Le Sport en Côte d'Ivoire, marqué par la diversité des disciplines pratiquées mais aussi par la domination du football, a connu une émergence véritable durant l'époque coloniale. Les sports d'origines locales qualifiés également de sports traditionnels tels les courses en pirogues ou la lutte ont précédé ceux dits modernes tels le football, le basket-ball, le tennis qui se sont progressivement implantés avec l'avènement de l'indépendance. Lorsque les européens font entrer les sports dits modernes dans les colonies, ils sont d'abord réservés aux européens. Mais grâce à leur persévérance, les Africains réussissent à trouver une place dans ces nouveaux jeux. Bien que des préoccupations plus urgentes aient été la priorité de l'État ivoirien durant les premières périodes de l'indépendance nationale, peu à peu, le sport a repris une place plus importante dans la vie du pays sous l'impulsion d'abord des pouvoirs publics puis des associations sportives. L'impact du fait sportif est ressenti dans des domaines aussi divers que variés tels la santé, l'éducation, le développement technologique, le commerce ou encore les relations humaines. Ainsi, sans être au cœur de la stratégie du développement en Côte d'Ivoire, le sport n'en demeure pas moins une composante importante.

Historique Sports dans la société traditionnelle Ivoirienne Depuis des millénaires, la société traditionnelle ivoirienne a pratiqué dans ses différentes composantes divers sports. Des sports de combat se manifestant sous la forme d'une variété de lutte, des sports nautiques parmi lesquels les plus connus sont la natation et les courses à pirogues ou encore l'athlétisme s'agissant des courses de vitesse. Avant donc la colonisation, les Ivoiriens connaissaient le sport. Il se présentait soit sous forme de jeu, soit de danse. Ainsi, il y avait le jeu de lutte qui était en ce temps-là, l'activité la plus répandue. La lutte se faisait le plus souvent lors de la fête des ignames, pour remercier les divinités d'avoir nourri tout le village. Aucune organisation particulière n'était requise. Celui qui se sentait courageux et avait la volonté pouvait entrer dans la compétition. La lutte se pratiquait le plus souvent la nuit et les villageois pouvaient ainsi rester debout toute la nuit pour y assister. Le vainqueur en sortait non seulement honoré, mais il honorait par la même occasion, toute sa communauté. Parmi les grands noms de lutteurs, retenons Klibo, Houisin, Bah Gaston, de Man et Danané. Les régates, la pêche et les courses de pirogues étaient les sports privilégiés dans les régions fluviales ou côtières.

La danse, en particulier dans la zone de M'Bengue, faisait également partie des sports traditionnels ivoiriens. Les danses comme le Djembé, le Balafon, le Djébôlôgô étaient pratiquées à l'occasion de mariages et de fêtes.

Ces sports en général étaient pratiqués dans la deuxième partie de l'année, celle de la saison sèche. C'est cette période qui était réservée aux loisirs. Dans tous ces sports traditionnels, on retrouvait toujours la dimension mystique, qui surpassait toujours le simple fait ludique. De même, la société ne permettait pas à la femme d'y participerThèse de Doctorat de Djiman Odjo, Contribution de l'éducation physique et des sports à la formation de la jeunesse ivoirienne, 1982,2-1: les pratiques sportives et corporelles durant la période pré-coloniale, page 33.

