Raon-sur-Plaine est une commune française située dans le département des Vosges en région Grand Est.
Ses habitants sont appelés les Raonnais.
Géographie Localisation Raon-sur-Plaine se trouve dans la vallée de Celles à à l'ouest d'un des points culminants du massif des Vosges gréseuses, le Donon (). C'est le début d'une longue et étroite vallée alluviale adossée à un rebord de côte ou cuesta, parcourue par une rivière, la Plaine, qui suit un tracé en méandre encaissé, largement influencé par les multiples étangs, canaux ou rigoles des prairies ou autres biefs des installations hydrauliques ou de flottage, aménagés par les hommes au cours des millénaires. Situé à une altitude de , ce petit village en rive gauche de la Plaine, traversé par la Goutte ou le rupt des Goudiots, paraît comme entouré de nombreuses collines massives : la Hazelle dont les hauteurs appartiennent à Luvigny, les hauts de la Charaille et la côte de l'Église en rive droite au-dessus de Raon-lès-Leau, la petite commune voisine, et surtout le majestueux dôme du Donon, avec la plate-forme du col du Donon, les Petit et Grand Donon, qui appartiennent ensemble à la vaste commune de Grandfontaine, à l'instar de toutes les hauteurs de la haute vallée de la Plaine.
La végétation est majoritairement constituée de conifères, résultat d'une sylviculture dirigée de manière séculaire, avec encore des hêtraies-sapinières, composées de sapins et de hêtres, autrefois climaciques ou adaptés au climat local, d'un froid glacial vers 1850. Une large place est laissée dorénavant à de nombreux feuillus, même si le chêne pédonculé, les bouleaux, les "aulnaies" des vallées ont toujours été présents. Le climat est semi-continental, c'est-à-dire froid en hiver et chaud en été, et les précipitations relativement abondantes.
Le village
Le total de la superficie cadastrée de la commune est de dont 300 recouverts de friches, de bois et de forêts soit plus de 85 % de la superficie totaleCette information date d'avant la tempête de 1999 et l'installation d'une ferme à Glacimont.
Le village est organisé autour de l'ancien axe routier de la vallée, la route départementale 392 menant au col du Donon et des chemins aujourd'hui secondaires des vallons, il apparaît approximativement en village-rue linéaire.
L'habitation paysanne était relativement groupée. L'origine de cette organisation défensive est classique dans une vallée étroite. Les activités agro-pastorales et forestières sont alors majeures, outre l'artisanat souvent associés aux forges de Framont. Ainsi les paysages anciens se lisent encore, à défaut de se retrouver sur les photographies, cartes postales ou cadastres anciens, les champs (cultures de la terre) facilement asséchés, les prés de fauche du finage plus humide et les fourrières excentrées, les prairies irriguées des vallons ou de la basse vallée où était régulé l'eau au printemps, cette dernière activité d'aménagement ayant favorisé un type de travail solidaire (curage des mère-royes, aménagement des rives et des biefs) et donc renforcé une forme d'habitat groupé en village le long de la vallée. Notons que les grosses fermes et les hameaux éparpillées en amont ont souvent disparu au cours du , voire au .
On trouve à Raon-sur-Plaine une église du , une épicerie, un relais-poste, une école primaire, deux cafés-restaurants, des gîtes, une aire de détente, des parcours pour les randonnées pédestres mais aussi pour le VTT et le ski de fond.
