La Lamborghini Gallardo Superleggera (« super légère » en français) est une voiture de sport produite par le constructeur automobile italien Lamborghini. Dérivée de la Gallardo, elle en constitue une version davantage destinée à la piste qu'au Grand tourisme en raison de l'allégement de sa structure et des modifications apportées à son moteur V10.

À son lancement en 2007, la Gallardo Superleggera se positionne sur le créneau des super-sportives et concurrence principalement la Porsche 911 GT3 RS et la Ferrari 430 Scuderia.

Une dénomination liée à l'histoire de la marque Une invention de l'entreprise Carrozzeria Touring La dénomination « Superleggera » apparaît en 1937 ; elle désigne alors un nouveau procédé de conception de la structure des automobiles mis au point par le carrossier italien Carrozzeria Touring.. Cette technique, brevetée, qui pose les premières bases des futurs châssis tubulaires, permet à l’époque un gain de poids tel que son inventeur, l'Italien Felice Bianchi Anderloni., la baptise « super-légère », « superleggera » dans sa langue maternelle. Le concept développé par Anderloni, le fondateur de Carrozzeria Touring permet d'offrir un niveau de confort et de finition inédit pour des voitures de sport ..

Lamborghini 350 GT Plusieurs constructeurs automobiles font appel à Carrozzeria Touring. Par exemple, Aston Martin lui confie le design de sa DB4, présentée en 1958.. En 1963, Ferruccio Lamborghini confie à Touring la carrosserie de son premier modèle, la 350 GT dont l'allure n'avait pas fait l'unanimité lors du salon de Turin.. Une version modifiée de la 350 GT est ainsi présentée au salon de Genève.

Cette première Lamborghini est l'une des dernières créations de Carrozzeria Touring. Les coûts de productions sont élevés en raison de l'emploi d'une main-d'œuvre très qualifiée, et les méthodes de travail ne favorisent pas la production en série. Mise sous contrôle judiciaire en 1964, Touring ferme ses portes trois ans plus tard. L’appellation « Superleggera » disparait pendant près de quarante ans, jusqu'à ce que Lamborghini y fasse de nouveau appel pour cette évolution de la Gallardo .

Une évolution de la Gallardo Réduction du poids

Elle a dans un premier temps portée sur la structure du véhicule, concernant principalement la carrosserie dont bon nombre d’éléments métalliques cèdent la place à des pièces en fibre de carbone. Ce sont ainsi le capot moteur, le diffuseur arrière, les rétroviseurs extérieurs, le tunnel de transmission, l’aileron arrière (optionnel) et le carénage du soubassement qui cèdent la place à des équivalents en carbone. De la même manière, la surface vitrée du capot moteur exposant la mécanique aux regards, à l'origine en verre, est remplacée par une plaque de polycarbonateÉtienne Bruet, Turbo, ., tout comme les vitres latérales, désormais en Lexan..

En ce qui concerne les dessous de la Gallardo, les modifications sont plus restreintes. Elle conserve sa transmission intégrale, qui est pourtant une source potentielle de gains de poids importants quand on la remplace par une « simple » propulsion ; une telle modification permet par exemple à Porsche d'économiser plus de sur sa 911 GT2 par rapport à la version Turbo dont elle est issue. Une partie importante du gain provient de l’emploi de matériaux légers pour les trains roulants, avec un effort particulier concentré sur les masses non-suspendues ; la Superleggera est ainsi équipée de nouvelles jantes spécifiques de 19 pouces de diamètre, créées par OZ Racing et baptisées ScorpiusYves Bey-Rozet, essai de la Gallardo Superleggera dans Sport Auto, numéro 544, mai 2007, page 91.. Forgées en magnésium, elles sont équipées d’écrous en titane. Les échappements sont eux aussi concernés.

