Un tirailleur est un fantassin faisant partie des unités légères de l'infanterie.

Historique Le mot tirailleur a deux significations dans le domaine militaire.

C'est une tactique de combat de l'infanterie, souvent pratiquée par des troupes légères qui se déploient devant le front des troupes, pour harceler l'ennemi, selon les époques avec des armes de jet ou des armes à feu, en tirant fréquemment et sans ordre.

Cette méthode de combat a aussi donné son nom à certaines unités de l'infanterie légère qui la pratiquaient dans différentes armées. À partir du , l'armée française a formé beaucoup de ces unités, équipées légèrement, dans les colonies. Il y eut ainsi des tirailleurs en Afrique du Nord, en Afrique noire, en Indochine. Il y eut aussi des Tirailleurs corses en Corse.

Le mode d'action du tirailleur s'oppose à celui de l'infanterie de ligne qui combat en rang et dont les feux peuvent être commandés suivant les usages. Une plus grande autonomie est donc accordée au tirailleur qui échappe au commandement direct de son état-major. Charles Ardant du Picq remarque ainsi : « Nombre d'auteurs, nombre de militaires recommandables nous présentent les tirailleurs en grande bande comme un résultat voulu, prémédité de certaines nécessités de la guerre. Demandez-leur cependant quelques idées nettes, précises, sur ce mode d'action, et vous verrez que ce mot de tirailleurs en grande bande n'est autre chose qu'un euphémisme, mis pour désordre absolu. »

Enfin, il semblerait qu'il soit à préciser que l'étymologie du mot soit à chercher dans le verbe tirailler (dans son acception de harceler) et non dans l'expression « tire ailleurs ».

Tirailleurs de l'Armée française thumb|Lieutenant et tirailleur du RTT (1917)

Afrique du Nord Les tirailleurs nord-africains appartenaient à l'Armée d'Afrique.

Tirailleurs algériens Tirailleurs marocains Tirailleurs tunisiens

Décorations des régiments Pour les décorations et les citations, les régiments de tirailleurs nord-africains sont avec les Zouaves parmi les plus décorés de l'armée française.

Même s'ils ne furent pas à strictement parler des Tirailleurs, il convient également de mentionner les Goums marocains, tant ces fantassins participèrent étroitement aux opérations dans lesquelles les Tirailleurs furent impliqués surtout lors de la Seconde Guerre mondiale.

, sur les 34 drapeaux d'Infanterie de l'armée française décorés de la Légion d'honneur, 8 sont des régiments de fantassins nord-africains. Sur les 4 drapeaux de régiments de l'Armée française décorés à la fois de la Légion d'honneur et de la Médaille Militaire on compte un régiment de tirailleur, le R.T.A de tirailleurs algériens, Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE), Régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM), Régiment de Zouaves, site france-phaleristique.com .

Au cours de la Première Guerre mondiale, les faits d'armes des fantassins nord-africains leur valurent les plus hautes distinctions. Ils obtiennent plus de 20 % des plus hautes distinctions décernées (Drapeaux décorés de la Légion d'honneur ou de la Médaille militaire et fourragères rouges à la couleur de la Légion d'Honneur) alors que leurs effectifs au combat ne représentent à la fin de la guerre que 2 % du total des combattantsEnviron maghrébins sur en novembre 1918, Jacques Frémeaux, Les colonies dans la grande guerre, Éditions 14-18, 2006, Il n'y a pas de liaison directe entre le port d'une fourragère et l'attribution au drapeau de la décoration correspondante car c'est uniquement le nombre de citations à l'ordre de l'Armée qui est pris en compte pour l'attribution de la fourragère à une unité.

Au cours de cette guerre, au total, environ 815 régiments de toutes les armes ont été engagés par la France. Sur les 19 régiments d'infanterie qui ont eu leur drapeau décoré de la Légion d'honneur ou de la Médaille militaire on dénombre 4 régiments de tirailleursLe 5 juillet 1919, un décret du Président de la République Raymond Poincaré, attribue la Légion d'honneur (ou la Médaille militaire, pour ceux étant déjà décorés de la Légion d'Honneur) aux drapeaux de 14 régiments ( RI, RI, RI, RI, Zouaves, Zouaves, Zouaves, Zouaves, RTA, RTT, RTA, mixte Zouaves-Tirailleurs ( RTT), RIC, RICM) qui se sont illustrés au cours de la guerre. Au total 19 drapeaux de l'Armée de Terre ont été décorés de la Légion d'Honneur ou de la Médaille Militaire pour la période 1914-1918, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Royale, 1919, . Sur les 17 régiments (et 6 bataillons) qui ont reçu la fourragère à la couleur de la Légion d'honneur (au moins 6 citations à l'ordre de l'Armée) on dénombre également 4 régiments de tirailleurs.

En outre, les 16 régiments de Tirailleurs nord-africains en activité au ont tous obtenu la fourragère (au moins 2 citations à l'ordre de l'Armée) totalisant 62 citations à l'ordre de l'armée ; 7 reçurent la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerrecités deux ou trois fois à l'ordre de l'armée, 5 la fourragère aux couleurs de la Médaille militairecités quatre ou cinq fois à l'ordre de l'Armée et 4 fourragère aux couleurs de la Légion d'honneurcités six fois à l'ordre de l'Armée.Jean-Louis Larcade, Zouaves et Tirailleurs, Argonaute, 2000La décision de construire la Grande Mosquée de Paris, première mosquée construite en France, est prise après la Première Guerre mondiale pour rendre hommage aux , essentiellement des tirailleurs, tués lors de ce conflit, Maurice Barbier, La laïcité, L'Harmattan, 1995, .

