Moréac est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Géographie Situation vignette|left|Carte de Moréac et des communes avoisinantes. La commune se situe dans le Nord du département du Morbihan, au Nord-Est de Locminé.

Relief et hydrographie Relief et paysages Le relief de la commune est vallonné : la ligne de crête la plus élevée, située au centre sud du territoire communal, orientée Ouest-Est de Lann Pell à l'Ouest au Cranno à l'Est, et passant au sud du bourg, est située vers 140 et 120 mètres d'altitude, culminant à 149 mètres au lieu-dit Beauregard. Une autre zone élevée se trouve dans la partie nord-est du finage communal : elle atteint 131 mètres d'altitude dans la Lande de Bergero et 124 mètres dans la Lande du Scaouët, entre le Golud et Corcorec (ces deux endroits sont devenus des sites de parcs éoliens). Le bourg est vers 120 mètres d'altitude. Les points les plus bas se situent dans les vallées : celle de l'Ével est à 80 mètres à son entrée dans la commune (étang de Réguiny) et à 55 mètres à sa sortie du territoire communal.

Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Evel, le Runio, le Tarun, le Kerropert, le Moulin du Fou, le Keriolas, le ruisseau le Passoué et divers autres petits cours d'eau..

L'Ével, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Réguiny et se jette dans le Blavet à Quistinic, après avoir traversé . Il sert de limite nord à la commune avec Réguiny et Évellys ; trois de ses affluents de rive gauche servent aussi de limite communale : le Ruisseau de Pont-Cassac (nommé Ruisseau de Kerropert dans sa partie aval), sépare à l'Est, le finage de Moréac de celui de Radenac et alimente l'étang de Réguiny, limitrophe de cette commune ; le Ruisseau du Moulin du Fou, sert en partie de limite ouest avec Plumelin et Remungol ; au sud le Tarun sépare Moréac de Bignan et Locminé ; un quatrième affluent de l'Ével, le Ruisseau de Saint-Ivy, draine le centre nord du territoire communal, passant un peu à l'Ouest du bourg de Moréac. Le Ruisseau de Keriolas, affluent de la Claie, elle-même affluente de l'Oust, a son bassin de réception dans la partie sud de la commune, et sert, sur une petite partie de son cours, de limite avec Saint-Allouestre.

Le Runio, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Kerfourn et se jette dans l'Ével à Évellys, après avoir traversé .

Le Tarun, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bignan et se jette dans l'Ével à Baud, après avoir traversé .

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bignan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Transports vignette|Le réseau routier de Moréac. La commune est traversée par des axes routiers importants : la Route nationale 24, axe Rennes-Lorient, aménagée en voie expresse, passe dans la partie sud du territoire communal ; la D 767 (ancienne Route nationale 167), est aussi aménagée en voie expresse entre Vannes et Pontivy et traverse selon une orientation sud-nord la partie ouest de la commune ; la D 17 s'y embranche en diection de Naizin et Rohan. L'échangeur de Kerabuse, situé au carrefour des deux voies expresses précitées, se trouve dans la partie sud-ouest de la commune, aussi desservie par l'échangeur du Bardeff situé sur la RN 24 à l'est du précédent, et qui a permis le développement d'une importante zone industrielle à proximité.

Le bourg lui-même de Moréac est à l'écart de ces importants axes routiers desservi uniquement par des routes secondaires (D 117, D 180, D 181)

Habitat et paysages La commune présentait traditionnellement un paysage de bocage avec de nombreuses landes (surtout dans sa partie nord : toponymes "La Lande de Roscoët", "La Lande de Bergero", "La Lande du Scaouët", "La Lande du Bois") et un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux (appelés loclement "villages") et fermes isolées. Mais le paysage communal a été transformé par les voies expresses (qui ont provoqué un remembrement), la création de zones industrielles et artisanales et un développement important du bourg avec la création de nombreux lotissements à sa périphérie. Une rurbanisation limitée est perceptible par exemple aux alentours du hameau de Kergal. La partie sud-ouest de la commune, située en périphérie de Locminé, ville de faible superficie, est désormais urbanisée (quartier de Ty Moten, zone industrielle de la Maison Brûlée). Le Nord de la commune a davantage conservé son aspect rural.

