Irvillac est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
Irvillac est situé dans le nord de la Cornouaille, au sud de Landerneau, à l'est de Daoulas, au nord du Faou et à l'ouest des monts d'Arrée. Le finage communal est délimité au nord par la Mignonne, dite aussi rivière de Daoulas, et au sud par le Camfrout, deux petits fleuves côtiers. Les altitudes sont comprises entre pour le point culminant (au sud de la commune, à l'ouest du hameau de Creac'h Carnel, où se trouve le château d'eau) et (dans la partie aval de la vallée de la Mignonne, à la limite de la commune de Daoulas), le bourg se trouvant vers une centaine de mètres d'altitude.
Le paysage rural traditionnel est du bocage avec habitat dispersé. « Dans tout le secteur compris entre Hanvec, Saint-Éloy et Irvillac, les microgranites sont peu utilisés [pour la construction] par suite de l'abondance d'un schiste bleu sombre apte à fournir d'excellents moellons souvent de grande dimension (schistes dévoniens de Saint-Éloy) »Louis Chauris, Mise en œuvre de quelques microgranites du centre Finistère dans les constructions, Société géologique et minéralogique de Bretagne, "Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne", 2010, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9687436n/f64.image.r=Irvillac?rk=729617;2.
L'ancien chemin d'avant la route royale aménagée au allant de Quimper à Landerneau passait par Irvillac et franchissait la Mignonne à Stang Meyet où subsiste le vieux pont qui permettait de franchir ce cours d'eau..
La voie ferrée allant de Quimper à Landerneau traverse le territoire communal, passant au sud du bourg, mais les trains ne s'arrêtent plus en gare de Daoulas-Irvillac., laquelle, située à la limite communale entre Daoulas et Irvillac, a été détruite en 1984. La voie rapide RN 165 allant de Nantes à Brest via Quimper traverse la partie sud-ouest de la commune, mais Irvillac n'est pas directement desservie par un échangeur à cette route et il faut traverser le bourg de Daoulas pour pouvoir la rejoindre depuis Irvillac, en empruntant la route départementale .
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Mignonne, la rivière le Camfrout, l'Hôpital Camfrout et divers autres petits cours d'eau.
La Mignonne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Eloy et se jette dans la Mer Celtique à Daoulas, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Mignonne sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 577 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/05/1971 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
L'Hôpital Camfrout, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Hanvec et se jette dans la rade de Brest en limite de Hôpital-Camfrout et de Logonna-Daoulas.
L'ancien chemin d'avant la route royale aménagée au allant de Quimper à Landerneau passait par Irvillac et franchissait la Mignonne à Stang Meyet où subsiste le vieux pont qui permettait de franchir ce cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'IrvillacLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sizun à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Irvillac est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (90 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (88,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (49,5 %), zones agricoles hétérogènes (28,9 %), prairies (11,6 %), forêts (7,8 %), zones urbanisées (1,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,4 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploe Ermeliac au ., Irvilac en 1172, Leshonarii in Yrvilac en 1186, Irvillac en 1218, Yrvilliac en 1233, Irvillac en 1516 et 1536.
Il s'agit d'une formation toponymique gauloise ou gallo-romaine en -(i)acon (en latin -acum), suffixe d'origine gauloise à caractère localisant et marquant la propriété. Il est précédé d'un anthroponyme gaulois ou gallo-romain, peut-être ArmiliusHervé Abalain, op. cit..
Remarque : L'introduction du breton dans la région vers le explique pourquoi la forme suffixe en -ac s'est maintenue comme dans le midi de la France, alors que l'évolution se serait faite en -é ou éventuellement -ay dans la partie occidentale du domaine d'oïl. Par contre, le suffixe breton de même étymologie -ec (anciennement -oc > -euc) ne s'est pas substitué à -ac contrairement à ce qu'on observe généralement dans la région.
Irvilhag en breton.
