Laon . est une commune française, préfecture du département de l'Aisne, située dans la région culturelle et historique de Picardie, administrative Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Laonnois .

La commune de Laon donne son nom au pays traditionnel du Laonnois, qui est une région historique de Picardie dont elle est la ville principale. Sous l'Ancien Régime, Laon fut le centre d'un évéché dont l'évêque comte figurait parmi les Douze pairs primitifs de France.

Ville fortifiée sur un plateau, bénéficiant du plus vaste secteur sauvegardé de France, de Site de la Ville de Laon., Laon possède de nombreux monuments médiévaux, des hôtels particuliers et des maisons des , en grand nombre, notamment dans les rues Sérurier, Saint-Jean, Saint-Cyr ou Vinchon, véritables musées urbains. Son sous-sol est sillonné de souterrains, carrières et puits dont la préservation est l'un des enjeux patrimoniaux actuels. Située à son sommet, sa cathédrale lui a valu le surnom de « Montagne couronnée ».

En évoquant la ville dans une lettre à son épouse Adèle Foucher, Victor Hugo écrivait : Victor Hugo, lettre du , La Fère, Œuvres complètes, tome II « En voyage », Librairie Ollendorff, 1910, 30 (lire sur Wikisource). Il ajoutait : .

Géographie Localisation Laon est situé au cœur du département de l'Aisne en Picardie, à proximité de Soissons (30 minutes), Paris (1h30), Reims (40 minutes), Saint-Quentin (40 minutes), Amiens (1h15). Cette proximité est rendu possible grâce aux infrastructures de transport, comme la route nationale 2, ou encore la proximité avec l'autoroute A26.

Communes limitrophes

Géographie physique Relief, paysage, végétation La ville de Laon, pour sa partie la plus ancienne (la ville haute), est édifiée sur une butte-témoin qui domine la plaine environnante d'une centaine de mètres. Au nord de la butte s'étend la vaste plaine picarde. Du haut de la butte, par temps clair, le regard porte à plus de quarante kilomètres au nord. À quelques kilomètres au sud, la côte d'Île-de-France marque la limite nord des plateaux du Soissonnais. Cette butte est appelée localement la « montagne de Laon » ou la « montagne couronnée ».

Nature du sol et du sous-sol La montagne de Laon, détachée de la cuesta d'Île-de-France, est essentiellement composée de sables. Les niveaux supérieurs sont constitués d'argile de Laon (Cuisien), de sables grossiers et de calcaires du Lutétien. Les argiles sont à l'origine d'une nappe aquifère qui donne naissance aux sources situées au pied des remparts de la ville haute. Celles-ci ont été aménagées en fontaines et abreuvoirs dès le Moyen Âge. Les sables et calcaires furent exploités très tôt, d'abord en carrières à ciel ouvert, puis en carrières souterraines, fournissant la pierre de construction et le sable pour les mortiers. Elle est traversée au sud par la rivière Ardon.

Hydrographie vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LaonLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ruisseau des Barentons, l'Ardon, le canal du Marais, la Buse, le canal 01 de la commune de Chivy-les-Etouvelles, le canal 01 de la commune de Laon, le canal 01 du Grand Marais, le canal 02 de la commune de Athies-sous-Laon, le canal 02 de la commune de Laon, le canal de l'Ardon, le canal du Marais de Bruyères, le cours d'eau 02 de la commune de Clacy-et-Thierret, le ru de Polton, le ruisseau des Morennes et divers bras du Polton.

Le ruisseau des Barentons, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Festieux et se jette dans la Souche à Barenton-sur-Serre, après avoir traversé .

L'Ardon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Ailette en limite des communes de Royaucourt-et-Chailvet et de Chavignon, après avoir traversé ..

Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le Grand Marais (), l'étang André Delaby () et l'étang de la Bauge ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Aulnois-sous-Laon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Laon est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Laon, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Laon, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (61,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (49,7 %), zones urbanisées (18,8 %), forêts (14,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (6,4 %), zones agricoles hétérogènes (6,2 %), prairies (1,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,8 %)..

