Le mot italien « corso » désigne les activités de déprédations maritimes réciproques entre chrétiens et musulmans, qui ont eu lieu du au en Méditerranée. Consistant en attaques de navires de commerce et en captures de villageois sur les côtes, suivies de la mise en esclavage des captifs en vue de leur exploitation ou de leur rachat, le corso a concerné les populations des côtes de la Méditerranée pendant les trois siècles de son existence, et impliqué des acteurs exogènes à cette mer.

Le corso peut être compris en deux aires d'action, la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale, où les enjeux et les acteurs varient.

Définition thumb|Galère hospitalière.

Sur mer, il existe quatre sortes d'affrontements suivant une définition de Michel Fontenay dans une étude d'Alberto Tenenti : la guerre navale, dans laquelle au moins deux pays, possédant une marine de guerre, s'affrontent, respectant les droits de la guerre ; la guerre de course, dans laquelle un pays s'associe avec un armateur privé, le corsaire, sous contrat, la lettre de course, pour partager les coûts et profits, suivant des règles de droit clairement établis ; la piraterie, véritable brigandage maritime fait par les pirates et ; le corso, entre chrétiens et musulmans, entre la course et la piraterie, forme de violence maritime mais admise par les mœurs, qui fut l'activité principale de certains pays-corsaires, principalement méditerranéens, et qui furent le cas tels des côte des Barbaresques. Ce Corso est généralement soumis à des règles de droit entre mandaté et mandataire prévoyant les règles d'engagement et la répartition des prises. Les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem avaient, au moins, quand ils étaient à Rhodes et au début de leur présence à Malte, la volonté de faire la police des mers, c'est la « contre-course ». Mais assez rapidement, vers le , la contre-course se transforme tout simplement en corso.

Fonctionnement thumb|left|Alger à l'époque de la Régence (1680). .

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Historique Le corso au

La régence d'Alger et le corso

La création de la régence d'Alger comme État vassal de l'Empire ottoman par les frères Arudj et Khayr ad-Din Barberousse donne au corso musulman une assise territoriale solide. En se faisant vassale de l'Empire ottoman, Alger se soumet à une souveraineté lointaine mais dont le seul nom tient en respect les puissances européennes. Mais en réalité la marine algéroise n'était point « vassale » de l'empire turc comme elle n'était « vassale » d'aucune entité étatique au . « Alger était devenu le plus ferme appui des sultans de Constantinople. Aucun évènement ne s'accomplissait sur le bassin de la Méditerranée sans que les corsaires algériens y prissent part. La force principale de toute la marine ottomane reposait sur eux ».

Le corso chrétien : l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem Pour Xavier Labat Saint-Vincent, du côté des puissances européennes, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem pratiquait aussi le corso, auquel il aurait donné, au début du moins, un caractère défensif.

« S'il fut à l'origine une contre-course défensive qui répondait à la formidable explosion de l'activité corsaire des ports barbaresques, le corso maltais acquit, à partir de la défaite navale turque à Lépante (1571), sa véritable dimension prédatrice. Son activité glissa vers le bassin oriental de la Méditerranée et visa de plus en plus souvent des cibles civiles : il ne s'agissait plus dès lors d'une contre-course défensive, mais ni plus ni moins d'un pillage organisé et systématique destiné à ruiner les marines de commerce musulmanes, pour le plus grand profit des marines chrétiennes et surtout française (...) »

En dehors des Hospitaliers, la course est aussi pratiquée par les Italiens, principalement les Toscans, ainsi que les Siciliens, et les Espagnols (Valenciens).. La course chrétienne est encore assez limitée dans les années 1560, mais elle se développe considérablement ensuite.

Le Les transfuges hollandais (fin - début ) .

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Les transfuges anglais (début ) .

Le corso prend des proportions considérables. De Grammont signale : « De la fin de 1628 au milieu de 1634, la France, qui fut cependant la moins éprouvée des nations maritimes, perdit d'une valeur d'environ , et dut racheter ou laisser renier . », ceci alors qu'elle était en paix avec la Turquie.

Le la régence de Tripoli et les États-Unis : en 1786, Thomas Jefferson, ambassadeur américain auprès de la France, et John Adams, ambassadeur auprès de la Grande-Bretagne, ont une entrevue à Londres avec Sidi Haji Abdul Rahman Adja, ambassadeur de Tripoli en visite. Demandant pourquoi leurs vaisseaux sont attaqués hors de toute guerre, ils s'entendent répondre que, d'après le Coran, toutes les nations qui n'ont pas reconnu Mahomet sont pécheresses, et qu'il est donc légitime de les piller et de réduire leurs peuples en esclavages, sauf si elles acceptent par traité de payer des tributs. la régence d'Alger et les navires de l'Empire ottoman :

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Les ouvrages sont classés ci-dessous par ordre alphabétique des noms d'auteurs.

Ouvrages publiés avant le

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Ouvrages publiés aux ou Alain Blondy, « La course en Méditerranée : les discours sur la captivité et la servitude », dans Sylvie Requemora et Sophie Linon-Chipon, Les Tyrans de la mer. Pirates, corsaires et flibustiers, Paris, Presses de l’université de Paris-Sorbonne, 2002, . Salvatore Bono, I corsari barbareschi, Turin, 1964 . Roland Courtinat, La Piraterie barbaresque en Méditerranée , Nice, Jacques Gandini, 2003, partiellement en ligne dans Google Books Otto Eck, Seeräuberei im Mittelmeer, Munich, 1940 () Jacques Heers, Les Barbaresques, de très étranges pirates, Paris, Perrin, 2001 Alberto Tenenti, Naufrages, corsaires et assurances maritimes à Venise, 1592-1609, Paris, SEVPEN, 1959 (réédition : 1969)

Documentaire

Danielle Proskar, Piraterie et esclavage en Méditerranée : Périls en mer au XVIe siècle, 2023, 53min

Articles connexes Régence d'Alger Barbaresques Ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Malte

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