vignette|Position du Massif central au centre-sud de la France et au carrefour de plusieurs zones climatiques : océanique à l'ouest, continentale à l'est et méditerranéenne au sud. vignette|Contraste de la végétation entre un adret, occupé par une lande à genêt purgatif, et un ubac, recouvert par une hêtraie, dans une vallée du Massif central (vallée de la Biourière en Aubrac).

La floreNe seront évoquées ici que les plantes vasculaires à l'exception des fougères. On n'abordera pas les plantes non vasculaires (bryophytes), groupe difficile dont l'étude est réservée à des spécialistes, ainsi que les lichens et les champignons. Un point de vue chorologique et phytosociologique a été privilégié pour rendre l'article plus agréable à lire. du Massif central est riche et diverse. Cette diversité s'explique par la grande superficie de ce massif, sa position de carrefour entre différentes zones climatiques et sa variété géologique. Les plantes que l'on peut croiser dans la partie occidentale, très humide, ne sont pas les mêmes que celles que l'on trouve dans la partie orientale, plus sèche, et la différence est encore plus grande avec les espèces que l'on peut trouver dans la partie sud (Causses, Cévennes), soumises à des influences méditerranéennes marquées. Cette composante spatiale n'est pas la seule à intervenir car l'exposition, l'altitude ou la nature du substrat sont aussi des facteurs déterminants. En effet, on peut souligner à ce propos l'opposition classique entre les versants exposés au sud et ceux exposés au nord (adret et ubac) ou encore les différences qui existent dans la végétation entre, d'une part, les sols acides (granite) et d'autre part, les sols basiques (calcaire ou basalte). Bien que l'altitude du Massif central soit faible par rapport à d'autres massifs montagneux comme les Alpes ou les Pyrénées, on observe un étagement de la végétation très net qui peut aller de la végétation méditerranéenne à la pelouse subalpine (cas des Cévennes). D'une façon générale, dans la majeure partie du Massif central, on peut distinguer quatre étages de végétation : un étage de plaine jusqu'à d'altitude (bien représenté dans la Limagne) ; un étage collinéen (jusqu'à d'altitude sur la majeure partie du massif sauf au nord-ouest où cette limite est plus basse) ; un étage montagnard (jusqu'à d'altitude) ; un étage subalpin (au-delà de d'altitude).

Dans les Cévennes, l'étage de plaine peut être qualifié d'« étage méditerranéen ». Ces limites peuvent évidemment varier suivant l'exposition (plus basses en versant nord).

Étage de plaine thumb|left|Aspect de la plaine de Limagne avec ses petits sommets volcaniques.

C'est un niveau relativement peu présent dans le Massif central qui est avant tout un pays de hauts plateaux. Il est néanmoins bien représenté dans la plaine de Limagne ainsi que dans les bassins de Roanne et de Montbrison. Ce sont des espaces intensément cultivés qui laissent peu de place à la nature. Ce sont également des zones peu arrosées (la Limagne d'Issoire est ainsi l'un des lieux les plus secs de France avec à peine plus de de précipitations par an) et soumises à un climat semi-continental (plus exactement semi-océanique « intramontagnard » ou semi-océanique d'abri, dans climat de la France) assez marqué avec des étés chauds et des hivers froids (en raison des fréquentes inversions de température). Parmi les plantes caractéristiques de ce milieu figurent le Chêne pubescent (Quercus pubescens), le Chèvrefeuille étrusque (Lonicera etrusca), le sainfoin (Onobrychis viciifolia), la Sauge des prés (Salvia pratensis), le Coquelicot, le Trèfle des prés, la Pensée sauvage, le Polygale commun, l'Achillée millefeuille, la Véronique de Perse et beaucoup d'autres qui ne sont pas du tout spécifiques de la flore d'Auvergne.

En fait, seuls les quelques petits sommets volcaniques qui parsèment ici et là la Limagne revêtent un intérêt écologique surtout sur leurs versants sud où se développe une flore à affinité méditerranéenne. On a pu ainsi y releverD'après les relevés effectués par le Conservatoire Botanique National du Massif central (CBNMC). la présence de plusieurs plantes intéressantes d'origine clairement méridionale comme la Luzerne de Montpellier (Trigonella monspeliaca), le Liseron rayé (Convolvulus lineatus) ou l'Astragale de Montpellier (Astragalus monspessulanus).

