Le Tour de Tarn-et-Garonne est une épreuve cycliste créée en 1987 et organisée depuis par l'US Montauban Cyclisme 82. Elle se dispute aux alentours de Montauban et fait partie du Calendrier National FFC sous l'appellation « Elite Open ». La course, par son ancienneté, son organisation, son parcours et son palmarès fait partie des épreuves phares au calendrier amateurs du Sud-Ouest. Néanmoins, elle est ouverte aux coureurs professionnels. Ces derniers sont relativement nombreux au palmarès; ils sont à ce jour plus d'une centaine de dix nationalités différentes à avoir participé à la course. Par le passé disputée sous la forme d'une course par étapes, elle semble se pérenniser au format d'une classique d'un jour. La distance varie selon le parcours, qui est modifié chaque année, mais est le plus souvent comprise entre 130 et 180 kilomètres. L'épreuve se déroule au printemps, entre les mois d'avril et de juin selon les années.
Histoire Le Tour de Tarn-et-Garonne voit le jour au printemps 1987, sous l'initiative de Max Carcy, président de l'US Montauban Cyclisme 82. L'objectif est de doter le département d'une épreuve cycliste de haut niveau, vitrine de la discipline en Tarn-et-Garonne. L'épreuve arpente les routes montalbanaises à travers la Lomagne, le Quercy et les Gorges de l'Aveyron. Néanmoins, deux éditions avaient été organisées en 1957 et 1958, en trois étapes chacune. Nardi et Pineau l'avaient respectivement emporté, mais il n'y eut pas de troisième édition. Elle attire dès sa recréation les meilleurs coureurs de la région et le francilien Jean-Charles Bessard ouvre le palmarès de la course.
thumb|L'arrivée du Tour de Tarn-et-Garonne 2005, Cours Foucaut à Montauban.
thumb|La ligne d'arrivée du Tour de Tarn-et-Garonne 2008, Boulevard de Chantilly à Montauban.
thumb|Charly Lebrun, dans la descente de la Côte de Vialette, file vers la victoire au Tour de Tarn-et-Garonne 2008.
thumb|Départ du Tour de Tarn-et-Garonne 2007 à Montauban.
thumb|Le podium du Tour de Tarn-et-Garonne 2007 : Jean Mespoulède, Jean-Luc Delpech et Gregorz Kwiatkowski.
thumb|Rémi Badoc et Yoann Barbas dans les derniers kilomètres du Tour de Tarn-et-Garonne 2009.
thumb|L'échappée victorieuse lors du Tour de Tarn-et-Garonne 2010 grimpe au sommet de la côte de Vialette.
thumb|Carl Naibo s'impose devant Julien Mazet, Yohan Cauquil et Jean Mespoulède lors de l'édition 2010.
Dès 1988, la notoriété de l'épreuve s'accroît fortement et c'est l'ancien coureur professionnel auvergnat Marcel Karkinger qui l'emporte. Six ans plus tôt, il épaulait Sean Kelly dans le peloton international. Le Tour de Tarn-et-Garonne semble avoir assuré sa pérennité avec ce succès prestigieux. Toutefois, la course ne s'est pas encore internationalisée. Il faudra attendre 1990 pour voir un étranger s'imposer. Le polonais Czeslaw Rajch ouvre la voie au danois Thomas Bay, qui lui succède en 1991.
