Ferrière-la-Grande est une commune française située dans le département du Nord (59), en région Hauts-de-France.

Ferrière-la-Grande adhère à la communauté d'agglomération Maubeuge Val de Sambre, qui fait partie de l'unité urbaine de Maubeuge.

Géographie Localisation

Ferrière-la-Grande se situe au sud de Maubeuge et est arrosée par la Solre qui est un affluent de rive droite de la Sambre.

La ville est traversée par la qui va de Maubeuge, son chef-lieu de canton, à Cousolre.

Commune urbaine, elle fait partie par sa trame urbaine continue de l'unité urbaine de Maubeuge qui forme la cinquième agglomération urbaine dans le département du Nord.

Communes limitrophes

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par le ruisseau Des Besaces, la Radiève et le Blanc Rieu.

La Solre, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Solre-le-Château et se jette dans la Sambre canalisée à Rousies, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Solre sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:04 TU à partir des 612 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1973 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Sambre ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Sambre. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis modifié le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte du Parc naturel régional de l'Avesnois.

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Hilaire-sur-Helpe à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Ferrière-la-Grande est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Maubeuge (partie française)Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération internationale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Maubeuge (partie française) comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Maubeuge (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (67 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (67,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (34,3 %), prairies (32,2 %), zones urbanisées (28,1 %), forêts (4,9 %), zones agricoles hétérogènes (0,6 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports La commune est desservie, en 2024, par les lignes 10 et 62 du réseau Stibus..

Toponymie Microtoponymie La Machine : est un lieu ainsi appelé parce que M. Daret, directeur de la Manufacture d'armes de Maubeuge y construisit, en 1715 un établissement qui renfermait une des principales machines de sa fabriquetiré de . L'Épreuve: est un lieu-dit situé à l'extrémité des Trieux, c'est l'endroit où étaient essayées les armes de la manufacture. La Belle Hôtesse : est un lieu-dit situé le long de la route de Cerfontaine. À cet endroit existait au , une auberge ou hostellerie tenue par une femme renommé pour sa beauté. Trieux : existe dans beaucoup de communes ; il désigne un terrain inculte, sec, et rocailleux. Il n'y avait guère d'habitations sur les Trieux avant l'installation du Haut-fourneau de M. Dumont. Bois Castiau : forme d'ancien picard du mot château, il désignait une ancienne position militaire. Bérimont : est un lieu-dit dont l'ancienne forme devait être *Boerimont (non attesté), son nom serait issu de boerie « métairie » et mont « hauteur, élévation, butte », d'où le sens global de « butte de la métairie ». Cependant, l'évolution phonétique aurait dû se faire en *Borimont. Il s'agit plus vraisemblablement, soit d'un toponyme médiéval en -mont précédé de l'anthroponyme germanique Bero, BerinMentionné par François de Beaurepaire à propos de Bérigny in Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 78., soit encore d'un plus ancien toponyme gaulois *Beriacum, reposant sur le nom de personne gaulois Berius, cité par Albert Dauzat et Charles RostaingÀ propos de Bérigny in ., suivi du suffixe -acum, auquel a été adjoint -mont à l'époque médiévale. C'est sans doute le nom de lieu-dit le plus ancien. Trieu de la Galette : est un nom qui a été altéré ; situé sur la route de Beaufort, laquelle est dénommé au cadastre Chemin de la Canelle et sur d'anciens écrits Chemin de Canée ; ce lieu est appelé Rieu de Canée dans des actes du . Le Marais : est un endroit fangeux, limité par le ruisseau des Besaces ; c'est actuellement la place Gambetta. Au , il est mentionné sous la forme maree, graphie picarde. Trieux Baudet : est un endroit couvert de chardons où l'on avait coutume de faire paître les ânes ou du nom d'un personnage nommé Bauldet, le surnom de l'âne étant issu d'un anthroponyme. Ce lieu-dit est mentionné * Trieu Bauldet dans un compte de l'église datant de 1678. Marlière : est un lieu-dit situé à l'extrémité du Trieu Baudet, le long de l'ancien chemin de Beaufort. Tous les endroits portant ce nom viennent de ce qu'on y tirait de la marne, variante marle + suffixe -ière. Roquette: signifie « petit roc ». Une roquette était autrefois une défense établie en avant, ou dominant un lieu à préserver de l'incursion ennemie, d'où le sens secondaire de « château ». La Belle Vue : tire son nom du panorama que l'on découvre du haut de ce point culminant sur Ferrière et ses environs. Le Bourdiau : est un lieu-dit, forme picarde francisée en Bourdeau dans des parchemins du et qui signifie bordel au sens ancien de « petite maison isolée » ; il est situé à proximité des trois sources et du bonnier à surjeons (petites sources), d'où l'explication « bord d'iau » ou « bord d'eau » qui relève cependant d'une étymologie populaire. Les Besace : sont un lieu-dit situé près du Bourdiau. C'est un terrain couvert de trous en forme de besaces, de poches.

Histoire Origines

De la signification de Ferrière'' à la découverte de vieux madriers et d'outils rudimentaires attribués aux Mérovingiens, tout concourt à rappeler combien l'exploitation du minerai de fer a conditionné l'apparition des premiers établissements humains en ces lieux. Sans le fer, Ferrière n'aurait probablement jamais connu un tel développement.

C'est pour bénéficier des ressources du sous-sol (fer, Chaux, pierre, terre à poteries…), du cours rapide de la Solre mais aussi pour garantir l'approvisionnement de sa place stratégique frontalière que s'implante en 1715 une manufacture royale d'armes. La machine – c'est le nom que lui attribuent les ruraux de l'époque – fait la prospérité du bourg. Elle cède la place, en 1830, aux premiers hauts fourneaux du Nord. Les minerais sont exploités dans l'étendue de la concession faite au propriétaire et maître de forge, M. Dumont.

Période pré-industrielle

Pendant l'Ancien Régime, Ferrière-la-Grande est le chef-lieu d'une grande paroisse dépendant principalement de l'abbaye bénédictine d'Hautmont. La cense de Rémont aurait d'ailleurs été fondée au par une colonie moniale détachée pour défricher et mettre en valeur les terres.

La seigneurie est très convoitée, au point que privilèges ecclésiastiques et juridiction échevinale se superposent difficilement. La plupart des 36 feux que compte Ferrière en 1469 se répartissent autour d'un noyau central occupé par le pouvoir religieux et constitué par l'église, le presbytère, l'hôtel-dieu et le moustier (petit monastère). 181 ans plus tard, seules 20 maisons supplémentaires ont été érigées. Si faible soit-elle, l'urbanisation conforte pourtant au fil des siècles le point nodal et rayonne le long des grands axes en direction d'Hautmont, de Maubeuge et de Solre-le-Château, préfigurant l'actuelle trame urbaine.

Bourg industriel

C'est l'avènement précoce de l'industrie qui entraîne la métamorphose socio-économique de Ferrière-la-Grande. Le développement du bourg suit celui des établissements Dumont : 903 habitants en 1822, en 1866 puis en 1906.

Alors que plus tard dans le Val de Sambre, la poussée démographique s'accompagne d'une mutation urbaine dont les formes architecturales reflètent la sociologie de l'époque, il est encore trop tôt pour voir apparaître à Ferrière les types industriels caractéristiques du Hainaut.