Hyayna (en arabe : الحياينة) ou Ouled Hyyan ou Ouled Hyyoun ou encore Hayyani (الحياني) (nisba des Hyayna) est une confédération tribale marocaine d'origine arabe hilaliennes bédouines, dont le territoire historique se situe au nord-est de Fès, représentant l'une des plus importantes tribus de la région prérifaine.

Elle est formée de trois tribus : les Oulad Amrane, les Oulad Aliane et les Oulad Riab.

Ils étaient aussi nommés (dans les livres en arabe) Les Bédouins de Hyayna (بدو الحياينة) et/ou Les Arabes de Hyayna (العرب الحياينة) pour les différencier des tribus amazighs, berbères, qui les entouraient et qui étaient alliées ensemble après l'ascension alaouite et/ou lors de leur arrivée au Maroc.

Origine Les Hyayna font partie de la grande tribu des Banu Hilal qui a immigré au Maghreb entre 1051 et 1110. La formation des Hyayna date de la seconde moitié du . Elle est originellement une tribu guich, d'origine bédouine, constituées de Banu Hilal venu de la région de Tlemcen ; nous pouvons faire une corrélation avec la tribu des béni amer qui etaient également les seuls arabe alliés des zianides de tlemcen.Les dites tribus guich sont installées dans la région par le pouvoir saadien dans le but de protéger Fès, des turbulentes tribus berbères zénètes établies à l'est du couloir de Taza, ainsi que des invasions ottomanes, dans la région où, en 1558, a eu lieu la bataille de Wadi al-Laban contre ces derniers.

À l'origine, le territoire des Hyayna était habité par une autre tribu sanhajienne, les Beni Ouamoud, dont une majorité ont été remplacés sur cette terre, et expulsée dû à l'arrivée des tribus venues d'Algérie et installées là par les Saadiens. De plus est que la territoire qu'est la vallée était très peu peuplés, dû aux guerres, catastrophes naturelles et aux épidémies qui furent un choc dans la démographie local et facilita l'implantation de la tribu arabe. Les Hyayna étaient autrefois des nomades avant de ce sédentarisés.

Territoire thumb|right|250px|Localisation du pays HyaynaEl Moubaraki (1989), pp. 24 & 30 Le , qui s'étend sur près de , est situé à l'extrémité occidentale du couloir de Taza, limitrophe des territoires des Cheraga à l'ouest, des Jbala au nord et au nord-est, des Ghiata à l'est et des Berbères du Moyen-Atlas (Aït Warayn, Aït Sadden et Aït Seghrouchen) au sud.

Il s'agit d'une formation complexe où les surfaces planes et les montagnes ne représentent souvent qu'un pourcentage limité, comprenant un ensemble de collines marneuses qui ont des sommets très étroits et d'une altitude comprise en moyenne entre 350 et 600 m, où domine la céréaliculture. D'ailleurs le fait qu'ils vivent dans ces plaines est noté comme une caractéristique des tribus arabes, même phénomène présent chez les Awlad Jama', les Awlad al-Hajj du Haouz et les Oudaya. Le territoire est naturellement peuplé de jujubier sauvages et de zernij. Un litige historique existe concernant les Hyayna, les Tsoul et les Senhaja Mosbah, tous voulant annexer le territoire de la tribu Huwwara al-Hadjar pour leur profit.

Composition tribale thumb|right|250px|Répartition des territoires des tribus HyaynaEl Moubaraki (1989), p. 25 Les Hyayna sont divisés en trois branches, basées sur une ancienne légende à propos de « Hayyan et ses trois fils ».

Awlad Amrane Ils se trouvent au nord du territoire des Hyayna et sont divisés en plusieurs clans : Al-Shafanah al-Jaafrah Awlad ben Ainah al-Rashashin Awlad al-Sultan Jiahna al-Hrarsha Awlad Ghanem Awlad Youssef Awlad Bushta al-Mahrarin Awlad Jamouh Awlad Aissa .

