Le Kongo Central (, en kikongo)M. J. Hambrey et W. B. Harland, Earth's Pre-Pleistocene Glacial Record, Cambridge University Press, 2011, .Godefroid Muzalia Kihangu, Bundu dia Kongo, une résurgence des messianismes et de l’alliance des Bakongo?, Universiteit Gent, België, 2011, , officiellement appelé Bas-Congo jusqu'en 2015, est une province de la république démocratique du Congo.
Extension la plus occidentale du pays, il constitue l'unique voie d'accès de la RDC vers un littoral maritime (sur l'océan Atlantique) , et il a pour chef-lieu la ville de Matadi (non côtière quant à elle, sinon sur le fleuve Congo en amont de son embouchure).
Géographie vignette|Les chutes de Zongo. Cette région du Bas-Congo s’étend donc entre l'Atlantique et, plus à l'est dans l'hinterland, la province capitale et l'ancienne province du Bandundu, couvrant ainsi une superficie de soit près de deux fois la Belgique.
Le Congo s'écoule tout au long de la région en divisant celle-ci en deux. Elle fait partie du bassin de ce fleuve, à l'exception du nord(-ouest) du massif du Mayumbe drainé par le Shiloango.
Géographiquement, elle a pour limites : à l'ouest, l'océan Atlantique et l'enclave angolaise du Cabinda ; au nord, d'ouest en est, la même exclave, la république du Congo (départements de Niari, Bouenza et Pool), puis la capitale nationale Kinshasa et sa propre région ; à l'est, la province du Kwango, toujours en RDC ; au sud, l'Angola (régions de l'Uíge et du Zaïre, d'est en ouest).
Le relief de la région est orienté parallèlement à la côte, du nord-ouest au sud-est via son centre. Appartenant à la chaîne des Monts de Cristal, on y trouve le massif de Pallabala, le Mont Lamata, le plateau de Bangu, et le massif du Mayombe en rive droite du Congo qui traverse l'ensemble en une série de cascades et de rapides parmi les plus puissants et longs au mondeCICOS / Commission internationale du bassin Congo-Oubangui-Sangha, Le fleuve Congo, consulté en 2019..
Histoire La province du Bas-Congo, créée en 1908 dans la colonie du Congo belge, s'étend sur une partie du territoire de l'État pré-colonial du royaume Kongo. Avec l’arrivée des Européens et le système colonial qu'ils ont mis en place, la région - renommée par les colons, Congo belge- et en particulier, la région du Kongo Central est complètement réorganisée administrativement. Le Congo belge, qui s’est vu divisé en six provinces, compte aussi Kinshasa (ex-Léopoldville), englobant la superficie du Kongo central actuel, comme l’une de ces régions. Mais à cette époque, la démarcation du Kongo central n’est pas encore présente.
En 1962, deux ans après l’indépendance du Congo, la province de Léopoldville est divisée en deux : celle du Kongo central (ancien Bas-Congo), avec pour chef-lieu Songololo, et celle de Bandundu avec pour chef-lieu Kikwit transféré plus tard à Bandundu.
Malgré les différentes secousses entraînées par la Constitution (fédéraliste) de 1964 dite « de Luluabourg », la province du Kongo central ne change pas. Elle constitue l’une des onze provinces, déjà, de la RDC.
Si la nouvelle Constitution de 1965 n’entraîne aucune modification de cette région, la journée des 3Z () va bouleverser certaines réalités de l’époque, notamment la débaptisation de la province du Bas Congo en celle du .
À la création administrative du Kongo central, celle-ci ne comptait que deux districts (ou sous-régions sous la République) : ceux des Cataractes et du Bas-Congo. Ce n’est que quelques années plus tard que la Lukaya rejoindra cette paire. Et c’est à cette occasion que toute la région va porter le nom « Bas-Congo ». Progressivement, le Bas-Congo ne figure plus que sur la liste des districts et deviendra celui du Bas-fleuve, son ancien chef-lieu Boma devenant lui-même un district à part entièreAZES, Agence des zones économiques spéciales, Fiche technique Kongo Central, (consulté en 2019)..
