Le marathon des Jeux olympiques ou marathon olympique est inscrit au programme des Jeux olympiques depuis la première édition, en 1896 à Athènes. Les femmes ne participent à cette épreuve que depuis les Jeux de 1984, à Los Angeles.

Avec deux médailles d'or remportées, l'Éthiopien Abebe Bikila, l'Allemand Waldemar Cierpinski et le Kényan Eliud Kipchoge sont les athlètes les plus titrés dans cette épreuve.

Les records olympiques de la discipline sont actuellement détenus par l'Éthiopien Tamirat Tola auteur de aux Jeux olympiques de 2024, à Paris, et par la Néerlando-éthiopienne Sifan Hassan auteur de aux Jeux olympiques de 2024, à Paris.

Éditions +Marathon aux Jeux olympiques N° Édition Ville Hommes Femmes 1 AthènesX 2 ParisX 3 Saint-LouisX 4 LondresX 5 StockholmX 6 AnversX 7 ParisX 8 AmsterdamX 9 Los AngelesX 10 BerlinX 11 LondresX 12 HelsinkiX 13 MelbourneX 14 RomeX 15 TokyoX 16 MexicoX 17 MunichX 18 MontréalX 19 MoscouX 20 Los AngelesXX 21 SéoulXX 22 BarceloneXX 23 AtlantaXX 24 SydneyXX 25 AthènesXX 26 PékinXX 27 LondresXX 28 Rio de JaneiroXX 29 TokyoXX 30 ParisXXTotal3011

Distances olympiques

La distance du marathon a varié lors des premières éditions des Jeux olympiques. Elle représente environ lors des premiers Jeux olympiques de l'ère moderne, en 1896 à Athènes, lors des Jeux olympiques de 1900 à Paris et lors des Jeux olympiques de 1904 à Saint-Louis.

Il faut attendre les Jeux de Londres en 1908 pour que la distance soit fixée à terrestres. La fantaisie va faire valoir ses droits : la course doit partir de la pelouse du château de Windsor pour faire plaisir aux enfants de la famille royale, qui veulent assister au départ des concurrents. Mais on décide au dernier moment que l'arrivée doit se faire au White City Stadium, devant la loge royale où Édouard VII est présent. De ce fait, la distance ne tombe plus juste. Elle sera alors fixée à et , soit .

La distance varie lors des deux éditions suivantes : plus courte aux Jeux olympiques de 1912 à Stockholm avec , elle passe à lors des Jeux olympiques de 1920 à Anvers.

Depuis les Jeux olympiques de 1924, à Paris, tous les marathons se disputent sur la distance classique de .

Hommes Historique 1896-1912 thumb|left|upright=1.3|Arrivée du marathon des Jeux olympiques de 1896 au Stade panathénaïque d'Athènes. L'épreuve du marathon fait partie des douze épreuves d'athlétisme au programme des premiers Jeux olympiques de l'ère moderne, en 1896. Le départ de la course est donné le dans la ville de Marathon et l'arrivée se déroule au Stade panathénaïque d'Athènes, soit environ à parcourir . Parmi les vingt-quatre concurrents de l'épreuve, le Français Albin Lermusiaux prend progressivement la tête de la course et possède un kilomètre d'avance sur ses rivaux. Mais victime de crampes vers le , il est contraint à l'abandon. L'Australien Teddy Flack prend le commandement de la course au mais se voit finalement dépassé par le Grec Spyrídon Loúis à quatre kilomètres de l'arrivée. Spyrídon Loúis se présente seul à l'entrée du Stade panathénaïque et ses , et franchit la ligne d'arrivée en , devançant de près de sept minutes son compatriote Kharílaos Vasilákos et le Hongrois Gyula Kellner. Dix athlètes terminent l'épreuve, mais l'un d'entre eux, l'adolescent grec Spyrídon Belókas, est disqualifié après avoir effectué une partie de la course à l'arrière d'une charrette.

Le marathon des Jeux olympiques de 1900, à Paris, est remporté par le Français Michel Théato. L'épreuve, qui se déroule sous une très forte chaleur ( à l'ombre), se dispute sur la distance de ; le départ est donné à la Croix-Catelan dans le bois de Boulogne puis, à partir de la porte de Passy, l'itinéraire emprunte les boulevard extérieurs, valant à cette course le nom de « marathon des fortifs ». Parmi les 13 participants, le Suédois Ernst Fast mène la course mais se fait rejoindre à quelques kilomètres de l'arrivée, Michel Théato se détache et l'emporte dans le temps de , devançant son compatriote Émile Champion et Ernst Fast .

