() est un site web créé en 2003 en Suède, indexant des liens Magnets de fichiers numériques, permettant le partage de fichiers en pair à pair (de manière mutualisée) à l’aide du protocole de communication BitTorrent. Le site se finance par les dons et la publicité, il a été créé dans l’esprit d’une « culture libre ».
Le site web a rapidement été la cible des ayants droit et des majors, qui le considèrent nuisible pour l’industrie culturelle, ainsi que certains États autoritaires qui le voient comme un moyen de contourner la censure. Il s’ensuivit une répression institutionnelle et des blocages du site dans plusieurs pays, dont notamment la France, la Belgique, l’Autriche, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande, le Royaume-Uni, le Portugal, le Danemark, la Finlande, l’Inde, la Russie, la Chine et l’Iran, ainsi que des procès en Suède. Le site web The Pirate Bay a été mis hors ligne seulement quelques jours depuis 2003, respectant son slogan de « site BitTorrent le plus résilient de la galaxie ».
En 2003, année de sa création, The Pirate Bay se déclare « le plus grand serveur torrent du web », affirmant recevoir la visite d'un million de visiteurs par jour, et proposant le plus gros tracker BitTorrent au monde.
En mai et , le site est régulièrement mentionné dans les journaux, symbolisant la résistance contre les actions des majors d'Hollywood et une certaine réforme des droits d'auteur ; les actions de The Pirate Bay popularisent le Parti pirate.
En , les quatre opérateurs du site ont été condamnés à un an de prison et 2,7 millions d’euros d’amende au terme du procès The Pirate Bay. Malgré ce verdict le site web continuera à fonctionner depuis.
En , le site a annoncé la fermeture de son tracker, ne distribuant plus que des liens vers d'autres trackers ou vers des réseaux décentralisés (DHT, etc.).
En , The Pirate Bay abandonne les fichiers .torrent, le site ne propose dorénavant que le système de liens magnets.
En à la suite d'une descente de la police suédoise et de la confiscation des serveurs du site, The Pirate Bay est mis hors ligne. Il fera son retour le en arborant l’emblème du phénix. Le , la justice suédoise saisit thepiratebay.se et piratebay.se qui sont pendant un temps entre les mains de l'État. The Pirate Bay dévoile alors six nouveaux noms de domaines qui seront tous rendus inopérants à la suite d'une décision de justice.
En 2017, la Cour de justice de l'Union européenne confirme la légalité des blocages de The Pirate Bay en Europe, elle déclare que « la fourniture et la gestion d’une plateforme de partage en ligne d’œuvres protégées telle que The Pirate Bay peut constituer une violation du droit d’auteur ».
Le site est désormais disponible au domaine .org dans les régions qui ne bloquent pas le nom de domaine (contournable en changeant les serveurs DNS de ses logiciels). Le site est également disponible au domaine .onion en tant que site web caché sur le réseau Tor pour contourner la censure.
Description vignette|The Pirate Bay en mai 2020 The Pirate Bay est l'un des plus gros sites Web en tant que référenceur de fichiers BitTorrent. Il référence les torrents à l’aide de liens Magnets, il n’héberge pas lui-même les contenus partagés via le réseau torrent. Le site se finance par les dons et la publicité, il a été créé dans l’esprit d’une « culture libre ».
Cette pratique est mal vue dans plusieurs pays car permettre l’accès à l’échange de fichier sans modération facilite l’échange de produits culturels, ce qui serait nuisible et menacerait l’industrie culturelle d’après les majors et ayants droit, car cela réduirait leurs recettes. Cependant, certaines études montrent les bénéfices du téléchargement illégal de contenus sur la popularité de produits culturels. En effet, la consommation de contenus illégaux conduirait, par effet de buzz, à accroître la consommation légale. La série Game of Thrones est un exemple fréquemment cité pour avoir bénéficié de cet effet.
La censure est également une des raisons pour lesquelles des États souhaitent bloquer The Pirate Bay.
