L'oldenbourg ou oldenburg est une race de chevaux de selle de type demi-sangs originaire de l'ancien comté d'Oldenbourg, qui fait maintenant partie de la Basse-Saxe, en Allemagne. La race naquit au siècle à partir d'une jumenterie à usage agricole et carrossier à l'origine. L'ancien type de ce cheval, destiné à la traction, est connu sous le nom d'ostfriesen. L'oldenbourg fut croisé de nombreuses fois pour aboutir au modèle qu'on lui connaît aujourd'hui. La race est gérée par une association internationale qui tient un stud-book strict et veille à ce que chaque génération s'améliore par rapport à la précédente. L'oldenbourg est désormais un cheval puissant aux allures recherchées, avec une grande capacité de saut qui lui permet de se distinguer dans les sports équestres, notamment le saut d'obstacles et le dressage où des représentants de la race furent primés de nombreuses fois. L'élevage de ces chevaux se caractérise par un pedigree très libéral et l'usage exclusif d'étalons privés plutôt que la centralisation autour d'un haras national.
Histoire La race oldenbourg possède une longue histoire au cours de laquelle elle a changé de statut, passant de celui de cheval de trait à celui de cheval de sport.
Du au left|thumb|L'étalon fondateur Kranich, propriété d'Anton Günther vers 1640. Son type ibérique et baroque était à la mode à l'époque.|alt=Peinture d'un cheval gris présentant son profil gauche sur un arière-plan marron; son antérieur gauche et son postérieurs droit son levés; sa crinière et sa queue sont ondulées et longues au point de toucher le sol, une main provenant de l'extérieur de la toile soulève d'ailleurs la longue queue; la cuisse gauche du cheval est marquée d'un "A" entourés d'un cercle semblable à un soleil. thumb|right|Gravure représentant Anton Günther, dit le sage, sur un cheval baroque.|alt=Gravure d'un cavalier en costume composé d'un chapeau à bord bleu, d'un long habit bleu, d'une culotte bouffante rouge avec de la dentelle et de bottes noires; son cheval gris est richement harnaché; sa longue crinière a été tressée, ornée d'un ruban bleu et rouge, elle touche le sol; sa queue est ondulée et touche elle-aussi le sol; un paysage de campagne et une ville sont en arrière plan; n haut à droite on distingue des armoiries.
Les premiers écrits répertoriant la présence de chevaux dans la région d'Oldenburg remontent au . C'était probablement des animaux simples et robustes, de petite taille, mais assez forts pour être utilisés comme animaux de trait et tirer le matériel agricole sur la côte frisonne. Le berceau du cheval d’Oldenbourg se situe entre le fleuve Weser et les Pays-Bas. Les animaux qui y vivaient étaient assez proches du cheval frison, confondu à l'époque avec l'oldenbourg. Les chevaux de cette région forment la souche fondatrice des races oldenbourg et ostfriesen, mais aussi des holsteiner et du groningen. C'est à partir du que la population équine de la région commence à être étudiée. L'un des premiers à s'intéresser à l'élevage de chevaux dans la région fut le comte Johann von Oldenburg (1540-1603), mais c'est surtout grâce à son successeur, le comte Anton Günther von Oldenburg (1583-1667), qui donna son nom à la race et ramena de ses voyages les étalons les plus recherchés de l'époque, que l'oldenbourg se développa. En 1603, il acheta des étalons de prestige de race Frederiksborg au Danemark, des chevaux raffinés de race turkmène, des chevaux tartares, polonais, anglais, de puissants étalons napolitains d'Italie et des étalons ibériques pour son propre élevage. Il mit ses étalons à disposition des habitants de la région et croisa les juments frisonnes locales avec un étalon demi-sang oriental nommé Kranich, lequel devint rapidement célèbre. Il ajouta du sang de genêts d’Espagne et de napolitains pour créer un cheval carrossier solidement charpenté. Il permit ainsi à la race d'obtenir une reconnaissance européenne, si bien que, dans toute la région, de ces chevaux de prix s'exportaient annuellement.