Urbanisme Typologie Au , Moréac est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LocminéUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Locminé comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Moréac, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu2,9 %174Zones industrielles ou commerciales et installations publiques1,6 %96Terres arables hors périmètres d'irrigation65,2 %3915Prairies et autres surfaces toujours en herbe6,5 %388Systèmes culturaux et parcellaires complexes19,4 %1167Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants3,0 %182Forêts de feuillus0,9 %52Forêts mélangées0,6 %35Source : Corine Land Cover.

Toponymie

Attestée sous la forme Moriacum en 1008., Moreyac en 1273, Moreiac en 1280, Moreac en 1387.

L'hypothèse la plus couramment admise concernant l'origine du nom en fait le fait provenir du nom d'un ancien domaine gallo-romain, ce que le suffixe ac laisse supposer ; toutefois une autre hypothèse, qui semble peu crédible, dit qu'en raison de richesse du sol en minerai de fer, dont l’extraction avait débuté dès l'époque gauloise, vers le de notre ère, les Gallo-Romains auraient fait garder les carrières et les forges par des mercenaires recrutés en Mauritanie. Leurs descendants leur auraient laissé leur nom « Mauriacus »..

Mourieg est le nom de la commune en breton.

Jusqu'au passage au français, la langue traditionnelle des habitants de Moréac était le breton. On y parlait le dialecte vannetais.

En gallo, le nom est Mouria ou Moria, prononcé [murja] ou [mɔrja]..

Histoire Préhistoire et Antiquité

52 haches à douille en bronze, soigneusement rangées, ont été trouvées à Boëdic en Moréac vers 1895, mais malheureusement dispersées par le paysan découvreur..

Louis Rosenzweig indique la présence d'un menhir d'à peu près de hauteur près de la chapelle Saint-Jean et d'un retranchement important près de Bot-Coët.. Joseph Mahé le décrit en 1825 comme « un sillon de terre, haut d'environ six pieds, long d'environ quatre-vingt-dix pas, qui forme une ligne droite ». et selon Joseph-Marie Le Mené « il se compose de forts parapets et de larges douves » ; Une amphore y a été trouvée en 1852..

Le nom « Moréac » désigne un ancien domaine gallo-romain.

Moyen Âge Moréac serait une paroisse primitive, qui aurait été occupé par des Bretons venus des Îles britanniques vers le , ce qui explique la toponymie bretonne de la plupart des lieux-dits.

Un monastère, nommé Loc-Menech en Moréac [aujourd'hui Locminé, alors en Moréac et devenu une paroisse séparée en 1038], associé à l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys, aurait existé et aurait été abandonné en 885 à la suite des invasions normandes, les moines émigrant ensemble hors de Bretagne ; il aurait été restauré par la suite, mais serait devenu un simple prieuré et ..

La famille de Moréac, dont la seigneurie était alors importante, fut connue vers le milieu du Moyen-Âge : Geoffroy de Moréac est cité en 1125 ; Thibaud de Moréac (décédé le ) fut évêque de Dol..

Aux et Moréac dépendait des seigneurs de Lanvaux. Selon Jean-Baptiste Ogée, en 1280, Pierre de Tronchâteau, chevalier, seigneur de Moréac, vendit cette seigneurie à Geoffroi de Rohan, dans la famille dans laquelle elle est toujours restée. En 1420, les manoirs sont Kermenay, à Jean de Kermenou ; Kergozlai, à Eon de Réan ; Pengevily, à Jean de Bréac ; le Roscouet, à François du Roscouet, Kerderien, au nommé Pengréal ; Bernac, à N..

Selon un aveu de 1471, Moréac était, au sein de la vicomté de Rohan, une des 46 paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan.. Des membres successifs de la famille de Kermeno furent sergents féodésIls percevaient les impôts, assuraient la police et rendaient la justice. pour le compte des Rohan.

La famille du Roscoet [Roscouet], seigneur du dit-lieu, en Moréac, est représentée aux montres et réformations de l'évêché de Vannes entre 1481 et 1536..

Temps modernes La paroisse était divisée en six frairies (Bourg, Bourgneuf, Saint-Ivy, Lojean, Faouët et Sainte-Anne). et possédait 8 chapellenies (Saint-Jacques du Bourgneuf, Saint-Esprit du Faouët, du Saint-Sacrement [dans l'église paroissiale], Saint-Ivy, Saint-Jean [Lojean], Roscoët, Kerdréan et Saint-Julien). vignette|Carte de Cassini de la paroisse de Moréac (1789).