Il est recommandé aux utilisateurs du site web de se référer aux lois de leur pays, afin de s’assurer de la légalité de leur démarche.
Pays bloquant The Pirate Bay Plusieurs états ont pris la décision pour des raisons de droit d’auteur ou de censure de bloquer l’accès du site web The Pirate Bay à leur pays. Ils obligent pour cela les fournisseurs d’accès à Internet à détourner les requêtes des serveurs DNS demandant l’accès à The Pirate Bay et ne pas y répondre (DNS menteur); cette pratique s'appelle du blocage DNS. Ce qui suffit pour bloquer efficacement un site web., car la majorité de la population n’a pas les connaissances pour configurer les serveurs DNS de ses logiciels., ou activer l’option DNS over HTTPS de Mozilla Firefox. Certains pays procèdent à des blocages plus avancés, par IP, le site est alors accessible en utilisant un VPN vers un pays ou le site n'est pas bloqué, ou au domaine .onion (voir Liens externes) en tant que site web caché sur le réseau Tor, accessible via le navigateur Tor Browser pour contourner la censure.
Les états bloquant The Pirate Bay sont :
Arabie saoudite depuis 2014 Argentine.. depuis 2014 Australie depuis 2016 Autriche depuis 2016 Belgique depuis 2011 Chine (sauf Hong Kong et Macao) depuis 2010 Corée du Nord Danemark. depuis 2010
Espagne. depuis 2015 Finlande depuis 2011 France de 2014 à 2015 Inde depuis 2019 Iran Irlande.. depuis 2013 Italie.. depuis 2010 Malaisie Pays-Bas 2012 - 2014 (levée du blocage) Portugal depuis 2014 Royaume-Uni. depuis 2013 Russie Singapour depuis 2016 Suède. depuis 2017 Turquie.. pendant un an en 2007 puis depuis 2014
Dans les médias et la culture populaire The Pirate Bay est référencé dans :
Steal This Film est une série de films suédois sorti en 2006 documentant le mouvement contre la propriété intellectuelle. TPB AFK : The Pirate Bay Away From Keyboard est un film documentaire suédois sorti en 2013, sur l’histoire des trois fondateur de The Pirate Bay et de leur procès. The Playlist, série suédoise produite par Netflix et diffusée en 2022 sur la plateforme. La série retrace le parcours de création de Spotify et notamment l’impact de Pirate Bay sur l’industrie de la musique. Chronologie vignette|The Pirate Bay en 2004
2003 The Pirate Bay a été fondé en Suède en 2003 par Gottfrid Svartholm, Peter Sunde et Fredrik Neij.
En 2003, il s’est déclaré comme « le plus grand serveur torrent du web », affirmant recevoir la visite d'un million de visiteurs par jour, et proposant le plus gros tracker BitTorrent au monde.
2006 Le , sur ordre du ministère de la Justice suédois, 50 policiers perquisitionnent et saisissent les serveurs du site, ainsi que d'autres serveurs du même hébergeur PRQ, notamment ceux de la Piratbyrån (une organisation indépendante militant pour les droits de partage de fichiers), bloquant l'accès à 300 sites sans lien avec The Pirate Bay. Trois administrateurs du site et de l'hébergeur sont arrêtés et questionnés par la police, puis relâchés dans la soirée. thumb|Manifestation de Stockholm contre la saisie des serveurs, le . thumb|The Phoenix Bay, le logo temporaire après le retour du site en Suède. Une chaîne de télévision suédoise diffuse des documents prouvant que la Motion Picture Association est directement intervenue dans cette affaire, en menaçant le gouvernement suédois de sanctions financières à l'encontre de la Suède. L'affaire est allée si loin que le gouvernement a fini par violer la constitution suédoise, laquelle, en vertu du principe de séparation des pouvoirs, interdit au gouvernement de se lancer dans des actions judiciaires. Elle prend rapidement une dimension politique, le parti du Centre ayant demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire à l'encontre des membres du ministère de la justice responsables de la fermeture du site.
Dans le but de poursuivre ses activités, le site rouvre ses serveurs aux Pays-Bas le .