Introduction des disciplines sportives modernes en Côte d'Ivoire C'est au début du que l'occident fait entrer le sport en Afrique. Cela débuta par les Britanniques qui vinrent avec le soccer. En 1903, Briton, professeur de sport originaire de la Jamaïque, a été chargé par la couronne britannique d'enseigner le cricket aux élèves de la "Government School". Il décide alors de créer la première association Ghanéenne de footballLe Football africain, MAHJOUB Faouzi, éditions ABC, 2-85809-077-7. C'est ainsi que les Nzima-Appolloniens venus en 1919 de la Gold Coast (actuel Ghana)révèlent ce sport aux Ivoiriens. Le football devient donc l’un des premiers sports modernes à être introduit en Côte d’Ivoire. Simple à pratiquer, ce sport a été vite adopté par les Ivoiriens. Sa pratique débute dans les régions de Grand-Bassam, Bonoua et Grand-Lahou puis se propage progressivement dans tout le pays. Le ballon de cuir ou de latex étant encore un luxe pour les populations, une simple orange ou une simple balle de tennis ou même un chiffon auquel l'on donnait la forme ronde suffisaient à assurer le jeu. La Côte d'Ivoire organise ses premières compétitions internes dès 1920. Elles opposent d'abord de jeunes employés vivant dans la ville de Grand-Bassam, ensuite, des élèves. Enfin, des équipes de football sont créées au sein des établissements d'enseignement primaire de Grand-Bassam, en 1925.

Bien que de nombreux Ivoiriens s'intéressent au sport, 98 % des sportifs pratiquants sont, jusqu'en 1950, des Européens. Les colonisateurs considérant ce sport comme leur chasse gardée. Les autochtones n'avaient jusqu'alors pas l'autorisation de le pratiquer, les Ivoiriens dans le milieu, n'étant pas pris au sérieux car considérés comme copiant les colons, à l'exception des pensionnaires des établissements laïques ou religieux. De petites équipes se créent et s'opposent entre elles. Peu à peu, le mouvement se propage et devient populaire. Les associations de football sont contraintes par les colons de n'intégrer que des européens, sous peine d'être exclues des subventions. Mais plus tard, des fédérations indigènes de football se créent. D'abord sous contrôle des colons, elles finiront par s'en débarrasser.

C'est après la grande guerre mondiale que les Ivoiriens prennent véritablement goût au sport avec sérieux.

Pendant la colonisation, le pays participe au tour préliminaire de la coupe du monde en 1930. Il a continué à participer mais irrégulièrement aux compétitions internationales jusque dans les années 1970 où il a adopté une certaine constance. La Fédération ivoirienne de football (FIF), créée cette même année, s’affilie à la FIFA, un an plus tard.

Aux lendemains de l’indépendance en Afrique, précisément dans les États de l’Afrique de l'Ouest, les dirigeants politiques Africains ont vu la nécessité de mettre le sport au service de la nation. La Côte d’Ivoire, pays membre de l’AOF, n’est pas restée en marge de cette vague. Les dirigeants politiques ont alors utilisé le sport comme vecteur de courage, de travail et d’abnégation. Le sport, en ce temps-là, permettrait donc de faire naître des citoyens conscients et solidaires du jeune état qui venait de voir le jour. L'engouement de la jeunesse ivoirienne en faveur du sport encourage le gouvernement ivoirien à en faire une de ses préoccupations . À l'époque, le sport africain était déjà une affaire mystique. Le sorcier jouant un rôle primordial au sein des compétitions. On lui attribuait toutes le victoires, pour lesquelles, il fallait des préparations avec les forces occultes.

Situation actuelle Disciplines sportives La Côte d’Ivoire aujourd’hui enregistre une explosion de disciplines sportives. Le paysage sportif est en effet très riche. Le paysage sportif compte de nombreuses fédérations qui sont: le judo, le football, le handball, la basket-ball, le cyclisme, le rugby, l'athlétisme, le tae-kwon-do, la natation, les sports automobiles, les sports aériens, le tennis de table, le canoë-kayak, la boxe, etc. Voici quelques-unes d'entre elles avec de plus amples détails:

