La ligne de Ravezies à Pointe-de-Grave, anciennement ligne de Bordeaux-Saint-Louis à Pointe de Grave, et surnommée ligne du Médoc, est une ligne du réseau ferré français dont l'origine se situe actuellement au triangle des échoppes (entre la gare de Pessac et la gare Saint-Jean) et son terminus à la Pointe de Grave en traversant le Médoc. Une fois à la Pointe, la ville de Royan est reliée par correspondance avec le bac.
Elle constitue la ligne du réseau ferré national.
Infrastructure La ligne avait pour origine l'ancienne gare de Bordeaux Saint Louis où convergent les lignes de Ceinture Bordelaise et Bordeaux-Saint-Louis - Lacanau. Dorénavant les trains empruntent la ligne de ceinture vers la gare de Bordeaux-Saint-Jean.
La ligne est à voie unique sur la totalité du parcours. Elle était autrefois à double voie de Bordeaux-Saint-Louis à Bruges où s'embranchait la ligne Bordeaux Saint Louis - Lacanau.
Elle a été électrifiée en totalité par la Compagnie des chemins de fer du Midi en continu le Revue : la Vie du rail, , page 2.. Parcours Vitesse Limite Automotrices Pointe de Grave - Le Verdon 60 Le Verdon - Macau 100 Macau - Blanquefort 140 Blanquefort - Caudéran-Mérignac 90 Caudéran-Mérignac - Talence 80 Bif. d'Arlac - Pessac 60 Talence - Bordeaux 160 L'origine de la ligne a été déplacée place Ravezies à Bordeaux afin de faciliter la circulation des automobilistes sur la place du même nom en 1968.
Depuis le , la gare de Ravezies n'est plus desservie pour laisser place à une nouvelle branche de la Ligne C du tramway de Bordeaux. Tous les trains empruntent désormais le raccordement de Bonnaous.
Historique
Chronologie vignette|alt=Une Z2 en plein cœur du vignoble bordelais.|Une Z 7300 en plein cœur du vignoble du Médoc. La voie ferrée irriguant le Médoc, longue presqu'île enserrée entre l'Océan Atlantique et la Gironde – petite mer aux eaux limoneuses résultant de la réunion des fleuves Garonne et Dordogne – dessert l'un des plus prestigieux vignobles du monde et court également le long de la partie la plus septentrionale des Landes de Gascogne.
Dates d'ouverture. : 1865 début des travaux. 1868 Bordeaux-Saint-Louis - Macau 1869 Macau - Moulis-Listrac 1870 Moulis-Listrac - Pauillac 1873 Pauillac - Lesparre 1874 Lesparre - Soulac 1875 Soulac - Le Verdon 1902 Le Verdon - Pointe de Grave 1912 Exploitation par la compagnie du Midi 1917 Connexion à la ligne de ceinture 1934 Électrification 1968 Recul du terminus à Ravezies 2010 Ouverture de la gare de Mérignac-Arlac 2012 Fermeture de la gare de Ravezies 2016 Réouverture du triangle des Échoppes 2023 Ouverture de la gare du Bouscat-Sainte-Germaine 2025 Ouverture de la gare de Talence-Médoquine
Genèse vignette|left| Fin de la ligne à quelques mètres de la Pointe de Grave.
La concession d'une ligne « de Bordeaux au Verdon » est attribuée une première fois par une convention signée le entre le ministre des Travaux publics et Messieurs Barincou, Bergmiller, Michel Chaine, Degane, Lefèvre-Delaroche, Princeteau et Tabuteau. Cette convention est approuvée à la même date par un décret impérial.. Toutefois les concessionnaires renoncent à la concession, et un décret impérial l'annule le .Site Gallica, Les chemins de fer français : étude historique sur la constitution et le régime du réseau. Tome 2 / Alfred Picard, 208 Concession du chemin de Bordeaux au Verdon lire en ligne (consulté le 13 avril 2010)..