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Voies de communication et transports Laon est aisément accessible par la route nationale N2, reliant Paris et Bruxelles, et l'autoroute A26 . Par le train, la gare de Laon, les lignes des TER Hauts-de-France K15 (Paris Nord <> Laon), P15 (Crépy-en-Valois <> Laon) et P64 (Hirson <> Laon, actuellement remplacée par un car pour cause de travaux) ainsi que la ligne de TER Fluo Reims <> Laon.

Transport urbain Un des problèmes que les élus ont essayé de résoudre à la fin du était dû à la différence de niveaux entre la gare ferroviaire et la ville haute, ce qui induisait des pentes importantes.

Jusqu'en 1899, les habitants devaient emprunter l'une des nombreuses "grimpettes", dont la plus connue est l'escalier municipal (ou escalier de la gare), afin de rejoindre la ville haute depuis la ville basse. Avec l'arrivée du transport ferroviaire à Laon en 1899, un tramway a été mis en service le , permettant de relier la gare et la place de l'Hôtel de ville.

Les Transports urbains laonnois (TUL) sont composés de quatre lignes de bus régulières, dont la navette desservant la ville-haute. Le réseau est placé sous l'autorité de la communauté d'agglomération du Pays de Laon.

Funiculaire

vignette|redresse|Mini-métro Poma 2000.

De 1989 à 2016, un funiculaire (Poma 2000), en grande partie aérien, a fonctionné, intégré au réseau des Transports urbains laonnois (TUL)Site officiel des Transports urbains laonnois..

Ce « système funiculaire automatique », d'un dénivelé de , reliait l'hôtel de ville (ville haute) à la gare de Laon (ville basse) sur un trajet de environ, en passant par la station intermédiaire de Vaux. Il tirait son nom de la société qui l'a conçu et filiale de l'entreprise Poma (société créée par Jean Pomagalski, spécialisée dans le transport par câble ).

Ce funiculaire mis en service le a été définitivement fermé le , à la suite d'un vote de la communauté d'agglomération du pays de Laon, estimant son coût de fonctionnement trop élevé. Une navette de bus le remplace, à une fréquence beaucoup plus faible.

Il remplaçait un ancien tramway à crémaillère datant de la fin du (mis en service le ) qui avait été retiré de la circulation le pour raison de sécurité, après de service.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes en 549, au , Leudunum en 632, Laodunum en 680, Loon, Montloon au , Lauon, Montlauon au ..

Il s'agit d'un type toponymique gaulois fréquent qui se compose du théonyme Lugus (c'est-à-dire Lug), dieu gaulois et celtique insulaire, et de l'appellatif celtique très répandu dunon (lire dūnon) « citadelle, enceinte fortifiée, mont ». Le sens initial de ce terme était « zone enclose, citadelle, fort » (cf. germanique *tūna- que continuent l'allemand Zaun « barrière, clôture », le néerlandais tuin « jardin » et l'anglais town « ville », -ton dans les noms de lieux), ce n'est que par la suite qu'il a pris le sens de « mont, butte, hauteur »ibid., .. Il se perpétue dans certains dialectes sous la forme dun « colline » et dunet « petite colline ».

Le sens global est donc « forteresse de Lug ».

Homonymie avec Lyon, Loudon (Parigné-l'Évêque, Sarthe), Loudun, Laudun, Leyde (Pays-Bas) et Londres Lugundunum (*Lugudunum ?) en Grande-Bretagne de localisation incertaine (Leven Seat, Londesborough, Lothian, Loudon ou Lugton ?), ainsi qu'avec Vieux Laon, à de Laon sur le plateau de Saint-Erme.

Histoire vignette|Charles de Lorraine repoussant Hugues Capet devant Laon, Grandes Chroniques de France, v. 1275-1280. La topographie de la ville en fait un site défensif exceptionnel qui, toutefois, crée également un hiatus entre le centre urbain et ses faubourgs.

Préhistoire et protohistoire La ville haute a probablement connu une petite occupation néolithique vers . En revanche, aucune trace de site des âges du bronze et du fer n'a été découverte jusqu'à maintenant.

Antiquité