Awlad Alian Ils se trouvent au milieu du territoire et sont divisés en plusieurs clans : Awlad 'Ali Awlad Tkhil Famille Awlad Massoud ben Ali al-Tkhili al-Aliyani Ouled Jebbār ben Tkhil Famille Bouqalaba Sedrana al-Duama Awlad Malouk (Malik) Awlad Hamoun Awlad 'Aziz Awlad Aaja al-Jiahna Awlad Hassan Zouama Awlad Jabr

Awlad Riab Et les Awlad Riab au sud, divisés en : Awlad Yahya : al-Shaashaa al-Gharaba Awlad Alid Awlad Bnikhal : al-Ghual Ouled Mhammed al-Harami Famille Hamoumi Awlad Hilal Famille Lahlali/El-Hlali al-Habarja Bani Satitine Awlad Abd al-Karim Awlad Bouziane al-Shababat Bani Khalifa.

Cette structure reflète l'organisation sociale et la lignée de la tribu Hyayna, chaque branche ayant son propre ensemble de clans et de familles. Il est intéressant de voir comment la légende de Hayyan et de ses trois fils a influencé la structure et l'organisation tribales.

Histoire Ère Saadienne L'historien espagnol Luis del Marmol Carvajal, qui a voyagé à travers le pays au milieu du (précisément en 1540), parle d'eux comme d'une tribu agricole prospère qui possédait 25 villages et fournissait quatre mille combattants à la dynastie saadienneHistorical Dictionary of the Bedouins. Muhammad Suwaed. 2015. p. 97. .

Au , le mot « Hyayna » est mentionné pour la première fois par écrit. L'installation de cette tribu au nord-est de la ville de Fès semble remonter au milieu du et au début du , composée de plusieurs confédérations tribales Banu Hilal guich originaires de l'est du Maroc (également venu de l'ouest algérien). La tribu est venue depuis la région de Tlemcen, venu vers le , elle fut amenée par Sidi Mohamed ben Lahcen, dont la Qubba verte est établie sur le territoire du clan des Awlad Ajana. Initialement alliés aux Zayyanides, ils se sont ralliés à l'armée saadienne, et il semble qu'ils aient aidé la dynastie arabe des Saadiens dans leur conquête du Maroc contre les berbères Wattassides, conquérant Fès en 1549. En effet, afin de fermer le corridor de Taza aux envahisseurs ottomans venant d'Algérie, les Saadiens ont déployé des tribus guich (soldats arabes tribaux) dans cette zone stratégique sur le plan militaire pour défendre Fès.

Depuis l'époque de l'arrivée des Banu Hilal en Afrique du Nord, les ancêtres des tribus Hyayna et Sheraga étaient des bédouins nomades, à l'arrivée dans la région de Fès, ces derniers faisait plusieurs attaques sur Fès, il fallut plusieurs générations pour leur sédentarisation dans la région.

Les Hyayna ont contribué aux victoires marocaines lors de la bataille de Oued-el-Leben contre les Ottomans et de la bataille d'al-Kasr al-Kabir contre les Portugais, jouant un rôle prépondérant dans la politique marocaine dès le .

Ère Alaouite

Ère de Moulay Ismail Dans , on apprend que la tribu Hyayna possède plus de 10 000 esclaves à l'époque de Moulay Ismaïl, jeunes comme vieux, femmes comme hommes.

Guerre de succession d'Abd al-Malik ben Ismaïl

Durant cette guerre qui va diviser le Maroc, les Hyayna vont prendre le parti légitimiste pour l'accession au trône de Moulay Abd al-Malik ben Ismaïl, avec d'autres tribus telles que les Cheraga, les Ouled Jamaa, les Sefiane et les Bani Malik. Les Abids Bukhari eux prendront le parti de Moulay Ahmed ad-Dahabi, le frère d'Abd al-Malik, s'en suivra une première bataille, la bataille de Wadi Inoul, qui fut une défaite pour les tribus légitimiste. Fuyants les Abids, les tribus vont se réfugier à Tissa, dans la terre des Hyayna. Les Abids Bukharis vont continuer à les poursuivre jusqu'à entrer dans le territoire des Hyayna, où ils commencent à pillés les biens et les fermes des Hayyanis et ramènent le butins à leur camp. Arrivé à Tissa, une bataille se déclare à nouveau, triomphe des tribus acculés, qui anéantissent les Abids, et iront les décapiter et piller 600 bêtes appartenant aux Abids.