Cette réduction du poids touche également l’habitacle de la Gallardo, avec un recours massif à la fibre de carbone, que l’on retrouve à divers endroits du poste de conduite : coque des sièges baquets, frein à main, volant, panneaux intérieurs des portières, console centraleVincent Vaillant, Caradisiac, .. Autre matériau privilégié : l’alcantaraYves Bey-Rozet, essai de la Gallardo Superleggera dans Sport Auto, numéro 544, mai 2007, page 90., tissu synthétique produit par la firme italienne du même nom, qui présente l’avantage d’être bien plus léger que le cuir tout en autorisant un aspect haut de gamme grâce à son toucher agréableUniversité de Rennes, .. En sont notamment recouverts le tableau de bord, les sièges et la jante du volant.

Finalement, le gain de poids obtenu par rapport à la Gallardo atteint Yves Bey-Rozet, essai de la Gallardo Superleggera dans Sport Auto, numéro 544, mai 2007, page 88.. Lamborghini annonce que 47 % de ce gain se situe dans l’habitacle, le reste provenant essentiellement de la carrosserie (17 %), des trains roulants (17 %) et du compartiment moteur (12 %).

Modifications mécaniques

Outre la réduction du poids, l'autre principale évolution proposée par la Superleggera concerne sa mécanique afin d' augmenter la puissance et améliorer son exploitation.

Principal objet du travail des ingénieurs de Lamborghini, le moteur V10 ne présente aucun changement majeur par rapport à celui de la Gallardo « standard » – la cylindrée notamment est inchangée – mais reçoit diverses modifications de détail. La principale évolution à y être apportée concerne la cartographie moteur – en quelque sorte la loi de programmation du boîtier électronique qui contrôle l’injection d’essence dans les cylindres. Revue, celle-ci permet de dégager un excédent de dix chevaux par rapport à la Gallardo de série, portant la puissance du moteur à 530 chevaux. Une progression qui peut sembler minime car ne représentant que 2 % de puissance en plus par rapport à la version SE, mais néanmoins importante compte tenu du rendement spécifique atteint par le moteur – plus de 106 chevaux par litre de cylindrée, une valeur élevée pour un moteur atmosphérique – et qui se ressent dans les hauts régimesYves Bey-Rozet, Laurent Chevalier, Julien Diez & Jean-Éric Raoul, premier contact avec la Lamborghini Gallardo Superleggera, dossier « Nouveautés du salon de Genève » dans Sport Auto, numéro 543, avril 2007, page 34..

Autre élément retravaillé spécifiquement pour la Superleggera, la boîte de vitesses à commande séquentielle robotisée E-Gear est fournie de série, alors qu’il s’agit d’une option sur les autres modèles de Gallardo. Il est toutefois possible d’équiper la Superleggera d’une commande de boîte mécanique « traditionnelle », disponible sur simple demande en « option négative » gratuite. Entièrement revue, autorisant de meilleurs passages des rapports à la montée comme à la descente des rapports, la boîte E-Gear voit son fonctionnement amélioré et optimisé dans le cadre d’une utilisation sportiveLaurent Chevalier, essai-match entre la Lamborghini Gallardo Superleggera et la Porsche 911 GT3 RS, dossier « Light is right » dans Sport Auto, numéro 550, novembre 2007, page 71. – elle en devient même brutale lorsque réglée sur le mode Sport, générant des à-coups et de légères pertes de motricité.

Par ailleurs, de nombreux éléments périphériques de l’ensemble moteur-boîte sont retouchés et optimisés. C’est notamment le cas des échappements, qui inaugurent de nouveaux collecteurs combinés à des silencieux réduisant les phénomènes de perte de puissance par contre-pressionAuteur inconnu, essai de la Lamborghini Gallardo Superleggera dans Evo, numéro 20, juin 2007.. L’admission – toujours variable, c’est-à-dire équipée d’un système permettant de faire varier le temps d’ouverture des soupapes en fonction du régime moteur et de la charge afin de permettre de combiner une certaine souplesse d’utilisation à bas régime avec une recherche de nervosité et de puissance à haut régime. – est également revueVincent Desmonts, Motorlegend, . pour permettre un meilleur remplissage des chambres de combustion et ainsi optimiser le rendement du moteur.