Limites départementales et communales La limite départementale des Vosges avec le Bas-Rhin, représenté par la commune de Granfontaine, représente le legs historique fort récent de l'ancienne frontière franco-prussienne, après l'annexion corrigée du Traité de Francfort. L'Alsace du diocèse de Strasbourg avait sa limite médiévale sur les crêtes au nord, le Petit Donon et la Côte de l'Engin aux espaces ouverts de hautes chaumes étaient les bornes de l'Alsace, le vieux chemin entre le col des deux Donons et le col de l'Engin la Sarre rouge marquait à l'ouest de ces deux bornes dénudées le début des forêts lorraines, la frontière empruntant ensuite le thalweg de la haute vallée de la Sarre rouge qui séparait l'Alsace à l'est de la Lorraine à l'ouestCarte topographique de la Principauté et du Comté de Salm, autographe L. Christophe, 1868, archives de Meurthe 267-268, BNF département cartes et plans GE D-17400.. Le Grand Donon, la borne lorraine, était une haute terre du comté de Salm, donc sur ces deux versants sous l'autorité des diocèses de Metz et de Toul, respectivement au temporel et au spirituel. L'encerclement par le territoire démesurément étendu de Grandfontaine au-dessus des Donons, des deux communes mutilées, Raon-sur-Plaine et Raon-lès-Leau, peut être perçue comme une anomalie ou un non-sens pour la vie des communautés agro-pastorales et forestières d'antan. Ici la logique est brutalement militaire, ce sont des hauteurs stratégiques pour la défensive ou l'attaque, comme le rappelle le paisible tilleul de Moltke, surmontant le versant des Portions au-dessus du haut vallon de la Plaine, un arbre baptisé ainsi en l'honneur du chef d'état-major de l'armée prussienne qui, malgré ses titres de gloire et son haut poste doré jusqu'en 1888, n'a jamais vu réalisé son projet de glacis et de fortification militaireDurant la décennie 1870, marquée par deux crises économiques allemandes sévères en 1873 et 1878, l'armée du Reich ne dispose pas assez de moyens financiers disponibles pour un projet, assez similaire à un point crucial de la ligne de fortification Séré de Rivière. Au cours des années 1880, l'état-major allemand privilégie au concret les forts de Mutzig..
Que reste-il de la Raon-sur-Plaine impériale sous Napoléon III ? Le versant occidentale du vallon des Gouttes s'élève à environ d'altitude, jusqu'au pré Le Kief avec une pointe à d'altitude. En fond de vallon, des parcelles de prairies possédées par les fermes des hauteurs devenues allemandes forme une limite complexe. Le versant orientale remonte légèrement au-delà de la confluence entre le ruisseau de la Crache et le ruisseau des Gouttes. La totalité du fonds de ce vallon secondaire dit autrefois la Goutte Guyot, avec au sud du ruisseau, les prés des Masson, et une étroite bande du vallon des Masson jusqu'à d'altitude, reste à la commune, il monte par le bois de Glacimont, occupe l'ancien domaine de Glacimont et atteint même le replat des Oberlés, où se situe la ferme des Abrayes et un appendice montant vers la Haute Abraye, à presque d'altitude.
Au-dessus de la Brûlée ou des Portions, la limite départementale est linéaire et coupe les parcelles sans tenir compte des lignes de niveaux. Non sans zigzaguer, elle redescend vite vers le chemin de la scierie et la rivière Plaine, à un peu plus de à vol d'oiseau du village. La commune a gardé moins du tiers du grand versant ombré sous le plateau des Donons et en face du versant au soleil de Saint-PierreLa commune garde l'essentiel de la section A dite du village et des grands champs, avec le long chemin de Glacimont aux Abrayes, sur le plan cadastral napoléonien ou son tableau d'assemblage édité en 1838, à la cote 3 P 5313/1 Raon-sur-Plaine aux Archives des Vosges. La partie allemande correspond essentiellement aux sections B et C, respectivement la section dite des enclaves, des corvées et des champs du derrière et la section dite du Bas Donon & Les Gouttes..
Les autres limites communales s'inscrivent en reliques dans une histoire plus longue des communautés et de leurs seigneurs temporels ou spirituels. La rivière Plaine découpe de manière asymétrique les deux Raons spoliées, la rivière est une limite pratique et ancienne entre communautés, du moins voulues par les princes, comme le stipule la convention de séparant les terres lorraines et française du comté de Salm des terres impériales des princes de Salm-Salm. La commune de Luvigny au sud-est garde l'avant-massif de la Hazelle, mais laisse à Raon les anciennes prairies, celles du Pransieux, et les anciens champs, nommés Les Grands Champs, parfois montés en terrasses au dessus de la route, jusqu'à hauteur de la Basse Broquotte et du Rond Pré, en face du hameau du Trupt, étendant une limite aqueuse d'environ avec Bionville en rive droite de la PlainePlan cadastral napoléonien, 3 P 5313/2 Raon-sur-Plaine, Section A - A1, pour la toponymie ancienne..
