Riyad (en arabe : , , signifiant littéralement « les jardins » ou « les oasis ») est la capitale du royaume d’Arabie saoudite et de la province de Riyad. Elle s’étend sur , et comptait officiellement plus de six millions d'habitants lors du recensement en 2017, ce qui en fait la ville la plus peuplée d'Arabie saoudite et de la péninsule Arabique.

Situation La capitale saoudienne se trouve au centre de la péninsule arabique sur un large plateau, le Nejd.

Elle forme avec Buraydah et Al Khardj, le « couloir central » de développement. Deux autres zones de population du pays se situent d'une part, autour de Djeddah et la Mecque sur la mer Rouge, et d'autre part, autour d’Al-Hufuf et Dhahran sur le golfe Persique.

Histoire Origine Aux temps préislamiques, le site est occupé par des villages se trouvant au confluent de plusieurs oueds, où l’eau souterraine est facilement accessible, près de Hajr al-Yamâma, autrefois centre important de Al-Yamâma, antique région centrale du royaume. Le site est connu pour ses dattes et ses vergers. vignette|183px|Blason de Riyadh. Le nom de la ville (Riyad, parfois transcrit Ryad ou Riyadh), comme celui du riad marocain, dérive du pluriel de rawdhah (, jardin en arabe) qui est apparu au . Il concerne d’abord des parties du campement où les vergers prédominent, puis est utilisé graduellement pour l’ensemble du site.

Premier État saoudien À la fin du , Riyad fait partie du premier État saoudien, né de l'alliance entre Ibn Abdelwahhab, un imam fondamentaliste prônant le retour à un « islam pur », et de Ibn Saoud, émir de Dariya, située aujourd'hui dans la banlieue nord-ouest de Riyad et qui fut capitale de ce royaume. Durant cette période, Riyad subit de la part des Saoudiens 35 raids en l'espace de 28 ans avant d’être occupée par ces derniers en 1773.

Ce fondamentalisme islamiste se propage alors et les tribus du Nejd détruisent les sépultures d'imams chiites en Irak, puis mettent à sac La Mecque en 1806, jusqu'alors ottomane de rite musulman sunnite.

Période ottomane L’Empire ottoman ne tarde pas à réagir par le biais de leur vassal, le vice-roi d'Égypte Méhémet Ali, dont le fils Ibrahim Pacha mettra à sac et détruira Dariya en 1818, provoquant l'effondrement de l'État saoudien. George Forster Sadleir (1789–1859), officier et explorateur britannique de passage dans la région quelque temps plus tard, décrit le village de Riyad, dont les remparts ont été rasés, comme étant entouré de vastes palmeraies, mais dont la guerre contre les Ottomans a rendu les habitants misérables.

Le petit-fils de Mohammed ben Abdelwahhab est fusillé par ses propres troupes. L'imam Abdallah ben Saoud ben Abdelaziz est décapité à Constantinople et sa tête jetée dans le Bosphore.

Deuxième État saoudien , le fils du dernier souverain, parvient à se réfugier auprès des bédouins dans le désert et à échapper à la déportation. En 1821, il mène une révolte contre les troupes occupantes, établit sa tribu à Riyad, qui devient la capitale du deuxième royaume saoudien en 1824, et regagne les territoires perdus, à l'exception du Hedjaz et de l'émirat de Haïl, où le clan Al Rachid prend le pouvoir en 1835. La ville d'Haïl, leur capitale, située au nord-ouest de Riyad contestera la primauté de la capitale des Al Saoud durant tout le .

En 1871, à la suite d'une querelle de succession, Saoud ben Fayçal ben Tourki Al Saoud prend le contrôle du pouvoir sur son frère Abdallah. Après la mort de Saoud, Abderrahmane, son autre frère, lui succède, mais Abdallah revient un an plus tard en le forçant à abdiquer.

En représailles, les enfants de Saoud décident en 1887 de capturer Abdallah. En échange de la libération d'Abdallah, l'émir d'Haïl, Mohammed ben Abdallah Al Rachid, devient gouverneur de Riyad alors que les Ottomans occupent de nouveau le Hasa, à l'est de la péninsule.

