Le symbolisme des sons est la portée, la signification des sons, soit naturels, soit humains (articulés, psalmodiés, chantés), soit musicaux (chantés, instrumentaux).

Le symbolisme des sons concerne les sons en tant que symboles, dans leur puissance à représenter analogiquement, à être interprétés, à porter sens et valeurs (en plus de l'aspect pratique ou matériel). On entre dans l'étude des sons en tant que symboles (symbologie) ou en tant que systèmes (symbolique) ou dans l'examen de leur capacité à désigner, à signifier, à exercer une influence (symbolisme). Le son en général a son symbolisme (il représente le côté vibratoire des choses), et chaque son en particulier a son symbolisme (le phonème /i/ représente l'aigu, la note de musique la représente l'âme).

Sous peine de délire, la symbolique ne doit pas sortir du cadre de l'acoustique et tenir compte des caractéristiques du son : un son est une .

Distinctions Sons naturels, sons du langage articulé humain (phones), sons musicaux.

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Son et phonème. ; on en compte environ 37 en français, 48 en sanskrit. On écrit les graphèmes entre guillemets français simples : arrivée = <arrivée> ; les sons entre crochets droits : arrivée = [a.ri.ve] ; les phonèmes entre barres obliques : arrivée = /aRive/. Mot écrit = <endurer> ; phonétique = [] ; phonologie = //.

Phonèmes du français (37, sans la jota espagnole), d'après le Paul Robert (1987) : Voyelles. Phonème /i/ : il ; Phonème /e/ : blé ; Phonème /ε/ : lait ; Phonème /a/ : plat ; Phonème /ɑ/ : pâte ; Phonème /ɔ/ : mort ; Phonème /o/ : mot ; Phonème /u/ : genou ; Phonème /y/ : rue ; Phonème /ø/ : peu ; Phonème /œ/ : peur ; Phonème /ə/ : le ; Phonème /ɛ̃/ : plein ; Phonème /ɑ̃/ : sans ; Phonème /ɔ̃/ : bon ; Phonème /œ̃/ : brun. Semi-consonnes. Phonème /j/ : yeux ; Phonème /w/ : oui ; Phonème /ɥ/ : lui. Consonnes. Phonème /p/ : père ; Phonème /t/ : terre ; Phonème /k/ : cou ; Phonème /b/ : bon ; Phonème /d/ : dans ; Phonème /g/ : gare ; Phonème /f/ : feu ; Phonème /s/ : sale ; Phonème /ʃ/ : chat ; Phonème /v/ : vous ; Phonème /z/ : zéro ; Phonème /ʒ/ : je ; Phonème /l/ : lent ; Phonème /ʁ/ : rue ; Phonème /m/ : main ; Phonème /n/ : nous ; Phonème /ɲ/ : agneau ; Phonème /h/ : hop ; Phonème /ŋ/ : camping ; Phonème /x/ : (jota, esp.). Cas particuliers. Cas du « x » : [ks], [gz], [z] ; Cas du « y » : prononcé doublement. Symbole, symbolique, symbologie. Symbolique et symbolisme sont liés. (André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie). Le symbolisme des sons concerne d'une part leur capacité à signifier, peut-être à agir, influencer, activer, d'autre part leur statut à être interprétés. La symbolique des sons concerne le système signifiant des sons. D'une part, ils forment ensemble un système, un tout, un ensemble, un complexe ; d'autre part, chacun entre dans un réseau (chacun appelle son contraire, son complémentaire, son proche, sa forme ancienne, sa figuration). Syntaxe, sémantique, pragmatique. L'approche sémiotique, depuis Charles W. MorrisCharles W. Morris, Foundations of the Theory of Signs, article dans l' International Encyclopedia of Unified Science, 1938. Trad. fr. par J.-P. Paillet, Langages, , sept. 1974., examine trois points de vue, qu'on peut appliquer au symbolisme du son : la syntaxe (les rapports entre sons), la sémantique (le sens des sons, ce qu'ils désignent indirectement, par analogie naturelle)[soit relation signifiant/signifié, soit relation signe/référent], la pragmatique (l'utilisation de sons symboliques dans une situation de communication).