En 1904, aux marathon des Jeux olympiques de 1904, sur la distance de , l'Américain Thomas Hicks remporte l'épreuve en , devant Albert Corey et Arthur Newton . L'Américain Frederick Lorz, arrivé le premier, est disqualifié par les juges pour avoir effectué une partie de la course en voiture. À de l'arrivée, Thomas Hicks est arrêté par ses entraîneurs qui lui donnent plusieurs doses de strychnine et d'eau-de-vie, s'agissant de la première manifestation de dopage aux Jeux olympiques. Ce marathon comprend également les deux premiers Noirs africains à concourir aux Jeux olympiques : Len Taunyane et Jan Mashiani. Ils arriveront respectivement neuvième et douzième, mais Len Tau aurait pu obtenir un meilleur résultat s'il n'avait pas effectué un détour d'un mille pour échapper à une meute de chiens enragés.

Lors des Jeux olympiques de 1908, à Londres, l'épreuve du marathon se dispute pour la première fois sur la distance de . L'Italien Dorando Pietri, en tête de la course, se présente inconscient en entrant dans le Stade olympique, tournant à droite au lieu de s'orienter à gauche, puis tombant à plusieurs reprises sur la piste, avant de chuter et d'être aidé par des officiels à se relever. Mais après avoir franchi la ligne en première position, l'Italien sera finalement disqualifié pour avoir bénéficié d'une aide illicite. L'Américain John Hayes est désigné vainqueur dans le temps de , devançant le Sud-africain Charles Hefferon et l'Américain Joseph Forshaw .

Quatre ans plus tard, aux Jeux olympiques de 1912 à Stockholm, le Sud Africain Ken McArthur s'adjuge le titre olympique disputé sur la distance de , en s'imposant dans le temps de , devant son compatriote Chris Gitsham l'Américain Gaston Strobino . Le Finlandais Tatu Kolehmainen, abandonne à dix kilomètres de l'arrivée après avoir mené une grande partie de la course.

1920-1936 thumb|Albin Stenroos, vainqueur du marathon des Jeux olympiques de 1924. Lors des Jeux olympiques de 1920, le Finlandais Hannes Kolehmainen, qui a remporté trois médailles individuelles huit ans plus tôt aux Jeux olympiques de 1912 (, et cross-country) décide de s'aligner dans la seule épreuve du marathon, disputée sur la distance de . À Anvers, Hannes Kolehmainen remporte le titre olympique en contrôlant la course de bout en bout, établissant en la meilleure performance sur marathon. Il devance l'Estonien Jüri Lossmann () et l'Italien Valerio Arri () .

Quatre ans plus tard, aux Jeux olympiques de 1924, à Paris, la victoire revient à un autre finlandais : Albin Stenroos qui, sur la distance devenue désormais classique de , l'emporte dans le temps de , loin devant l'Italien Romeo Bertini () et l'Américain Clarence DeMar (), titré à plusieurs reprises au Marathon de Boston .

En 1928, lors des Jeux olympiques d'Amsterdam, le Français Boughéra El Ouafi crée la surprise en décrochant le titre après avoir repris les coureurs de tête à 5 kilomètres de l'arrivée, l'Américain Joie Ray puis le Japonais Kanematsu Yamada, sujets aux crampes. Il l'emporte dans le temps de et devance sur la ligne d'arrivée le Chilien Manuel Plaza () et le Finlandais Martti Marttelin (), Kanematsu Yamada et Joie Ray terminant respectivement et de l'épreuve .

Favori du marathon des Jeux olympiques de 1932, à Los Angeles, le Finlandais Paavo Nurmi, détenteur de neuf titres olympiques, est disqualifié peu avant ces Jeux par l'Association internationale des fédérations d'athlétisme pour avoir enfreint les règles de l'amateurisme. En son absence, la victoire revient à l'Argentin Juan Carlos Zabala qui l'emporte dans le temps de , nouveau record olympique, devançant de le Britannique Samuel Ferris () après avoir pris la tête de la course à quatre kilomètres de l'arrivée. Le Finlandais Armas Toivonen complète le podium en .

