Saint-Mathieu, Sant Matiá en occitan, est une commune du département de la Haute-Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine.

Elle est intégrée au parc naturel régional Périgord Limousin.

Géographie Généralités vignette|gauche|Situation de la commune de Saint-Mathieu en Haute-Vienne.

Saint-Mathieu se situe dans les Monts de Châlus, dans la pointe Sud-Ouest de la Haute-Vienne. La commune est frontalière du département de la Dordogne.

Si la commune est posée en limite de l'ancienne région administrative Limousin, la limite occidentale du Limousin, entité géologique, historique et linguistique qui ne se confond pas avec la région administrative Limousin, se trouve à une vingtaine de kilomètres plus loin à l'ouest.

La commune est arrosée par la Tardoire et son affluent le ruisseau de la Colle, ainsi que par le Nauzon, affluent du Trieux.

L'activité agricole qui a façonné les paysages de Saint-Mathieu est toujours prédominante.

Communes limitrophes Saint-Mathieu est limitrophe de sept autres communes, dont deux dans le département de la Dordogne. Au sud, la commune de Saint-Barthélemy-de-Bussière n'est limitrophe que sur .

vignette|centre|redresse=1.8|Carte de Saint-Mathieu et des communes avoisinantes.

Climat

Historiquement, la commune est exposée à un climat océanique limousin, .. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Poitou-Charentes » et « Aquitaine, Gascogne »..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Champagnac-la-Rivière à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Saint-Mathieu est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (48,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (48,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (48,2 %), zones agricoles hétérogènes (26,6 %), prairies (17,7 %), zones urbanisées (4,5 %), terres arables (2,5 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques majeurs Le territoire de la commune de Saint-Mathieu est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse) et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque particulier : le risque de radon.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Saint-Mathieu. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie.. 8,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (27 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national métropolitain).. Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fortDans les zones classées en aléa moyen ou fort, différentes contraintes s'imposent : au vendeur d'informer le potentiel acquéreur du terrain non bâti de l’existence du risque RGA ; au maître d’ouvrage, dans le cadre du contrat conclu avec le constructeur ayant pour objet les travaux de construction, ou avec le maître d'œuvre, le choix entre fournir une étude géotechnique de conception et le respect des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire ; au constructeur de l'ouvrage qui est tenu, soit de suivre les recommandations de l’étude géotechnique de conception, soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire...

La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1999 et 2018 et par des mouvements de terrain en 1999.

Risque particulier Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Selon la classification de 2018, la commune de Saint-Mathieu est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif..

Toponymie Comme l'atteste la dénomination occitane « Samatia », le nom de la commune n'a pas pour origine saint Mathieu mais plus vraisemblablement Mathias.

Histoire Les plus anciennes traces de présence relevées sur le territoire de la commune datent de l'âge du fer. Elles sont constituées de tumuli, monticules de terre recouvrant une sépulture et dont les fouilles ont mis au jour haches en pierre et urnes funéraires.

À Saint-Mathieu, comme ailleurs, ces tumuli jalonnent les routes de crêtes situées sur les interfluves, telles la route de Saint-Mathieu à la Chapelle-Montbrandeix. Ces itinéraires celtiques, que l'on appelle localement des routes de « pouge », évitent consciencieusement les vallées pour des raisons évidentes de sécurité. Ils sont restés des lieux de passage fréquentés plusieurs millénaires après leur tracé puisque plusieurs départementales et voies communales suivent toujours leur parcours.

De la période gallo-romaine, restent des éléments de construction de villa (exploitations rurales) tels que tuiles à rebord ou vestiges de murailles, notamment au village des Bussières. Pour l'anecdote, le nom de ce village apporte en lui-même des indices intéressants : Bussière, toponyme fréquent en Limousin vient de buscus, le buis. Or cet arbuste apprécie les terrains calcaires, et ne peut pousser spontanément sur la commune que s'il y a une forte présence de chaux dans la terre, comme sur les ruines des anciennes villa gallo-romaine aux murs maçonnés de chaux.

