Frédéric François, né Francesco Barracato le à Lercara Friddi en Sicile (Italie), est un chanteur, compositeur et guitariste italo-belge francophone.
Biographie Origines et enfance Né le à Lercara Friddi en Sicile, dans une famille italienne très modeste, Francesco Barracato est le deuxième enfant de Giuseppe Barracato dit Peppino, et de Antonina Salemi dite Nina. Son père est d'abord mineur dans une mine de soufre à Lercara ; sa mère est couturière à Lercara. Le couple a huit enfantsMariana Grépinet, « Frédéric François et Lafayette, chanteurs pour dames », Paris Match, semaine du 24 au 31 mai 2017, pages 16-18.. Son père émigre en Belgique dans le bassin houiller de Liège.. où il décroche un contrat de trois ans en tant que mineur, durée de contrat qui lui donne le droit de faire venir sa famille..
En 1951, Nina et ses deux fils rejoignent le père à TilleurTilleur se trouve à de Liège. dans un convoi de la Croix-Rouge. Peppino chante pour le plaisir des chansons napolitaines et des airs d’opéra en s’accompagnant lui-même à la guitare. Francesco n'a que dix ans quand il chante pour la première fois en public 'O sole mio dans un café majoritairement fréquenté par des Siciliens de Tilleur, Le Passage à niveau.
Son père l'encourage et le forme pour ses premières prestations, alors qu'il est encore adolescent.
Débuts
En 1963, il devient semi-professionnel en tant que guitariste-chanteur dans un groupe, Les Éperviers. Il quitte le collège technique en 1965 pour le Conservatoire de musique de Liège en classe de violon où il prend notamment des cours de diction, de déclamation et de chant.
En 1966, il intègre un nouveau groupe, Les Tigres sauvages, et gagne le Microsillon d’Argent lors du Festival de Châtelet en Belgique, dont le prix comporte l’enregistrement d’un 45 tours. Il gagne, deux titres sont enregistrés : Petite fille et Ne pleure pas, sous le pseudonyme de François Bara sous label Polydor. Son père achète les 500 disques pressés et parvient à les vendre pour des juke-box. Le vainqueur bénéficie aussi du passage en première partie de trois artistes confirmés : Johnny Hallyday, Pascal Danel et Michel Polnareff, son idole.
En 1969, sa rencontre avec le producteur belge Constant Defourny aboutit à son premier contrat avec une maison de disques : Barclay-Belgique. Il enregistre Sylvie en , et sort son premier 45-tours sous le nom de Frédéric François, en hommage au compositeur Chopin, dont le prénom complet était Frédéric-François. Il donne ses premières prestations en soliste dans les salles de la région de Liège au milieu du tour de chant de l’orchestre The Best Group : il interprète cinq titres de sa composition, dont SylvieSylvie est le prénom de la fille du parolier.. Il sort un nouveau 45 tours, Les Orgues de Saint-Michel, qui ne rencontre aucun succès, puis un autre Marian, accompagné d’un second titre Comme tous les amoureux, écrit spécialement pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la chanson de 1970 mais il n’est pas retenu.
Années 1970
En 1970, Frédéric François enregistre un nouveau titre JeanJean se prononce Jinn., adaptation de la chanson du film britannique Les Belles Années de miss BrodieThe Prime of Miss Jean Brodie du réalisateur Ronald Neame (1969). Cette chanson, distribuée sous le label AZ, traverse la frontière franco-belge grâce à Lucien Morisse, le directeur des programmes d’Europe 1, qui la diffuse sur son antenne et permet au jeune chanteur d’être classé pour la première fois dans un hit parade, mais elle ne suffit pas à le rendre célèbre. Il sort consécutivement deux 45-tours Le Pays d’où tu viens et Shabala : le premier est diffusé dans l’émission Formule J de la radio belge d'alors, la RTB. L’intérêt des auditeurs grandit.