Analogies et correspondances ; synesthésies Voir : Analogies et correspondances.

On saisit mieux le symbolisme des sons en mettant un son en correspondance avec des éléments appartenant à un autre domaine, analogue. Les sons correspondent, sympathisent souvent avec les couleurs. On voit le tonique i en corrélation avec le jaune, acide.

Les pythagoriens ont affirmé que l'astronomie et l'harmonie sont des sciences sœurs (Platon, La République, 530 d). Pour eux, il y a J.-Fr. Mattéi, Pythagore et les pythagoriciens, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1993, ..

Sons et planètes. Les textes magiques grecs disent parfois que les sept voyelles symbolisent les sept dieux planétaires. D'après Plutarque, A est lié à la Lune, à la note si, au lundi ; E : Mercure, do ; H : Vénus, ré ; I : Soleil, mi ; O : Mars, fa ; Y : Jupiter, sol ; oméga : Saturne, laDupuis, Origine de tous les cultes, 1836, .. Kepler, passionné par l'harmonie des sphères (la musique entre planètes), suppose que le ton de Saturne à son aphélie est le sol, en son périhélie le si ; le ton de Mars, à son périhélie, est le mi. L'ensemble des planètes constitue un chœur où la basse est dévolue à Saturne et Jupiter, le ténor à Mars, l'alto à la Terre et à Vénus, le soprano à MercureKepler, Harmonices mundi (1619), livre V. Alexandre Koyré, La révolution astronomique. Copernic, Kepler, Borelli, 1961, ..

Sons et couleurs. Newton (1704) était convaincu qu'il devait y avoir une parfaite correspondance entre les diverses couleurs et les notes de la gamme. Voltaire, dans les Éléments de philosophie de Newton (1738), , résume les résultats : Violet/ré, pourpre/mi, bleu/fa, vert/sol, jaune/la, orange/si, rouge/do (ut). Voltaire ajoute : Pierre Thuilier, La revanche des sorcières. L'irrationnel et la pensée scientifique, Belin, 1997, p. 62. Un occultiste du s., maître Philippe, de Lyon, soutenait ceci : <ref>Philippe Encausse, Le Maître Philippe, de Lyon, thaumaturge et 'Homme de Dieu', Éditions Traditionnelles, 1985, .</ref>

Sons et couleurs. Dans son livre, Du spirituel dans l'art (1911), Kandinsky justifie les couleurs par leur musique, il assimile les couleurs à des sons.

Sons et lettres. Chaque lettre écrite ou caractère d'imprimerie a, selon Ramus (Gramere, 1562, p. 24), trois aspects : le son, la figure, le nom. Le V a pour son « vé », pour figure typographique V ou v.

Sons et nombres. Dans un parallèle qui doit beaucoup à la cybernétique, Alain DaniélouAlain Daniélou, Sémantique musicale, 1967. schématise le cerveau humain en le comparant à un circuit électronique qui utiliserait trois systèmes de numération: binaire, ternaire et quinaire. De fait, tous les intervalles reconnaissables à l'oreille correspondent, selon l'auteur, à des rapports de fréquence qui s'écrivent comme produit ou quotient des nombres 2, 3 et 5. A contrario, l'oreille ne reconnaît pas un intervalle qui ferait intervenir le facteur 7 ou tout autre nombre premier supérieur.

Certaines personnes perçoivent un son en couleur, ou avec une forme... : il y a synesthésie.

Voyelles Swedenborg déclare : « Le langage des anges célestes sonne beaucoup en voyelles U et O ; et le langage des anges spirituels en voyelles E et I. »

Techniques de décodage Il y a deux niveaux dans l'art de décoder (identifier et interpréter) les symboles, leur code : le déchiffrage et le décryptage. Quand on déchiffre, on connaît le code ; quand on décrypte : on ne le connaît pas.

Première technique : le répertoire. Il faut identifier les objets porteurs de tel son. Qu'est-ce qui émet un son aigu et quel est, éventuellement, le point commun entre les objets émettant un son aigu ? Deuxième technique : le système. On doit examiner les rapports avec les autres sons. À quel son l'aigu de tel objet est-il opposé, ou accouplé, ou similaire ? Troisième technique : le vécu. Quel effet produit psychologiquement et physiquement tel son ? Quatrième technique : le savoir. Que disent les traditions (chansons, proverbes, mythes, contes) et les savants (musiciens, linguistes, philosophes, théologiens) ?

