Mohamed el-Maadi, né le à Douar Sfahli, commune de Hammam N'Bailqui appartenait avant 1957 à la commune mixte la Séfia (aujourd'hui Mechroha) en Algérie et mort en Égypte vers 1954, est un militaire français d'origine algérienne, militant actif de l’extrême droite française nationaliste et antisémite.
Comme Mohammedi Said ou encore Mohamed Begdanealias « Jean le Manchot », ancien des Brigades internationales qui se faisait appeler « von Kerbach », il collabore activement avec le Troisième Reich pendant le régime de Vichy.
Membre de la Cagoule durant l'entre-deux-guerres, puis collaborateur au sein du Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, il passe complètement du côté allemand appelant au jihad contre les Français et participe en 1944 à la création de la Brigade nord-africaine conjointement avec Henri Lafont.
Biographie
Il est le fils du Caïd Mahfuz al-Ma'adi, Bachagha, commandeur de la Légion d'honneurAbdellali Merdaci, Auteurs algériens de langue française de la période coloniale, L'Harmattan, 2010, p.116 et de Melouka El Maadi. Il est français par filiation car son grand-père paternel, lieutenant de spahis marié à une Française, Marie Madeleine Thérèse Lacave, a été fait citoyen françaisEmeutes antijuives de Constantine en 1934 : un pogrom sur le sol français, L'Express, 26 novembre 2023. Lire en ligne., de même que son grand-père maternel.
Il étudie à la Sorbonne puis s'engage dans l'armée. Il participe à la guerre du Rif au 2 régiment de zouaves, puis est affecté au 3 régiment de zouaves.
Fortement imprégné du discours des Croix-de-Feu, militaire et militant actif de l’extrême droite française, il cherche à encourager l'antisémitisme musulman en Algérie, et, selon l'historien Joshua Cole, il joue un rôle crucial dans le déclenchement de l'émeute anti-juive de Constantine du 3 au , au cours desquels des musulmans ont tué vingt-cinq juifs (14 hommes, 6 femmes, 5 enfants, dont 14 décapités) ; trad. fr. Le Provocateur. L'histoire secrète des émeutes antijuives de Constantine (août 1934), Paris, Payot, 2023 .. Alors adjudant-chef au régiment de zouaves, il est cité à l'ordre de la division de Constantine par le général Kieffer pour sa conduite au cours des émeutes pour avoir et être Citation à l'ordre de la division du 5 décembre 1934 : , « L'héroïsme de l'adjudant El Maadi » dans La Liberté, 5 décembre 1937, p. 5. Lire en ligne.Joshua Cole, Lethal Provocation. The Constantine Murders and the Politics of French Algeria, Cornell University Press, 2019, p. 205. Lire en ligne. Il est lui-même blessé par balle. Toutefois, bien que présenté comme un héros après les émeutes, Joshua Cole estime qu'il a fait partie des « agitateurs » à l'origine du pogrom.
Mohammed el-Maadi quitte provisoirement l'armée en 1936 pour ne pas servir le gouvernement de Léon Blum. Il intègre ensuite la Cagoule et devient un des plus proches hommes de main de Jean Filiol. Chargé de recruter des hommes de main pour l'organisation, il est arrêté, avec plusieurs membres de la Cagoule, en Ce soir : grand quotidien d'information indépendant, vendredi , , année, , , . et condamné à huit mois de prison.
À nouveau engagé lors de la campagne de 1940, il est décoré de la Légion d'honneur.. Durant l'Occupation allemande, il milite au Mouvement social révolutionnaire, fondé par d'anciens cagoulards. Il devient ensuite le responsable des questions inhérentes au Maghreb au sein du Rassemblement national populaire de son ami Marcel Déat, où il organise le Comité RNP nord-africain.
