La géographie de la Vallée d'Aoste présente les caractéristiques de la plus petite région d'Italie, située au cœur des Alpes sur le bassin versant de la Doire Baltée.

Données générales thumb|350px|Modèle numérique de terrain de la Vallée d'Aoste. La région historique et géographique de la Vallée d'Aoste correspond au territoire de l'actuelle région autonome Vallée d'Aoste, du diocèse d'Aoste et du bassin versant de la Doire Baltée, à l'extrémité nord-occidentale de l'Italie.

Ce territoire jouxte au nord le canton suisse du Valais, à l'ouest les départements français de la Savoie et de la Haute-Savoie, au sud et à l'est le Piémont.

La région est entièrement montagneuse avec une altitude minimum de à Pont-Saint-Martin et une altitude maximum de au mont Blanc, ce dernier étant traditionnellement considéré comme le « toit de l’EuropeIl s'agit uniquement de l'Europe occidentale car le sommet le plus élevé d’Europe est en fait le mont Elbrouz dans la chaîne du Caucase, en Russie. ». L'altitude moyenne est de .

Elle occupe une superficie de , délimitée par un périmètre montagneux où se trouvent tous les sommets de plus de des Alpes italiennes : le massif du Grand-Paradis au sud, le mont Blanc à l'ouest, le massif du Grand-Combin (entièrement en territoire suisse) au nord, le Cervin et le massif du mont Rose au nord-est.

Les coordonnées géographiques des extrémités de la région sont : nord - qui correspond à la Tête Blanche (), sommet du Valpelline, à la frontière avec la Suisse ; ouest - qui correspond à l'aiguille des Glaciers (), sommet du massif de Tré-la-Tête, à la frontière avec la France ; est - près du mont Mars (), dans les Préalpes biellaises (Biella), à la frontière avec le Piémont ; sud - près de la pointe de la Galise (), sommet faisant partie des Alpes grées, à la frontière avec la France et le Piémont.

Géologie Le territoire valdôtain a été fortement influencé par les processus de formation de la chaîne des Alpes, qui présente ici ses sommets les plus élevés. Près de Courmayeur passe le front pennidique, une ligne de faille où, par le glissement entre la plaque européenne et la plaque africaine, eut lieu la formation des Alpes.

Orographie Montagnes thumb|250px|Le Cervin depuis le Breuil (haut Valtournenche). thumb|250px|Le mont Blanc. Les montagnes valdôtaines sont célèbres. Elles s'égrènent tout au long du périmètre de la région, et se divisent en grées et pennines de part et d'autre de la Doire Baltée et le massif du Mont-Blanc au-delà des vals Vény et Ferret.

Plus précisément, au nord, le long de la frontière avec le Valais, se trouvent les Alpes du Grand-Combin, les Alpes du Weisshorn et du Cervin et les Alpes du mont Rose, qui appartiennent aux Alpes pennines.

À l'ouest, le long de la frontière française, se trouvent les Alpes du Mont-Blanc, qui font partie des Alpes grées.

Au sud, à la limite avec le Piémont, on trouve les Alpes du Grand-Paradis, qui font partie elles aussi des Alpes grées.

À l'est, enfin, se trouvent les Alpes biellaises, qui appartiennent aux Alpes pennines.

Les sommets valdôtains ont été le théâtre des exploits de l'alpinisme, avec la conquête du mont Blanc (1786) ou celle du Cervin (1865), jusqu'à nos jours.

Aujourd'hui les montagnes sont aussi une destination touristique, pour se consacrer à la pratique de la randonnée ou à celle de l'alpinisme.

Plusieurs sommets valdôtains dépassent les d'altitude : le mont Blanc - ; le mont Blanc de Courmayeur - ; le Liskamm oriental - ; le Liskamm occidental - ; le Cervin - ; la pointe Louis Amédée - ; le mont Maudit - ; le Ludwigshöhe - ; la tête Noire (en allemand Schwarzhorn) - ; le dôme du Goûter - ; le nez du Liskamm - ; le Grand Pilier d'Angle - ; le Castor - ; la Pyramide Vincent - ; la pointe Walker (Grandes Jorasses) - ; la pointe Whymper (Grandes Jorasses) - ; la Dent d'Hérens - ; le Balmenhorn - ; le Breithorn occidental (Breithorn) - ; le Breithorn central (Breithorn) - ; la Corne de la Dent d'Hérens - ; le Breithorn oriental (Breithorn) - ; l'aiguille Blanche de Peuterey - ; la pointe Croz (Grandes Jorasses) - ; la Breithornzwillinge (Breithorn) - ; la Grande Rocheuse - ; le Pollux - ; la pointe Félik - ; le Rocher noir (Breithorn) - ; le Gendarme crochu de la Dent d'Hérens - ; le mont Brouillard - ; la pointe Marguerite (Grandes Jorasses) - ; le Grand Paradis - ; l'aiguille de Bionnassay - ; la pointe Giordani - ; la pointe Hélène (Grandes Jorasses) - ; l’Épaule de la Dent d'Hérens - ; le Roc - ; la dent du Géant - ; la pointe Baretti - ; le piton des Italiens - .