Administration vignette|Gouvernorat de la province du Kongo Central à Matadi. Outre Matadi, chef-lieu de la province, les principales villes et localités de cette dernière sont Boma, Moanda, Banana, Mbanza-Ngungu (anciennement Thysville) et Vivi.
La région est constituée de 2 villes et 10 territoires, divisés en 6 communes urbaines, 17 communes rurales, 55 secteurs et 376 groupementsInstitut national de statistiques, Annuaire statistique 2015.. Subdivision Chef-lieu Superficie(km²) Population(2016)CAID, Cellule d'analyse des indicateurs de développement, Kongo Central, (consulté en 2019). Ville de Matadi Matadi 110 Ville de Boma Boma 65 Territoire de Kasangulu Kasangulu Territoire de Kimvula Kimvula Territoire de Lukula Lukula Territoire de Luozi Luozi Territoire de Madimba Madimba Territoire de Mbanza-Ngungu Mbanza-Ngungu Territoire de Moanda Moanda Territoire de Seke Banza Seke-Banza Territoire de Songololo Songololo Territoire de Tshela Tshela
Population et langues La population de la province appartient au peuple bantou des Bakongo(s). Elle est constituée d'une mosaïque de vingt-cinq tribus réparties géographiquement dans les dix territoires de la provinceCongo Autrement, Présentation du Kongo central, 17 mai 2019..
La population du Kongo central, venant de toutes les contrées du Congo, parle au quotidien plusieurs langues, dans les villes comme les villages. Les plus diffusées reflètent dès lors sa composition. Étant donné qu'elle émane essentiellement du royaume Kongo, les habitants parlent le kikongo (kimboma, kiyombe, kimanianga, kindibu, kintandu, kilemfu, kimbata...) et le kikongo ya leta, langue de la culture populaire, de la musique, des églises, du théâtre populaire, etc.
Le lingala, langue parlée le long de la route nationale et de la voie ferrée Matadi-Kinshasa, s'impose progressivement dans les villes suivantes du Kongo Central : Matadi, Boma, Mbanza-Ngungu, Moanda, Kisantu, Lukala et Kasangulu. D'après « L'Opinion Info » : Opinion Info, Kongo-central : le kikongo en voie de disparition, le lingala gagne progressivement du terrain Enquête, consulté le 27 août 2021..
Le français, langue officielle véhiculaire, est utilisé dans l'enseignement, l'administration et les échanges commerciaux.
Il est possible d'entendre au Bas-Congo d'autres langues congolaises (notamment le swahili vers l'est, ou le tshiluba) et étrangères (dont le portugais voisin), mais ce sont des cas isolés.
Économie La province est parmi les plus actives de la république démocratique du Congo avec une économie très développée : produits agricoles, productions minières, pétrole, productions industrielles et autres ; tout ceci grâce à sa situation géographique (le littoral maritime), sa richesse forestière, son sol arable, son chemin de fer reliant la ville de Kinshasa (la capitale) à la ville portuaire de Matadi, le pont Matadi (ancien pont Maréchal-Mobutu) reliant la ville portuaire de Boma à celle de Matadi et donnant aussi accès à la plage de Moanda, les barrages hydroélectriques, spécialement les trois barrages d'Inga.
Pour ces dernières raisons et tant d'autres essentiellement géographiques et historiques, elle fait partie des provinces les plus touristiques du Congo-Kinshasa.
Sa spécificité économique tient à une diversité considérable : en énergie électrique (barrage d'Inga, centrales de Tsango et de Zongo) ; produits agricoles et autres, riz, manioc (fufu), sisal, fibres, sésame, canne à sucre, bois, légumes, élevage, huile de palme, arachide, banane, caoutchouc, etc. ; productions minières (pétrole et existence de gisements considérables de différents minerais non exploités) ; productions industrielles : raffinerie du pétrole (à Moanda), industrie alimentaire (sucrerie à Kwilu-Ngongo, minoterie de Midema à Matadi, huileries), cimenterie (ciment, bitume et Chaux, à Kimpese, Malanga, Mikelo, Kinanga et Lukala) ; production artisanale (bière par exemple).