Une démarche inaboutie

Toutes ces évolutions ont été opérées par Lamborghini dans le but de transformer la GT qu’est la Gallardo en pure sportive. Mais le constructeur italien a dû faire des choix entre sportivité et confort d’utilisation.

La Lamborghini Gallardo Superleggera s’inscrit – avec ses deux principales rivales, la Ferrari 430 Scuderia et la Porsche 911 GT3 RSLaurent Chevalier, essai de la Ferrari 430 Scuderia, dossier « Light is right » dans Sport Auto, numéro 550, novembre 2007, page 53. – dans une tendance à la mode au moment de sa sortie et consistant à réaliser des déclinaisons allégées de modèles à vocation sportive .. Pourtant, malgré de nombreuses modifications, la Superleggera ne diffère finalement que relativement peu de la Gallardo « normale » . tant ses spécificités portent sur des éléments de détail. La plus visible concerne les teintes disponibles, au nombre de quatre : Jaune Midas, Orange Borealis, Gris Telesto et Noir Noctis .En anglais : Midas Yellow, Borealis Orange, Telesto Gray et Noctis Black.. Pour le reste, l’identité particulière de la Superleggera provient essentiellement des pièces remplacées par des éléments en fibre de carbone : rétroviseurs, diffuseur arrière, aileron optionnel, etc.. Mais la silhouette générale et la structure de la Gallardo demeurent inchangées.

Bien qu’annoncée à à sec, soit environ en ordre de marche, la Superleggera est contrôlée par le magazine Sport Auto à une fois les pleins de carburant et de lubrifiants effectués ; contrairement à ce que son blason peut laisser supposer, la Lamborghini s’avère donc finalement n’être que très relativement« super-légère » . Sont notamment en cause en ce domaine les nombreux équipements pouvant être embarqués à bord de la Superleggera, Lamborghini s’étant retrouvé pris dans une sorte de paradoxe constitué d’une part de la nécessité de dépouiller le véhicule pour respecter son cahier des charges de pure sportive, et d’autre part de celle de proposer malgré tout un équipement digne de celui que peut attendre l’acquéreur d’un modèle valant aux environs de . La liste des options témoigne de cette contradiction : il est ainsi possible d’équiper la Superleggera d’un système audio complet, d’un GPS multimédia ou encore d’une caméra de recul.

Une autre limite au concept de modèle « super-léger » réside dans la présence en série de freins classiques en fonte d’acier, le système en carbone/céramique demeurant une option. Plus « high-tech », et bien que proposant d’excellentes performances, ces derniers ne sont pourtant pas plus efficaces que les freins de sérieLe freinage de 100 à est réalisé en aussi bien avec les freins acier qu’avec le système en carbone/céramique. mais ils procurent un gain de poids très net, grâce à leur densité deux fois moins élevée que celle de leurs homologues en acierAuteur anonyme, Histomobile, . Date de mise en ligne inconnue.. Un gain de poids d’autant plus important qu’il s’agit de masse non suspendue et en rotation, générant donc une inertie importante et de l’effet gyroscopique.

La Superleggera en piste

Bilan

Une fois au volant, la Superleggera se révèle être une automobile capable d’un haut niveau de performances, tant sur le plan des accélérations que de la vitesse de pointe. Cette dernière atteint , valeur mesurée qui s’avère parfaitement conforme à celle annoncée par son constructeur ; à cette allure, l’aiguille du tachymètre vient se caler sur l’ultime graduation prévue sur le compteur, soit .. Une fois sa vitesse maximale atteinte, ce qu’elle réalise avec une « étonnante facilité » d’après le magazine Sport Auto, la Superleggera conserve une bonne stabilité et une tenue de cap qualifiée d’« imperturbable », tout en préservant un confort de roulement acceptable.