La (en français : Commission pour la souveraineté de l'État du Mississippi) est une agence de l'État dirigée par le gouverneur du Mississippi entre 1956 et 1977 afin de lutter contre le mouvement des droits civiques et pour maintenir la ségrégation. Elle est initialement créée pour coordonner les activités de relations publiques de l'État et présenter les lois sur la ségrégation raciale qui y sont en vigueur sous un jour plus favorable.

Description

Objectifs Le but de la commission est de « protéger la souveraineté du Mississippi et de ses États frères » contre « l'empiétement du gouvernement fédéral » en matière de droits civiques et de ségrégation.

Composition La commission est composée de douze membres nommés, dont trois membres de la Chambre des représentants et deux sénateurs, chacun nommé par le président de la chambre dont ils sont membres, ainsi que d'autres nommés par le gouverneur à raison de trois par district de Cour suprême.

Le président de la Chambre des représentants de l'État, le procureur général d'État, le lieutenant-gouverneur et le gouverneur en sont également membres ex officio, ce dernier en étant également le président, bien qu'un directeur exécutif soit nommé pour les opérations courantes.

Elle dispose aussi d'une chancellerie pour ses tâches administratives, d'agents à elle et d'un réseau d'espions et d'indicateurs, rémunérés ou non. En plus de tout ceci, cette commission pouvait payer les services d'agences de détectivesEn 1963, la Commission employait cinq agences de détectives différentes.. Il a été envisagé de lui affecter les services d'avocats pour défendre la ségrégation devant les tribunaux fédéraux mais cette proposition fut refusée.

Son budget annuel initial est de dollars actuels.

Pouvoirs Cette commission a le droit de convoquer des témoins, bien que cette disposition ne semble pas avoir été utilisée.

Méthodes

Propagande Pour accomplir sa mission, la Commission utilise diverses méthodes telles que la propagande : production de films tels que , tournées de conférences, notamment par le , ou bien pamphlets défendant la ségrégation; cet ensemble de document fut surnommé une "Bible." Des visites organisées de journalistes du Nord dans des villages Potemkine furent organisées, afin de "démontrer" que la ségrégation était une réussite que Blancs et Noirs souhaitaient voir maintenir. Les résultats de ces tours étaient mitigés : si certains participants à une tournée de vingt rédacteurs de Nouvelle-Angleterre en 1956 se mirent à dire qu'il n'y aurait jamais d'intégration au Mississippi, d'autres écrivirent que la ségrégation ne durerait pas, et certains journalistes au Mississippi critiquèrent ces programmes comme étant inutilement dispendieux.

L'unité de propagande est initialement dirigée par Hal DeClerk, éditeur du journal Pilot de la ville de Rolling Fork et ancien chargé de la publicité durant la campagne électorale de Coleman. La Commission considère, comme la majeure partie de l'establishment sudiste, le mouvement des droits civiques comme étant sous contrôle communiste, un point qui entre en compte dans leur propagande.

Des indicateurs noirs sont également chargés de la propagande à l'intérieur de leurs communautés ou bien en direction du public nordiste, que ce soit dans leurs journaux, comme dans le cas de Percy Greene ou de J. W. Jones, ou au cours de conférences.

La propagande et les relations publiques occupèrent une place relativement importante: ce n'est qu'en l'année fiscale 1963-1964 que la part du budget consacré à l'investigation dépassa celle pour la communication.

Surveillance La récolte d'informations était aussi une des méthodes utilisées par la Commission: en plus de ses propres agents entreprenant des investigations, elle disposait d'un "pipeline" composé de divers notables tels que shériffs, députés, ministres du culte, hommes d'affaires ou avocats; l'un des indicateurs les plus notables fut le sénateur James Eastland, qui dressa une liste d'opposants à la ségrégations locaux tels que A. D. Beittel, président du Tougaloo College. Elle réussit également et plus difficilement à infiltrer les milieux noirs, retournant certains leaders trouvant que la jeune génération manquait de modération, ou tout simplement poussés par des besoins d'argent et voulant toucher une prime comprise entre et .

Il arrivait que certains réussirent à obtenir des fonds de la Commission pour des prestations non rendues.

Grâce à ces méthodes, la Commission avait récolté des informations sur plus de , contenues dans . Des institutions telles que la NAACP ou bien le furent également mises sous surveillance.

L’espionnage toucha aussi certaines célébrités telles qu'Elvis Presley et les Rolling Stones..

Les agents de la commission disposaient de moyens matériels réduits pour leurs opérations: si quatre émetteurs-récepteurs radio Motorola pour voitures furent achetés sous Ross Barnett, deux furent revendus à la police d'état en 1963 dans un état neuf, n'ayant jamais servi, et deux autres furent revendus l'année suivante après avoir été placées dans les véhicules personnels de deux agents, qui ne les ont jamais utilisés. Des demandes de mouchards ou même d'appareils photographes faites par l'agent Hopkins restèrent infructueuses. Enfin, les agents ne reçurent pas d'armes et avaient l'interdiction d'avoir leurs armes personnelles dans les bureaux de la CommissionEn 1963, l'agent Hopkins reçut un blâme du directeur Johnston pour avoir accidentellement emmené son arme dans les bureaux de la Commission.. Tout ceci concourut à ce que la majeure partie de la surveillance fut déléguée à des agences privées.