Les autres sommets valdôtains importants sont : le mont Grivola - ; le Petit Paradis - ; l'aiguille de Tré la Tête - ; l'aiguille de Triolet - ; l'Herbétet - ; l’aiguille Noire de Peuterey - ; l'aiguille de Leschaux - ; la Roche vive - ; le Charforon - ; le mont Dolent - ; le mont Émilius - ; la pointe Tersive - ; le pic de Luseney - ; le pic Vannetta - ; la Grande Rochère - ; le pic de Nona - ; le mont Fallère - .

Cols thumb|250px|Le col du Petit-Saint-Bernard. En Vallée d'Aoste, région montagneuse et de frontière, les cols ont toujours joué un rôle-clé. Aujourd'hui encore, en dépit de la présence de tunnelsLes principaux tunnels sont le tunnel du Mont-Blanc et le tunnel du Grand-Saint-Bernard ., ils gardent leur importance non seulement d'un point de vue historique et géographique, mais aussi pour leur intérêt traditionnel et touristique.

Les principaux cols reliant le Val d'Aoste aux vallées adjacentes sont : le col du Petit-Saint-Bernard vers la Savoie en France ; le col du Grand-Saint-Bernard vers le val d'Entremont en Valais, en Suisse.

D'autres cols sont importants, notamment : le col du Bätt ; le col Carrel ; le col Collon ; le Grand col Ferret ; le Petit col Ferret ; la fenêtre de Champorcher ; le col de Joux ; le col du Lys ; le col de la Grande Mologne ; le col du Nivolet ; le col d'Olen ; le col des Salati ; le col de Saint-Charles ; le col de la Seigne ; le col du Théodule ; le col de Valdobbia ; le col de Saint-Pantaléon.

Vallées latérales

Le sillon principal de la Vallée d'Aoste est constitué par le cours de la rivière Doire Baltée, qui se jette dans le Pô. Il s'agit d’une vallée glaciaire fermée plusieurs fois par des cluses et par les restes d'anciennes moraines.

À partir de la vallée centrale, des vallées latérales s'ouvrent de part et d'autre.

De la haute vallée vers la basse vallée, on rencontre les vallées latérales suivantes : vallées à la gauche orographique (adret) : val Ferret, combe de Vertosan, vallée du Grand-Saint-Bernard, Valpelline, vallon de Saint-Barthélemy, Valtournenche, val d'Ayas, vallée du Lys, ou vallée de Gressoney ; vallées à la droite orographique (envers) : val Vény, vallon de La Thuile, Valgrisenche, val de Rhêmes, Valsavarenche, val de Cogne, qui se divise en quatre vallées : Valnontey, vallon de Grauson, vallon de l'Urtier, Valeille, val Clavalité, vallée de Champdepraz, vallée de Champorcher.

La partie de la vallée centrale, avec les vallées latérales concernées, à l'ouest de Pierre-Taillée (près de Runaz) se dénomme Valdigne. Celui-ci comprend donc également le val Ferret, le val Vény et le vallon de La Thuile.

Hydrographie Glaciers vignette|250px|Le glacier de la Brenva. 4 % environ de la superficie valdôtaine est recouverte par des glaciers, qui sont presque au nombre de 200. Toutefois, au cours des dernières décennies ils sont en train de se retirer.

Les glaciers les plus importants sont : le glacier de la Brenva dans le massif du Mont-Blanc ; le glacier du Château blanc, bien visible depuis Aoste et la moyenne vallée ; le glacier des Grandes Murailles dans les Alpes pennines ; le glacier du Lys dans les Alpes pennines ; le glacier du Miage dans le massif du Mont-Blanc ; le glacier du Ruitor au pied de la Tête du Ruitor ; le grand glacier de Verraz au fond du val d'Ayas.