On raconte que Léopold , archiduc d'Autriche et empereur germanique, traversa Vienne le jour de ses noces sur un étalon noir de race oldenbourg. Il était suivi par sa femme, une princesse espagnole dans un carrosse tiré par six oldenbourgs pie-noirs.
Du au thumb|left|L'oldenbourg Marschschlag « Cremone », né en 1894 à Bardenfleth.|alt=gravure d'un cheval au modèle à la robe foncé et présentant son profil gauche; il porte un licol et sa queue est coupée. Avec le temps, les oldenbourgs et ostfriesen devinrent des , de style et de prestige recherchés pour l'attelage. Une sélection rigoureuse eut lieu vers 1715 chez la race ostfriesen, et se propagea à l'oldenbourg en 1755. En 1781, la race avait dégénéré à la suite de la suppression des haras et de l'inondation des Marches due à la rupture des digues. Les haras d'Oldenbourg furent donc rétablis pour permettre la production de chevaux d'armes pendant la guerre du Saint-Empire romain germanique. La guerre demandant un grand nombre de chevaux, la production s'épuisa et les éleveurs eurent recours à des étalons de deux ans et à des juments porteuses de tares qui dégénérèrent à nouveau la race. À partir de 1820, l'état mit en place de fortes primes d'encouragement à l'élevage qui passèrent de 50 à 100 écus d'or, puis à 180 et 300 écus.
Les inspections des élevages devinrent obligatoires en vertu de cette régulation par l'État en 1820. Ces processus permirent aux éleveurs de faire évoluer rapidement leurs chevaux en fonction du marché et de la demande. La réputation des chevaux s'améliora grandement grâce à un étalon importé par un certain Stave de Brunswick, et dont les descendants sont à l'origine d'une célèbre lignée de chevaux oldenbourg : Neptune, Toréador , Alcibiade, Héros et Stammtafel. Dès la deuxième moitié du , les éleveurs allemands tentèrent à nouveau d'améliorer la race en la croisant avec des pur-sang anglais, pur-sang arabes, barbes, bais de Cleveland, lesquels eurent une importante influence, et carrossiers de Yorkshire. Des apports de sang hanovrien, anglo-normand et normand permirent d'adapter l'oldenbourg aux besoins de l'artillerie militaire. En 1864, l'oldenbourg était devenu un cheval de trait populaire. Aucun étalon reproducteur ne pouvait être autorisé dans la région sans le passage devant une commission ad hoc, bien que tout éleveur ait le droit de faire appel à une nouvelle commission pour faire autoriser son cheval à la reproduction.
Début thumb|left|Lithographie de 1898 montrant un oldenbourg de l'ancien type carrossier.|alt=Lithographie d'un cheval bai-brun au modèle à la robe foncé présentant son profil gauche; l'arrière-plan est composé d'un paysage de campagne; on distingue parfaitement la marque sur sa cuisse gauche présentant un "O" couronné ainsi que d'autres marques sur l'encolure qui ressemblent à des cercles. En 1904, l'oldenbourg était réputé comme le cheval carrossier typique de sa région d'origine, employé à la traction hippomobile, sa maturité rapide par rapport aux autres chevaux de trait le rendait également populaire pour les travaux agricoles.
Après la Seconde Guerre mondiale L'oldenbourg joua un grand rôle pour le transport de l'artillerie et le trait léger, mais dès la fin de la Première Guerre mondiale, l'avènement de l'automobile et la motorisation amorcèrent le déclin de l'élevage des chevaux carrossiers, déclin qui s'accentua fortement dans les années 1940 et 1950. L'oldenbourg fut un temps reconverti en cheval de ferme polyvalent mais l'utilisation du tracteur obligea les éleveurs à orienter leur production vers celle d'un cheval de selle. L'émergence des loisirs et des sports équestres offrait alors un nouveau débouché durable pour la race, les éleveurs firent des efforts dans ce sens en orientant le modèle de l'oldenbourg vers celui d'un cheval de sport de même renommée que l'oldenbourg carrossier.