Les cultures vivrières, les plus pratiquées, assurent la subsistance de la population et permettent de ravitailler en grande partie la capitale nationale.
Environnement vignette|droite|250px|Paysage du Bas-Congo, haute vallée de la Lukaya. La province est actuellement en proie des plusieurs problèmes d’ordre socio-économique et environnemental, entre autres la pollution de l’air, l’exploitation pétrolière, la dégradation des savanes, l’insalubrité due à l’accumulation des déchets et ordures ménagers. Ces problèmes sont une menace à la santé humaine, animale et végétale .
Dans la Province du Kongo Centrale situé au sud-ouest de la République Démocratique du Congo, la gestion durable de l’environnement a été au centre d’une conférence à Matadi, par le commissariat général de l’environnement de cette province, en partenariat avec la fondation ProCongo, a appris le même jour l’ACP de source administrative .
Politique La province est dirigée par deux institutions : l'assemblée provinciale et le gouvernement provincialConstitution du Congo RDC, 18 février 2006..
En 2019, l’Assemblée provinciale du Kongo central compte 41 députés provinciaux : 37 élus au suffrage universel direct et 4 députés cooptés parmi les chefs coutumiersActualités CD 31 députés validés à l'assemblée provinciale, 7 février 2019.. Elle est dirigée par un bureau de 5 membres.
Le gouvernement provincial est composé de douze membres : le gouverneur et le vice-gouverneur, élus par l'Assemblée provinciale pour un mandat de 5 ans ; ainsi que dix ministres provinciaux nommés par un arrêté du gouverneur de provinceINS Kongo Central, Profil provincial du Kongo central, décembre 2015..
Sénateurs La Province de Kongo-Central compte quatre sénateurs. Les sénateurs de Kongo-Central sont élus au second degré par l'Assemblée provinciale de Kongo-CentralArticle 130 de la loi électorale.
L'élection des sénateurs pour la mandature 2019-2024 a lieu le CENI, Annonce des résultats provisoires de l'élection des sénateurs, , la validation des mandats se déroule le au siège de SénatActualité CD, Ouverture de la session extraordinaire du Sénat, .
Prénom Nom Post-Nom.Résultats des élections des Sénateurs Sexe Parti Notes Nefertiti Ngundianza Bakoyisa Kisula F ACO élue par 7 voix Pamphile Badu wa Badu M Indépendant élu par 7 voix Roger Muaka Muaka M ACO élu par 6 voix Rolly Lelo Nzazi F Indépendante élue par 5 voix
Éducation Le Kongo Central compte plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire.
Dans le secteur public, on dénombre : l'Institut supérieur de Commerce de Matadi ; l'Institut supérieur pédagogique de Mbanza-Ngungu ; l'Institut supérieur pédagogique de Boma ; l'Institut supérieur pédagogique de Kangu, à Tshela ; l'Institut supérieur de navigation et de pêche de Moanda ; l'Institut supérieur des arts et aétiers de Kidima, à Nlemba ; l'Institut supérieur de développement rural de Kinzau - Mvuete ; l'Institut supérieur d'études agronomiques de Tshela ; l'Institut supérieur d'études agronomiques (ISEA) de M'vwazi/INERA ; l'université Joseph Kasa-Vubu ; l'Institut supérieur des techniques médicales (ISTM) de Kimpese ; l'Institut supérieur des techniques médicales (ISTM) de Kisantu ; l'Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) de Gombe-Matadi ; l'institut supérieur des sciences infirmières de Matadi.
Dans le secteur privé : l’université Kongo ; l’université protestante de Kimpese ; l’université libre de Luozi ; l’ISTM de Kisantu ; l'Institut supérieur technique de Mbanza-Ngungu (IST)? ex-ISTAC ; l'Institut supérieur technique de Boma(diocèse de Boma) ex ISCIA.
Transports vignette|290px|La province de Bas Congo en 1913,avec le chemin de fer Matadi-Kinshasa avant la transformation, et la première moitié du chemin de fer du Mayombe. Si le transport en république démocratique du Congo est l'un des plus importants défis que le pays devra relever pour s'assurer un développement durable, le problème l'est aussi pour la province du Bas-Congo.