Histoire
Préhistoire Une ceinture en or torsadée fut trouvée en 1925 dans un champ de la commune par un agriculteur qui la vendit à un bijoutier de Landerneau. Ce n'est qu'en 1988 qu'un expert joaillier brestois découvrit sa valeur historiquehttp://war.hentchou.irvilhag.over-blog.com/article-une-torsade-d-or-dans-un-champ-a-irvillac-71327737.html et http://war.hentchou.irvilhag.over-blog.com/2014/11/les-peripeties-de-la-torsade-d-or-d-irvillac.html.
Antiquité Un dépôt de scories ferrugineuses, répandues dans trois champs d'un hectare chacun, a été identifié près de la ferme de Creac'h Carnel (butte de l'ossuaire), sur la route allant d'Irvillac au Faou. La présence de ces résidus de forges dans une contrée aujourd'hui peu peuplée s'explique probablement par le voisinage de la vieille route allant de Quimper à Landerneau et de la rivière de l'Hôpital qui favorisait le transport du minerai de fer, la proximité du bois du Gars fournissant la charbon de bois nécessaire. En outre, la présence de plus de 300 tumuli voisins est l'indice d'une population autrefois plus dense. Cette industrie ancienne se rattachait probablement à des besoins militaires, le poste romain de Cos Castel, situé à l'intersection de deux voies romaines étant situé à plus à l'estL. Azema, Scories ferrugineuses du Finistère, Bulletin de la Société de Sciences naturelles de l'ouest de la France, 1911, Gallica.
Héraldique
Moyen Âge
Selon Arthur Le Moyne de La Borderie, deux saints bretons locaux peu connus provenant d'Outre-Manche, saint Martin et saint Valay, se seraient fixés à Ermelliac (aujourd'hui Irvillac) dans le pagus du Fou, probablement au début du Arthur Le Moyne de La Borderie, "Du rôle historique des saints de Bretagne dans l'établissement de la nation bretonne armoricaine", 1883, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57664811/f20.image.r=Irvillac?rk=1051507;2.
Irvillac est mentionnée comme paroisse dans le Cartulaire de Landévennec dès le et la ploe Ermeliac comprenait, outre sa trève Saint-Eloy, Logonna-Daoulas et une partie de Daoulas.
En 1186, Hervé, vicomte de Léon, donna à l'abbaye de Daoulas les dîmes de Lozonar, en cette paroisseJean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 4, 1780, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist04og, qui devient une dépendance de cette abbaye. L'ancien château fort du Cosquer (de nos jours un simple manoir), aux murailles percées de meurtrières, fut probablement construit par les moines de cette abbaye qui devinrent prieurs recteurs d'Irvillac. L'abbaye de Daoulas disposait du droit de haute justice comme le prouvent des lettres patentes du roi Charles IX datant de 1567 qui autorisent Jean Le Prédour, abbé de Daoulas, à relever ses patibulaires à Saint-Éloy, tombées depuis quinze anshttps://www.infobretagne.com/irvillac.htm.
La famille de Loc'hant, seigneur du dit-lieu, est reconnue de noblesse d'ancienne extraction en 1668 et était présente aux montres entre 1426 et 1536 ; la famille du Ménez, seigneur de Traonvézec, est elle aussi reconnue de noblesse d'ancienne extraction en 1669 et était présente aux montres entre 1536 et 1562Pol Potier de Courcy, "Nobiliaire et armorial de Bretagne", tome 2, 1862, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f118.image.r=Irvillac?rk=1545072;0 et https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f172.image.r=Irvillac?rk=1545072;0.
L'activité toilière à Irvillac Deux activités textiles ont cohabité à Irvillac, principalement au , l'une tournée vers le lin comme dans le Pays Chelgen (24 kanndi ont été recensés à Irvillac), l'autre vers la fabrication de berlingue et de bure ; cette coexistence est peut-être due au fait que certains outils utilisés pour les fabriquer sont communs. La laine utilisée provenait principalement des moutons élevés dans la paroisse voisine d'Hanvec.