Guerre Hispano-marocaine

Les Hyayna feront preuve d'un grand héroïsme durant cette guerre dû par leur engagement personnel dans le conflit sans mobilisation du Sultan, prenant le prétexte de participer au jihad défensif. Ces derniers vont se faire remarquer durant deux batailles, la bataille de Oued Bou Sefiha, dans les alentours de Tétouan, où les Hyayna arriveront avec rage et détermination dans la combat, qui tournera en défaite pour les Espagnols, essayant de fuir les marocains et qui vont être massacrés par les soldats hayyanis. Cette victoire sur les espagnols va remotiver et remettre de la détermination dans les cœurs des soldats marocains, qui, vont participer par la suite à la bataille de Oued Ras, qui sera une défaite, mais où les Hyayna se sont encore démarqué par leur conviction au combat.

Ère de Moulay Moulay Abd ar-Rahman

Vers la fin de l'année 1818, les Hyayna vont se révolter et influencent d'autres révoltes, notamment chez les Tadla et les Chaouïa, les révoltés pillèrent des caravanes d'or venant du Tafilalet et l'héritier, Moulay Brahim essayera d'attaquer les révoltés mais sera défait.

Ère de Hassan Ier En , à la suite d'une attaque du makhzen contre la tribu des Ait Youssi, une révolte éclate dans plusieurs tribus, autour du 13-, les Hyayna et les Beni Sadden vont rejoindre les tribus insurgées et inquiéter de plus en plus l'État et les Français. En 1909, Bou Hamara abandonné par les Rifains sera accueilli parmi les Hyayna, mais trois colonnes du Sultan vinrent l'attaquer et durent encore fuir.

Résistance à la colonisation Les Hyayna sont connus pour leur résistance à la colonisation française. Sous la direction de Muhammad al-Hijami, ils ont mené des batailles acharnées contre les Français. Ils ont utilisé une tactique de guérilla de type frappe et fuite, détruisant des unités de l'armée française stationnées sur leurs terres.

Siège de Fès (mai 1912)

En 1912, à la suite du traité de Fès, les Hyayna ont prévu d'attaquer Fès aux côtés d'autres tribus arabes. La coordination qui a eu lieu entre al-Hijami et Raho pour l'attaque de la ville de Fès le , lorsque Al-Hijami a dirigé un mouvement lancé depuis Boumershid une force comprenant 3 000 cavaliers arabes. Le siège de Fès a provoqué une interruption des lignes de communication avec le front côtier ouest. Les forces françaises, dirigées par le colonel Gouraud, ont réussi à lever le siège de la ville et ont repoussé les tribus assiégeantes.

Bataille des Awlad Riab (17 juin 1912)

Le général Grou, avec son armée composée de six bataillons, quatre compagnies et trois batteries, est arrivé au cœur du pays des Oulad Riab le et s'est installé sur le marché de Thula al-Nakhila. Trois jours plus tard, les Hayaina ont attaqué la Division Durand le . Cependant, l'artillerie du colonel Mazillier a repoussé cette attaque, et la bataille s'est terminée avec la mort de huit personnes, dont le lieutenant Heitz, quatre disparus et trois blessés. Le reste de ce régiment a été sauvé par une contre-attaque dirigée par le sergent Leroz avec 12 soldats et quelques spahis. Les combattants de la résistance ont continué à assiéger ce régiment, et à ce sujet, le général Gouraud a déclaré : "J'ai reçu une correspondance du colonel Mazillier me disant qu'il se cachait à Dardara après avoir été poursuivi par l'ennemi jusqu'à Bani Saden, et il a subi 13 blessures à la suite de cela". Le général Gouraud a décrit cette bataille comme ayant eu lieu par une température élevée atteignant 47 degrés à l'ombre et 57 degrés au soleil. Face à cette situation, le général Gouraud a dû sortir avec ses unités pour briser le siège autour de l'unité du colonel Mazillier, et le commandant Giralt a été chargé de cette opération avec deux pelotons de tirailleurs, le Peloton 75, et un bataillon. Cela a réussi à démanteler la force assiégeante de Muhammad al-Hijami.

Bataille de Wadi Inawin (19 June 1912)

Quelques groupes de combattants de la résistance se déplacent de la rive droite à la rive gauche de Wadi Inawin. En ce qui concerne le plus grand rassemblement d'entre eux, il était du côté ouest de la vallée.