vignette|Promeneurs dans le parc Futatabi de Kobe au Japon. vignette|Dans les forêts de l'île de Yakushima, des expérimentations scientifiques sur les « bains de forêt » sont menées par Yoshifumi Miyazaki depuis 1990..|droite vignette|L'île de Yakushima, située au sud du Japon et presque entièrement enforestée, classée parc national, zone Ramsar et réserve de biosphère est caractérisée par des forêts à haut degré de naturalité.
La sylvothérapie ou bain de forêt ( en japonais, Shinrin signifiant « forêt », et yoku signifiant « bain ») est une pratique pseudoscientifique de médecine non conventionnelle basée sur la croyance en un pouvoir qu'auraient les arbres sur notre santé. Elle se base sur pratique japonaise née dans les années 1980 consistant à s'immerger sensoriellement en milieu forestier pour améliorer sa santé.
Elle s'inscrit dans les approches non médicamenteuses d'amélioration de la santé pulmonaire et cardiovasculaire, et de la santé mentale (ciblant alors l'anxiété, la dépression et la gestion du stress). Elle repose notamment sur les principes suivants : les forêts éliminent une part importante de l'empoussièrement et de la pollution de l'air en interceptant les particules à la surface des plantes et en absorbant de nombreux polluants gazeux via les stomates des feuilles ; et les plantes émettent des molécules antimicrobiennes (phytoncides). Le bain de forêt a des bénéfices psychosociaux (diminution du stress dans un contexte de naturalité, s'il est sécurisé) et d'autres effets bénéfiques documentés, qui ne sont pas que subjectif. Un nombre croissant d'études, durant plus de 30 ans, ont en effet mis en évidence qu'il induit une augmentation (durant plusieurs semaines, jusqu'à un mois) du nombre de cellules immunitaires NK (importantes dans la surveillance tumorale et antivirale), ainsi que des améliorations de l'humeur, de la santé mentale et de la fonction pulmonaire, indiquant que l'effet apaisant de la forêt dépasse largement la simple impression subjective. Ces bénéfices se traduisent notamment par une baisse des taux sanguins de cortisol et d'adrénaline, une diminution de la tension artérielle après l'immersion en forêt, et des effets positifs documentés sur les systèmes nerveux, immunitaire et inflammatoire..
Cette pratique s'inscrit dans les approches plus large d'exposition du corps à la Nature ou à la végétation — on parle aussi de greenness et de paysages thérapeutiques. et de naturalité — qui font l'objet d'un intérêt scientifique croissant, notamment après que lors de la pandémie de Covid-19, on ait observé que la sévérité de la maladie était moindre dans les régions disposant d'un plus grand nombre d'arbres par habitant (même en tenant compte de la densité de population)...
Histoire L'idée que la nature a des vertus thérapeutiques est ancienne. Elle était par exemple présente par exemple chez les Celtes, et s'exprime encore aujourd'hui au travers d'une injonctions populaires qui est « touch grass ».
Au Moyen Âge, les terpénoïdes présents dans l'atmosphère forestière notamment des conifères, sous forme d'oléorésines étaient utilisés pour soigner certaines maladies.
Au et au début du , des cures pour tuberculeux sont développées dans certains pays, particulièrement en forêts tempérées ou nordiques. Des sanatoriums (et leur solarium) et divers types de centres de cures sont installés dans des environnements forestiers ou en bordure de lac où le programme thérapeutique implique de longues promenades dans les forêts de résineuxMarie-Dominique Ribeyreau-Gayon, « Des puanteurs méphitiques au doux parfum de l'or », Odeurs et parfums, sous la direction de D. Musset et C. Fabre-Vassas, ..
Le terme a été inventé par le ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche en , et peut être défini comme le bain de forêt (promenade ou court séjour dans une forêt.. Des recherches systématiques sur ce sujet débutent au Japon en 2004. Puis en , le et plusieurs de ses collègues fondent une nouvelle discipline appelée « sylvothérapie » () LI Q., 2012. Forest Medicine. In: LI Q., ed. Forest Medicine. Nova Science PubLIsHErs, Inc., NY. 316 p..