À l'aube des années 1990, le jeune et prometteur coureur pyrénéen Laurent Roux écrit la première grande ligne de son palmarès sur les routes Tarn-et-Garonnaises ; il passe professionnel dans la foulée, preuve concrète de la notoriété grandissante de l'épreuve. En 1998, Walter Bénéteau fait de même. Cette même année, le Tour de France fait escale à Montauban« 85 Tour de France 1998 : 8 étape Brive La Gaillarde - Montauban », Mémoire du Cyclisme, 19 juillet 1998.. La course organisée par Max Carcy revêt donc le statut de répétition générale. L'arrivée est identique à celle des coureurs professionnels, jugée à l'issue d'une ligne droite de deux kilomètres, au Cours Foucaut, où le Monument aux Morts d'Antoine Bourdelle trône. L'année suivante, en 1999, un plateau international (CC El Arenal Mallorca) et pas moins de quatre étapes sont au programme : une boucle autour de Moissac« La ligne départ à Moissac », La Dépêche du Midi, 11 juin 1999., une étape entre Moissac et Septfonds, puis une autre boucle autour de Septfonds encore, et enfin une dernière étape entre Montbeton et Donzac. Dans les difficiles Gorges de l'Aveyron, qui tendent à devenir un classique de l'épreuve, Ludovic Turpin (CC Étupes) le grimpeur l'emporte dans la deuxième semi-étape ralliant Septfonds« Turpin et Cousinié de Septfonds à Septfonds », La Dépêche du Midi, 13 juin 1999.. Franck Champeymont est en tête de la course, profitant ainsi de la crevaison la veille de son principal adversaire Nicolas Dumont. On pense la course d'ores et déjà jouée quand Champeymont est exclu dès le lendemain à cause d'un hématocrite supérieur à 50 %, à l'image de Marco Pantani quelques jours auparavant sur le Tour d'Italie. Malheureux la veille, Dumont, victime d'un fait de course, prend la tête du général (il était deuxième à 30 secondes au général) et l'emporte finalement le lendemain à Donzac, au pied de la centrale nucléaire de Golfech.
Épreuve devenue incontournable dans tout le Midi, la course à étapes traverse une autre épreuve en l'an 2000. En effet, faute de moyens financiers suffisants, le Tour de Tarn-et-Garonne n'est pas organisé cette année-là. Trois années plus tard, la compétition est de nouveau en proie à de graves difficultés. Max Carcy invoque les mêmes raisons : difficultés croissantes d'organisation et baisse sensible des budgets alloués au club. Ce dernier promet cependant de se rattraper l'année suivante en innovant.
En 2002, profitant d'un budget plus important avec l'arrivée d'un nouveau sponsor, le Syndicat des bananes de Guadeloupe, la course est de nouveau organisée sur six jours avec pas moins de six étapes, avec l'aide néanmoins du club guadeloupéen le Rayon d'argent« Une course au goût exotique », La Dépêche du Midi, 12 juin 2002.. La course revêt « un parfum exotique » selon La Dépêche du Midi. En effet, la course porte cette année-là appellation de « Tour de Tarn-et-Garonne et Grand-Prix de la banane Guadeloupe ». Cette édition est atypique et exceptionnelle dans l'histoire de la course. L'épreuve s'exporte pour la première et dernière fois par delà les limites du département : la première étape par exemple mène les coureurs de Montauban jusqu'à Virac dans le Tarn sur une distance de 150 kilomètres. La course traverse une nouvelle fois les Gorges de l'Aveyron et propose un parcours parmi les plus difficiles jamais proposés sur l'épreuve. De même, la deuxième étape quant à elle ne fait que traverser de part en part le Tarn-et-Garonne, puisqu'elle s'élance du Tarn encore, plus précisément à Albi, pour arriver en Lot-et-Garonne, à Agen, au terme d'une étape plate de 96 kilomètres. Par la suite, on note une étape contre la montre par équipes dans le Gers à Fleurance« Le tour se jouera peut-être à Fleurance », La Dépêche du Midi, 30 avril 2002., une étape dans les environs de Tarbes et un retour sur le Tarn-et-Garonne avec une arrivée finale à Montauban. Le polonais et coureur du club organisateur, l'US Montauban, Thomasz Kaszuba, l'emporte avec autorité au général devant deux autres coureurs de renom : le vététiste Christophe Dupouey et le Britannique Paul Manning.