Dans les Cévennes, l'étage de plaine est l'étage méditerranéen : c'est la garrigue languedocienne où domine le Chêne vert.

Étage collinéen vignette|gauche|La vallée du Lot vers Mende. Les versants ont été reboisés massivement en pins noirs. Ce niveau est plus souvent forestier que l'étage inférieur. Les arbres caractéristiques à cette altitude sont le Chêne sessile et le Chêne pédonculé surtout dans l'Ouest du massif. À l'Est, apparaît le pin sylvestre. La flore qui accompagne ces espèces ligneuses n'est pas particulièrement remarquable : on retrouve là les fleurs des bois classiques comme le Muguet, l'Anémone sylvie, le Mélampyre des prés ou le Sceau de Salomon. Parmi les plantes un peu moins fréquentes, on pourra croiser l'Hellébore fétide ou Pied-de-Griffon, plante facile à reconnaître et caractéristique des sols basiques (calcaire surtout). D'une façon générale, cet étage a fait l'objet aux s de reboisements massifs comme dans le Limousin (plantation de résineux) mais aussi dans le sud sur certaines pentes fortes qui avaient tendance à s'éroder (un bon exemple est fourni par les forêts de Pins noirs sur tout le pourtour des causses et en particulier dans la haute vallée du Lot autour de Mende).

Certaines zones présentent toutefois un intérêt écologique certain comme la planèze de Saint-Flour où se trouvent rassemblées en un même lieu des fleurs relativement rares d'origine continentale (Veronica spicata) et d'origine atlantique (Ranunculus nodiflorus). Il en est de même pour le bassin du Puy-en-Velay où l'on peut trouver des espèces messicoles (c'est-à-dire liées aux champs de céréales) d'origine orientale (Conringia orientalis, Neslia apiculata, etc.). La région caussenarde présente également une flore d'un très grand intérêt du fait de sa géologie particulière et de sa situation qui se caractérise par une forte pénétration de la flore méditerranéenne ainsi que par la présence de plantes issues de milieux steppiques et de montagnes calcaires (voir plus loin).

Il faut également signaler la présence à cet étage d'un œillet endémique du Massif central : l'Œillet du granite (Dianthus graniticus) poussant, comme son nom l'indique, sur sol siliceux, dans les Cévennes et le Vivarais jusqu'à une altitude d'environ .

Étage montagnard

Forêt

thumb|upright|Lis Martagon (monts d'Aubrac) thumb|left|Hêtraie d'altitude en automne. Les arbres sont limités à 5-6 m de hauteur en raison de la force des vents. À partir de d'altitude, commence le domaine du Hêtre et son cortège floristique très caractéristique. C'est en effet cet arbre qui domine à cette altitude, du moins sur une large moitié ouest du massif. À l'est, en particulier en Haute-Loire, le hêtre est remplacé par le Pin sylvestre (climat plus sec). Dans certaines zones froides et humides, le Sapin vient se mêler au hêtre et peut même y devenir dominant (Monts du Cantal, Artense, Nord de la Margeride, Forez). En tout cas, c'est bien à l'étage montagnard que le Massif central commence à se distinguer des basses terres qui l'entourent par la grande richesse de sa flore. Les espèces rencontrées varient suivant que l'on se trouve dans un bois à sous-sol basaltique (roche basique) ou dans un bois à sous-sol granitique (roche acide). Dans le premier cas, on croisera des fleurs calcicoles telles que le très précoce Perce-neige, le Centaurée des montagnes, le Bois gentil, le Cirse érisithales (plus rare), la Cardamine à cinq ou sept folioles ou le Séneçon cacaliaster et aussi parfois paradoxalement des espèces calcifuges (en raison du caractère relativement neutre du basalte, celui-ci comportant peu de silice ou de carbonate de calcium à l'état libre, ces éléments se présentant sous forme de silicates). Par contre, sur le granite, on ne trouvera aucune espèce calcicole. Parmi ces espèces acidophiles, on peut citer le Séneçon de Fuchs (très présent dans le Forez), la Prénanthe pourpre, le Mélampyre des prés ou le Mélampyre des forêts. Toutefois, une grande majorité de fleurs s'accommodent des deux types de sol : Aspérule odorante, Lis martagon, Maïanthème à deux feuilles, Luzule blanc-de-neige, Digitale pourpre, Parisette, Doronic d'Autriche, Scille à deux feuilles, Jacinthe des Pyrénées (ouest du massif), Sceau de salomon verticillé, Calament à grandes fleurs (« thé d'Aubrac »), etc. Les influences climatiques interviennent aussi : on peut ainsi trouver par exemple dans les forêts de l'Ouest du massif des plantes rares à affinité atlantique comme le Pavot jaune (Meconopsis cambrica).

