Ménéac est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Géographie

Situation Ménéac est une commune de l'arrondissement de Pontivy et du canton de Ploërmel. Elle est située dans le centre-Bretagne, en limite des Côtes-d'Armor, à de Rennes par la RN 164. Le bourg est situé sur une éminence pierreuse dominant un ensemble faiblement vallonné.

Ménéac est située au cœur du plateau de Rohan (appellation discutable car la topographie est marquée par des collines désordonnées où ne se discerne aucune direction nette, et non par une surface plane), topographie en pente vers le sud.. Ce plateau de Rohan qui s'étend de la baie de Douarnenez à la Sarthe est .

Ménéac appartient à une unité paysagère appelée plateau de Pontivy-Loudéac, plus précisément le plateau de l'Yvel qui montre des étendues cultivées (cultures céréalières et fourragères) associées à peu de bocage, à l'état résiduel, avec une végétation s'exprimant le plus souvent sous forme de forêts, boisements ou bosquets.. La « plaine » de Pontivy est en effet constituée de paysages monotones qui portent, selon le géographe Pierre-Yves Le RhunPierre-Yves Le Rhun, Géographie économique de la Bretagne, Ed. Breiz, 1973, la marque d'une spéculation prédominante qui a éliminé la polyculture vivrière et l'élevage au profit d'une . Dans cette unité, se distingue Ménéac dont les roches magmatiques siliceuses donnent naissance par le processus d'arénisation, à des argiles sableuses, ce qui explique que le plateau de l'Yvel présente les caractères marqués d'un paysage agricole moderne, constitué de grandes parcelles de cultures et ponctué de nombreux bâtiments d'élevage, de stockage et de transformation.

L'environnement forestier de la commune de Ménéac comprend des boisements épars essentiellement constitués par des ripisylves. La superficie forestière est inférieure à 30 % de la superficie communale. Les unités forestières sont relativement peu étendues et morcelées à l'image des paysages bocagers qu'elles composentÉtude d'impact Carrières de saint Lubin – Carrière de l'Épine Fort – MENEAC (56), 2016, p. 155.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Ninian, l'Yvel, le Léverin, le ruisseau de la Ramée, le Gloaron et divers autres petits cours d'eau..

Le Ninian, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Laurenan et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Val d'Oust, après avoir traversé ..

L'Yvel, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Vran et se jette dans le Ninian à Taupont, après avoir traversé ..

Le Léverin, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Ninian à Helléan, après avoir traversé .

Le ruisseau de la Ramée, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Gomené et se jette dans l'Yvel à Merdrignac..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Merdrignac à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Cadre géologique

vignette|Carte géologique du Massif armoricain. Menéac est situé dans le domaine centre armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique du Méné se situe plus précisément dans un vaste bassin sédimentaire au relief peu marqué et aux sols pauvres. Dans ce bassin briovérien, les sédiments issus de l'érosion du segment occidental la chaîne cadomienne se sont accumulés sur plus de d'épaisseur et se sont métamorphisés (micaschistes à andalousiteAffleurement qui va de Ménéac à Gausson et qui couvre une large partie des Landes du Méné. et cornéennes)Affleurement sur le talus routier de la D792 (à condition d'enlever la terre et l'herbe) des cornéennes à après le rond-point à la sortie de Plémet, et des schistes satinés à , au niveau du village de Faheleau.. Ménéac correspond à la partie méridionale du massif de Plémet-Ménéac, pluton granitique qui s'est inséré dans le plateau schisteux en y développant à son contact des auréoles de métamorphisme de contact.. Le monzogranite de Ménéac à biotite et muscovite (daté de l'ordovicien, 468 ± 5 MA) est un granite gris clair à gris-bleu qui forme une hauteur topographique nettement distincte dans le paysage E. Thomas, A. Carn, avec la collaboration de J.-M. Rivière, Notice explicative de la feuille Saint-Méen-Le-Grand à 1/50 000, éditions du BRGM, 2008, p. 22.

Urbanisme Typologie Au , Ménéac est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (92,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (92,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (69,5 %), zones agricoles hétérogènes (15,8 %), prairies (7,1 %), forêts (6 %), zones urbanisées (1,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La localité est attestée sous les formes Miniac en 1082., Miniaco de Porrehoit en 1130., Meneat en 1149, Miniachum en 1153, Minac en 1222, Meneac en 1286, Menyac en 1371, Meneac en 1427., Meneac en 1453, en 1480, en 1513 et en 1718.