Le football

Comme dans la plupart des pays, il est le sport-roi du pays. Il est celui qui crée plus d'enthousiasme et de passion. Aucun autre sport ne crée autant d'ardeur chez les supporters. Chaque match prend l'apparence d'une fête. Les matchs de football font l'objet d'un tapage médiatique. Dans les quartiers, dans les cités universitaires, sur le gazon ou sur le goudron et même la terre rouge, on joue déjà au maracana. Le maracana est un match à petite échelle qui se joue le plus souvent entre amis. Déjà, hors des grands stades et terrains de jeux, on apprend à manier le ballon rond. En Côte d'Ivoire, on commence donc à pratiquer le football depuis le jeune âge. Il existe des rencontres de toutes les catégories : minimes, cadets, juniors, seniors, etc. afin de permettre à tous de jouer à tout âge. Le natif de Côte d'Ivoire a joué avec de nombreux footballeurs de haut niveau qui ont évolué dans des championnats tels que la Liga espagnole et la Premier League anglaise.

La fédération de football est aussi celle qui comporte le plus grand nombre de clubs. Ce sport est tellement développé dans le pays que la plupart des professionnels évoluant à l'étranger ont créé des écoles de football. Ce sont des centres où les enfants viennent apprendre à jouer au football, en essayant de le concilier avec les études. En y inscrivant leurs enfants, les parents espèrent qu'ils seront un jour recrutés dans les grands clubs européens et qu'ils pourront être des stars à l'effigie de Didier Drogba, Arouna Kone et autres. Il existe plusieurs compétitions de football en Côte d'Ivoire: championnat de Côte d'Ivoire de football, championnat de Côte d'Ivoire de football D3, championnat de football de Côte d'Ivoire division régionale, la coupe Félix Houphouët-Boigny compétitions.

Du point de vue des infrastructures, la Côte d'Ivoire dispose de deux stades conventionnels répondant aux normes de la Confédération africaine de football(CAF) et de la Fédération Internationale de Football Association(FIFA). Ce sont: le stade Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan et le stade municipal de Bouaké, qui ont été récemment rénovés à l'occasion de compétitions internationales. Il existe également des stades à petite échelle dans les villes .

Le basket-ball Plusieurs clubs de basket-ball existent sur tout le territoire, qui se retrouvent au sein de la Fédération ivoirienne de basket-ball, créée en 1952 . Aujourd'hui, les Ivoiriens commencent de plus en plus à s'intéresser à ce sport qui est venu en Côte d'Ivoire avec la modernisation et son ouverture au monde. Ce sont surtout les lycéens qui sont intéressés par ce sport. C'est pourquoi, la plupart des clubs existant sont fréquentés par des adolescents.

Le volley-ball Le volley-ball est également un sport pratiqué en Côte d'Ivoire. Surtout dans les lycées et collèges. Il existe deux équipes nationales: féminine et masculine. Chacune d'entre elles a remporté quelques médailles, notamment la médaille d'or pour l'équipe des hommes et celle d'argent pour les dames, lors des championnats d'Afrique pour les jeux olympiques . Cependant, il fait partie des sports dits mineurs. Peu de gens le pratiquent et ses compétitions n'attirent pas trop de monde. On note aussi sa pauvreté en matière d'infrastructures, qui sont aujourd'hui non seulement insuffisants mais inadaptés. Le volley-ball accuse un retard qu'il lui faudra à tout prix rattraper.

Le golf En Côte d'Ivoire, il existe trois terrains de golf (Abidjan, Yamoussoukro, San-Pédro. Ces parcours contiennent entre 9 et 18 trous. Aussi, chaque année, une compétition internationale est-elle organisée, dotée du trophée Félix Houphouët-Boigny. Cependant, le golf est un sport pas trop répandu au sein de la population. Ses règles sont méconnues du large public qui se dit freiné par le coût élevé des équipements nécessaires à la pratique de ce sport.

Le rallye La compétition la plus connue dans ce domaine est le rallye Bandama. Cette compétition rassemble chaque année de nombreuses personnes, étrangères comme nationales. Le parcours des concurrents sur les pistes permet d'égayer un peu les villages et les régions parcourues. Les populations se disposent donc pour l'occasion au bord des pistes de parcours pour acclamer et féliciter les concurrents .

Le handball