Thérèse Pierre, née le à Épernay (Marne) et morte le à Rennes, est une enseignante et résistante françaiseÉlisabeth Terrenoire, Combattantes sans uniforme: les femmes dans la résistance, p.27; éd. Bloud et Gay, 1946Des victoires de Hitler au triomphe de la démocratie et du socialisme: Origines et bilan de la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945), actes du colloque scientifique organisé par l'Institut Maurice Thorez, , p. 170, Éditions sociales, 1970.
Biographie
Origine familiale Thérèse Pierre naît le à ÉpernayActe de naissance, mairie d'Epernay. Scénario du documentaire Où sont nos amoureuses, sur le site La Revue des ressources.. Elle est la fille de deux instituteurs, René Ernest Pierre et Aline Catherine Francine Amiel.
Études Elle fait ses études à l'École normale d’institutrices de Châlons-sur-Marne entre 1924 et 1927. Elle obtient la première partie du professorat en 1929, mais pas la deuxième. Elle rencontre sa compagne, Emma Pitoizet, en 1929.
Métier et militantisme Nommée à Évreux, puis à Felletin, chargée d’enseignement à Bar-le-Duc (1934), elle est engagée politiquement et syndicalement, et milite notamment pour la cause de l'Espagne républicaine pendant la guerre d'Espagne.
Elle dirige le Comité des femmes contre la guerre et le fascisme de Bar-le-Duc, qui fait paraître de 1937 à 1939 un bulletin mensuel intitulé Femmes de la Meuse.
Pacifiste militante, elle est expulsée de son domicile en après une perquisition, et doit quitter la zone des combats de la . Elle est mutée en Bretagne, enseignant à Vitré, RedonRené Chesnais, La Guerre et la Résistance dans le sud de l'Ille-et-Vilaine: témoignages, p. 143, éd. R. Chesnais, , et plus tard à Carhaix et FougèresJacqueline Sainclivier, La Résistance en Ille-et-Vilaine: 1940-1944, p.51, éd. Presses universitaires Rennes, 1993, .
Résistance À Carhaix, au début de l’année 1942, elle fait la connaissance d’un responsable finistérien de la Résistance, le futur lieutenant-colonel Pascal. Thérèse Pierre a 34 ans et un long passé de militante communiste.
Mutée à Fougères, elle devient responsable de l’arrondissement en , sous le nom de Madeleine, et participe activement à l’organisation de groupes FTP et à leur armement. Elle aura plus de cent hommes sous sa responsabilité. Elle est en relation avec les chefs régionaux mais aussi avec les résistants de la base.
Arrestation et mort Elle est arrêtée le à Fougères par le Sicherheitsdienst (SD, Service de renseignement de la SS).
Torturée par les policiers français du Service de police anti-communiste (SPAC) au point de ne plus pouvoir se déplacer, elle est retrouvée pendue le matin du troisième jour de son incarcération à la prison Jacques-Cartier, sans avoir parlé.. Selon le témoignage du commandant FTPF Pétri, il s'agit d'une mise en scène de ses bourreaux pour faire croire à un suicideSon corps est retrouvé au niveau du 56 boulevard Jacques-Cartier et l'acte dressé à 10h30, . Acte de décès, mairie de Rennes. après avoir été torturée.
Hommages
Odonymie La ville de Paris a nommé un jardin en sa mémoire dans le , la promenade Thérèse-PierreAttribution des noms de Gilberte Brossolette, Rosemonde Pujol et Thérèse Pierre à trois sections de la promenade Péreire, entre la place du Maréchal Juin et la rue Bayen (17e). Son nom est donné à la station de la Ligne 3b du tramway d'Île-de-France, ouverte à la circulation en 2024, proche de cette rue..
La ville de Rennes a nommé une place Thérèse Pierre (quartier sud gare).
Plusieurs établissements scolaires portent son nom notamment le collège Thérèse-Pierre de Fougères et l'école Thérèse-Pierre de Bar-le-Duc. Témoignage À l'occasion de l'inauguration d'une plaque commémorative au collège Thérèse Pierre de Fougères, le , Germaine Guénée, résistante et proche de Thérèse Pierre, lui a rendu cet hommage :
Distinctions Elle reçoit, à titre posthume, les décorations suivantes :
avec étoile d’argent (décret du )Annexe du Journal officiel de la République Française, p. 45, Paris, 1946
Voir aussi Bibliographie Publications Elles vivaient d'espoir de Claudie Hunzinger, 2010. Catherine Dufour, Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, chap. 41 : Résistante, éd. Fayard, 2014, Germaine Dulong-Guénée, " Hommage à la Résistance dans le Pays de Fougères ", Le Pays de Fougères, n°22, 1979 Documentaire Où sont nos amoureuses de Robin Hunzinger, 2007Où sont nos amoureuses, Robin Hunzinger, 2007. Ce film retrace son histoire et notamment sa relation amoureuse avec Emma Pitoizet (1906-1987, sa grand-mère maternelle) dans les années 1930 avec qui elle envisageait d'avoir un enfant. Les deux femmes se sont séparées à la suite du mariage d'Emma Pitoizet avec un homme.
Liens externes
Le destin tragique de Thérèse Pierre Chef de réseau. Disponible sur le site de la Société d'histoire et d'archéologie du pays de Fougères
Notes et références
Catégorie:Résistante française Catégorie:Résistance en Bretagne Catégorie:Résistant communiste français Catégorie:Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Histoire des LGBT en France Catégorie:Féministe française du XXe siècle Catégorie:Naissance en novembre 1908 Catégorie:Naissance à Épernay Catégorie:Décès en octobre 1943 Catégorie:Décès à Rennes Catégorie:Décès à 34 ans