Le Monastère de Narek (en arménien ) ou Narekavank () est un monastère arménien du Vaspourakan fondé au sur la rive méridionale du lac de Van, dans l'est de l'actuelle Turquie. Le monastère, un important centre intellectuel dont l'élève le plus célèbre est Grégoire de Narek, a été détruit en 1915, lors du génocide arménien.
Situation géographique
Le monastère est situé dans le village du même nom, dans le canton du Rechtouniq, dans l'ancienne province arménienne du Vaspourakan.. Il est situé à vol d'oiseau à du lac de Van et à de l'île d'AghtamarGrégoire de Narek, Jean-Pierre et Annie Mahé, Tragédie: Matean ołbergutʻean : le livre de lamentation, Peeters, Louvain, 2000 , 42.. À son emplacement se dresse l'actuel village de Yemişlik (province de Van, Turquie)Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), Armenia sacra — Mémoire chrétienne des Arméniens (), Somogy / Musée du Louvre, Paris, 2007 , 468..
Histoire
Le monastère est fondé en 935-940Krikor Beledian, « L'espace et le temps dans l'œuvre de Grégoire de Narek », dans René Lebrun (dir.), Sagesse de l'Orient ancien et chrétien, Beauchesne, Paris, 1993 , 12. par des moines chassés de Cappadoce en raison de leur rejet du chalcédonisme, et suit la règle de saint Basile..
Narek accueille très tôt une école qui en fera un important foyer intellectuel arménienJannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), op. cit., 340.. Fondée par Anania de Narek, cette école est renommée pour son enseignement de la littérature (et notamment de la poésie), de la philosophie et de la musique sacréeJean V. Guréghian, Les monuments de la région Mouch - Sassoun - Van en Arménie historique, Sigest, Alfortville, 2008 , 12., « véritable “Port-Royal” de la renaissance arménienne »Grégoire de Narek, Jean-Pierre et Annie Mahé, op. cit., 45.. Parmi ses élèves passés à la postérité figurent Grégoire de Narek. et Oukhtanès de Sébaste Agop Jack Hacikyan (dir.), op. cit., 250..
En 1021, lorsque le Vaspourakan passe dans l'escarcelle byzantineJean-Claude Cheynet (dir.), Le monde byzantin, vol. II : L'Empire byzantin (641-1204), coll. « Nouvelle Clio — L'histoire et ses problèmes », Presses universitaires de France, Paris, 2006 , p. 38., une partie importante des moines suivent les souverains arçrouni et quittent le monastère ; celui-ci connaît toutefois un renouveau au en tant que scriptoriumGrégoire de Narek, Jean-Pierre et Annie Mahé, op. cit., 40.. Il est restauré au et devient le siège d'un évêché, et fait à nouveau l'objet de rénovations en 1843.
Dans le cadre des massacres hamidiens, le monastère est pillé par des Kurdes en 1895. Une reconstruction est débutée à partir de 1904 mais n'est toujours pas terminée en 1915. Le monastère est entièrement détruit en 1915 au cours du génocide arménien.
Bâtiments
Le monastère est composé de deux églises (Sourp Sandoukht, « Sainte-Sandoukht », et Sourp Astvatsatsin, « Sainte-Mère-de-Dieu »), d'un jamatoun, d'un clocher, du mausolée de Grégoire de Narek et de bâtiments annexesJean V. Guréghian, op. cit., 11., le tout entouré de remparts.. Des reliques de saint Thomas et de saint Jacques de Nisibe y sont conservées.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Oukhtanès de Sébaste Grégoire de Narek
Lien externe
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