L'agriculture en Côte d'Ivoire concerne les cultures industrielles et d’exportation ainsi que des cultures vivrières. La Côte d'Ivoire est un pays qui, dès son accession à l'indépendance, a très tôt fondé son économie sur l'agriculture. En effet, elle se positionne comme le leader mondial du cacao, de la noix de cajou, de l'hévéa.

La terre Il n’est pas de traits immédiatement perçus par lesquels la terre de Côte d’Ivoire se distinguerait de celle du reste de l’Afrique Occidentale, voire de la majeure partie du continent africain. Certes, le voyageur qui l’aborde par le littoral ne manque pas d'être frappé, et charmé, par le déroulement, au-dessous de l'avion, de la dentelle des paysages lagunaires, mais le reste du survol n'a révélé rien d'autre que des étendues mal différenciées, nappées de savanes ou revêtues du manteau de la forêt dense. Dans une Afrique essentiellement bâtie de paysages horizontaux, les paysages de Côte d'Ivoire se fondent sans heurt. Dans cette uniformité indéniable, sous cet apparentement au tout de la vieille Afrique, un contact quelque peu prolongé avec la terre ivoirienne permet, toutefois, de déceler des nuances.

Les formes Il est abondamment connu, et parfois abusivement schématise, que l’Afrique de l’Ouest présente, à quelques centaines de kilomètres de la côte de ce Golfe, une sorte de bourrelet intérieur plus ou moins bien venu, de part et d’autre duquel les surfaces tendent à s’abaisser à la fois vers le nord et vers le sud. Cette dernière s'appuie donc au bourrelet intérieur, au nord, et se développe sur le panneau qui descend en glacis vers le Golfe de Guinée.

Les éléments des reliefs ivoiriens Les plateaux sont, sans conteste, le plus commun des spectacles en Côte d’Ivoire comme en Afrique. Ils sont à ce point la règle que leur souvenir tend à envahir plus d’espace que celui où ils sont effectivement réalisés et que l’on reste impressionné par l’ampleur et la rigidité des surfaces horizontales jusqu’à oublier que tout n’est pas tabulaire et que la famille des plateaux présente plusieurs visages. Le type le plus spectaculaire correspond à ces étendues rigoureusement tabulaires et horizontales que l'on rencontre çà et là dans les pays de savanes et, parfois, sous les petits accrocs de savanes incluses dans la forêt dense. Toute l’étendue comprise entre ces escarpements bordiers est rigoureusement plane, parfois très légèrement concave, horizontale le plus souvent ou très faiblement inclinée.

Dépassant généralement la vingtaine de mètres de profondeur sans excéder la cinquantaine, celles-ci sont de deux types. Les unes sont étroites et vont de la gorge élémentaire, ouverte à travers la cuirasse qui forme corniche et parfois encorbellement au sommet des versants, à la vallée de section triangulaire relativement aiguë , au fond de laquelle s’imprime le lit d'un ruisseau temporaire.

Organisations régionale des reliefs ivoiriens Plus précisément encore, l’Ouest jusqu'au-delà du Bandama est pour les trois-quarts de sa superficie situé au-dessus de 200 m ; l’Est, pour à peine la moitié ; et tandis que la courbe de niveau de ces 200 m suit approximativement le 6e parallèle, à quelque 50 ou 150 km du littoral, dans l’Ouest, elle se trouve rejetée à plusieurs centaines de kilomètres de lui, entre le 7e et le 8e parallèles, dans l’Est.

Or, c’est aussi dans cette moitié orientale plus basse que se rencontre l’essentiel des affleurements schisteux du pays et sur sa bordure maritime qu’existent les seuls recouvrements sédimentaires de Côte d’Ivoire et que se développe le réseau des grandes lagunes ; c’est encore à son niveau que le littoral remonte le plus loin vers le nord.

