vignette|Évolution du paysage politique français de 1958 à 2017 : extrême droite (en bleu foncé) ; droite (en bleu) ; centre droit (en bleu clair) ; centre et centre gauche (en jaune) ; écologistes (en vert) ; gauche (en rose) ; extrême gauche à gauche radicale (en rouge).
(Mettre à jour : élection présidentielle 2022, législatives 2022, législatives 2024)
L’Histoire de la France sous la Cinquième République correspond à l'Histoire actuelle de la France. Lors du référendum du 28 septembre 1958, la nouvelle constitution est adoptée, et la Cinquième République officiellement proclamée le .
Dans ce régime politique régime semi-présidentielRÉGIME SEMI-PRÉSIDENTIEL Sur le site perspective.usherbrooke.ca, le pouvoir exécutif est détenu essentiellement par le président de la République et qu'il partage avec le Premier ministre et le gouvernement qu'il a nommé. C'est un régime politique typiquement français car très rare dans le monde ; ce régime a la réputation d'être à la fois très stable et très soupleLa Constitution de la République : un régime stable et souple Sur le site clio.navyc.fr.
Charles de Gaulle, élu président de la République le , réélu en 1965 face à François Mitterrand, demeure président jusqu'en 1969, date à laquelle l'ancien premier ministre Georges Pompidou lui succède. Les gouvernements successifs appliquaient généralement le programme gaulliste d'indépendance nationale, de modernisation d'une manière interventionniste, avec des élections libres, mais l'État avait le monopole et le contrôle des émissions de radio et des émissions de télévision et cherchait à imposer son point de vue sur l'actualité. La politique sociale de De Gaulle était foncièrement conservatrice.
À la mort de ce dernier en 1974, Valéry Giscard d'Estaing, candidat de centre-droit, est élu chef de l'État face à François Mitterrand, candidat de l'Union de la gauche. La période de la fin des années 1960 et du début des années 1970 sont notamment marquées par Mai 68, une série de grèves de travailleurs et de révoltes d'étudiants, et par la fin des Trente Glorieuses.
En 1981, François Mitterrand est élu président de la République, battant le chef de l'État sortant Valéry Giscard d'Estaing et ramenant la gauche au pouvoir pour la première fois depuis la Quatrième République. En 1981, François Mitterrand est élu avec un programme de réformes de grande envergure, le Programme commun. Après s'être assuré une majorité au Parlement à l'issue des élections législatives de la même année, son gouvernement mena un programme de réformes économiques et sociales. En 1983, la forte inflation et la crise économique mènent à un revirement de la politique économique, connue sous le terme de « tournant de la rigueur » – le gouvernement de gauche s'est alors engagé dans des réformes de politique fiscale et de contrôle des dépenses, et de privatisation des principales banques françaises. Bien que la majorité des nationalisations aient été annulées dès 1984, ou par les gouvernements suivants (de gauche comme de droite), les réformes sociales entreprises ont été maintenues. En politique, le Parti communiste français entame un long déclin, tandis que le Front national constitue, à l'extrême droite, une nouvelle force. Après deux années de cohabitation durant lesquelles il doit travailler avec Jacques Chirac comme premier ministre, François Mitterrand est réélu en 1988 face à ce dernier. La persistance de problèmes sociaux, et notamment du chômage, entraînent en 1993 une nouvelle cohabitation, avec Édouard Balladur comme premier ministre.
Ayant succédé à François Mitterrand en 1995, Jacques Chirac est confronté aux mêmes problèmes avant d'être lui-même contraint de cohabiter, durant cinq ans, avec Lionel Jospin comme premier ministre. En 2002, Jacques Chirac est réélu face à Jean-Marie Le Pen, après un premier tour qui aura vu l'élimination surprise de Lionel Jospin. En 2007, Nicolas Sarkozy succède à Jacques Chirac, après avoir battu Ségolène Royal lors de l'élection présidentielle. Il doit faire face à la crise financière de 2007-2008 venue des États-Unis.
En , François Hollande succède à Nicolas Sarkozy. Pour la deuxième fois dans l'histoire de la Cinquième République, un président socialiste est élu. En , Emmanuel Macron, le plus jeune président de la République et le plus jeune dirigeant français depuis Napoléon Bonaparte, succède à François Hollande. Il est confronté au mouvement des Gilets jaunes puis à la pandémie de Covid-19, qui atteint la France le . Il est réélu en 2022, mais son camp perd la majorité absolue au Parlement à la suite des élections législatives de la même année. Le tripartisme français contemporain (gauche - centre - extrême droite) se confirme lors des législatives de 2024 provoquées par la dissolution de l'Assemblée nationale, et donne lieu à une inédite sous ce régime.
La fin de la guerre d’Algérie et les débuts de la Cinquième République À la suite de la crise de mai 1958 et du putsch du 13 mai à Alger, le gouvernement de la Quatrième République se résout à faire appel au général de Gaulle. Le , Pierre Pflimlin démissionne et le président René Coty demande au Parlement d'investir de Gaulle, alors que se déroule à Paris une manifestation des partis de gauche, dénonçant un risque de dérive vers un pouvoir personnel. De Gaulle reçoit les pleins pouvoirs et obtient de l'assemblée le droit de préparer une réforme des institutions. Le premier souci du général est de constituer un gouvernement d'union allant des socialistes (Guy Mollet, Jules Moch, Max Lejeune) à la droite (Michel Debré, Jacques Soustelle) en passant par les radicaux et le MRP.
