Les souks de Tunis sont un ensemble de magasins, boutiques et ateliers situés dans la médina de Tunis et édifiés pour la plupart dès le .

Ils s'articulent dans un ensemble de rues et ruelles et sont regroupés par corps de métier.

Outre leur existence en tant que source de travail pour plusieurs artisans, les souks représentent désormais une attraction touristique à l'entrée de la médina de Tunis.

Histoire

vignette|Vue d'une boutique en 1889.

La vie artisanale de Tunis remonte bien avant le , qui coïncide avec l'arrivée des Hafsides au pouvoir. C'est pourtant grâce aux princes de cette dynastie que la plupart des souks sont mis en place et localisés définitivement dans la médina.

Organisation

Les souks sont alors le cœur économique de la Tunisie, les activités de négoce avec l'étranger, la production artisanale mais aussi le commerce des produits agricoles provenant des campagnes ayant lieu en son sein. Très vite, selon les différentes nuisances inhérentes aux métiers, les souks sont organisés selon un schéma simple. Près du cœur de la médina, constitué par la mosquée Zitouna, ainsi que dans la partie haute et occidentale de la ville sont regroupés les métiers dit nobles car ne causant ni nuisance sonore ou odorante ; les autres métiers sont relégués dans la périphérie ou vers la partie basse (Bab El Bhar) et orientale de la ville. Apparaît alors ce qu'on nomme une hiérarchie des métiers au sein des souks de la médina.

Souk Bab El Fellah

Il est l'un des souks du faubourg sud de la médina de Tunis. Destiné à la classe moyenne voire pauvre, ses produits sont divers et destinés à une utilisation quotidienne. Ce souk est situé à l'extrémité sud du faubourg méridional de la médina.

Souk de la Commission

Il tire son nom du siège de la commission financière internationale, qui s'est chargée en 1869 de gérer la dette de la régence de Tunis avant l'installation du protectorat français en 1881. Celui-ci se trouvait sur la même rue.

Il est spécialisé dans la vente de produits importés de Chine et d'Asie de l'Est.

Souk Ech-Chaouachine

vignette|Vue du souk Ech-Chaouachine.

Ces trois souks sont construits par le mouradite Mohamed Bey El Mouradi en 1691-1692.Hédi Slim, Ammar Mahjoubi et Khaled Belkhodja, Histoire générale de la Tunisie, tome III « Les temps modernes », éd. Maisonneuve et Larose, Paris, 2007, p. 137. À cette époque, ce sont les immigrés andalous qui importent la technique de fabrication de la chéchia. C'est une véritable industrie au vu du nombre de corps de métier impliqués dans sa fabrication. Au début du , c'est déjà la première industrie du pays en termes de quantités écoulées où exportées vers tous les ports du bassin méditerranéen. Les chroniqueurs de l'époque affirment que les marges bénéficiaires variaient entre 30 % et 100 % alors que la production avait atteint un niveau de près de chéchias vendus par an en Tunisie ou exportés.

La chéchia est un bonnet en laine de couleur rouge et ornée, pour les plus luxueuses, d'un gland de soie bleue ou noire. Sa confection, qui exige plus de deux mois de travail, est segmentée en tâches telles que le tricotage qui se fait à l'Ariana, la couture à Bab Souika, le lavage et le foulage à Tebourba sur le pont-barrage d'El Battan, la teinture à Zaghouan et enfin la mise en forme, le feutrage et la finition dans les ateliers des souks de Tunis. Ces travaux sont effectués par des ouvriers et des apprentis (sanaa) alors que le patron ou mâalem se tient au comptoir pour accueillir la clientèle. Les grossistes exportaient les chéchias principalement vers la Turquie, le Levant, l'Algérie et l'Égypte. Plusieurs compagnies ou cherikas, composées de fabricants et de négociants, ouvraient des bureaux à Istanbul où ils contrôlaient la vente sur ce marché très important. De plus, elles devaient acheter d'importantes quantités de matières premières comme la laine en Espagne et en Italie, la cochenille dans le sud de la France et la soie du Proche-Orient.

