Les élections provinciales de 2009 sont un scrutin territorial qui a eu lieu en Nouvelle-Calédonie le dimanche . Elles ont eu pour but d'élire les assemblées des trois provinces de la Nouvelle-Calédonie (Sud, Nord et Îles Loyauté) qui servent ensuite à former le Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

Organisation du scrutin L'élection se fait au suffrage universel parmi les citoyens néocalédoniens, le corps électoral étant alors composé, de par la loi constitutionnelle du modifiant l’article 77 de la Constitution, sont les personnes résidant en Nouvelle-Calédonie depuis le au minimum et leurs enfants une fois atteints l'âge de la majorité. On parle de « corps électoral gelé »Loi constitutionnelle du 23 février 2007 modifiant l’article 77 de la Constitution (sur la composition du corps électoral pour l’élection des membres du congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie), sur vie-publique.fr « Tout savoir sur le corps électoral en Nouvelle-Calédonie », Association française des maires de Nouvelle-Calédonie, réunissant les premiers magistrats de communes issus du Rassemblement-UMP.

Il y avait alors inscrits sur cette liste électorale spéciale, soit dans le Sud, dans le Nord et dans les Îles Loyauté. inscrits de la liste générale (participant aux élections présidentielles, législatives, européennes et municipales, mais résidents dans l'archipel depuis une date ultérieure à 1998) sont exclus du scrutin Résultats des élections provinciales du 10 mai 2009 sur le site du Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie, 11/05/2009.

Le scrutin, à un seul tour, se déroulait à la proportionnelle plurinominale, selon la règle de la plus forte moyenne, dans chaque province, chaque liste devant dépasser la barre des 5 % des inscrits pour obtenir au moins 1 élu. Ensuite, proportionnellement au score, un certain nombre d'élus de chaque liste est choisi pour former le Congrès, l'institution délibérative et législative locale.

Le nombre de sièges à pourvoir est : Assemblée de la Province Sud : 40 dont 32 siègent également au Congrès ; Assemblée de la Province Nord : 22 dont 15 au Congrès ; Assemblée de la Province des Îles Loyauté : 14 dont 7 au Congrès.

Composition de chacune des quatre assemblées à la veille du scrutin

Le Congrès +Président : Pierre Frogier Parti Tendance Sièges % Changementdepuis 2004   Rassemblement-UMP Anti-indépendantiste 13 24,1 -3   Calédonie ensemble Anti-indépendantiste 12 22,2 +12   UNI-FLNKS Indépendantiste 8 14,8 0   Union calédonienne Indépendantiste 7 13 0   Avenir ensemble Anti-indépendantiste 4 7,4 -12   Front national Anti-indépendantiste 2 3,7 -2   MCF Anti-indépendantiste 2 3,7 +2   LKS Indépendantiste 1 1,9 0   UC Renouveau Indépendantiste 1 1,9 0   FDIL ex-FCCI Indépendantiste 1 1,9 +1   RPC Anti-indépendantiste 1 1,9 +1   LMD Anti-indépendantiste 1 1,9 +1   Dissidente Avenir ensemble Indépendantiste 1 1,9 +1   FCCI Indépendantiste 0 0 -1 Total 54 100 0   Anti-indépendantistes 35 64,8 -1   Indépendantistes 19 35,1 +1

La province Sud +Président : Philippe Gomès Parti Tendance Sièges % Changementdepuis 2004   Calédonie ensemble Anti-indépendantiste 16 40 +16   Rassemblement-UMP Anti-indépendantiste 13 32,5 -3   Avenir ensemble Anti-indépendantiste 3 7,5 -16   Front national Anti-indépendantiste 3 7,5 -2   MCF Anti-indépendantiste 2 5 +2   RPC Anti-indépendantiste 1 2,5 +1   Dissidente Avenir ensemble Indépendantiste 1 2,5 +1   Dissident Rassemblement-UMP Anti-indépendantiste 1 2,5 +1 Total 40 100 0   Anti-indépendantistes 39 97,5 -1   Indépendantistes 1 2,5 +1

La province Nord +Président : Paul Néaoutyine Parti Tendance Sièges % Changementdepuis 2004   UNI-FLNKS :PalikaRDOUPM Indépendantiste 11911 5040,94,554,55 0   Union calédonienne Indépendantiste 7 31,8 0   Rassemblement-UMP Anti-indépendantiste 3 13,65 0   Avenir ensemble Anti-indépendantiste 1 4,55 0 Total 22 100 0   Indépendantistes 18 81,8 0   Anti-indépendantistes 4 18,2 0