La végétation

Production vignette|Ignames disposés sur une table de vente dans un marché. Côte d'Ivoire a produit, en 2018 Production de Côte d'Ivoire en 2018, par la FAO :

7,2 millions de tonnes d'igname ( producteur mondial, seulement derrière le Nigéria et le Ghana) ; 5 millions de tonnes de manioc ( producteur mondial) ; vignette|Vente d'huile rouge dans un marché à Yamoussoukro.2,1 millions de tonnes d'huile de palme ; 2,1 millions de tonnes de riz ; 1,9 million de tonnes de cacao (plus grand producteur au monde) ; 1,9 million de tonnes de canne à sucre ; vignette|Vente de bananes dans un marché de Yamoussoukro.1,8 million de tonnes de Banane plantain ( producteur mondial) ; 1 million de tonnes de maïs ; 688 000 tonnes de noix de cajou ( producteur mondial, derrière le Vietnam et l'Inde) ; 461 000 tonnes de caoutchouc naturel ; 397 000 tonnes de banane ; 316 000 tonnes de coton ;

En plus de petites productions, d'autres produits agricoles comme le café (88 000 tonnes) et l'ananas (50 000 tonnes) Production de la Côte d'Ivoire en 2018, par la FAO . Côte d'Ivoire a produit, en 2022 1 million de tonne de Cajou 95 mille tonnes de café 2,4 millions de tonnes de Cacao

Cultures industrielles et d’exportation Café et cacao thumb|Cacao (fèves au séchage). thumb|Café (cerises). Le café et le cacao sont les produits d'exportation de base. Après avoir été classée troisième producteur mondial de café pendant près de trente ans, la Côte d’Ivoire connaît une baisse de production passant de tonnes en 1990 à tonnes en 1994, pour ensuite remonter à une production de tonnes en 2003-2004. Elle en est, aujourd’hui, le septième producteur mondial. Le prix moyen d'achat bord champ est de cfa le kg au cours de la campagne 2003-2004. La proportion de café transformée par l'agro-industrie locale est très faible : de 3,6 % en 2001-2002, elle tombe à 2 % de la production totale en 2003-2004.

Pour le cacao, la Côte d’Ivoire est, avec 40 % de la production, le premier producteur mondial devant le Ghana. La production nationale atteint 1,335 million de tonnes en 2003-2004, la part des exportations étant de 1,060 million de tonnes pour la même période. Le prix d'achat du cacao au producteur est passé de CFA en 2002-2003 à CFA le kg en 2003-2004, du fait de la spéculation pratiquée par les acheteurs-exportateurs. En légère hausse, la proportion de cacao transformée par l'agro-industrie locale représente près de 20 % de la production totale en 2003-2004. La Côte d’Ivoire est devenue en 2016 le premier broyeur de fèves de cacao au monde devant les Pays-Bas, l’Allemagne, les États-Unis.

En 2020, le président Ouattara annonce une augmentation de 21 % du prix du cacao payé aux planteurs en accord avec le Ghana, également grand producteur de cacao.

Coton thumb|Fleurs de coton. Dans le nord du pays, la culture du coton est la plus pratiquée puisque 40 à 50 % des terres exploitées y sont emblavées en cotonArticle FAO de René K. Akanvou Les systèmes de culture du maïs dans le nord de la Côte d'Ivoire. Cette culture commerciale s'est fortement développée à partir des années 1960 grâce à l'action d'une société d'économie mixte, la Compagnie ivoirienne de développement des textiles (C.I.D.T.) qui a remplacé la variété « Mono » par la variété « Allen », a distribué gratuitement des engrais aux planteurs et a pratiqué des prix élevés à la production grâce à l'appui de la Caisse de stabilisation, principal organisme d'État du pays jusqu'en 1999. En 2001, la Côte d'Ivoire en produisait , ce qui en faisait le troisième producteur africainProduction de coton en Côte d'Ivoire, article publié en 2002 par David Cadasse. Cette production a toutefois considérablement baissé ces dernières années à la suite de la guerre civile qui a secoué le pays à partir de 2002, tout le nord étant passé sous le contrôle du MPCI : ont été produites en Côte d'Ivoire en 2007Rapport de la Fondation Jean Jaurès, article de Guy Labertit, 17 novembre 2007Le marché mondial du coton, site de la CNUCEDAbidjan.net, article daté du 30 novembre 2007.