Les fabricants étaient organisés en corporation, comme tous les autres métiers des souks. L'amine était élu par ses pairs ou nommé par le bey régnant selon les époques, preuve de l'importance de cette activité pour la Tunisie. Il était d'office nommé amine de tous les commerçants de la capitale. Son rôle était d'organiser la corporation, de recommander des prix moyens, de définir des standards de qualité et de régler les contentieux entre membres de la corporation ou avec les intervenants extérieurs comme les fournisseurs ou les négociants.

Souk Edabaghine

vignette|Plaque métallique indiquant la rue de Tanneurs.

Le souk Edabaghine ou souk des Tanneurs est appelé Edabaghine, terme arabe désignant les tanneurs parce qu'il était spécialisé dans le tannage du cuir. Après la disparition de cette spécialité, des vendeurs de livres anciens s'y sont installés.

Il relie de nos jours la rue Mongi-Slim, auparavant appelée rue des Maltais, et la rue de Rome.

Souk Ed Dziria

vignette|Plaque métallique indiquant le souk Ed Dziria.

Peu d'informations sont disponibles sur ce souk, certains rapportent qui'il était occupé par des vendeurs d'origine algérienne alors que d'autres indiquent que leurs produits étaient importés de ce pays.

Il s'agit d'une ruelle du souk El Berka, c'est pourquoi on y trouve que des bijoutiers.

Souk El Asr

gauche|vignette|Vue du souk El Asr.

Le souk El Asr est spécialisé dans la vente des produits antiques. Il est situé juste derrière Bab El Gorjani, l'une des portes de la médina.

Ce souk n’existait pas avant l’époque husseinite (1705-1957) contrairement aux autres souks dont certains ont vu le jour dès le règne des Hafsides (1228-1537).. C'était un petit marché qui se tenait entre les prières de l'après-midi et du coucher de soleil.

On y trouve des ustensiles ménagers, des meubles antiques et des articles rares. Misérable en apparence, le marché regorge de pièces qui peuvent s’avérer particulièrement utiles et rares, des pièces qu’on ne risque pas de trouver ailleurs.

Souk El Attarine

vignette|Plaque du souk El Attarine.

Construit vers 1240 par le sultan hafside Abû Zakariyâ Yahyâ., le souk des parfumeurs est le plus ancien de Tunis. Ce souk se trouve dans l'immédiate proximité de la mosquée Zitouna. En effet, les métiers nobles et propres sont les seuls à avoir le droit de côtoyer ce sanctuaire, le métier de parfumeur étant considéré comme l'un des plus raffinés. On y vend des parfums composés d'essences rares et précieuses mais on y trouve aussi de l'encens provenant d'Inde et du Yémen, ainsi que certains produits de beauté.

Les premiers marchands parfumeurs de Tunis sont issus de famille originaire de l'Orient arabe (Yémen, Égypte, Syrie, et Arabie) et gardent longtemps l'exclusivité de la production. Les devantures ainsi que les étagères et les comptoirs des magasins sont réalisés en bois sculpté ; ils attestent de la richesse de ce souk dont l'atmosphère suggère le luxe et la volupté des senteurs orientales. Ce métier est aussi organisé en corporation et son amine ou président du syndic est considéré comme un grand notable de la capitale.

Souk El Beransia

vignette|Plaque métallique indiquant le souk El Beransia.

Le souk El Beransia est spécialisé dans la vente de burnous..

Souk El Berka

vignette|Boutique du souk El Berka.

Construit par Youssef Dey en 1612, c'est l'ancien souk aux esclaves noirs de Tunis devenu par la suite le souk des bijoutiers. Ce souk est de forme carré, avec une estrade en bois au milieu qui était le lieu ou les esclaves étaient présentés (d'où le nom de berka) et attendaient le dénouement de la vente. Le lieu était couvert par une coupole centrale et de plusieurs voûtes latérales.

Les esclaves se vendaient à la criée et les acheteurs potentiels s'asseyaient sur des banquettes installées autour de ce souk et participaient aux enchères. Les esclaves blancs, considérés comme plus rares et plus précieux, n'étaient pas vendus dans le souk mais dans des endroits plus retirés car la vente ne concernait que de riches acheteurs potentiels. L'abolition de l'esclavage, décrétée en Tunisie par Ahmed Bey en 1846 cause sa transformation en souk des bijoutiers spécialisé dans l'orfèvrerie et l'argenterie.

