Le Poisson rouge ou Carassin doré (Carassius auratus) est une espèce de poissons d'eau douce appartenant à la famille des Cyprinidés.
Sélectionné dans les élevages, on retrouve ce poisson d'eau froide dans les bassins du monde entier mais également dans les aquariums et réserves d'eaux pluviales dans lesquelles il permet d'éviter la présence de moustiques. Il est considéré de nos jours comme un animal domestique. Les formes ornementales telles que nous les connaissons au sont issues de la forme sauvage de l'espèce, un Carassin de couleur gris doré, proche du Carassin commun, vivant dans les eaux douces, calmes et tempérées d'Europe et de Chine. L'élevage sélectif pratiqué depuis les premières dynasties chinoises a permis d'obtenir des variétés dont la morphologie n'a plus beaucoup de points communs avec le carassin doré sauvage, variétés qui font l'objet de concours.
C'est un poisson résistant, dont l'espérance de vie est de 30 ans, avec un record du monde de plus de 43 ans. Il peut parfaitement être maintenu en captivité dans un bassin ou dans un très grand aquarium. En revanche, le traditionnel bocal est de plus en plus dénoncé, voire interdit dans certains pays, car il ne permet pas d'assurer le bien-être de ce poisson qui, à l'âge adulte et selon la variété, mesure entre 15 et de longueur. En aquariophilie, il est l'un des poissons les plus populaires au monde.
Dénominations Nom scientifique valide : Carassius auratus (Linnaeus, 1758) Protonyme : Cyprinus auratus Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Poisson rouge.., Carassin doré, Cyprin doré, Carassin, Carpe dorée, Poisson d'or, Poisson doré, Poisson rouge commun Noms vernaculaires (langage courant) : dame céré, dorade de Chine, dorade de la Chine, gibèle, madanm séré, monbrun
Description de l'espèce Forme sauvage Le carassin doré sauvage est un poisson de couleur gris doré de forme simple, mais l'espèce a considérablement évolué au cours des siècles dans les élevages. Le corps est allongé, la queue et les nageoires petites par rapport au corps. À l'âge adulte, il mesure en moyenne avec une large disparité entre les individus dont la longueur peut varier entre 10 et .
Le dimorphisme sexuel, c'est-à-dire la différence entre le mâle et la femelle, n'est généralement pas apparent. Il faut attendre la période de reproduction (le frai) pour que l'aspect plus arrondi du corps des femelles et de discrètes modifications au niveau de l'anus de celles-ci, quand elles s'apprêtent à pondre, permettent de les distinguer des mâles qui développent de leur côté des sortes de nodules (les boutons de noce) sur les ouïes et les nageoires postérieurs (nageoires pelviennes)..
Formes d'élevage Le poisson rouge commun de bassin diffère peu de la forme sauvage, si ce n'est par sa couleur plus vive. Il mesure en moyenne 20–30 cm en bassin avec, comme pour le carassin doré sauvage, une large disparité entre les individus dont la longueur varie en moyenne entre 10 et 35 cm. Toutefois, pour le poisson rouge commun, un record de 47,4 cm est attesté aux Pays-Bas. Les autres variétés domestiques sont généralement plus petites. Ainsi la comète, le shubunkin, le sarasa et le carassin noir, aussi rustiques que le poisson rouge commun, dépassent rarement les 20 cm en bassin. Les variétés moins rustiques, aux caractéristiques physiques particulières obtenues par mutations comme le télescope aux yeux proéminent, la lorgnette de ciel aux yeux retournés vers le haut, sont également plus petites mais aussi beaucoup moins actives ce qui les rend plus aptes à la vie en aquarium.
Variétés
Toutes sortes de variétés colorées sont apparues, de même que des mutations plus importantes au niveau de la forme du corps, très recherchées chez ces poissons ornementaux.
