dolmen effondré à Ty-Korn est attesté par E. Flagelle dans ses Notes archéologiques sur le département du Finistère publiées en 1877. Un éperon barré a été identifié à Saint-Cadou, sur un promontoire de la rive gauche de l'Odet, un autre éperon barré lui faisant face de l'autre côté de l'anse de Saint-Cadou, à Beg-ar-Chastel, dans l'ancienne commune d'Ergué-Armel.. vignette|180px|Gouesnach : église paroissiale Saint-Pierre, ancien autel païen gallo-romain reconverti en bénitier. Cinq dépôts archéologiques de l'âge du bronze final ont été à ce jour identifiés à Gouesnach : à Lanhuron (découvert en 1868 par Le Men), Ménez Tosta (dépôt de fondeurPaul du Chatellier, Cachette de fondeur à Gouesnach (Finistère), "Matériaux pour l'histoire primitive et naturelle de l'homme", 1884, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k445331g/f290.image.r=Gouesnach, découvert en 1884 par un cultivateur de la commune)Jacques Briard, "Le dépôt de fondeur de Ménez Tosta en Gouesnac'h", Travaux du laboratoire d'Archéologie et de Préhistoire de la faculté ds sciences de Rennes, Rennes, 1968 et trois dépôts découverts à Kergaradec..

Le site de Kergaradec, proche de la ria de l'Odet, fouillé par Muriel Fily en 2004, a livré des centaines de fragments d'armes (épées, racloirs, haches, etc.) d'outils (harnachements, pièces de chars, etc.) et de parures (bracelets, etc.), des lingots de cuivre et des déchets de métallurgie enfouis vers 900 , donc vers la fin de l'âge du bronze. Ces dépôts se situent à proximité d'une nécropole de la même époque, deux caveaux de l'âge du bronze se trouvant dans un champ voisin fouillé en 1972Yves Menez et Stéphane Hingant, "Fouilles et découvertes en Bretagne", éditions Ouest-France, INRAP, 2010 []. Un dépôt de bijoux en or comprenant un torque, deux bracelets, une ébauche et un « pré-produit », datant de l'âge du bronze final, ont été trouvés en 2012 non loin de l'Odet.

La presqu'île de confluence formée par la confluence de la rivière de Saint-Cadou avec l'Odet serait un ancien oppidum, probablement même un éperon barré ; un long retranchement large de 3 à et haut de 2 à , composé de pierres et de terre a été identifié côté terre par Yves Marie Le MenYves-Marie Le Men, "Oppidums du département du Finistère", 1873. Les Romains et Gallo-Romains avaient aussi créé au même endroit un camp retranché surveillant l'axe fluvial.

Plusieurs fouilles archéologiques ont révélé la présence de caches d'armes celtes antérieures à l'invasion romaine.