Durant la même période, il entre en contact avec les cercles indépendantistes algériens présents en France et fonde en janvier 1943, un bimensuel, Er Rachid, qui est financé par l'Abwehr et atteint un tirage de exemplaires« Le journal Er Rachid, que dirigeait un Algérien décoré de la Légion d'honneur, le capitaine Mohamed El Maadi », Jean-André Faucher, L'Algérie rebelle, Éditions du Grand Damier, 1957, p. 107;. Devenu un soutien des forces de l'Axe, il y exprime .
En 1943, Mohamed el-Maadi rencontre Henri Lafont, chef du bureau de la Gestapo parisienne, avec qui il fonde la brigade nord-africaine, officiellement constituée le , avec le patronage d'Helmut Knochen, le chef de la Gestapo en France. Cette brigade comprend , dont 180 Nord-Africains, essentiellement algériens, une centaine de militants du Rassemblement national populaire (RNP) fournis par Marcel Déat ainsi que les membres de la bande de Bonny et LafontSur l'action de la BNA en Dordogne voir Patrice Rolli, La Phalange nord-africaine (ou Brigade nord-africaine, ou Légion nord-africaine) en Dordogne : Histoire d'une alliance entre la Pègre et la Gestapo (15 mars-19 août 1944), éditions l'Histoire en Partage, 2013, 189 pages.. Les chefs des cinq sections constituées au sein de cette troupe sont Paul Maillebuau, Charles Cazauba, Alexandre Villaplane, Paul Clavié et Lucien Prévost, tous promus sous-lieutenants SS (). Alexandre Villaplane sema pendant plusieurs mois la terreur sur la Dordogne, notamment à Mussidan, Saint-Pierre-de-Chignac ou Brantôme où Georges Dumas, le père du futur ministre Roland Dumas tomba sous leurs balles, il travaillera avec la Gestapo de Périgueux sous les ordres de Michael Hambrecht.
En , il se réfugie avec son épouse en Allemagne, où il est accueilli par le Grand Mufti, Amin al-Husseini.
Il est jugé par contumace en et condamné aux travaux forcés à perpétuité et à la dégradation nationale« El Maadi jugé par contumace » dans La Dépêche de Constantine, 30 juillet 1948. Lire en ligne.« L'autonomiste EL Maadi est jugé par contumace » dans Le Monde, 30 juillet 1948. Lire en ligne..
Il meurt en Égypte en 1954 d'un cancer de la gorge.
Publication L'Afrique du Nord, terre d'histoire, Éditions France-Empire, 1943.
Bibliographie Charles-Robert Ageron, « Les Maghrébins et la propagande allemande » in L'Algérie algérienne de Napoléon III à De Gaulle, Sinbad, 1980, 167-216 Luc Briand, Le Brassard, Alexandre Villaplane, capitaine des Bleus et officier nazi, Plein Jour, 2022, 271 p. Joshua Cole, Lethal Provocation. The Constantine Murders and the Politics of French Algeria, Ithaca, Cornell University Press, 2019 ; trad. fr. Le Provocateur. L'histoire secrète des émeutes antijuives de Constantine (août 1934), Paris, Payot, 2023 . Roger Faligot et Rémi Kauffer, Le croissant et la croix gammée, Albin Michel, 1990 Mahfoud Kaddache, Histoire du nationalisme algérien, Société nationale d'édition et de diffusion, 1980, v.2 Patrice Rolli, La Phalange nord-africaine (ou Brigade nord-africaine, ou Légion nord-africaine) en Dordogne : Histoire d'une alliance entre la Pègre et la Gestapo (-), Éditions l'Histoire en Partage, 2013, 189 pages
Notes
Voir aussi Légion nord-africaine Gestapo française
Catégorie:Naissance dans la wilaya de Souk Ahras Catégorie:Naissance en janvier 1902 Catégorie:Décès en 1954 Catégorie:Mort d'un cancer de la gorge Catégorie:Mort d'un cancer en Égypte Catégorie:Cagoule (Osarn) Catégorie:Personnalité de l'histoire algérienne Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Personnalité du Rassemblement national populaire Catégorie:Collaborateur pendant la Seconde Guerre mondiale