Après plusieurs croisements et sélections, de nouvelles variétés ont été créées, comme l'Oranda, le Comète, le Télescope, la Tête de lion, l'Uranoscope… Dans ces cas, les couleurs mais aussi la morphologie des poissons ont été considérablement modifiées par mutations progressives. Les poissons peuvent avoir un corps plus rond, une queue double voire triple, des excroissances sur la tête, une nageoire dorsale plus haute, voire absente…
Il existe de nombreuses variétés dites de « poissons rouges ».. En voici quelques-unes :
Mode de vie et reproduction
Ce poisson d'eau douce est une espèce adaptable qui vit en bancs. Il est omnivore à tendance insectivore et détritivore. En extérieur il trouve en principe de la nourriture vivante (principalement des insectes tombés à l'eau) et végétale en quantité suffisante sans apport de la part de l'homme et se reproduit librement.
C'est une espèce très résistante, qui s'adapte facilement aux conditions environnementales. L'espérance de vie d'un poisson rouge est de trente ans, du moins tant qu'il est maintenu dans de bonnes conditionsLe poisson rouge dans son bocal - Une association déplorable !!! sur le site Aqua bases, consulté le 17 juillet 2013.. Des records de longévité de près de 50 ans ont même été enregistrésédition 2007 du livre Guinness des records..
Toutefois, les poissons rouges ont des prédateurs naturels comme les oiseaux pêcheurs (corvidés, hérons…), les serpents aquatiques (couleuvres) ou les gros batraciens, et jusque dans les aquariums où les chats domestiques plongent volontiers la patte.
Reproduction
Au printemps, quand l'eau atteint 14 à , les poissons rouges s'apprêtent à se reproduire.
Le mâle atteint sa maturité sexuelle à deux ans et la femelle à trois ans. Les femelles sont plus rondes et plus pleines que les mâles quand arrive la période de fécondation. On reconnaît qu'elles sont prêtes à pondre car le ventre devient mou et l'orifice génital paraît proéminent. À cette période les mâles libèrent facilement de la laitance lorsqu'ils sont manipulés. Ils portent des « boutons de noce » blancs et rugueux sur les opercules ainsi que sur le premier rayon des nageoires pectorales qui sont souvent plus développées que chez les femelles.
La reproduction est appelée « le frai ». La femelle accompagnée de plusieurs mâles prend appui sur les supports (frayères) disponibles pour pondre. Les ovules et la laitance sont libérés en pleine eau et c'est à ce moment que doit avoir lieu la fécondation. Au contact de l'eau, les protéines qui couvrent l'œuf commencent à devenir adhésives, l'œuf s'hydrate et se gonfle, et le micropyle se referme. Les ovules qui n'ont pas été fécondés à ce stade sont perdus. Les œufs adhèrent alors aux végétaux et aux surfaces environnantes. L'incubation peut commencer. Les œufs qui sont trop agglomérés les uns aux autres, tombés au sol ou dans un réduit mal oxygéné risquent fort d'être perdus par manque d'oxygène ou contact pathogène.
L'éclosion des œufs restant a lieu après moins d'une semaine. La durée de l'embryogénèse varie en fonction de la température et peut demander de six à trois jours dans une eau respectivement de 16 à . À l'éclosion, les extrémités de l'appareil digestif (bouche et anus) de la larve ne sont pas encore ouverts, mais celle-ci dispose d'une réserve vitelline qui lui apporte l'énergie et les nutriments nécessaires pour achever sa formation.
Cependant, n'ayant pas encore de vessie natatoire, la larve coule et ne peut tenir en eau sans fournir un effort considérable. Elle cherche donc à s'accrocher aux supports qu'elle trouve. Cette période dite de résorption de la vésicule peut demander deux à quatre jours (toujours selon la température).
Dès qu'elle en est capable, la larve vient à la surface capter une bulle d'air qui vient gonfler sa vessie natatoire et lui permet ainsi de nager normalement. À partir de ce moment, elle doit commencer à se nourrir (infusoires, rotifères, débris végétaux…).
D'abord bruns, les alevins acquièrent leur coloration définitive durant les trois ou quatre premiers mois de leur vieComment assurer la reproduction des poissons de bassin ?, sur le site de Tetra, consulté le 3 février 2014., en fonction de la température de l'eau.
