Émile Adélard Breton, né le et mort le à Courrières, est un peintre et graveur français.

Biographie Émile Breton est le frère du peintre Jules Breton dont il fut l'élève et dont il resta proche. Son autre frère est Ludovic Breton (1844-1916), ingénieur chargé des travaux d'étude de percement du tunnel ferroviaire sous la Manche de 1879 à 1883.

Émile Breton commence à exposer au Salon (Paris) en 1861. Il y obtient une médaille trois années de suite, de 1866 à 1868, puis une médaille de première classe à l'Exposition universelle de 1878 puis une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris de 1889. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en tant que peintre, lors de l'exposition universelle de 1878Décret du 20 octobre 1878 sur rapport du ministre de l'Agriculture et du Commerce — Base Léonore, cote LH/360/20, Archives nationales de France, en ligne..

Il combat lors de la guerre franco-allemande de 1870 en tant qu'officier et y montre de la bravoure. Le Journal de Lens du rapporte la cérémonie d’inauguration du monument aux morts de Dourges à la mémoire des combattants de 1870-1871 en ces termes :

« Quelques-uns en furent les acteurs et les héros. Parmi eux, il y en a un que je me reprocherais de ne pas citer, car son nom est synonyme de patriotisme, de droiture et de bonté, parce que tous ici vous l’entourez d’une affection et d’une vénération profonde. J’ai nommé le vaillant commandant des mobilisés du Pas-de-Calais, M. Émile Breton. »

Il est élu maire de Courrières à la suite de son père Marie-Louis Breton et de son oncle Boniface Breton.

Il est profondément marqué par la mort de sa femme, puis en 1891, par celle de son fils unique Louis, à 29 ans.

Il est décédé et inhumé à Courrières où une rue porte son nom.

Son neveu est Jules-Louis Breton (1872-1940), député et sénateur du Cher, socialiste puis républicain-socialiste, ministre en 1916-1917 et 1920-1921 et fondateur du Salon des arts ménagers (1923). Sa nièce, fille de Jules Breton, est Virginie Demont-Breton, peintre elle aussi.

Analyse critique de son style et témoignages Si Émile Breton fut élève de son frère, il pratiqua tout d'abord en autodidacte. Éloigné de l'art académique puis naturaliste de Jules Breton, son style, onirique, mélancolique, laisse une faible place aux êtres humains traités le plus souvent en simples silhouettes ponctuant, çà et là, des paysages. Emile Breton rêve ses tableaux par G. Goetshy, préface au de la vente de l'atelier en 1892..

Ses représentations, souvent nocturnes, sont habitées par la lumière du ciel, du soleil couchant et levant, de la lune, parfois de la mer ou d'un étang, une rivière, créant une atmosphère pleine de reflets et d'ombres. Il peignait notamment l'automne et l'hiver, le dégel, la neige, la silhouette des arbres, les chaumières et plusieurs de ses toiles majeures sont liées à des ambiances de lueurs orangées striant les ténèbres, vécues sur le champ de bataille : ses toiles sont marquées par son expérience militaire lors de la guerre de 1870 où il combattit comme commandant des mobilisés du Pas de calais. Un portrait de lui a été exécuté par Lièvin de Winne (Douai, musée de la Chartreuse)Notice en ligne, sur webmuseo..

Théophile Gauthier, dans son article sur le Salon de 1869, déclarait à propos de son travail http://www.theophilegautier.fr/wp-content/uploads/2010/06/Salon-de-1869.pdf () :

Une autre critique, formulée cette fois pour le Salon de 1874, est parue dans la Revue des deux MondesLa Revue des deux Mondes, année 1874, tome 3, page 684. :

Dans L'Histoire de l'école française de paysageHistoire de l'école française de paysage par Georges Lanoë, 1905, page 216., on trouve cette réserve :

Profondément marqué par la mort de sa femme, puis en 1891 par celle, à 29 ans, de son fils unique Louis, il décide à 61 ans d'abandonner la peinture et organise une vente de la totalité de son atelier en 1892 ( peintures et études)Sur cette vente : , sur Gallica.. Plusieurs œuvres importantes postérieures à cette vente (Le Dégel, La Grêle, Paysage de nuit, Le Chant du rossignol, entre autres) montrent qu'il a repris ensuite la peinture après avoir traversé cette crise majeure.

Œuvres Les œuvres d'Émile Breton d'Amiens, d'Arras, Amsterdam, Bruxelles, Dieppe, Douai, Grenoble, La Haye, Lille, Londres, Mexico, Paris, San Francisco et ValenciennesEmmanuel Bénézit, « Breton Émile Adelard », dans Dictionnaire des peintres sculpteurs dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.

Quelques œuvres : L'ouragan, 1861, musée des Beaux-Arts d'ArrasM. -L. Blumer, cité dans la bibliographie Soir d'été, 1865, château-musée de Boulogne-sur-Mer Paysage à Cernay (Esquisse) (1865) Paysage à Cernay (1866) Une Source, 1868, Musée de Picardie, Amiens Soir d'hiver (acquisition par l'État en 1872) Nuit d'hiver en Artois, 1874, musée de la Chartreuse de Douai Paysage d'automne (1877) Église de Courrières (1880) Le Soir (1883) La Nuit de Noël (1892) Le Chant du Rossignol (1894) Paysage de nuit (1894) Brume d'hiver, 1899, Musée de Picardie, Amiens Froidure (1900) Étude faite à Santes ( quart siècle), musée de la Chartreuse de Douai La Conflagration, Mexico, musée Soumaya GravuresÉmile Breton a produit trois eaux-fortes originales pour les éditions d'Alfred Cadart, publiées dans L'Illustration nouvelle et L'Eau-forte en... (1868-1881). : Musenor Fine Arts Museums of San Francisco Les glaneuses, gravure, , Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin Jules et Emile Breton, peintres de L'Artois, exposition au musée d'Arras, 1976/1977 (sans publication de catalogue).

Galerie d'œuvres

Élèves Ses élèves furent : Adrien Demont, Henri Duhem ou Pierre BilletÉmile Bellier de La Chavignerie, Louis Auvray, Dictionnaire général des artistes de l'école française, depuis l'origine des arts du dessin jusqu'en 1882 inclusivement : peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et lithographes, Suppléments, 71, Librairie Renouard, Paris, 1888 (en ligne).

Ventes publiques Ses œuvres se vendent encore dans les années 1990 dans les ventes publiques pour des montants relativement modestes. Amsterdam, le , Paysage d'hiver avec un chasseur et la maison de l'éclusier et des meules de foin au fond, 1873, huile sur toile, (60x100), 8625 florins. Amsterdam, le , Ferme à l'orée d'une forêt en hiver au crépuscule, 1873, huile sur toile, (47x66), 3680 florins. Paris, le , Paysage de neige, huile sur toile, (84x54), (environ .

Distinctions le Dossier : LH/360/20, sur le site Léonore du Ministère de la culture, lire en ligne. (Belgique) le ..

Notes et références

Annexes Bibliographie

Gérald Schurr et Pierre Cabanne, Les Petits Maîtres de la peinture 1820-1920, Paris, Les éditions de l'amateur, 2014, . M.-L. Blumer, « Breton (Jules Adolphe Aimé Louis », dans Dictionnaire de biographie française, tome VII, Paris, 1954, Letouzey et Ané

Liens externes

Souvenirs d’enfance de Jules Breton Œuvres de Breton dans des musées publics, Base Joconde (France) Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas de Calais, Base Musenor Biographie des frères Breton sur Cosmovisions

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