Un décret impérial du déclare la ligne d'utilité publique et en prescrit la mise en adjudication.. L'adjudication à Messieurs Poujard'hieu, Barman et Jarry-Sureau a lieu le . Cette adjudication est approuvée par un décret impérial le suivant.. Les concessionnaires forment la Compagnie du chemin de fer du Médoc. vignette|Appontement de Trompeloup en 1918 lors du rapatriement : dix-neuf convois transportent jusqu'à américains par jour. La Compagnie du chemin de fer du MédocSite AHICF, Lucien CHANUC, Patrice DURBAIN, Les Trains du Médoc, Breil-sur-Roya, Les Éd. du Cabri, 2005, 223 p., compte rendu par Joanne Vadja, juin 2006 lire en ligne (consulté le 12 avril 2010)., créée en 1863, a des difficultés de trésorerie récurrentes, qui retardent les travaux. Elle construit la ligne par tronçons en une dizaine d'années, la voie atteint le Verdon en 1875Site Voies Ferrées de Gironde, Bordeaux - Pointe-de-Grave (consulté le 12 avril 2010)..
Un embranchement de Moulis à Lamarque est déclaré d'utilité publique par une loi le .. L'État entreprend la construction de la ligne, mais la Compagnie du chemin de fer du Médoc refuse la concession si sa rémunération n'est pas garantie. La voie n'est finalement jamais posée et la ligne est déclassée par une loi le ..
Un embranchement entre Pauillac et le Port-des-Pilotes est concédé à la Compagnie du chemin de fer du Médoc par une convention signée le entre le Conseil général de Gironde et la compagnie. Cette convention est approuvée et la ligne est déclarée d'utilité publique, à titre d'intérêt local, par une loi le .. Cet embranchement est mis en service le .
Le , le ministre des Travaux publics et Eugène Pereire signent une convention pour la construction de l'appontement de Pauillac-Trompeloup. Cet appontement est embranché sur la ligne du Médoc et dispose d'installation ferroviaires pour assurer le transport des cargaisons des navires. Cette construction est approuvée par une loi le ..
Le prolongement de la ligne du Verdon jusqu'à la Pointe-de-Grave est concédé à la Compagnie du chemin de fer du Médoc par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le . Cette convention est approuvée par un décret qui déclare la ligne d'utilité publique le .. Ce tronçon est mis en service le .
1910 à nos jours La Compagnie du chemin de fer du Médoc est rachetée par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par un traité signé le . Ce traité est approuvé par une loi le . qui reclasse l'embranchement de Pauillac au Port-des-Pilotes dans le réseau d'intérêt général.
La jonction entre les lignes de la Compagnie du Midi et la ligne du Médoc (Ceinture de Bordeaux) est concédée à titre éventuel à la Compagnie du Midi par une convention signée le entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie. Cette convention est approuvée par une loi le .. Cette jonction est déclarée d'utilité publique par une loi le ..
En 1931, une voie d'une longueur de est embranchée, à Parempuyre, pour la desserte des appontements de Grattequina-Trabuchet, spécialisés dans le trafic charbon-poteaux de mines. Les installations portuaires, desservies par un double faisceau de quatre voies ferrées, sont reliées à une petite gare de triage. Le déplacement des wagons et la formation des rames sont assurés par trois locotracteurs, les rames complètes étant acheminées, à l'arrivée et au départ, par des locomotives Midi. Peu après, en 1933, on inaugure le raccordement de l'avant port du Verdon. En prévision de l'augmentation du trafic qui devait en résulter, la Compagnie du Midi procède à l'électrification de la ligne et à la reconstruction des gares de Bordeaux - Saint-Louis et de Lesparre.
La Ceinture de Bordeaux a été électrifiée de la bifurcation de la Médoquine à Bordeaux-Saint-Louis via la bifurcation de la Vache en 1930 et la ligne du Médoc de la bifurcation de la Vache à la Pointe de Grave en 1934. Afin de réaliser des tests entre et le printemps 1978 sur du matériel moteur - CC destiné à l'étranger, la tension d'alimentation était commutable entre le 1500 et le continu sur la section alimentée par la sous-station de Lesparre.