Toutes ces plantes se retrouvent dans la zone du Hêtre (surtout en lisière de bois ou dans les clairières car les bois de hêtres sont très sombres, ce qui empêche la croissance de la majorité des plantes) ou dans les taillis de noisetiers, mais quelques-unes d'entre elles se retrouvent aussi dans la zone du Pin sylvestre. Par ailleurs, les forêts de pins étant plus claires, celles-ci abritent plus d'espèces végétales, en particulier des arbustes tels que le Genévrier commun et des mousses.

Enfin, dans les coupes de bois, on rencontre très fréquemment la digitale pourpre et l'Épilobe en épi, espèce pionnière qui colonise parfois de grandes surfaces, souvent accompagnésClasse phytosociologique Epilobietea angustifolii. d'arbres ou d'arbustes comme le Bouleau, le Sureau noir (altitude < ), le Sureau rouge (rare en dessous de d'altitude) ou, plus banalement, le Genêt à balais.

Espaces ouverts

thumb|left|Lande à genêt purgatif (Aubrac) thumb|left|Pulsatille rouge (endémique du Massif central) Dans le Massif central, les espaces ouverts à l'étage montagnard sont tous d'origine anthropique. Il convient d'en distinguer trois types : les pâturages des montagnes volcaniquesPâturages caractérisés par l'association Diantho sylvatici-Meum athamantici (Œillet des bois, Fenouil des Alpes) dont les phytosociologues distinguent 2 variantes : une semi-héliophile à Euphorbia hyberna (espèce relictuelle de la hêtraie) et une autre plus hygrophile à Serratula tinctoria. Source : Pelouses acidiclines montagnardes du Massif central, Natura 2000, très riches à la fois sur le plan écologique et agronomique, les landes ou les pelouses des sols granitique ou schisteux, moins intéressantes sur le plan agronomique mais très riches en espèces et enfin les prés de fauche. Dans les landes, plusieurs sous-catégories peuvent être distinguées : landes à Fougère, à Genêt purgatifDans la littérature, cette lande est dénommée « formation montagnarde à Cytisus purgans ». Elle est très courante dans le sud et le centre du massif (Margeride, Aubrac, Cévennes). Toutefois, sur sol profond, le genêt purgatif est fortement concurrencé par le genêt à balai (Cytisus scoparius) avec lequel il forme des landes mixtes. Sources : Landes à Genêt purgatif du Massif central, Natura 2000., à Callune ou à Myrtille communeLa myrtille participe à plusieurs associations végétales, déterminant ainsi plusieurs sous-types de landes : lande à Gentiane jaune et Myrtille, lande à Gaillet des rochers et Myrtille, lande à Myrtille et à Genêt poilu (chaumes du Forez). Sources : Landes acidiphiles montagnardes du Massif central, Natura 2000. (ces deux dernières se retrouvant en général sur sol granitique peu épais). Par ailleurs, les landes étant des espaces de transition entre pâturage et forêt, celles-ci abritent souvent des espèces pionnières d'arbres ou d'arbustes aussi diverses que le bouleau, l'Églantier, le Noisetier, l'Aubépine, le Sorbier des oiseleurs ou l'Alisier blanc.