En 1970, il épouse Monique Vercauteren, fille de mineur rencontrée un an auparavant. Il enregistre une nouvelle chanson, parlée cette fois et non pas chantée, I love you je t’aime en duo avec Monique. Leur premier enfant, Gloria, naît le . I love you, je t’aime, écrite par Alain Darmor, est programmée en 1971 à outrance sur la radio pirate hollandaise Véronica, qui émet depuis un bateau ancré hors des eaux territoriales. Les vendus de ce disque sont considérés comme la première véritable reconnaissance du public à son égard. Mais Monique continue de travailler en usine ; Frédéric vit mal de sa musique, et connaît un certain découragement quand il compose Comme on jette une bouteille à la mer et Je n’ai jamais aimé comme je t’aime dont le texte est signé du parolier Marino AtriaSicilien par sa mère, napolitain par son père et fils de mineur lui aussi..
Classée 1 durant treize semaines dans le hit parade de l’émission Formule J, Frédéric François sort de l’anonymat, ce qui décide son nouveau label Vogue-Belgique à distribuer Je n’ai jamais aimé comme je t’aime, prudemment, uniquement dans les magasins de disques français du Pas-de-Calais, département proche de la Belgique : sont vendus. Lui-même considère ce sixième 45-tours, enregistré sous le nom de Frédéric François, comme son premier vrai succès.
Quelques mois plus tard, naît son deuxième enfant, Vincent, le . Le véritable tube survient au cours de l’été de l’année 1972, Je voudrais dormir près de toi, vendu à . et se classe en France..
Au fur et à mesure que sortent Laisse-moi vivre ma vie ( en France, près d'un million de disques vendus), Viens te perdre dans mes bras (1973), Chicago ( en 1975), les tournées se succèdent. C’est à ce moment que naît son second fils et troisième enfant, Anthony, le . Frédéric François est classé dans les Le terme n'étant pas péjoratif à l'époque. (comme Patrick Juvet, Christian Delagrange, Dave, Mike Brant, C. Jérôme). Il profite du succès jusqu’en 1979, où l'arrivée du disco le déloge des premières places des hit-parades.
Années 1980
La traversée du désert dure trois ans, jusqu’en 1982. Ce creux de la vague qui l'atteint moralement a une conséquence psychosomatique : il est sujet à de graves crises de spasmophilie qui ne s’espacent que lorsque le succès est de nouveau au rendez-vous. Celui-ci est dû aux radios libres, qui viennent de naître, et qui diffusent à tour de bras le titre Adios Amor (1982), adaptation par le parolier Michel Jourdan d’une chanson allemande d'Andy Borg. du 45-tours sont vendus., suivi de Aimer (adaptation M.Jourdan/Andy Borg) en 1983. Ce retour en grâce lui permet de mettre sur pied un nouveau tour de chant, qu’il part roder en Haïti où il chante pour la première fois.
En 1984, il rejoint Trema, la maison de disques de Michel Sardou et Enrico Macias. Jusque-là, Frédéric François a surtout été un vendeur de 45-tours malgré treize 33T chez Vogue et il sort un nouvel album, Mon cœur te dit je t’aime, qui est disque d'or..
La naissance cette même année du Top 50 marque un tournant décisif dans sa carrière puisque pour la première fois dans l’histoire du disque, les chanteurs sont classés grâce à leurs ventes réelles et non à partir de classements subjectifs. Pourtant, à Paris, le showbiz est encore réticent. Il a 34 ans quand il passe pour la première fois à l’Olympia grâce à son imprésario Moïse Benitah qui a su convaincre Jean-Michel Boris et Paulette Coquatrix. Il affiche complet. Et l’engouement pour sa nouvelle chanson Je t’aime à l’italienne est tel que son nom s’affiche en lettres rouges encore une fois l’année suivante (1985) sur le fronton du grand music-hall de la rive droite avec Julie Pietri en première partie, son premier livre Les yeux charbon (Carrère-Lafon) est un hommage à sa famille et son public.