Période Al Rachid L'émir décide alors de mettre fin au royaume saoudien. En 1891, à la bataille de Mulayda dans la région de Qassim, la Maison des Al Saoud est défaite par les Al Rachid, soutenus par les Ottomans qui restent ennemis des Saoud. Ces derniers sont obligés de s'exiler au Koweït, alors protégé par la Grande-Bretagne, ennemie de l'Empire ottoman.

Troisième État saoudien

vignette|La rue Thumairià Riyadh en 1938. Profitant d'un voyage à Bagdad d'Abdelaziz ben Moutaïb Al Rachid, avec l'aval de son père Abderrahmane mais seulement accompagné d'une soixantaine de fidèles compagnons, le jeune Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud entreprend de reconquérir Riyad.

La nuit du , six d'entre eux escaladent les remparts de la cité et obtiennent des renseignements d'un ancien serviteur d'Abderrahmane, du temps où les Al Saoud régnaient encore sur Riyad. Ils pénètrent par les terrasses dans la résidence de l'émir de Riyad, Ajlan, et le tuent à son retour de la mosquée, provoquant la reddition de toute la garnison.

Ibn Séoud étend progressivement son pouvoir et crée finalement le nouveau royaume d’Arabie saoudite en 1932, dont Riyad est la capitale. Le wahhabisme est de nouveau imposé à l'ensemble du territoire et Riyad en est le centre. Pour cette raison, les représentations diplomatiques des autres pays restent à Djedda, ville plus ouverte, jusqu'en 1982. Pour sa part, la cour royale réside au palais d'Al-Yamamah, dans la banlieue ouest de la ville.

Climat Riyadh connaît un climat désertique tropical (Köppen: BWh, Trewartha: BWil), avec des étés très chauds et très secs et des hivers chauds et légèrement plus humides. La longue saison sèche, qui s'étend de mai à octobre, est marquée par des températures estivales dépassant très souvent . Les tempêtes de sable sont surtout violentes en hiver. La ville reçoit quelques précipitations quelques jours par an. Pour garantir son alimentation en eau, la ville a créé des barrages pour garder le trop plein, et près d’une centaine de puits. La ville est alimentée à 50 % par de l'eau désalinisée en provenance du golfe Persique, notamment par l'usine de Jubail située à plus de .

Qualité de vie D'après une étude de Mercer sur l'année 2019, Riyad est classé à la place sur 2030 des villes à la meilleure qualité de vie, essentiellement pénalisé par le mode de vie très strictement islamique qui y règne.

À Riyad, l'alcool est interdit et les règles de tenue vestimentaire sont strictes, tandis que les lieux de divertissements étaient quasiment inexistants. Depuis 2017, l'un des volets du plan de développement saoudien Vision 2030 prévoit des mesures visant le développement culturel du royaume, qui viennent faire évoluer ces interdictions, bien que Riyad demeure une ville plus conservatrice que Djeddah. De ces réformes découle notamment l'autorisation de l'ouverture de salles de cinéma après 35 ans d'interdiction. Ainsi, le une salle de 500 places initialement destinée à être une salle de concert symphonique a été inaugurée dans le quartier financier « King Abdallah ». À l'occasion de la fête nationale le , le stade international du Roi-Fahd situé à Riyad a été autorisé à accueillir des femmes pour la première fois. En , le centre culturel Roi-Fadh de Riyad a accueilli son premier concert réservé aux femmes produit par la chanteuse libanaise Hiba Tawaji. En , la ville lance la construction de son premier opéra.

Riyad se positionne à la place dans le classement des villes les plus chères au monde, ce qui en fait une ville où le coût de la vie est modéré.

Population Riyad est la ville la plus peuplée d'Arabie saoudite. Depuis les années 1980, Riyad connaît un essor très rapide grâce à la rente pétrolière, ce qui a conduit à un développement démographique tout aussi important. Entre 1974 et 1992, la population de Riyad croît de 8,2 % par an en moyenne. En 2013, la croissance démographique annuelle est de 4 %.