Au Moyen Âge, le bourg de Saint-Mathieu connaît un développement important. L'édification du château-fort, situé derrière l'actuelle église, s'inscrit alors, comme les forteresses de Cromières, Vieux Château, la Besse, dans une zone de défense à la limite du Limousin, des Charentes et du Périgord. Du château fort, aujourd'hui, il ne reste que les corps de bâtiments et des vestiges de douves. La dernière tour existante est démolie en 1927. De sa construction en 1373 à sa vente comme bien national en 1799, ce château appartient à la même famille (ou à ses alliés) : les Vigier.1) Saint-Mathieu : dans la deuxième moitié du siècle, Antoine de Vigier, seigneur de Saint-Mathieu, chevalier des ordres du roi, épousa Jeanne de Pierre-Buffière mais mourut sans enfant ; sa veuve se remaria en 1595 avec Paul de Tournemine/de Tournemire, qui devint par là seigneur en partie de Saint-Mathieu. Au siècle, Anne de Vigier, dame de Saint-Mathieu, dernière de sa lignée, épouse en 1639, sans postérité, Yrieix de Chouly de Permangle († 1679 ; fils de Paul de Chouly, † 1623 ; fils lui-même d'Yrieix de Chouly, † 1599). Si ce mariage resta lui aussi sans postérité, les descendants des Chouly de Permangle étaient nombreux par les frères et sœurs cadets (Jean, Jacques, Françoise, Anne, Hélène), ou les cousin(e)s d'Yrieix de Chouly. Une nièce hérite, Anne-Thérèse de Chouly-Permangle de Brie, fille de Jacques de Chouly — fils cadet de Paul et frère cadet d'Yrieix ; elle épouse en 1673/1678 Charles-Joseph de Ferrières de Sauvebœuf ci-dessous. 2) Pierre-Buffière : au siècle, François, baron de Pierre-Buffière, a pour fils Jean-Geoffroy, et pour petit-fils Philippe († 1582). La fille de Philippe, Marguerite de Pierre-Buffière, épouse 2° Antoine-Charles de Ferrières de Sauvebœuf († 1663), d'où trois enfants sans postérité. La succession passe alors à un demi-frère de ces enfants, un fils du second lit d'Antoine-Charles : Charles-Joseph de Ferrières de Sauvebœuf ci-dessus, chevalier, désormais baron de Pierre-Buffière († 1695), qui devint donc aussi seigneur de Saint-Mathieu et de Brie par son mariage avec Anne-Thérèse de Chouly-Permangle. La fille de ces derniers, Marie-Anne-Thérèse de Ferrières de Sauvebœuf baronne de Pierre-Buffière ( baronnie du Limousin), vicomtesse de St-Mathieu et dame de Brie († 1770), épouse en 1696 ou 1719 (?) Charles, marquis de Vassan (1676/1682-1756 ; fils d'autre Charles de Vassan, seigneur de Morsang, 1630/1640-1697) : d'où Marie-Geneviève de Vassan, vicomtesse de St-Mathieu et baronne de Pierre-Buffière (1725-1794), qui, veuve héritière de son cousin Jean-François de Ferrières, chevalier, marquis de Sauvebœuf, épouse en 1743 Victor de Riquetti et donne naissance au fameux tribun Mirabeau en 1749. Les Riquetti de Mirabeau furent donc les héritiers de Saint-Mathieu, Brie, Pierre-Buffière, Sauvebœuf.... (cf. aussi l'article Brie), dont les armes ornent le portail gothique flamboyant de l'église. C'est à cette famille que l'on doit, vers 1486, l'agrandissement de l'église primitive du et de la nef romane.

Tirant profit de la présence de ressources naturelles variées (eau, bois, minerai de fer), l'activité humaine s'est très rapidement consacrée à des productions pré-industrielles le long de la vallée de la Tardoire. La plus originale de ses activités est la confection de cottes de mailles. Cet équipement est en effet adopté au par toutes les armées, sa production connaît une expansion considérable notamment dans les ateliers de Saint-Mathieu. Les hauts-fourneaux sont alimentés par le charbon des taillis de châtaigniers et le minerai est pris sur place. La force hydraulique fournie par les rivières ou les étangs assure le fonctionnement des marteaux pilons et des soufflets. Il existe encore à la fin du trois mailleries et Saint-Mathieu, comme toute la zone limousine de contact avec le Périgord, a longtemps fait de la forge sa spécialité (Séchères, le Buisson, la Couade qui produit des pointes jusqu'en 1938...). Après 1860, l'arrivée du fer lorrain et la substitution de la houille au charbon de bois mettent peu à peu un terme à cette industrie.

Le , à l'issue de la messe, Martial Crouchaud, curé de Saint-Mathieu et Pierre Damet son vicaire prêtent serment et jurent d'être « fideles a la nation, à la loi et au Roy »Archives départementales de la Haute-Vienne - 3 E 168 / 2 - pp. 138-139..