Le cirque Arlette Gruss est un cirque français fondé par Arlette Gruss et son époux Georgika Kobann en 1985. Depuis la mort d'Arlette Gruss en 2006, le cirque est dirigé par son fils, Gilbert Gruss. La société exploitante porte le nom d'AG Spectacle.
Histoire
La genèse : le premier chapiteau
En 1985, le cirque Arlette Gruss fait ses débuts en Irlande, où le public se fait rare. Fin décembre, le cirque vient en France. Dès 1986, le cirque Arlette Gruss effectue sa première tournée en France. En cette première saison, les spectateurs se font rares aux guichets. Les recettes sont maigres.Historique du cirque Gruss, sur cirque-gruss.com.
L’équipe, composée d’une quinzaine de personnes regroupe les membres de la famille et quelques passionnés. À l’époque, le cirque français est en crise. Nombre d’enseignes prestigieuses ont cessé leurs activités. Arlette Gruss veut changer les mentalités. Elle se lance alors dans quelques innovations. L’agencement intérieur du chapiteau utilise le velours et supprime le plastique. Les projecteurs sont peu nombreux, mais optimisés par Gilbert Gruss. Le spectacle est essentiellement composé par les membres de la famille. L’organisation de la tournée fait en sorte d’éviter les villes d’un jour. Une cinquantaine de localités accueilleront chaque année le cirque aux mêmes périodes..
Michel Palmer endosse le costume de Monsieur Loyal. Arlette Gruss choisit le slogan : « Avec nous, faites la différence.».
1987 à 1993 : le deuxième chapiteau
Dès 1987, le public se fait plus nombreux et la tendance se confirmera l’année suivante. En 1988, Gilbert Gruss commence à concevoir les programmes, ce qu'il ne cessera de faire par la suite. Forte de cet encouragement, Arlette Gruss présente son spectacle à Paris en , sur la pelouse de Reuilly. À cette occasion, Jean Kriegel, directeur du Paradis latin, remet au cirque le « Trophée de la qualité ».
En , Gilbert Gruss reçoit à Paris un chapiteau neuf où l'accent est mis sur le confort du spectateur. Il n'y a alors plus de mâts intermédiaires. L’accès aux loges et gradins se fait sur un plancher. Chaque place est individualisée grâce aux sièges baquets. Il y a également un accès pour les personnes à mobilité réduite. C'est Line Renaud qui baptise ce nouveau chapiteau.
Dès 1991, un orchestre de six musiciens se substitue aux bandes sonores, le seul orchestre vivant dans un cirque à cette époque. La régie du spectacle s’étoffe et c’est désormais Frédéric Manoukian qui, tout en étant le chef d'orchestre et arrangeur du cirque national Alexis Gruss, gère sur son temps libre les créations et adaptations musicales.
En 1992, Arlette Gruss fait partie du jury du Festival international du cirque de Monte-Carlo. Le cirque reçoit également le Prix national du cirque. En novembre de la même année, le cirque Arlette Gruss est choisi pour l’organisation du Gala de la Presse à Paris. Une soirée sera donnée au profit de l’Association Perce-neige présidée par Madame Lino Ventura. La chute de l'URSS permet au cirque d'accueillir pour la première fois des artistes russes.
À partir de 1993, France 3 filme et diffuse le spectacle. C'est Julien Lepers, puis Vincent Perrot, Nancy Sinatra, Pascal Brunner et Sergio, qui présentent cette émission de cirque. C'est aussi en 1993 qu'André (connu pour ses duos avec Frisco) arrive.
Au fil des saisons, le nombre des villes visitées s'amenuise. Afin de fidéliser au mieux la clientèle, les localités s'engagent à accepter le cirque chaque année à la même période (exemple : Lille en mars, Annecy en octobre, Paris en décembre).
1994 à 1999 : le troisième chapiteau
En 1994, la girafe Willy foule la sciure, et Yann Gruss, le fils aîné d'Arlette, vient remplacer un autre dresseur blessé. Il s'agit d'un dresseur présentant une grande variété d'animaux (ours, lions, tigres, panthères noires, guépards, wallabys, watuzis, boas, rennes, zébus, chimpanzés, bœufs, etc.). et il propose au public des numéros de « voltige » avec ses tigres, c'est-à-dire des sauts rapides et des courses dans la cage.