La ligne s'appelait Ligne de Bordeaux-Saint-Louis à Pointe-de-Grave jusqu'en 2008, lorsque la gare de Bordeaux-Saint-Louis a été renommée Ravezies. La ligne a changé d'origine lorsque la gare de Bordeaux-Saint-Louis a été déplacée de le Article sur www.sudouest.fr du 6 décembre 2011.Journal télévisé du 23 avril 1968 sur le site de l'INA. dans le cadre d'une opération urbaineRevue : Rail Passion, de décembre 2000 : la carte désigne la gare Saint-Louis déplacée toujours sous ce nom, Éditions la Vie du Rail.. Elle sera de nouveau amputée de sa gare terminale le au soirArticle sur www.sudouest.fr du 8 août 2012. pour faire place aux travaux du tram-train jusqu'à Blanquefort. vignette|Express de nuit Paris-Austerlitz - Pointe de Grave tracté par la BB 9439 Un express de nuit direct (avec couchettes) reliait en été Paris-Austerlitz à La Pointe de Grave jusque dans les années 1990.
La reconstruction du raccordement des Échoppes-Pessac, fermé depuis 1951, permet d'assurer, depuis le , des liaisons directes entre la gare de Pessac et la voie de ceinture puis le Médoc.
Des travaux de création d'une voie réservée au tramway entre Ravezies et Blanquefort se déroulent de 2013 à 2016, en parallèle de la voie existante. Cette voie permettra le prolongement de la ligne C du tramway de Bordeaux jusqu'à Blanquefort à partir du .
À compter du , et durant un an, les TER seront accessibles gratuitement aux abonnés TBM entre Parempuyre et Pessac ou Bordeaux St-Jean. Le coût de ce dispositif est entièrement pris en charge par la Métropole, qui a orchestré l’opération avec le concours de TBM et de la SNCF. Cette expérimentation est menée dans le cadre de la future mise en place d’un RER métropolitain, cette expérimentation pourrait tout à fait être reconduite à l’issue de cette année a précisé la Métropole. Exploitation
Matériel roulant ayant circulé sur la ligne
Matériel moteur vignette|Locomotive MIDI type 120 ayant circulé sur la ligne du Médoc. En raison d'une situation financière peu brillante, la Compagnie du Médoc procéda surtout à des acquisitions de matériels d'occasion vendus par d'autres réseaux et eut recours à la location. Le matériel de traction comprenait une grande variété de types avec, pour une bonne part, des machines-tender. La trentaine de machines ayant effectué du service sur la ligne appartenaient à quinze séries différentes. Certaines dataient des tout débuts de l'industrie ferroviaire, en particulier une locomotive marchandises type 030 à tender séparé, construite en 1848 par la Compagnie de Tours à Nantes et rachetée au P.O. en 1893 ainsi que deux locomotives type 120 à tender séparé construites en 1854 par les ateliers de la Compagnie de l'Est.
Les locomotives étaient immatriculées avec une plaque en cuivre portant le nom de la machine et les lettres « M.C. ». Certaines portaient un nom, soit celui d'une ville (« Soulac », « Royan »), soit celui d'une personnalité (« De Sailly », qui fut président du conseil d'administration de la compagnie) . Il aurait dû exister des locomotives « Le Verdon », « Pauillac » et « Lesparre » ; mais ces machines de type 120, commandées chez Kœchlin à Mulhouse, ne furent pas livrées au Médoc par suite de la résiliation du contrat et furent acquises par le réseau « Suisse Occidentale » où elles reçurent le nom de « Moléson », « Jaman » et « Fleurier ».
Matériel remorqué vignette|Train typique de la compagnie (fin ) à Soulac. Dès l'origine, la compagnie procède à l'acquisition de 50 voitures, dont 20 à impériale, fournies par les établissements Janin et Bournique d'Ivry ainsi que de 133 wagons divers et 14 fourgons, ces derniers sortant des ateliers Frossard, constructeur à Lyon.
Au fur et à mesure, le parc sera complété, souvent par rachat de matériel ancien à d'autres compagnies. C'est ainsi qu'en 1882, 5 voitures (dont 2 à impériale), 2 fourgons et 32 wagons provenant de la liquidation de la Compagnie de Perpignan à Prades et devenus disponibles à la suite de l'absorption par le Midi, seront récupérés par le Médoc.