En 2026, la revue Nature rapporte que durant la pandémie de Covid-19, des chercheurs italiens ont observé que les régions disposant d'un plus grand nombre d'arbres par habitant présentaient des taux et une sévérité moindres de la maladie ; même en tenant compte de la densité de population.., un résultat qui s'inscrit dans un ensemble d'études internationales. dont l'une, au Canada a évalué à plusieurs centaines de millions de dollars/an les effets totaux sur la santé des seuls arbres urbains du Canada., une autre évaluant les bénéfices pour la santé à des milliards de dollars par an pour les USA ; toutes suggérant que l'exposition aux environnements forestiers peut réduire le risque d'infections respiratoires, d'affections inflammatoires telles que l'asthme, l'emphysème ou la bronchite, ainsi que de certains cancers (mais avec un risque accru de maladie de Lyme dans certaines régions).
Au Japon, cette culture a conduit à créer une et à l'intégration du dans les stratégies nationales de santé, avec des bases thérapeutiques réparties sur le territoire. La Corée du Sud a développé un réseau d'au moins 76 « forêts de guérison » et inclut la sylvothérapie dans son système national d'assurance maladie, tandis que des médecins aux États‑Unis et au Royaume‑Uni prescrivent aussi du temps en forêt. Les milieux forestiers sont reconnus pour atténuer les troubles respiratoires aggravés par la pollution urbaine : on y trouve des composés antiviraux volatils (phytoncides) émis par les plantes, et la forêt adsorbe et absorbe une grande partie des particules transportées par l'air, tout en offrant des températures estivales plus fraiches grâce à l'évapotranspiration, diminuant les risques de smog associés à la détresse respiratoire.
On a aussi montré que l'arbre urbain quand il est significativement présent a aussi des effets positifs.. Inversement, les feux de forêt, et en particulier les mégafeux contribuent à polluer l'air au détriment de la santé publique (mais une partie de cette pollution sera réabsorbée par des forêts).
Époque contemporaine
Allemagne En , la sylvothérapie gagne en popularité.
Canada Des modélisation fondées sur des données environnementales locales ont conclu que les arbres de 86 villes canadiennes ont en 2010 éliminé environ 16 500 tonnes de pollution atmosphérique (fourchette d'estimation comprise entre 7 500 et 21 100 tonnes/an). La valeur économique des bénéfices sanitaires (service écosystémique) associés a été évaluée à 227,2 millions de dollars canadiens, avec une fourchette de 52,5 à 402,6 millions. L'ampleur de l'élimination varie fortement selon le taux d'arbres urbains dans les municipalités (atteignant 1 740 tonnes à Vancouver). Les effets sanitaires globaux incluent l'évitement d'environ 30 décès prématurés dans ces 82 villes (7 à 54 selon les estimations) et de 22 000 épisodes de symptômes respiratoires aigus (7 900 à 31 100) dans l'ensemble des villes étudiées.
Chili La Corporation nationale forestière du Chili (CONAF), a repris le concept de « bain de nature » dans le cadre d'un programme Nature for Everyone, à la fois inspirée par le shinrin‑yoku, et par le grounding et les traditions andines, avec le même objectif de renforcer l'immunité et réduire anxiété, la dépression et le stress, pour une meilleure résilience psychologique. Des séances guidées de deux à trois heures, dans des aires protégées, sont centrées sur la pleine conscience et l'activation sensorielle..
Corée du Sud
En , le et le gouvernement. ont ouvert la forêt récréative nationale de Saneum au statut de première forêt thérapeutique (Forêt de guérison) ; et depuis une trentaine d'autres massifs ont été classés forêts curatives (en , il y avait 32 en Corée du Sud). Shim C.D (2013) A Study on the Utilization Characteristics and Policy Improvement Measures of the Healing Forest, Ph. D. thesis, Gyeongsang National University (en coréen)., chiffre passé à 67 forêts ou installations officiellement dédiées à la thérapie forestière en 2025 (ce qui en fait l'un des pays les plus avancés au monde dans ce domaine)..