Ils réalisèrent des croisements avec des chevaux à sang chaud légers comme le pur-sang anglais. L'oldenbourg passe alors du statut de cheval d'attelage à celui de cheval de selle demi-sang. Il devient plus léger tout en restant malgré tout le plus grand et le plus lourd des chevaux de selle allemands. Au fil des croisements, il perdit ses caractéristiques de cheval d'attelage, comme ses épaules droites et son dos long, mais conserva généralement des actions relevées.
Parmi les étalons utilisés pour affiner la race, on peut citer le pur-sang anglais Lupus xx en 1935. Le premier étalon étranger importé en vue d'améliorer les qualités sportives du cheval oldenbourg fut Condor en 1960, un anglo-normand bai sombre qui servit la jumenterie oldenbourg. Il fut suivi par le pur-sang anglais Adonis xx en 1959, et une véritable pléiade d'étalons pur-sang anglais approuvés pour saillir des juments oldenbourg au cours des 15 années suivantes : Manolete xx, Miracolo xx, Guter Gast xx, Plus Magic xx, Makuba xx, et surtout Vollkorn xx qui produisit l'un des premiers oldenbourgs de haut niveau parmi les chevaux de sport : Volturno, médaillé d'argent par équipe aux Jeux olympiques de 1976.
Le succès de Condor à la reproduction encouragea les éleveurs à choisir des chevaux français pour améliorer la souche allemande. Parmi les étalons influents, citons Furioso II en 1968 et Futuro en 1969, par Furioso xx, ainsi que Tiro et Zeus, issu de l'Anglo-arabe Arlequin x. Le trakehner, Magister eut une influence notable également, même si le trakehner ne fut pas la race la plus utilisée pour améliorer l'oldenbourg. L'hanovrien, race d'un länder voisin, influença également le cheptel. En 1972, l'étalon anglo-arabe Inschallah x transmit ses allures et ses caractéristiques à sa descendance.
La technologie et les progrès de l'insémination artificielle permirent de faire progresser l'élevage beaucoup plus vite car les étalons n'eurent plus besoin d'être sur place pour saillir des juments. Depuis les années 1970, l'utilisation de chevaux reproducteurs en provenance de toute l'Europe a augmenté de façon exponentielle. Des chevaux de sport allemands comme l'hanovrien, le holsteiner, le westphalien et le trakehner, en plus du KWPN et du selle français, ont continué à moderniser l'oldenbourg.
Le slogan de la Fédération allemande d'Oldenburg est que , en témoignent leurs orientations libérales et l'acceptation d'une grande variété de croisements au sein de la race. Contrairement à d'autres registres qui sont limités à des chevaux de race locale, ou qui préfèrent une robe à une autre, le stud-book de l'oldenbourg moderne sélectionne des étalons et des juments uniquement sur leurs qualités de dressage et de saut. Les oldenbourgs sont devenus très populaires aux États-Unis où leur polyvalence est recherchée.
Description thumb|left|Quelques oldenbourgs peuvent présenter exceptionnellement une robe pie, comme celui-ci.|alt=Dans un manège couvert un cavalier portant un pull rouge et ce qui ressemble à un bonnet monte un cheval pie noir et blanc au pas.
L’oldenbourg mesure entre et au garrot en moyenne, ce qui en fait le plus grand et le plus lourd des chevaux allemands. Toutes les robes franches et simples sont admises chez cette race, toutefois le bai, l’alezan, le bai-brun, le gris et le noir sont les robes les plus répandues.
Morphologie
L'aspect général de l'oldenbourg est celui d’un cheval de morphologie médioligne, puissant mais élégant.
Tête Sa tête est généralement bien faite, de taille moyenne avec un profil légèrement convexe ou busqué, mais elle peut parfois être grossière, un peu lourde ou un peu longue. Bien attachée, elle donne à l'oldenbourg un port de tête noble et fier. La gorge est épaisse, bien arquée, les naseaux évasés et les ganaches un peu renflées. Les oreilles sont bien dressées.
Avant-main et corps