Le symbolisme des notes de musique Marc-Antoine Charpentier (1635-1704) dans son Règles de composition (1690) présente ainsi les « propriétés des modes »Voir http://emc.elte.hu/~pinter/szoveg/regles%20de%20composition.charpentier.pdf. :

Selon O. M. Aïvanhov, « le sol représente le cœur, le ré l’intellect, le la l’âme, et le mi l’espritOmraam Michaël Aïvanhov, Cherchez le Royaume de Dieu", Prosveta, Fréjus, ..

Le symbolisme des sons en philosophie grecque Les philosophes grecs sensibles aux mots essaient de trouver du sens dans l'étymologie ou les homophonies. Par exemple, Platon (Phédon, 80 d), Plotin, Porphyre de Tyr, font dériver le mot « Hadès » ('''Aidês, le dieu de la mort, les Enfers) de aidês (« invisible »).

Platon, dans le Timée, décrit comment le Démiurge façonne l'Âme du monde. J.-Fr. Mattéi résume : Le démiurge va tirer de sa composition finale une structure harmonique suggestive dont les calculs témoignent d'une influence pythagoricienne. Elle est constituée par une double progression géométrique de raison 2 (1, 2, 4, 8) et de raison 3 (1, 3, 9, 27), qu'il est commode de disposer sur un diagramme en forme de lambda majuscule (Λ), selon un schéma que l'on trouve chez Proclus. Cette figure porte, sur chaque côté de l'angle, les nombres respectifs de la série paire et de la série impaire. Le dernier de ces nombres (27) est égal à la somme des six précédents (1 + 2 + 3 + 4 + 8 + 9 = 27)... La progression selon le facteur 2 donne les octaves par doublement successifs des intervalles (1, 2, 4, 8 = Do1, Do2, DO3, D04...), alors que la progression selon le facteur 3 forme les douzièmes justes (1 = Do, 3 = Sol, 9 = Ré, 27 = La, 81 = Mi, 243 = SI...). On peut alors combler les intervalles musicaux doubles ou triples pour former la gamme complète en s'aidant de deux proportions continues ou 'médiétés', l'une arithmétique (de type 1, 2, 3), l'autre harmonique (de type 3, 4, 6), bien connues des pythagoriciens, en particulier Archytas. L'intervalle des nombres de 1 à 2 sera composé des nombres 1 (Tonique), 4/3 (Quarte), 3/2 (Quinte) et 2 (Octave) ; le ton, dont la valeur est 9/8, se situe entre la quarte et la quinte, puisque 3/2 : 4/3 = 9/8. L'Âme du monde est ainsi composée de cinq tons majeurs égaux entre lesquels est intercalé comme 'reste', leimma, l'intervalle de 256/243 (= 1,053), mesure du demi-ton diatonique de la gamme naturelle de Pythagore, qui est un peu plus faible que notre demi-ton tempéré (16/15 = 1,066)Jean-François Mattéi, Platon, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2005, ..

Dans le Cratyle, Platon avance l'hypothèse de la « rectitude des noms ». Les noms, du moins les parfaits, auraient une origine naturelle, seraient conformes à la volonté des dieux ou suivraient la saine raison. Par exemple, le « r » roulé nécessite un mouvement de la langue, donc il reflète la mobilité.

Le symbolisme des sons en magie grecque Les Papyrus Grecs Magiques ( s. av. J.-C. - s.) contiennent des textes souvent fondés sur les sons, des sons magiques, magiques par allitérations, répétitions, correspondances entre les voyelles et des forces de la nature, mots étrangers (hébreux, égyptiens) : bériambo, bériambébo... euphorba, phorba, phorboréou, borborpha erphor phorbaioPascal Charvet et Anne-Marie Ozanam, La magie. Voix secrètes de l'Antiquité, Nil éditions, 1994, .. Figurent des noms de dieux étrangers (Adonaï...).