Géologie et relief L'essentiel du village de Raon-sur-Plaine est bâti sur les rhyolites permiennes. Ce sont des formations volcaniques incluses dans les grès rouges du permien. Ces couches rouges sont présentes de part et d'autre du vallon des Gouttes, elles voisinent au sud et à l'est avec les terrains de transition du dévonien supérieur, plus anciens et typiques du Val de Bruche, insérés toutefois dans le même socle permien. Au-dessus des couches permiennes, s'observent les grès vosgiens, vers d'altitude en pointe nord de l'avant massif de la Hazelle, vers d'altitude avant le décalage du premier col de la Hazelle qui porte la limite d'altitude à presque 560 mètres d'altitude. Ce décalage s'explique par une faille qui limite plus à l'est, des secteurs de roches basiques au nord de zones de kératophyres, zones isolées typiques du massif de Schirmeck-Moyenmoutier qu'on peut retrouver sur le col du Donon ou au voisinage de sa plate-forme ou de GlacimontCette faille fait partie d'une réseau d'au moins quatre failles de même direction, formant faisceau sur un kilomètre, ce qui explique l'axe préférentiel emprunté par la vallée de la Plaine, au moins au niveau du Val d'Allarmont.. Les grès triasiques s'observent pour les mêmes raisons vers d'altitude au niveau de l'avant-massif de la Hazelle, et à partir de d'altitude au niveau du point culminant de la Hazelle. Ces deux formations gréseuses forment de la même manière en coupe, les chapeaux sommitaux du grand Donon et du petit Donon, ou encore les prolongements du massif d'Hazelle vers le Haut de Fêtes ou ceux perpendiculaires de la Tête d'Asson vers La Corbeille.
Le vallon des Gouttes au niveau du village et de la route départementale se caractérise par une distance de plus de de formation alluviales qui reposent sur ce socle permien à base de rhyolitesAu niveau de sa jonction avec le vallon alluviale de la Plaine, la distance entre les formations permiennes de part et d'autre dépasse . La puissance des formations alluviales reste faible..
Hydrographie La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. La rivière Plaine reçoit en rive droite le ruisseau Basse de Requival venant de Raon-Lès-Leau et en rive gauche le ruisseau des Gouttes qui draine le vallon méridionale où s'épanouit le village.. Le ruisseau des Gouttes est un hydronyme fluctuant, il se nomme successivement et parfois simultanément du au , au singulier goutte Guyot (du nom ou qualificatif d'une scierie proche de La Plaine au ), goutte du chemin Ferry ou goutte Ferry au temps de François de Vaudémont par abréviation abusive du chemin de la goutte Ferry, Goudiot ou Gaudiot et surtout au pluriel pour la partie basse, ruisseau des Ardoisières, les gouttes ou ruisseau des Gouttes, les Gaudiots ou ruisseau des Gaudiots par les Ponts et Chaussées ou le cartographe Adolphe Garnier à la Belle Epoque, voire les Goudiots dans les années cinquante ou pour l'IGN des années 1990. Quant à savoir où ce ruisseau prend sa source, cela varie. Par exemple, les Gaudiots viennent de la cascade de la Crache en crue selon Adolphe Garnier, de même les Goudiots. Par contre, le ruisseau des Gouttes se confond souvent avec le rupt coulant sous Glacimont.
Autrefois, avant l'annexion, le vallon saint Pierre où coulait les "eaux blanches" de la Plaine recevait le rupt du col du Donon, et plus en amont, avant la butte du "Cheval crevé", les trois gouttes du Haut Donon.