Après les heures fastes de 2002, la course se maintient à un bon niveau en 2004« Résultats du Tour du Tarn & Garonne 2004 », VeloMip, 13 juin 2004.. Par le passé disputée entre trois et six jours, l'épreuve se mute en course à étapes de deux journées pour cause de réduction budgétaire. Malgré ce changement, l'UCI accorde à la course le statut « Internationale Open 2.6 ». Désormais, le plateau au départ prend une nouvelle envergure« Tour de Tarn-et-Garonne : présentation & parcours », Velo101, 9 juin 2004.. On note la présence du Crédit Agricole Espoirs, de BigMat-Auber 93, d'Agritubel, du Team Eddy Merckx, de l'AC Luc Leblanc, de l'AC Sparta Praha Cycling, du Team Bridgestone mais aussi de la renommée équipe nationale russe« Tour de Tarn-et-Garonne : engagés & palmarès », Velo101, 9 juin 2004.. À ces huit équipes professionnelles GS III (troisième division mondiale), il faut rajouter la traditionnelle participation des clubs locaux : bien entendu l'US Montauban Cyclisme 82, mais aussi le GSC Blagnac, le CC Marmande, le CC Périgueux et le CA Castelsarrasin du double Champion de France Didier Rous. Le Samedi , la première étape rallie Montauban à Valence d'Agen via Beaumont de Lomagne, pour 152 kilomètres. La victoire revient à David Bréard, qui parvient à contenir Gilles Canouet et Denis Robin. Le parcours est exigeant et sillonne à travers la Lomagne. Le lendemain matin, le peloton s'élance de Valence d'Agen vers Caussade, la Cité du Chapeau, pour 76 kilomètres escarpés dans les contreforts du Quercy. Le néo-zélandais Jeremy Yates s'offre un succès d'estime en solitaire tandis que Gilles Canouet revêt le maillot jaune de leader. L'après-midi, Cyril Lemoine s'extirpe d'un peloton nerveux mais épuisé et file vers la victoire à Montauban, après une demi étape de 102 kilomètres disputée sur les hauteurs de la préfecture Tarn et Garonnaise. Derrière lui, Tom Stubbe, Hervé Duclos-Lassalle et Cédric Coutouly s'arrachent. Ce dernier l'emporte au général : c'est son premier succès majeur« Tour de Tarn-et-Garonne : Cédric Coutouly, la marque », Velo101, 14 juin 2004.. Les écarts sont impressionnants, puisque le neuvième, Julien Mazet, navigue à plus de dix minutes« Tour de Tarn-et-Garonne - 2.6 - France, June 12-13, 2004 », Cyclingnews, 13 juin 2004.« Tour de Tarn-et-Garonne 2004 », Photovelo.net, juin 2004..
Mathieu Perget, le régional de l'étape puisque natif de Montauban, se dévoile au grand jour pour la première fois en terminant neuvième à Caussade. Il passera professionnel deux années plus tard au sein de l'équipe cycliste Caisse d'Épargne. En revanche, le club organisateur déçoit. Olivier Asmaker (deuxième huit ans plus tôt en 1996) et Stéphane Barthe, vieillissants, ne parviennent pas à emballer la course sur leur terrain d'entraînement. Cette édition exceptionnelle apporte toutefois une nouvelle envergure à la course, mais cache un avenir plus sombre.
L'année suivante, en 2005 le budget ne permet pas de renouveler la formule à étapes et il est décidé de passer à un nouveau format : la course d'un jour ou classique. L'épreuve obtient le statut Open, qui lui permet de mêler coureurs amateurs et professionnels. Le breton Stéphane Pétilleau, en grand forme cette année-là, écrase la course. C'est au niveau de Bruniquel et des Gorges de l'Aveyron« On attend les professionnels », La Dépêche du Midi, 7 juin 2005., que le breton effectuait une première accélération. Dix coureurs se retrouvent à l'avant, dont pas moins de cinq coureurs de l'équipe Bretagne Jean-Floc'h, du futur vainqueur. Avec trois coureurs, l'équipe nationale de Russie est en embuscade. La course est intense, et peu après le village de Penne, un coureur tarbais, Joshua Wilson, plonge dans un ravin et abandonne. Dans la montée d'Ornano, après Cazals, le futur champion de Russie Vladislav Borisov se retrouve isolé et cerné par trois coureurs de Bretagne Jean-Floc'h encore : on retrouve Carl Naibo, Yann Pivois et Stéphane Pétilleau donc. Une fois les difficultés majeures franchies, à l'entrée de Bioule, ils comptent 1 minute 15 secondes d'avance sur les poursuivants, éparpillés. Dans la traversée de Lamothe-Capdeville et sa plage, la chaleur est à son paroxysme et l'écart fond à son tour : plus que 44 secondes. Dans les faubourgs précédant Montauban, Stéphane Pétilleau porte l'estocade finale et s'envole vers un succès d'estime. Borisov s'arrache pour la deuxième place tandis que les accessits vont aux coéquipiers du vainqueur, dont Yann Pivois le breton, déjà troisième l'année passée. Le Néo-Zélandais Scott Lyttle est récompensé par le maillot de la combativité« L'équipe Jean Floc'h et Pétilleau au sommet », La Dépêche du Midi, 13 juin 2005..