Fleuves et torrents 240px|thumb|Le torrent Lys près de Gaby. La Doire Baltée traverse entièrement la Vallée d'Aoste de l'ouest à l'est. Elle naît du glacier de la Brenva, au val Vény, mais prend son nom à la confluence entre la Doire de Ferret, qui descend du glacier de Pré de Bar et la Doire de Vény (du glacier du Miage). Elle reçoit ensuite les eaux de tous les torrents des vallées latérales, côtoie la ville d'Aoste et poursuit son cours à travers la basse vallée, caractérisée par des rapides et des cluses, jusqu'à la plaine du Pô, au Piémont. Elle se jette dans le Pô près de Crescentino.

Les principaux affluents de la Doire Baltée sont : la Doire de Valgrisenche descend du Valgrisenche et conflue près d'Arvier ; la Doire de Rhêmes descend du val de Rhêmes et conflue dans le Savara près d'Introd ; le Savara descend du Valsavarenche et conflue près d'Introd ; la Grand Eyvia descend du val de Cogne et conflue près d'Aymavilles ; le Buthier descend du Valpelline et conflue près d'Aoste ; le Marmore descend du Valtournenche et conflue près de Châtillon ; le Chalamy descend de la vallée de Champdepraz et conflue près de Verrès ; l’Évançon descend du val d'Ayas et conflue près de Fleuran (Issogne) ; l’Ayasse descend de la vallée de Champorcher et conflue à Hône ; le Lys descend de la vallée du Lys et conflue près de Pont-Saint-Martin.

Lacs vignette|250px|Le lac de Place-Moulin. vignette|Le lac de Chamolé.|280x280px En Vallée d'Aoste, il n'y a pas de lacs de dimensions remarquables.

Les lacs valdôtains sont surtout artificiels pour la production d'énergie hydroélectrique. le lac de Place-Moulin, à Bionaz ; le lac de Beauregard, au Valgrisenche ; le lac de Tsignanaz, au Valtournenche.

Les lacs naturels alpins se trouvent surtout entre et d'altitude, dans des cuvettes formées par l'érosion glaciaire. Les plus importants sont : le lac du Verney, dans le haut vallon de La Thuile ; le lac Misérin, dans la vallée de Champorcher ; le lac d'Arpy, dans la commune de Morgex ; le lac de Chamolé, en amont de Pila ; le lac du Grand-Saint-Bernard, sur le col du même nom ; le lac Bleu, au Breuil.

Climat Le climat valdôtain est typiquement alpin, caractérisé par des étés frais et des hivers froids. La vallée centrale de la Doire Baltée est la seule à jouir de conditions climatiques plus mitigées. Pendant l'hiver on assiste à de fortes chutes de neige, mais les précipitations sont assez pauvres le reste de l'année. Pour pallier cet inconvénient, dès le haut Moyen Âge les habitants ont creusé de gros canaux d'irrigation dénommés Rûs ; ceux-ci exercent encore leur fonction aujourd’hui.

Les données issues de huit stations météorologiques valdôtaines sont les suivantes :

Lieu alt TMA TME TMI préc JP Aoste (place Plouves) 583 10,9 21,3 0,6 - - Brusson 6,3 16,7 - 4,3 - - Courmayeur (ham. Dolonne) 7,8 17 - 0,9 - - Gressoney-La-Trinité (loc. d'Ejòla) 4 12,7 - 3,6 - - Gressoney-Saint-Jean(ham. Bieltschòcke) 4,6 13,8 - 4,8 - - Nus (vallon de Saint-Barthélemy) 6,1 14,6 - 1,2 - 72 Breuil (Plateau Rosa) - 5,8 1 - 11 - - Valpelline 950 8,7 16,8 0,4 - - Lieu = Station météorologique ; alt = altitude ; TMA = Températura moyenne annuelle en °C ; TME = Température moyenne estivale en °C ; TMH = Température moyenne hivernale en °C ; préc = précipitations annuelles en millimètres ; JP = Jours de pluie en un an.

Températures à Aoste Mois Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc AnnéeTempératures maximales à Aoste (°C) 4,5 7,0 11,5 15,4 20,9 24,1 26,7 24,7 20,8 14,5 8,4 5,5 15,3Températures minimales à Aoste (°C) -3,2 -0,8 2,8 6,5 10,5 13,6 15,8 14,3 12,0 6,8 1,8 -1,4 6,6

Aires protégées thumb|250px|Des bouquetins au val Vény. Pour sauvegarder le patrimoine naturel du Val d'Aoste, la richesse et la variété de son environnement, la création d'aires protégées s'est imposée au cours du .