Fin 1994, début 1995, Gilbert Gruss prend possession d’un nouveau chapiteau. Le chapiteau avec coupole octogonale possède une structure modulable. Sa contenance peut passer selon les besoins de à . C’est ce lieu que choisissent Yves Mourousi et Marie-Laure Augry pour organiser une soirée. Le « tout Paris » de la politique, du spectacle, des médias est au rendez-vous. Les Chœurs de l'Armée rouge donnent un récital en avant-spectacle de cirque. À partir de cette année, les artistes se produisant sur scène viennent du monde entier.
En 1996, le cirque s'installe pour la première fois à Bordeaux.
En 1997, la troupe Biasini rejoint le cirque. C'est à ce moment-là que Gilbert Gruss rencontre sa future épouse, Linda Biasini. Sur proposition du Premier ministre, la même année, Arlette Gruss est faite chevalière de l'ordre national de la Légion d’honneur. Cette distinction lui sera remise par Alain Juppé. C'est également l'époque de l'arrivée de Dominique Texier dans l'entreprise, organisateur de tournée et contact presse.
Lucien Gruss, frère d’Arlette Gruss, s'intègre au cirque en 1998. C'est aussi le retour de Kobann et de ses lionnes dans la cage.
Gilbert Gruss fait appel à des ateliers de création de costumes : Abiscène et Véronèse. Son orchestre intègre de nouveaux instrumentistes dont le violon. L'éclairage est assuré par Julien L'Homme. À partir de 1999, les costumes seront conçus par Roberto Rosello. Cet artiste, davantage habitué aux exigences du music-hall et de l’opéra, découvre le monde du cirque. Cette saison marque aussi les débuts de Kévin Gruss sur la piste, fils de Gilbert et Brigitte (la première femme de Gilbert) et petit-fils d'Arlette.
2000 à 2006 : après la tempête, le quatrième chapiteau
Arlette Gruss n'a jamais voulu participer à la bataille cirque traditionnel contre nouveau cirque. Elle était convaincue que la richesse du cirque est dans sa diversité. Des suites de la tempête de décembre 1999, un nouveau chapiteau est livré en trois semaines à La Rochelle, en . C'est le lancement du anniversaire du cirque Arlette Gruss : « Arlette dépasse les bornes »[programme du cirque de l'année 2000]. Michel Palmer modifie son personnage de Monsieur Loyal, qu’il conçoit désormais comme un comédien rythmant le spectacle. Son rôle évolue alors considérablement par la suite.
En 2000, Arlette Gruss est également nommée chevalière des Arts et des lettres par Catherine Trautmann. Les enchaînements de numéros et les costumes se modernisent. Le graphisme de l'affiche qui sera utilisée tout au long de l'année 2000 a une volonté de suggérer l'ambiance du spectacle. Auparavant, les affiches étaient simples et très « cirque » (lion rugissant, tête de clown…) et n'étaient pas forcément utilisées une année tout entière ; ce n'est plus le cas à partir de celle d'« Effervescence ». C’est le début d’une nouvelle ère Arlette Gruss.
En 2002, Gilbert Gruss fait appel à un nouveau compositeur canadien : Germain Bourque. Après avoir travaillé au Cirque du Soleil et au cirque Knie, il rejoint l’équipe du cirque Gruss et y apporte une nouvelle couleur musicale. Son but est d'associer au mieux la musique à l'image. À côté de cela, le cirque participe au Téléthon, aide diverses associations de solidarité (Prima, Laurette...) et organise des séances pédagogiques pour les écoles. Enfin, des journées à tarif réduit sont organisées, pour favoriser l'accès au spectacle.
L'année 2003 voit l'arrivée d'un nouvel équipement : une piste surélevée à du sol reposant sur vérins hydrauliques (système mis au point et exploité par Alexis Gruss senior et son frère André Gruss (père d'Alexis Gruss) en 1954, puis largement utilisé par Jean Richard dans son cirque éponyme dans les années 1970). La conception est d’Arthur Verstraete. Le revêtement est en tartan recouvert d’un tapis. Ses deux principales qualités sont son horizontalité et sa solidité (elle supporte quatre éléphants)
En 2004, Lucien Gruss quitte le cirque, et c'est Gilbert qui le remplace avec la cavalerie..