La mémoire du poisson rouge Le poisson rouge aurait la mémoire de la douleur pendant au moins et peut être entraîné à garder la mémoire d'un événement jusqu'à trois mois, d'après une étude réalisée par l'Université de Plymouth. Une étude réalisée ultérieurement à l'Université Queen's de Belfast a confirmé qu'il ressent la douleur et peut apprendre à l'éviter dans un aquarium où il reçoit des décharges électriques dans certains secteurs. Il mémorise également l'heure de distribution de la nourriture, et peut apprendre à réagir à des signaux lumineux pour recevoir des alimentsExpérience publique au Palais de la Découverte en 1994. Les résultats expérimentaux sont décrits dans : . Les soi-disant 9 secondes seulement d'attention du poisson rouge ne sont donc que des rumeurs.
Classification
Des recherches sont en cours afin de déterminer si Carassius auratus a évolué pour donner des sous-espèces, et combien J. Luo et al. Genetic Diversity in Crucian Carp (Carassius auratus), dans Biochemical Genetics, Volume 37, n° 9-10, 1 octobre 1999, pp. 267-279(13), Ed. Springer Lire le résumé en ligne.. De plus, relâchés dans la nature, les poissons rouges s'hybrident facilement avec d'autres Cyprinidés. Ainsi, il n'est pas certain que le poisson rouge d'élevage se distingue suffisamment de l'espèce souche pour justifier le statut de sous-espèce.
Liste des sous-espèces L'existence de sous-espèces est sujette à débat.
Selon : sous-espèce Carassius auratus auratus (Linnaeus, 1758)
Synonymes
Le poisson rouge et l'homme
Origine et histoire du poisson rouge d'élevage Les poissons rouges sont originaires des rivières, lacs et étangs de Chine où leur domestication est déjà mentionnée en 970 av. J.-C. Avant le , seuls les nobles les élevaient. Les poissons rouges étaient particulièrement vénérés sous la dynastie Song (960-1279). Ils ont tout d'abord été conservés dans de riches bocaux de porcelaine puis dans des sphères de cristalAxelrod H.R., Emmens C.W., Sculthorpe D., Vorderwinkler W., Pronek N. & Burgess W.E. (1977) Poissons exotiques d'aquarium d'eau douce, Imp. O. Van de Putte, Belgique..
Par la suite, les éleveurs sont parvenus à présenter des variétés de poissons rouges toujours plus étonnantes, à la faveur des croisements et mutations génétiques. Des associations répertorient plus d'une vingtaine de variétésAssociation française du poisson rouge et des concours sont organisés pour présenter les plus beaux spécimens, notamment dans la ville chinoise de Fuzhou, capitale asiatique du marché du poisson rougeConcours de beauté "Miss poisson rouge" sur Pêche Master, consulté le 14 avril 2016.
Soins en captivité left|thumb|alt=Poissons rouges nageant entre les plantes d'un bassin|Banc de poissons rouges en bassin. thumb|left|alt=Aquarium d'eau salie par des poissons entassés|Poissons rouges dans un aquarium pollué et surpeuplé. Du fait de leur taille adulte, au moins de longueur pour les variétés sélectionnées, et jusqu'à pour le poisson rouge classique, ces animaux ont énormément besoin d'espace de nage. Les poissons rouges classiques sont adaptés aux grandes pièces d'eau mais, avec des soins et un équipement appropriés, ils peuvent vivre en petit bassin, en viviers ou dans de grands aquariums.
Les poissons rouges vivent dans l'eau froide, entre des températures de à . Pour les variétés dérivées, comme les queue-de-voile, les télescopes, les oranda, les tête-de-lion, les bubble-eyes... qui sont plus délicates, la température doit être comprise entre et l'idéal étant Température de l'aquarium et pH sur le site de l'Association Française du Poisson Rouge, consulté en juillet 2013..
L'eau doit avoir un pH plutôt neutre à alcalin (basique) compris entre et , et une dureté de à .