Répression La répression prenait plusieurs formes, telles que l'intimidation, les séquestrations et la manipulation de jurys. Par exemple, Clyde Kennard fut victime d'un coup monté dont la Commission avait été l'auteure ou du moins avait été consciente du fait après coup, qui entraîna son arrestation pour contrebande d'alcoolJusqu'en 1966, la prohibition était en vigueur au Mississippi. et sa condamnation à sept ans de prison pour vol de nourriture pour volailles. Bien que l'usage de la violence, voire l'homicide volontaire ait été plusieurs fois envisagé et discuté par certains agents, par exemple dans le cas de Clyde KennardDudley W. Conner, dirigeant du Conseil des Citoyens d'Hattiesburg, suggéra à Van Landingham, agent de la Commission, un accident de voiture des mains de ses adhérents., il n'y a pas de preuve que ces projets aient réellement été mis à exécution.

Elle envoyait également des documents aux forces de l'ordre du Mississippi afin de les aider à combattre le mouvement des droits civiques.

Certains auteurs et journalistes tels que se montrèrent critiques par rapport à cet organisme, le comparant à une Gestapo......

Histoire

Création Sa création avait été décidée par le corps législatif du Mississippi en 1956 en réaction à l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Brown v. Board of Education, par laquelle la Cour déclare la ségrégation raciale inconstitutionnelle dans les écoles publiques.

Le , le président de la chambre basse Walter Sillers soumit une proposition de loi portant création de cet organisme. Le vote eut lieu le lendemain et vit l'opposition, menée par deux députés, contre cet organisme qu'ils voyaient comme liberticide et lié aux Conseils de citoyens, aboutissant à un vote de 91 pour, 23 contre et 26 abstentions. Il y eut moins d'opposition au Sénat, où cette proposition fut votée à l'unanimité des 48 sénateurs.

Le , le gouverneur Coleman, partageant les craintes des deux députés s'étant opposés à la création de la Commission mais voulant tout de même préserver la ségrégation, créa cet organisme, qui reçut ses premiers dirigeants à la mi-avril. Une semaine après sa création, cet organisme reçut pour les deux prochaines années.

Apogée

Relations publiques sous James Coleman alt=Premier prospectus publié par la Commission (1956)|gauche|vignette|281x281px|Couverture du premier prospectus publié par la Commission, "" (1956), décrivant l'état du Mississippi comme une femme attaquée par des opposants à la ségrégation. Le gouverneur James Coleman voulait donner du Mississippi l'image d'un territoire où les relations raciales étaient positives et concentra l'attention de la Commission sur des tâches de relations publiques; elle reçut l'interdiction de transférer des fonds à des organisations ségrégationnistes telles que les Citizens' Councils; par exemple, un voyage du juge , un ségrégationniste radical inspirateur de ces conseils, pour une conférence en Californie ne reçut aucun financement public.

Cette apparente modération fut l'objet de critiques de ségrégationnistes plus radicaux, qui la surnommèrent la ("Commission pour la capitulation de l'état") et appelèrent à la dissoudre comme inutile, notamment lorsqu'un hôpital du Département des Anciens combattants des États-Unis fut construit sur une base non-ségréguée.

La découverte du fait que le pasteur Henry Harrison Humes, très influant dans la communauté noire de l'état comme le président de la plus importante communauté baptiste du Mississippi, la Il emmenait des sténographes avec lui aux réunions de la NAACP afin de fournir de meilleurs rapports., et le journaliste Percy Greene aient été des informateurs de la Commission fut une grande atteinte à leur crédibilité en tant que notables dans la communauté noire. La commission est d'ailleurs, quelques jours après la mort de Humes, allée récupérer à son domicile les preuves de ses agissements.

Répression sous Ross Barnett Ross Barnett, qui fut élu en 1959 sur une plate-forme radicalement ségrégationniste, réorienta la Commission sur l'investigation des militants des droits civiques, ou "agitateurs raciaux", mettant sous surveillance tous ceux soupçonnés d'opinions libérales sur le sujet des droits civiques, et nomma des hommes à lui dans cette commission, ainsi que des agents recrutés parmi les anciens agents du FBI ou de la police d'état opposés à l'intégration.

Des fonds à hauteur de plus de furent également transférés aux Conseils de citoyens ségrégationnistes durant le mandat de Barnett, qui en était membre. L'agence apporta son aide aux autorités locales confrontées à des militants des droits civiques et des pressions et procédures fédérales, par exemple lors des promenades de Biloxi..

A l’occasion des émeutes de Ole Miss, la Commission publia des rapports et finança un film, , pour présenter sa version des faits; la distribution de ces documents fut financée en rognant sur le budget du . Deux agents avaient été auparavant envoyés au comté d'Attala à la recherche d'informations embarrassantes pour la réputation de James Meredith mais étaient revenus bredouilles.