En 2005, c'est Linda Gruss qui reprend la place aux côtés des chevaux. Par ailleurs, le cirque renforce son administration, devenant ainsi une PME de de 11 nationalités, avec un siège social sédentaire et un budget quotidien de . Il s'agit également de l'année des du cirque, fêtés avec un programme intitulé « Rêves ».
2006 : le décès d'Arlette Gruss
Le , Arlette Gruss meurt de maladie dans sa maison d'hiver de La Fontaine-Saint-Martin. Le , amis et artistes l'applaudissent une dernière fois au passage de son cercueil. Gilbert Gruss est désormais directeur général, en plus de créer chaque spectacle avec, notamment, l'aide de Julien Lhomme. En , plus de ont foulé cette piste.
À partir de cette période, la décoration intérieure du chapiteau est confiée aux élèves du lycée professionnel Léonard-de-Vinci à Paris, encadrés de leur équipe enseignante. Les masques, coiffes et chapeaux sont conçus par William Guilhem et Emmanuel Blin pour les ateliers Lisadora. C’est Catherine Gauthier, artiste proche du milieu théâtral, qui écrit avec Michel Palmer les textes du spectacle. Gilbert Gruss s'entoure également d'une directrice de casting en la personne de sa seconde épouse Linda Biasini et d’une conseillère chorégraphique, Marisa Biasini, sœur de Linda.
Michel Palmer, le Monsieur Loyal du cirque Arlette Gruss prend sa « retraite » en fin de saison 2007 avec la dernière de « Pile ou Face ». Cette saison est également la dernière de Frisco, arrivé au cirque en 1990.
Il n'y aura pas de Monsieur Loyal en 2008, certaines présentations de numéros étant contées ou chantées. Cependant, Claude Brunel tiendra le rôle de fil rouge du spectacle « Mirages ». 2008 est aussi l'année des débuts de Laura-Maria Gruss, petite-fille d'Arlette, fille de Gilbert et Linda, sixième génération de la famille à officier dans le monde du cirque.. Le décès de Dominique Texier est à déplorer à Rouen.
2009 : « La Cathédrale » : un chapiteau révolutionnaire
vignette|La « Cathédrale » à Bordeaux en janvier 2009.
Après deux ans d'études techniques, le nouveau chapiteau baptisé « La Cathédrale » voit le jour à Bordeaux en 2009. Il est de fabrication française pour la toile (entreprise girondine AB2CS) et italienne pour les structures métalliques (Anceschi Carlo & ). Il a nécessité quatre mois de fabrication et a fait l’objet d’un cahier des charges strict. Les calculs ont été faits par le bureau d'études ASTEO (région lyonnaise). Il réunit tente d'accueil, salle de spectacle et coulisses. Sa résistance aux intempéries est exceptionnelle pour sa taille : sur pour une hauteur de .. Il a une capacité de assises.
Germain Bourque gère les arrangements musicaux jusqu'en 2009. Cette année-là, Kévin Sagau prend la relève de Monsieur Loyal. D'abord discret la première année (n'intervenant qu'au final de « La Cité du Cirque »), il reprend Monsieur Loyal en 2010 avec le spectacle du dans une présentation parfois slamée et chantée.
2010 à 2013 : l'évolution sous le chapiteau
thumb|Tom Dieck et son groupe de fauves en janvier 2013. L'anniversaire des du cirque est fêté par la Patrouille de France, qui survole le chapiteau le . Depuis le début de l'année, le chorégraphe Bruno Agati habille de danse chaque numéro. Il est assisté de Linda et Marisa Biasini.. Cette année-là voit également le retour de Frédéric Manoukian pour le spectacle du .
En 2011, Christophe Denizot prend le relais comme compositeur de « Poussières d'Étoile », tandis que Kévin Sagau poursuit son rôle, entouré de deux chanteurs lyriques qui accompagnent certains numéros en chanson. Quant à Nora Gruss, la sœur de Gilbert (et fille d'Arlette), caissière depuis les débuts du cirque, elle s'investit dans une association, « Le rêve de Norinia », pour permettre aux handicapés (elle souffre elle-même d'un handicap) de partager son univers.