En protestation à la saisie, 600 personnes manifestent à l'appel des organisations pro-P2P suédoises dans les rues de Stockholm et de Göteborg. Ce rassemblement est à ce jour l'une des plus grandes manifestations en faveur du P2P.
Un des responsables annonce le que les serveurs sont retournés en Suède, mais aucune raison n'a été invoquée par les responsables (il est néanmoins question de pressions du ministère de la Justice néerlandais).
2007 En , The Pirate Bay annonce un appel aux dons afin d'acheter l'île de Sealand pour fonder une micronation. Cet achat n'aura finalement pas lieu, le Prince Michael Bates ayant refusé de céder l'île à quelqu'un qui irait contre les lois internationales. Tobias Andersson déclare à la presse suédoise que The Pirate Bay resterait finalement en Suède.
Le site de liens BitTorrent s'en prend désormais aux Oscars. L'équipe du site créé en OscarTorrents.com, qui est selon eux « les Oscars comme ils devraient être ». OscarTorrents propose aux internautes de voter dans chacune des catégories : meilleur acteur, meilleur second rôle, meilleur film étranger, meilleur réalisateur.
En juin, The Pirate Bay propose un service d'hébergement d'images sans censure, Bayimg.
Le , The Pirate Bay annonce son intention de poursuivre en justice plusieurs sociétés de l'industrie culturelle à la suite de la publication de communications de l'entreprise MediaDefender. Ces communications, largement diffusées sur Internet, montreraient que MediaDefender aurait agi pour le compte de ces sociétés en tentant de saboter de diverses manières les trackers de The Pirate Bay. Les entreprises poursuivies sont :
20th Century Fox Suède ; EMI Music Suède ; Universal Music Group Suède ; Universal Pictures Nordic ; Paramount Home Entertainment Suède ; Atari Nordic ; Activision Nordic Filial jusqu'à Activision Royaume-Uni ; Ubisoft Suède ; Sony Bmg Music Entertainment Suède ; Sony Pictures Entertainment Nordic.
2008 Le , un procureur suédois décide de poursuivre les quatre présumés administrateurs du site. Ils encourent d'amende et un an de prison. Il est reproché à Fredrik Neij, Gottfrid Svartholm, Peter Kolmisoppi et Carl Lundström d'avoir permis la copie d'une vingtaine d'albums de musique, de films et jeux vidéo.
Le , The Pirate Bay connaît un nouveau coup dur et ce en Italie : le procureur Giancarlo Mancusi ordonne le blocage du nom de domaine ainsi que celui des adresses IP utilisées par le site internet. The Pirate Bay réagit immédiatement, notamment en modifiant ses adresses IP.
2009
Le procès s'ouvre contre The Pirate Bay le , pour se terminer le . Au cours du procès, un avocat de la défense utilise la défense King Kong. Elle consiste à dire que selon la procédure légale, les accusations doivent être portées contre un individu et il doit y avoir un lien étroit entre celui qui a perpétré un crime et ceux qui l'ont aidé. En l'espèce, selon l'avocat, ce lien n'avait pas été prouvé, et afin d'étayer sa démonstration, il prend l'exemple réel d'un internaute téléchargeant depuis le Cambodge et utilisant le pseudonyme de : le procureur doit, selon l'avocat, démontrer que l'accusé , a-t-il argumenté avant d'ajouter : .
Dès le , Facebook fait bloquer tous les liens renvoyant vers des torrents du site.
Le , les trois fondateurs du site (Peter Sunde, Fredrik Neij et Gottfrid Svartholm) et un quatrième prévenu (Carl Lundström) sont condamnés à un an de prison ferme et à verser 30 millions de couronnes (2,7 millions d'euros) de dommages et intérêts à l'industrie du disque, du cinéma et du jeu vidéo, qui réclamaient 117 millions de couronnes au titre du manque à gagner entraîné par les téléchargements. Les prévenus font appel et le site continue de fonctionner ; fin , l'administration suédoise déclare que les accusés sont insolvables.