Le coton, essentiellement destiné à l'exportation vers les pays européens, est en un certain sens, une « culture d'importation » : après l'abolition de l'esclavage aux États-Unis, en 1807, les compagnies textiles, face à l'augmentation du coût de la main-d'œuvre dans les plantations américaines, ont imposé cette culture dans les colonies d'Afrique où elle n'existait antérieurement que très modestement pour la seule consommation locale. Les parcelles de coton, remplaçant les cultures vivrières au grand dam de la population locale, avaient été baptisées « le champ du commandant », en référence au « commandant de cercle » qui était le représentant local de l'administration coloniale. Le facteur multiplicateur entre le prix payé aux paysans locaux et le prix constaté à l'arrivée dans les ports d'Europe, après égrenage et conditionnement, et avant transformation en vêtements bon marché en Europe, est estimé à 70.

Anacarde En Côte d’Ivoire, la filière anacarde est la seconde source de devises du secteur agricole après le cacao grâce à la politique d’industrialisation déployée depuis une décennie. La pomme de cajou (anacarde), essentiellement localisée dans le nord du pays, s’étend depuis quelques années au centre et au centre-ouest du pays.

En 2022, 218 000 tonnes de la matière première ont été traitées en 2022, soit 21,25 % de la production totale de noix. Ceci constitue une progression d’environ 60 % par rapport au stock de l’année 2021 (136 854 tonnes). Les autorités visent un taux de transformation de 50 % d’ici 2025. La Côte d'Ivoire est d'ores et déjà le 3e transformateur mondial d’anacarde.

Oléagineux Les oléagineux produits sont le palmier à huile, le cocotier et le coton. Le secteur du palmier à huile est dominé depuis le milieu des années 1990 par les sociétés Palmafrique et Palmci, succursales de groupes internationaux ayant racheté les actifs de l'ancienne société d'État Palmindustrie. Les exportations concernent l'huile de palme, obtenue après transformation de la graine. La production de graines de palme est estimée en 2004 à . L'huile de palme exportée, de en 2000, connaît une augmentation de 51,20 % en 2004, atteignant ainsi tonnes. La production de noix de coco, estimée à tonnes en 2000, connaît une constante augmentation jusqu'en 2004, où elle s'élève à tonnes environ. Le coprah représente tonnes en 2004, dont sont exportées. La Côte d’Ivoire est classée parmi les trois premiers producteurs de coton dans la sous-région. La filière cotonnière connaît toutefois des difficultés réelles aujourd’hui. Localisée principalement dans la région des savanes (région nord du pays), la culture du coton connaît une baisse de production depuis quelques années. L'huile raffinée et les tourteaux sont extraits du coton graine. Toutefois, seul le tourteau fait l'objet d'exportation : , et tonnes en 2000, 2001 et 2002. La production de coton graine et de coton fibre, également concernés par les exportations, représentent respectivement et tonnes en 1999-2000, et tonnes en 2003-2004. tonnes de coton fibre ont été exportées en 2004. Les principaux clients du secteur coton sont la Chine, l'Indonésie, la Thaïlande et le Taïwan.

Hévéa et canne à sucre L'hévéa est une culture traditionnelle d'exportation. Sa production est estimée en 2004 à tonnes, tandis que le latex exporté est estimé à tonnes, pour une valeur de de francs CFA.

La production de la canne à sucre, culture industrielle, est estimée en 2005 à . Elle est depuis la privatisation de la société d'État Sodesucre en 1999, le fait de deux entreprises : la Sucaf ( tonnes) et Sucrivoire ( tonnes), filiales des Groupes Castel et SIFCA. Cette culture, pratiquée dans la partie nord du pays, est confrontée à d’importantes difficultés depuis le déclenchement de la crise politique en .

thumb|left|Régime de banane. thumb|left|Mangues (marché local).

Fruits