Dipsacus sativus (L.) Honck., la Cardère à foulon ou Cardère à lainer (noms vernaculaires), est une espèce de plantes, cultivée au dans les régions proches des centres lainiers dans une grande partie de l'Europe, notamment en France, en Vendée, et en Belgique, dans la vallée de la Vesdre. Ses capitules secs étaient enfilés sur des peignes qui servaient aux opérations de lainage.
Noms vernaculaires Noms vernaculairesCf. Encyclopédie méthodique, Agriculture, Tome troisième [Chable-Cytise], Paris, 1793, p. 62, article « Chardon à Bonnetier » par Alexandre-Henri Tessier : sur Gallica.bnf.fr.Ethnobotanique et usage des noms vernaculaires de Dipsacus fullonum L. sur Tela-Botanica : Chardon à Bonnetier, Chardon à foulon, Chardon à lainer, Chardon à carder, Chardon lanier, Chardon à Drapier, Cardère des villes, Cardère cultivée, Bonnetier ; Fuller's Teasel ; Carda, Cardilla ; tchèrdôn.
Description
Appareil végétatif C'est une plante bisannuelle d'environ un mètre, à tige robuste, creuse, sillonnée, faiblement épineuse. Les feuilles sont inermes ou munies de rares aiguillons, les radicales oblongues, les caulinaires connées, entières ou dentées.
Appareil reproducteur Les fleurs sont blanches, en têtes ovales-cylindracées de de long sur de large. Les folioles de l'involucre sont étalées, lancéolées-linéaires, raides, plus courtes que la tête florale. Les paillettes du réceptacle égalent presque les fleurs, pubescentes-scabres, brusquement terminées en pointe courbée en dehors. La floraison a lieu de juin à août.
Distinction avec la Cardère sauvage Le capitule est plus long que celui de la Cardère sauvage, bien cylindrique, les bractées de l'involucre sont plus courtes, les paillettes du réceptacle sont lisses et recourbées vers le bas.
Les fleurs de la cardère sauvage sont mauves/lilas
Habitat et répartition L'espèce était jadis cultivée en grand et subspontanée çà et là dans une grande partie de la France et de l'Europe. Son origine spontanée est incertaine.
La cardère cultivée et l'Homme Histoire La Cardère des villes fut cultivée depuis l'antiquité et jusque dans les années pour le lainage des draps fins, opération qu'il ne faut pas confondre avec le cardage.
Dipsacus sativus, quasi disparu aujourd'hui, était intensément cultivé au . Pierre Déom rapporte le chiffre de cultivés.. En , il ne restait plus qu'un vieux sac de graines oublié dans le tiroir d'un négociant de Tarascon (Bouches-du-Rhône). À la suite d'une opération menée par le périodique « La Hulotte » qui, ayant retrouvé ces graines, a proposé d'en envoyer des exemplaires à qui en ferait la demande à condition de renvoyer les graines issues de plantations, de nombreux particuliers possèdent dans leur jardins des plants qui se resèment spontanément. La cardère des villes n'a donc pas disparu.
Utilisation : lainage ou lannage vignette|Laineuse à cardères de 1920. Les cardères séchées sont placées en rangs sur le grand cylindre Les capitules secs du chardon étaient enfilés sur des sortes de peignes..
Ils servaient à confectionner des vêtements de luxe. Pour donner à ces tissus un inimitable aspect soyeux, il était nécessaire, après les classiques opérations de cardage, tissage, foulage, de les « lainer », c’est-à-dire de les griffer interminablement, en sorte d’en tirer précautionneusement, en s’efforçant d’en arracher le moins possible, des milliers de légers filaments laineux qui finissaient par former à la surface un duvet de feutre, doux, chaud, et très serré. C'était un travail délicat pour lequel on n’avait trouvé que les cardes pour aller déloger les brins de laine.
Sa disparition est liée à celle des « laineuses à chardons naturels » sur lesquelles étaient délicatement brossés des tapis de billard ou des couvertures de mohair. Les têtes de cardère étaient fixées sur de grandes règles montées sur des tambours tournant à toute vitesse. On retrouve parfois des capitules séchés sur d'anciennes machines.
En France, elle est signalée à Aubigny en . Les Préalpes furent le dernier refuge des Cardères () : pendant plus d’un siècle, Saint-Rémy-de-Provence connut la prospérité grâce au commerce international des chardons. . On peut retrouver un moulin à foulon en état de fonctionnement à Cugand en Vendée, réhabilité en . Une machine à lainer est également en exposition avec ses croisées garnie de cardères cultivéesMairie de Cugand, Source : conseil général de la Vendée..
Héraldique thumb|upright=0.5|Blason de Baienfurt. Dipsacus sativus figure sur le blason de la commune de Baienfurt en Allemagne.
Synonymes Dipsacus carminatorius Salisb., 1796 Dipsacus fullonum subsp. sativus (L.) Thell. ex P.Fourn., 1939 Dipsacus fullonum var. sativus L., 1753 Dipsacus fullonum sensu H.J.Coste, 1903 Dipsacus sylvestris subsp. fullonum Bonnier & Layens, 1894
Notes et références
Voir aussi Articles connexes genre Dipsacus la Cardère sauvage (Dipsacus fullonum)
Liens externes
Catégorie:Dipsacaceae (Cronquist) Catégorie:Espèce d'Angiospermes (nom scientifique) Catégorie:Plante industrielle Catégorie:Plante de bouquet sec Catégorie:Plante décrite en 1782