Le nom Meneac est une formation toponymique gauloise ou gallo-romaine en -(i)acum, suffixe à valeur locative à l'origine, ayant pris le sens plus général de « propriété ».

Le premier élément Men- représente le nom de personne latin (porté par un autochtone) Minius.. Cet anthroponyme est aussi donné comme gaulois et appartient à toute une série de noms gaulois bien attestés dans des inscriptions Minius, Minnius, Minicus, Minuso, etc. basés sur le thème gaulois minio-, meno- « doux »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, éditions Errance, Paris, 2003, p. 226 - 227.. L'explication par le breton Menec, Meneg « lieu pierreux »Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, Gisserot, 2000, , p. 84. est difficilement compatible avec la nature des formes anciennes, car maen « pierre » en breton est men en ancien breton (cf. gallois maen, cornique mên). Le traitement de la finale -(i)acum > -eac correspond à l'évolution phonétique de ces toponymes en zone de bilinguisme roman / breton, alors qu'on attendrait -(a)y ou -é comme à l’extrême est et au sud de la Bretagne.

Pour François Falc'hun « Ménéac est le rigoureux équivalent phonétique du gallois mynyddog, « montagneux », dérivé de mynydd, en breton KLT menez, en vannetais mané, mené ou miné. Ces trois variantes vannetaises du nom de la montagne, augmentées de la désinence adjective -ac. Est-ce que l'aspect des lieux vérifie cette explication par un nom commun ? Si oui, il serait bien étrange que tous les Minius aient choisi de s'établir sur une hauteur ou un endroit accidenté, et l'explication par un nom de propriétaire (ne l'invente-t-on point parfois pour les besoins de la cause ?) devrait être abandonnée »François Falc'hun, L'Histoire de la Langue Bretonne d'après la Géographie Linguistique ; Pierre Le Roux, Atlas linguistique de la Basse-Bretagne ; (Problèmes linguistiques. In: Annales de Bretagne. Tome 70, numéro 4, 1963. page 518).. Il a été montré plus récemment que la thèse sur l'origine anthroponymique du premier élément de très nombreux toponymes en -(i)acum se vérifiait depuis les plus anciennes inscriptions gauloises, car Dubnocaratiaci dans la phrase d(e)ae Rosmertae Dubnocaratiaci, ne pouvait représenter que le nom de personne Dubnocaratius + suffixe -acumPierre-Yves Lambert, La langue gauloise : description linguistique, commentaire d'inscriptions choisies, Errance, Paris, 1994 (Collection des Hespérides), p. 39..

Une prononciation du nom de la localité en gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale, a été rapportée sous la forme « Menya » par Henri-François Buffet dans un ouvrage publié en 1954.. Cette forme relève du phénomène d'amuïssement du -k final de tous les toponymes en gallo, à en juger d'après leurs prononciations.. Des attestations orales et écrites recueillies par l'association Chubri à Menéac et dans des communes alentours indiquent les prononciations et transcrites respectivement sous les formes Menia et Ménia, suivant l'écriture dite « MOGA » élaborée en 2007.

En breton, la forme normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est .

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 33,1 % des toponymes de la commune sont bretons..

Le gentilé est Ménéacois en français.. En breton, le nom des habitants est Meniegiz au masculin (singulier : Meniegad) et Meniegadezed au féminin (singulier : Meniegadez).

Homonymie avec deux communes de l'Ille-et-Vilaine : Miniac-Morvan et Miniac-sous-Bécherel.

Histoire

Néolithique Le territoire de Ménéac est occupé dès le Néolithique comme le prouvent les différents menhirs situés sur la commune, par exemple aux villages de Camblot ou de Bellouan.

Protohistoire et antiquité Au lieu-dit du Val Bodron, un établissement agricole gaulois a été bâti sur un site déjà occupé durant l'âge du bronze. Cette ferme dédiée à l'activité céréalière a été abandonnée à la fin de la Tène finale, puis partiellement réoccupée jusqu’au .

Au lieu-dit de l'Épine Fort, un important établissement agricole gaulois a été mise au jour en 2020. Il a été daté du ..

Moyen Âge et Ancien Régime