La famille de Reviers (ou Revières ; en anglais Redvers), qui tient son nom du village de Reviers dans le Calvados, est une famille du baronnage normand et anglo-normand. La famille tient le titre de comte de Devon à partir de 1140, et la branche anglo-normande s'éteint en 1293.
Origine de la famille et descendance anglaise Richard de Reviers s'attache au service d'Henri Beauclerc, le plus jeune fils de Guillaume le Conquérant, et quand ce dernier devient roi en 1100, il est largement récompensé par de vastes domaines dans le Devon, le Dorset, le Hampshire et l'île de Wight. Ses domaines sont connus comme les honneurs de Plympton (Devon), Christchurch (Dorset) et Carisbrooke (Île de Wight)Robert Bearman, « Revières, Baldwin de, earl of Devon (c.1095–1155) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.. Ils sont en possession de la famille jusqu'au règne d'J. H. Round, « Redvers, family of », Dictionary of National Biography, 1896.. Son fils Baudouin lui succède dans ses possessions anglaises, et son fils Guillaume de Vernon (senior) dans ses possessions dans le duché de Normandie : Reviers, de Vernon (Eure) et de Néhou (Manche).
Baudouin est un ardent partisan de Mathilde l'Emperesse, la fille de , au début de la guerre civile du règne d'Étienne d'Angleterre. Il est créé comte de Devon par elle pour services rendus en 1141Robert Bearman, « Revières, Baldwin de, earl of Devon (c.1095–1155) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.. Son fils Richard et ses deux petits-fils lui succèdent, et après leurs morts, le titre revient au second fils de Baudouin, Guillaume de Vernon junior.
Lorsque Baudouin de Reviers, de Devon, meurt durant une campagne en France de , en 1262, il n'a pas de descendance. Sa sœur Isabelle, veuve de William de Forz (ou de Fortibus), le d'Albemarle, hérite donc du patrimoine familial, et est comtesse de Devon de plein droitBarbara English, « Forz, Isabella de, suo jure countess of Devon, and countess of Aumale (1237–1293) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, Sept 2004; online edn, Jan 2008.. Elle a alors moins de trente ans, et est une des plus riches héritières d'Angleterre. Elle meurt en 1293 après avoir survécu à tous ses enfants et fait tout pour ne pas se marier de nouveau. Juste avant sa mort, elle vend l'île de Wight au roi .
Histoire de la branche normande au En 1195, à la suite du traité de GaillonE. Rousseau, G. Désiré dit Gosset, « Traité de Gaillon (1196) : Édition critique et traduction », Tabularia, n° 2, 5 novembre 2002, p.1-12., en ligne., Philippe Auguste donne diverses terres dans son domaine capétien (Montmélian, Plailly), Gouvieux, Auvers, Roberval et Louvres à de Vernon et son fils, , en échange de Vernon.
Les Vernon deviennent donc vassaux du duc de Normandie et roi d'Angleterre, pour leurs domaines du Cotentin, et vassaux du roi de France pour leur nouveau domaine « français ». Au moment de choisir entre le roi d'Angleterre et le roi de France, de Vernon hésite longtemps, privilégiant tantôt l'un tantôt l'autre, mais choisit finalement Philippe Auguste au détriment de Jean sans Terre. Ce choix lui fait perdre provisoirement son honneur de Néhou, puisqu'il le retrouve en 1204, quand Philippe Auguste devient le nouveau maître de la NormandieChristophe Mauduit, « Une famille aristocratique normande au : les Reviers-Vernon.», Les Cahiers Vernonnais, 32, 2010, p.5-30..
À la mort de de Vernon, en 1230, ses deux fils, Jean de Vernon et de Vernon, se partagent le domaine familial. Jean devient seigneur de Montmélian et Guillaume hérite de l'honneur de Néhou. Chaque seigneurie vit alors indépendamment l'une de l'autre. Mais en 1235, Jean meurt sans héritier et , son frère, devient le nouveau seigneur de Montmélian. Le domaine familial est à nouveau dirigé par une seule personne. Guillaume de Vernon meurt en 1278, lui aussi sans héritier. La branche normande des Reviers-Vernon s'éteint alors. Les possessions de sont alors partagées entre ses trois filles le lundi après la fête de Saint Martin de l'hiver 1283Christophe Mauduit, « Une famille aristocratique normande au : les Reviers-Vernon.», Les Cahiers Vernonnais, 32, 2010, p. 28., devant Pierre de Bailleux, vicomte de Valognes, et Chrestien le Chambelleur, bailli de Cotentin, et voit la création de trois nouvelles baronnies : Marie reçut la baronnie de l'Angle de Néhou ; Jeanne reçut la baronnie d'Orglandes et épousa Guillaume de Brucourt, Mathilde reçut la baronnie de la Châtellenie ou du Château et épousa Robert de La Haye, descendant de Richard de La Haye-du-Puits.
Héraldique Les Reviers-Vernon de la branche normande qui s'éteignit en 1283 avaient pour armes d'or au sautoir d'azur..
Une autre famille de Reviers ? vignette|redresse|Vitrail de la chapelle seigneuriale, église de la Sainte-Trinité de Douy, Eure-et-Loir. Tout au long des , une autre famille nommée elle aussi « Reviers », vit en Normandie. L'un de ses membres, Richard de Reviers est le bailli de Cotentin pour l'année 1204T. Stapleton, Magni Rotuli Scaccarii Normaniae, 1840, vol. 2, p. 506. Léopold Delisle, « Mémoire sur les baillis du Cotentin », M. S. A. N., t. XIX, 1852, p. 67.. Cette famille est régulièrement confondue avec la famille des Reviers-Vernon, et notamment avec les comtes de Devon.
Néanmoins, à la différence des Reviers-Vernon, cette famille ne s'éteint pas au . On trouve un Robert de Reviers, sergent qui a assuré à la demande de Guillaume des Bordes, capitaine de Montebourg, la garde des charrettes, charpentiers et autres ouvriers servant à la fortification de Montebourg ()Michel Nortier, Documents normands du règne de Charles V, B.N.F., Société de l’histoire de Normandie, Paris, 2000, p. 314..
Généalogie Généalogie des membres principaux.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie J. H. Round, « Redvers, family of », Dictionary of National Biography, 1896. Seigneurs de Reviers sur Medieval Lands. Comtes de Devon sur Medieval Lands. R. Bearman, « Charters or the Redvers family and the Earldom of Devon, 1090-1217 », Devon and Cornwall Record Society, New Series, (1994). F. Hockey, « The House of Redvers and its Monastic fondations », Anglo-Norman Studies, V, 1982, C. Mauduit, « Une famille aristocratique normande au : les Reviers-Vernon.», Les Cahiers Vernonnais, 32, 2010, . Cet article est extrait du master 2 : C. Mauduit, Étude d'une famille de l'aristocratie normande : les Reviers-Vernon (), mémoire de master 2, Caen, UFR Histoire, 2009, 1 vol., 216 p. (dactyl.). .
Articles connexes Baronnage anglo-normand
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