Depuis 1918, l'évolution de la population de Riyad a été :

Histogramme de l'évolution démographique de Riyad

Administration La ville est divisée en quinze districts, auxquels est adjoint un quartier diplomatique, placées sous le contrôle de la municipalité centrale dirigée par Abdallah ben Abdelrahman ben Mohammed al-Mogbel et de l’autorité de développement de Riyad présidée par le gouverneur de la province, qui est depuis 2015 le prince Fayçal ben Bandar Al Saoud.

Ces districts sont aujourd'hui :

Districts Quartiers, villes, villages Réf. Al-Bat'ha Batha (Al Bathaa et Al-Dirah) Al-Olayya Nemar Irqah Al-Shemaysi Al-Ma'athar Al-Ha'ir Al-Aziziyya Al-Malaz Al-Shifa Al-'Urayja Al-Shimal Al-Neseem Al-Rawdha Al-Selayy Quartier diplomatique quartier diplomatique Quartier financier du roi Abdallah Diriyah

Quartiers Batha (Al Bathaa et Al-Dirah) Ce quartier correspond au centre historique de Riyad, profondément rénové et réhabilité pour perpétuer la mémoire de la famille régnante Al Saoud. Le quartier est très prisé des immigrés pour ses prix plus bas que dans le centre-ville.

Parmi les lieux d'intérêt : le fort Al-Masmak (vers 1865) le musée d'Histoire et d'Archéologie (1999) le , ancienne résidence du roi Ibn Séoud, devenu le le souk réputé pour ses bijoux en or

Tahlia Tahlia signifie en arabe la désalinisation, car dans cette rue se trouve le siège de la société de désalinisation de l'eau. Tahlia Street est toutes proportions gardées « les Champs-Élysées de Riyad ». Dotée de grands trottoirs facilitant un accès piétons, la rue est bordée de boutiques et de restaurants ouverts la nuit, et souvent animée le soir et les week-ends. Dans cette rue, il est possible d'observer l’évolution des mœurs saoudiennes et la libéralisation des habitudes quotidiennes.

Hai Al Safarat (quartier diplomatique) Le D. Q. (pour Diplomatic Quarter) est le quartier diplomatique situé à l'ouest de la ville (), sur la route de Jeddah et de La Mecque. Il est clôturé par une enceinte et on y accède par trois checkpoints, mis en place pour protéger les différentes ambassades, ainsi que les diplomates y résidant, des attaques terroristes. Le quartier diplomatique sert principalement à loger les ambassades étrangères et les ressortissants diplomatiques. Le quartier est pensé pour une utilisation pédestre contrairement à la majorité de la ville de Riyad.

Olaya Olaya est un quartier du nord de la ville en développement notamment au niveau des infrastructures hôtelières qui s'y développent dans les années 2010. Le quartier est considéré comme le centre de Riyad et contient de nombreux hôtels, restaurants, centres commerciaux. Les tours Kingdom Centre et Al Faisaliah se trouvent à Olaya, ainsi que Al Tahlya Street.

Quartier financier du roi Abdallah Le quartier financier du roi Abdallah (KAFD) fait partie des quartiers récents (première pierre en 2006) et en expansion de Riyad. Le quartier est pensé pour une utilisation pédestre contrairement à la majorité de la ville de Riyad. L’ambition du King Abdullah Financial District est de faire de la capitale un hub financier important.

Architecture et monuments vignette|Fort Masmak De nombreux sites historiques peuvent être visités à Riyad. Ces sites historiques côtoient des constructions modernes datant du boom économique saoudien des années 1970.

Monuments historiques Fort Masmak, Sahah Al Hukom, Qasr-al-Hukm National Museum of Saudi Arabia situé à al Murabba, à côté du King Abdul Aziz Historical Center

Architecture moderne vignette|Kingdom Centre. Tour Al Faisaliah de de hauteur, conçue par l'architecte britannique Norman Foster. Elle a une forme pyramidale bien particulière avec un globe de verre à son sommet dans lequel se trouve un restaurant avec une vue panoramique sur la ville. Un centre commercial se trouve au pied de la tour. La construction a démarré en 1998 et elle fut inaugurée deux ans plus tard, en 2000. Kingdom Centre (Al Mamlaka en arabe) culmine à , et dispose d'une ouverture triangulaire enjambée par un pont panoramique de 56 mètres avec une plate-forme d'observation publique. La tour est alignée avec la Tour Al Faisaliah.