La province des îles Loyauté +Président : Néko Hnepeune Parti Tendance Sièges % Changementdepuis 2004   UC Indépendantiste 4 28,6 0   LMD Anti-indépendantiste 2 14,3 +2   Palika Indépendantiste 2 14,3 0   LKS Indépendantiste 2 14,3 0   UC Renouveau Indépendantiste 2 14,3 0   FDIL ex-FCCI Indépendantiste 2 14,3 +2   Rassemblement-UMP Anti-indépendantiste 0 0 -2   FCCI Indépendantiste 0 0 -2 Total 14 100 0   Indépendantistes 12 85,7 0   Anti-indépendantistes 2 14,3 0

Enjeux

Division politique

Dix listes sont avancées en Province Sud (quatre de moins qu'en 2004, mais deux de plus qu'en 1999 et autant qu'en 1989 et 1995) et sept aussi bien dans le Nord (deux de moins qu'en 2004, un de moins qu'en 1999, une de plus qu'en 1995 et deux de plus qu'en 1989) que dans les Îles Loyauté (une de moins qu'en 2004, autant qu'en 1999 et deux de plus qu'en 1989 et 1995).

Éclatement confirmé chez les anti-indépendantistes

Du côté anti-indépendantiste, la division déjà présente aux précédentes élections provinciales de 2004, s'est accentuée. Les trois partis de cette tendance représentés au Congrès ont en effet connu des dissidences durant ces cinq ans : le Rassemblement-UMP, avec le départ en 2006 de Jacques Lafleur, suivi par le sénateur Simon Loueckhote, pour créer le Rassemblement pour la Calédonie (RPC). Et Simon Loueckhote finit par fonder son propre parti, le Mouvement de la diversité (LMD), en 2008. Ces trois formations ont chacune adoptées des stratégies électorales différentes : le Rassemblement-UMP présente une liste sous cette étiquette dans chacune des provinces, avec pour slogan « Construisons aujourd'hui la Calédonie de demain » et pour têtes de listes : son président et député de la Pierre Frogier dans le Sud (il s'est allié, comme pour les municipales de 2008, avec le parti ethnique wallisien et futunien du Mouvement des citoyens calédoniens MCC d'Aukusitino ManuohalaloProgramme politique du MCC, sur son site officiel), sa vice-présidente et députée suppléante de la Léontine Ponga dans le Nord (désignée par Pierre Frogier pour mettre fin à la rivalité entre deux candidats à l'investiture, France Debien et Gérard Poadja, le second ayant obtenu le plus de voix lors de primaires contestées par le premier et ayant décidé finalement de monter une liste concurrente, baptisée « Une Province pour tous », avec ses partisans du Rassemblement mais aussi Calédonie ensemble et le RPC)« Au RUMP, le rififi du Nord n'est pas fini », Les Nouvelles Calédoniennes, 03/02/2009) et le petit-chef de la tribu de Traput (Lifou) Michel Luepak dans les Îles LoyautéPage des élections de 2009 sur le site du Rassemblement-UMP. le RPC part seul dans le Sud, sous la conduite de l'ancien député de la 1 circonscription (de 1978 à 2007) et ancien président de l'Assemblée provinciale (de 1989 à 2004) Jacques Lafleur, le principal acteur et signataire des accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa pour le camp anti-indépendantiste« Le retour d'un homme jamais vraiment parti », Les Nouvelles Calédoniennes, 21/04/2009. Le parti apporte son soutien à la liste « Une Province pour tous » de Gérard Poadja dans le Nord« Rien ne va plus dans le Nord », Les Nouvelles Calédoniennes, 16/04/2009, et à celle d'union (avec l'Avenir ensemble et Calédonie ensemble) « Ensemble pour les Îles » d'Egomë Bako (Avenir ensemble, entrepreneur à Lifou) aux Loyauté« Trois partis unis pour défendre la France aux Loyauté », Les Nouvelles Calédoniennes, 21/04/2009. le LMD annonce dans un premier temps le , après deux semaines de discussions, s'allier à Calédonie ensemble dans le Sud, avec Simon Loueckhote (qui avait déjà précisé qu'il souhaitait se présenter dans cette province plutôt que dans sa circonscription habituelle, à savoir les Îles Loyauté) en d'une éventuelle liste commune« Simon Loueckhote rejoint la liste Gomès », Les Nouvelles Calédoniennes, 10/04/2009. Mais, à cause d'une incompréhension