Aux Jeux olympiques de 1936, à Berlin, Juan Carlos Zabala ne parvient pas à décrocher son deuxième titre olympique consécutif en abandonnant au kilomètre après avoir mené pendant la quasi-totalité de la course. Le Japonais Son Kitei, revenu sur tous ses adversaires de tête, remporte le marathon en établissant un nouveau record olympique en , devançant le Britannique Ernest Harper, deuxième en , et l'autre japonais Nan Shōryū, troisième en .

1948-1964 thumb|left|Abebe Bikila, champion olympique en 1960 et 1964. Lors des Jeux olympiques de 1948, à Londres, l'Argentin Delfo Cabrera, qui dispute son premier marathon, remporte le titre olympique dans le temps de . Devancé de plus d'une minute par le Belge Étienne Gailly au kilomètre, il parvient à refaire son retard mais est de nouveau distancé à un kilomètre de l'arrivée. Assuré de remporter le titre, Étienne Gailly est victime d'une défaillance physique en abordant la piste du Stade de Wembley et sera dépassé par Delfo Cabrera et par le Britannique Thomas Richards, se classant seulement troisième de la course .

Le Tchécoslovaque Emil Zátopek remporte le marathon des Jeux olympiques de 1952, à Helsinki, après s'être imposé quelques jours plus tôt sur et . Alors qu'il dispute le premier marathon de sa carrière, il prend le commandement de la course dès le kilomètre en compagnie du Suédois Gustaf Jansson, avant d'occuper seul la tête à partir du kilomètre. Il s'impose dans le temps de , devançant de plus de deux minutes et demie l'Argentin Reinaldo Gorno () et près de trois minutes Gustaf Jansson () . Delfo Cabrera, le tenant du titre, se classe de l'épreuve.

Favori des Jeux olympiques de 1956, à Melbourne, Emil Zátopek ne se classe que de la course, laissant la victoire au Français Alain Mimoun, qui sous une chaleur accablante ( à l'ombre), l'emporte dans le temps de après s'être retrouvé seul en tête de la course à mi-parcours. Le Yougoslave Franjo Mihalić remporte la médaille d'argent en et le Finlandais Veikko Karvonen la médaille de bronze en .

Quatre ans plus tard, aux Jeux olympiques de 1960, à Rome, l’Éthiopien Abebe Bikila devient le premier athlète africain à remporter le titre olympique du marathon. Sélectionné pour les Jeux olympiques en remplacement d'un coureur blessé, il prend rapidement la tête de la course en compagnie du Marocain Abdeslam Radi. À de l'arrivée, qui pour la première fois ne se situe pas dans le stade olympique, Bikila accélère et remporte la course dans le temps de , établissant la meilleure performance sur marathon. Abdeslam Radi se classe deuxième en et le Néo-Zélandais Barry Magee troisième en . Lors de cette épreuve disputée en nocturne, Abebe Bikila court pieds nus, ne trouvant pas de chaussures qui lui convienne.

Abebe Bikila est le premier athlète à décrocher un second titre olympique sur le marathon à l'occasion des Jeux olympiques de 1964, à Tokyo. Opéré d'une appendicite aiguë 35 jours avant le début de la compétition, il parvient à se rétablir rapidement et remporter l'épreuve dans le temps de , signant une nouvelle fois la meilleure performance mondiale sur cette distance. Il devance de près de quatre minutes le Britannique Basil Heatley, médaillé d'argent en , et le Japonais Kōkichi Tsuburaya, médaillé de bronze en . Le Britannique Brian Kilby, champion d'Europe et du Commonwealth en 1962, termine au pied du podium.

1968-1984 thumb|Waldemar Cierpinski, champion olympique en 1976 et 1980. Le marathon des Jeux olympiques de 1968, disputé à Mexico à plus de d'altitude, est remporté par l'Éthiopien Mamo Wolde, médaillé d'argent sur une semaine plus tôt, qui s'impose dans le temps de , devançant largement le Japonais Kenji Kimihara () et le Néo-Zélandais Mike Ryan (). Abebe Bikila, le double tenant du titre, abandonne peu avant le kilomètre pour ce qui constituait la dernière course de sa carrière . L'Australien Derek Clayton, détenteur depuis 1967 de la meilleure performance mondiale sur le marathon, termine de l'épreuve.