Dans certaines forêts, le public peut prendre connaissance des teneurs moyenne de l'air en certains phytoncides. Par exemple, dans la « Forêt verte parfumée aux pignons de pin » de la province de Gyeonggi (), qui abrite un centre de thérapie forestière géré par le gouvernement provincial. La teneur de l'air en 5 principaux terpènes est de 0.036 μg/㎥ en avril, mais de 1.477 μg/㎥ en juin, qui passent à 1.612 μg/㎥ en aout, pour atteindre un pic de 2.296 μg/㎥ en octobre.. Au Japon, les émissions d'α‑pinène, β‑pinène et limonène augmentent fortement avec la température, atteignant leur pic en été, mais on a constaté que les forêts de hinoki (cyprès japonais) font exception avec parfois un second petit pic de monoterpène au printemps (lié à la pousse des nouvelles aiguilles).
États-Unis La pratique existe aussi aux États-Unis, notamment en Californie..
Jonh Muir et Henry David Thoreau ont renforcé l'idée que les bains de forêt ont des effets bénéfiques pour le corps et l'esprit, notamment quand cette pratique est associée à l'activité physiquehttps://beluga.univ-grenoble-alpes.fr/permalink/33UGRENOBLE_INST/3hfdli/cdi_cairn_journals_SPUB_190_0241.
Finlande Le Centre finlandais de sylvothérapie propose des visites guidées dans des forêts telles que celles autour du village de Haapasaari..
France En France, un premier ouvrage intitulé Forêt et santé est publié sur le sujet en , par un agronome, docteur-ingénieur en écologie et ingénieur des eaux et forêts : Georges Plaisance.. Il ne s'agit pas d'une publication scientifique relue par des pairs, mais d'une compilant des retours d'expériences et les données alors disponibles sur le sujet.
Depuis , la forêt d'Hostens, est un site labellisé en France pour la pratique du Shinrin-yoku..
En , selon le Figaro et l'AFIS, il n'existe toujours aucune étude démontrant un effet significatif des sur la santé, autre que la simple décontraction provoquée par la promenade, ou la fréquentation d'un milieu plus calme et moins pollué qu'un centre-ville...
En , des séances d'initiation de à la sylvothérapie sont organisées lors de salons d'agro-écologie. ou lors de ...
Certains offices de tourismes et mairies proposent des « cures sylvatiques »... C'est le cas aussi de certains voyagistes. ou associations de quartiers..
En , la photographe Fanny Pastre, organise des séances de sylvothérapie..
Japon En , l' propose pour la première fois d'intégrer le Shinrin-yoku (森林浴Terme inventé en par cette agence du ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche.) dans les préconisations d'une bonne hygiène de vie.. En , « il existe 65 bases de thérapies forestières certifiées par l'association japonaise Forest Therapy Society (森林セラピーソサエティー) qui est aussi l'organisme certificateur des guides de thérapie forestière et des thérapeutes de forêt, avec des postes de contrôles médicaux, sous la supervision de l'université de Chiba et de la de Tokyo. Pour la seule année , on a recensé jusqu'à de visiteurs pratiquant les parcours de thérapie forestière ».. Au moins deux « routes de thérapie forestière » sont disponible dans chacune des 65 forêts thérapeutiques ; ce sont des sentier pédestres scientifiquement évalué par un expert qualifié. Les chemins thérapeutiques sont choisis et évalués pour les bénéfices physiologiques et psychologiques qu'ils apportent à ceux qui les parcourent, dans un environnement beau et calme, riche en phytoncides, sécurisé, avec des pentes douces et des sentiers assez large. Par exemple, [dans l'île d'Hokkaido, les forêts thérapeutiques les plus appréciées sont celles de Sappro, Hakodate, Asahikawa et Kushiro.
Royaume-Uni