Souk El Bey

gauche|vignette|Vue du souk El Bey.

Ce souk, fondé par Hammouda Pacha, est situé entre la kasbah de Tunis et le souk El Berka. Il est maintenant spécialisé dans la vente des métaux précieux.

Souk El Blaghgia

vignette|Différents modèles de balghas dans le souk El Blaghgia.

Ce souk, fondé par Abû Zakariyâ Yahyâ au début du , est situé entre le souk El Attarine et la rue de la Kasbah.. Il est spécialisé dans la vente des balghas, une chaussure fabriquée à partir de cuir et faisant partie des costumes traditionnels de la Tunisie.

Souk El Blat

gauche|vignette|Plaque métallique à l'entrée du souk El Blat.

Ce souk est spécialisé dans la vente des plantes médicinales.. En plus des herbes utilisées dans un but médicinal, on y trouve aussi des animaux destinés à protéger contre le mauvais œil ou l'infidélité dans le couple.

Cependant, le nombre de vendeurs a diminué avec l'usage croissant de la médecine moderne, poussant les marchands à se convertir à d’autres activités..

Souk El Fekka

vignette|Vue du souk El Fekka.

Ce souk se trouve directement devant la mosquée Zitouna., à proximité du souk El Attarine. On y trouve les ingrédients nécessaires à la préparation des gâteaux présents à toutes les fêtes — circoncision, mariage ou Aïd el-Fitr — tels que l'amande, la pistache et les raisins secs.

Souk El Ghrabliyya

vignette|Plaque métallique indiquant la rue des Tamis, siège du souk El Ghrabliyya.

Le souk El Ghrabliyya est spécialisé dans la fabrication et la vente des tamis.. Il est situé au nord-est de la mosquée Zitouna, au cœur de la médina.

Souk El Grana

gauche|vignette|Ancienne vue du souk El Grana.

Le souk, situé dans le faubourg nord de la médina, dans l'arrondissement de Bab Souika, a été historiquement marqué par les Granas, des Juifs installés en Tunisie en provenance de Livourne au début du .. Il accueille la vente de draps, soieries, étoffes, vêtements et articles d'artisanat.

Souk El Haddadine

Le souk El Haddadine ou souk des Forgerons. est spécialisé dans la métallurgie. Le souk se trouve à l'extrémité sud de la médina, dans la rue des Forgerons.

Souk El Halfaouine

vignette|Vue du souk El Halfaouine en 1900.

Il est situé dans le faubourg nord de la médina, près de Bab Souika.

La dénomination d'El Halfaouine est en rapport avec les vendeurs d'alfa installés dans cette zone ; cette plante est utilisée pour la fabrication des couffins traditionnels ().

De nos jours, on y trouve des marchands de makrouds, de biscuits et de citronnade.

Souk El Kachachine

vignette|Plaque métallique indiquant le souk El Kachachine.

Le souk El Kachachine ou souk des Fripiers est spécialisé dans la friperie.

Souk El Kallaline

Le souk El Kallaline ou souk des Potiers est spécialisé dans la poterie.. Il est situé dans le faubourg nord de la médina de Tunis, près de Bab Souika.

Souk El Kébabjia

vignette|Plaque métallique indiquant le souk El Kébabjia.

Le souk El Kébabjia accueille les artisans fabriquant les kbaïeb, pluriel de kobba (écheveau, pelote de fil ou de soie) et se spécialise dans le commerce des garnitures pour les costumes traditionnels.

Il est parallèle au souk El Berka et dessert le souk El Trouk d'une part et le souk Es Sekajine d'autre part.. Il est construit à la même époque que le souk El Trouk par Youssef Dey au cours du .

Souk El Kmach

gauche|vignette|Porte du souk El Kmach.

Longeant la façade occidentale de la mosquée Zitouna, le souk des étoffes est fondé au par le sultan hafside Abou Amr Uthman. Il est constitué de trois allées séparées par deux rangées de colonnes.