Le , de Gaulle se rend à Alger et au balcon du gouvernement général prononce le célèbre « je vous ai compris » que les Français d'Algérie et les partisans de l'Algérie française interpréteront comme une adhésion du général à leur thèse. La politique algérienne de De Gaulle s'inscrira toutefois dans le contexte plus global d'indépendance concrétisé par le discours de Brazzaville (Brazzaville, une ville à reconstruire: recompositions citadines, Robert Edmond Ziavoula, Karthala Éditions, 2006, 17) où il affirmera l'engagement de la France à organiser des référendums dans les anciennes colonies afin de choisir soit l'indépendance, soit le maintien dans la communauté. L'opinion française comprend mal la politique algérienne du Général. La mise en place du plan de Constantine () visant à une modernisation de l'Algérie financée par la métropole et l'intensification des opérations militaires redonnent confiance aux partisans de l'Algérie française.
Après l'élection de Charles de Gaulle à la présidence de la République (), ce dernier reste peu explicite sur ses intentions, oscillant entre positions pro-Algérie française et favorables à l'autodétermination. Le , Charles de Gaulle annonce à la télévision qu'il est favorable à l'autodétermination afin de permettre aux Algériens de décider de leur sort. Les Français d'Algérie, indignés, comprennent qu'ils ont été trompés. L'activisme plus ou moins en sommeil se réveille (Pierre Lagaillarde, Guy Forzy et Joseph Ortiz) et la semaine des barricades ( - ) marque le début d'une opposition forte à la politique du Général.
Si les positions militaires sont nettement à l'avantage des Français ainsi que le contrôle du terrain (démantèlement du réseau Jeanson d'aide au FLN), la gauche (syndicats, UNEF, intellectuels) demande une négociation et proclame le droit à l'insoumission.
À la fin 1960, les événements s'accélèrent : le GPRA demande un référendum sous contrôle de l'ONU, le général de Gaulle évoque de plus en plus l'Algérie algérienne et organise le un référendum qui donne au oui une forte avance. Le , un putsch se produit à Alger. Les généraux Raoul Salan, Edmond Jouhaud, André Zeller et Maurice Challe s'emparent du pouvoir et neutralisent les pouvoirs civils. L'opération montée avec certains régiments de la légion ( REP notamment) ne recueille pas les ralliements souhaités et de Gaulle prend les mesures d'urgence pour barrer la route à « ce quarteron de généraux en retraite ». Le 17 octobre 1961, une manifestation d'Algériens organisée à Paris par la Fédération de France du FLN, visant à boycotter le couvre-feu appliqué seulement aux Nord-Africains, est réprimée dans le sang. Ce massacre est largement orchestré par le préfet de police de Paris, Maurice Papon.
La présidence du général de Gaulle : la République gaullienne
right|thumb|Organigramme de la République
thumb|left|150px|Charles de Gaulle en 1963.
Finalement, le , à la suite des manifestations nationalistes du 13 mai en Algérie, le gouvernement Pflimlin favorable à une négociation fut renversé. Le Parlement légitima le coup d'État et le président René Coty demanda fin mai au général de Gaulle de prendre la direction du pays, afin d'éviter une éventuelle guerre civile. De Gaulle devint président du Conseil en , obtint les pleins pouvoirs et fut chargé de rédiger une Constitution qui fut celle de la Cinquième République. Il fut élu président de la République en décembre de la même année. Michel Debré, principal rédacteur de la constitution, devint le premier Premier ministre de la Cinquième République.
Si les régimes de la Troisième et de la Quatrième République ont été qualifiés de régime des partis, c'est que l'élection à la Chambre des députés relevait de la proportionnelle. D'où l'impossibilité d'avoir une majorité stable et durable. Pour former une majorité ou une coalition il fallait des alliances entre partis, de tailles variables ; la durée des coalitions était fonction des intérêts de chaque parti la composant. Aux élections législatives de 1951 on inventa même le système des « apparentements », qui permettait aux partis qui s'étaient « apparentés » (i.e. alliés) de remporter l'ensemble des sièges à pourvoir dans le département dès lors que leur liste avait au moins 50 % des voix. Le scrutin majoritaire à deux tours mis en place dans la constitution de la cinquième République, met fin à cette pratique. Il est assez proche des régimes des grandes démocraties anglo-saxonnes où s'opposent travaillistes/conservateurs et républicain/démocrates. En revanche, ce système n'assure pas la représentation des petits partis. En 1962, un référendum décide de l'élection du président de la République au suffrage universel.
La formation du premier gouvernement Pompidou (avril 1962)
Après le référendum d'avril 1962 approuvant les accords d'Évian qui mettent fin à la guerre d'Algérie, Georges Pompidou est nommé Premier ministre le . C'est-un quasi inconnu que nomme le général de Gaulle pour succéder à Michel Debré. Sa carrière faillit s'interrompre quand il mit sa démission en jeu pour obtenir du Général de Gaulle la grâce du général Jouhaud, l'un des putschistes d'Alger, qui aurait dû être fusillé après sa condamnation à mort.