sur le nombre de places attribuées aux membres des deux mouvements parmi les quinze premières (soit celles les plus probablement éligibles), Simon Loueckhote rompt cette union dès le 16 avril« Loueckhote quitte Gomès », Les Nouvelles Calédoniennes, 17/04/2009 et finit par s'associer dans les jours qui suivent avec l'Avenir ensemble de Harold MartinP. Vittori, « Harold Martin présente la liste "Avenir Ensemble – LMD" », blog de Pascal Vittori, 20/04/2009. Aux Îles Loyauté, le LMD part seule à travers la liste « Une Province avec la France », menée par un fidèle de Simon Loueckhote, Hnawange Hnawange« Hnawange Hnawange : "Quatre fois contre l'indépendance" », Les Nouvelles Calédoniennes, 08/04/2009. l'Avenir ensemble, avec des divisions nées à partir des élections législatives entre Didier Leroux et Philippe Gomès tout d'abord, puis entre ce dernier et Harold Martin par la suite. Finalement, Gomès emmène avec lui une majorité des élus provinciaux du Sud du parti (16 sur les 20, dont 12 des 16 également membres du Congrès), pour créer Calédonie ensemble le . Il y a donc désormais deux partis « Ensemble » rivaux dans deux provinces sur trois et unis uniquement dans les Îles Loyauté (avec également le RPC à travers la liste « Ensemble pour les Îles », tirée par l'Avenir ensemble Egomë Bako) : l'Avenir ensemble, désormais présidé par Didier Leroux, mène des candidatures dans les trois provinces, avec des têtes de listes désignées dès le : le président du gouvernement sortant (depuis 2007) Harold Martin avec l'« Avenir ensemble-LMD » (également ouverte au Mouvement calédonien français MCF de Guy George), et pour slogan « Pour moi, c'est oui » Programme de la liste Avenir ensemble-LMD en Province Sud pour les élections du 10 mai 2009, dans le Sud ; Éric Babin, comme en 2004, avec une formation uniquement Avenir ensemble après une alliance avortée avec le Rassemblement-UMP de Léontine Ponga dans le Nord ; Egomë Bako et « Ensemble pour les Îles » (avec Calédonie ensemble et le RPC) dans les Loyauté. Calédonie ensemble part seul uniquement, avec pour slogan « Le rêve calédonien ... » Trombinoscope de la liste Calédonie ensemble sur son site officiel dans le Sud, derrière le président d'Assemblée provinciale sortant (depuis 2004) Philippe Gomès, avec une tentative échouée d'alliance avec le LMD et le ralliement d'Évelyne Lèques, figure du monde associatif et épouse du maire de Nouméa Jean Lèques (une des figures historiques du RPCR devenu Rassemblement-UMP), annoncé le « Évelyne Lèques rejoint Gomès », Les Nouvelles Calédoniennes, 09/04/2009. Dans le Nord, le parti, dirigé dans la province par Bernard Nénou, s'associe dès le avec le dissident récent du Rassemblement-UMP Gérard Poadja et constitue ainsi l'armature de sa liste « Une Province pour tous » (également soutenue par le RPC)« Gérard Poadja s'allie avec Bernard Nenou », Les Nouvelles Calédoniennes, 11/02/2009. Enfin, aux Îles Loyauté, Calédonie ensemble, qui y manque d'une base électorale, s'associe avec l'Avenir ensemble et le RPC dans « Ensemble pour les Îles » d'Egomë Bako. la fédération locale du Front national (FN), avec le départ forcé du poste de secrétaire fédéral (qu'il occupait depuis ) de Guy George, qui crée alors avec ses partisans le le Mouvement calédonien français (MCF, 2 des 5 conseillers provinciaux du Sud et des 4 membres du Congrès, à savoir, outre Guy George, uniquement Marie-Josée Gomez). Les deux partis sont uniquement présents en Province Sud : le FN part une nouvelle fois seul, avec pour tête de liste sa nouvelle présidente locale et élue sortante du Congrès et de l'Assemblée de la Province Sud, Bianca Hénin« Le portrait de Bianca Hénin », Les Nouvelles Calédoniennes, 20/04/2009. le MCF n'a qu'une seule candidate, Marie-Josée Gomez, en sur la liste Avenir ensemble-LMD de Harold Martin« L'Avenir ensemble récupère Simon Loueckhote », Les Nouvelles Calédoniennes, 20/04/2009.