Le , son père Peppino Barracato meurt. Le succès de son nouvel album Une nuit ne suffit pas (première collaboration avec une parolière, Michaele) et la préparation de son troisième Olympia en 1988, l'aident à passer cette épreuve.
En 1989, il chante dans vingt-cinq villes au Canada ainsi qu'aux États-Unis () à Miami et à New York, où il donne cinq représentations dans trois salles différentes : le Brooklyn College et le Queen's College à la CUNY, et la Townhall Foundation.
Son épouse est enceinte de jumeaux. La grossesse n'arrive pas à son terme. Monique fait une fausse couche..
Années 1990
Du au , Frédéric François est à l’affiche de l’Olympia. Le premier soir, en sortant de scène, il apprend que son quatrième enfant, Victoria, vient de naître alors qu’il était en train d’interpréter la dernière chanson de son récital, Je t’aime à l’italienne. Deux ans plus tard, c’est durant tout un mois qu’il occupe la scène du grand music-hall de la rive droite. Ce sera la prestation la plus longue de sa carrière.
En 1993, il quitte Trema pour créer sa propre maison de production, MBM, afin d’acquérir une totale liberté de création et signe un contrat avec BMG pour la distribution. Il sort le dernier 45-tours vinyle de sa carrière, L’amour c’est la musique. Puis son premier CD intitulé Tzigane (ainsi qu'un premier extrait du même titre ultime 45T en Belgique).
Le , il est reçu en audience privée par le pape Jean-Paul II à Rome avec d'autres invités de marqueDionne Warwick, Natalie Cole, Laura Pausini et Los del Río. À cette occasion il chante pour la première fois de sa vie devant le Saint-Père, accompagné par 70 musiciens et les chœurs de l’opéra de Rome.
Sa mère, qu’il a toujours admirée, s’éteint le . Frédéric François lui dédie son huitième Olympia en , suivi d’une tournée qui draine plus de . Il sait qu’il va chanter pour la première fois de sa vie – le concert est prévu pour le - dans son village natal de Lercara Friddi, en Sicile. Il enregistre alors quelques mois avant cet évènement un album de standards italiens (Volare, Come Prima, Ciao, ciao bambina) intitulé Les plus grandes mélodies italiennes. Il y introduit également une chanson de famille connue de nombreux Siciliens, La porta abanidduzza (La porte entrebâillée) et, pour la première fois de sa carrière, met le dialecte sicilien à l'honneur. C’est à ses yeux comme un retour aux sources et une manière de célébrer ses trente ans de succès.
En 1999, les éditions LCJ Productions mettent en vente une VHS du film Les dédales d'Icare réalisé par Armand Rocour (1981 Belgique) ; la chanson du film, Je voyage, est interprétée par Frédéric dont c'était le premier rôle au cinéma.
Années 2000
Frédéric François aborde le en publiant son second livre, Ma vie (éd. Hors collection) avec la collaboration du journaliste Serge Igor, où il se raconte comme il ne l’a jamais fait, et où il ouvre pour la première fois ses archives de photos personnelles.
Sa tournée en 2002-2003 est marquée par plus de 100 représentations consécutives en France, Belgique et Suisse. Il décide de rendre hommage à Tino Rossi en reprenant en 2003 ses principaux succès : Méditerranée, Marinella, Ave Maria, Petit Papa Noël.
En 2004, lors de son onzième Olympia, il chante pour la première fois de sa carrière en anglais une reprise d’Elvis Presley, Love Me Tender. Le public lui fait une ovation. En 2005, après trois ans sans avoir enregistré de chansons, il sort un CD avec 15 chansons, dont Et si on parlait d’amour. Il en vend en quelques semaines.
Au mois d’, il se dévoile dans un troisième ouvrage Autobiographie d’un Sicilien (éd. Ramsay) où il présente ses valeurs et ses idéaux. Cette année-là, certaines de ses admiratrices lui donnent un autre surnom que le désormais célèbre « Frédo » ; elles l'appellent « La voix de l’amour » (The voice of love).