Durant la Seconde Guerre mondiale, sur 36 régiments d'infanterie qui reçurent la fourragère (au moins deux citations à l'ordre de l'Armée), 14 sont des régiments de fantassins nord-africains (10 de tirailleurs et 4 Tabors marocains) .

Deux régiments, les R.T.T et R.T.A ont été cités au moins 10 fois à l'ordre de l'armée de 1914 à 1945 et comptent parmi les plus décorés de l'Armée française.

Il n'y a pas de liaison directe entre le port d'une fourragère et l'attribution au drapeau de la décoration correspondante car c'est uniquement le nombre de citations à l'ordre de l'Armée qui est pris en compte pour l'attribution de la fourragère à une unité.

Drapeaux Drapeaux décorés de la Légion d'Honneur et de la Médaille militaire de tirailleurs algériens (05/07/1919) Drapeaux décorés de la Légion d'honneur. de tirailleurs algériens (15/10/1948) de tirailleurs algériens (24/03/1902) de tirailleurs algériens (11/11/1863) de tirailleurs tunisiens (05/07/1919) de tirailleurs algériens (05/07/1919) mixte de zouaves et de tirailleurs, futur R.T.T (05/07/1919) de tirailleurs marocains (11/05/1949) Goums marocains ()

Fourragères Première Guerre mondiale

Fourragère aux couleurs du ruban de la Légion d'honneur (6 citations à l'ordre de l'Armée) de tirailleurs algériens (6 citations) de tirailleurs tunisiens (6 citations) de tirailleurs algériens (6 citations) mixte de zouaves et de tirailleurs, futur R.T.T (6 citations) Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire (4-5 citations à l'ordre de l'Armée) mixte de zouaves et de tirailleurs futur R.T.A (5 citations) de tirailleurs tunisiens (5 citations) de tirailleurs marocains (5 citations) de tirailleurs algériens (4 citations) de tirailleurs algériens (4 citations) Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918 (2-3 citations à l'ordre de l'Armée) de tirailleurs algériens (3 citations) de tirailleurs marocains (2 citations) de tirailleurs algériens (2 citations) de tirailleurs algériens (2 citations) de tirailleurs algériens (2 citations) de tirailleurs algériens (2 citations) de tirailleurs algériens (2 citations)

Seconde Guerre mondiale Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille Militaire avec olive aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1939-1945 (4-5 citations à l'ordre de l'Armée) de tirailleurs algériens (4 citations) de tirailleurs tunisiens (4 citations) de Tabors marocains (4 citations) Fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918 avec olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945 (2-3 citations à l'ordre de l'Armée) de tirailleurs algériens (3 citations) de tirailleurs marocains (3 citations) de tirailleurs marocains (3 citations) de tirailleurs marocains (3 citations) de tirailleurs marocains (2 citations) de tirailleurs marocains (2 citations) de tirailleurs marocains (2 citations) de tirailleurs marocains (2 citations) de marche nord-africain (2 citations) de Tabors marocains (2 citations) de Tabors marocains (2 citations) de Tabors marocains (2 citations)

Guerre d'Indochine Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire avec olive aux couleurs du ruban de la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (4-5 citations à l'ordre de l'Armée) de tirailleurs algériens ()

Citations collectives Première Guerre mondiale Les 16 régiments de tirailleurs nord-africains (dont 2 mixtes zouaves-tirailleurs qui ont conservé l'appellation mixte sans l'être) en activité au ont obtenu 62 citations à l'ordre de l'armée (sans compter les citations obtenues par les bataillons et les compagnies) au cours de la Première Guerre mondiale. Le décret du a également attribué la Légion d'honneur aux drapeaux des , RMT et RMZT et la médaille militaire au drapeau du RMT déjà décoré de la Légion d'honneur.

de tirailleurs algériens (4 citations)

Le , énergiquement entraîné par son chef, le lieutenant-colonel CARÉ, s'est jeté dans un élan superbe à attaque des positions allemandes et a enlevé brillamment la première ligne ennemie, sur un front de 800 mètres, brisant ensuite la résistance acharnée de réduits garnis de mitrailleuses, a atteint les objectifs qui lui étaient assignés à plus de 2 kilomètres de sa base de départ en exécutant sous le feu le plus violent un changement de direction des plus difficiles. A fait plus de 600 prisonniers.

Régiment indigène de haute valeur dont le loyalisme a toujours égalé la bravoure. Pendant les deux premiers jours d'une récente bataille, sous l'énergique impulsion de son chef, le lieutenant-colonel PIDAUT, a résisté avec une héroïque opiniâtreté à toutes les attaques d'un ennemi supérieur on nombre, appuyé par une artillerie redoutable. A gardé, au prix de sanglants sacrifices, une position importante, opposant à l'ennemi jusqu'au moment où il reçut l'ordre de se replier, une résistance acharnée que commandait impérieusement la situation tactique. Le troisième jour alerté quelques heures à peine après son retrait de cette lutte, s'est porté, malgré l'état de fatigue dans lequel il se trouvait, sur de nombreux emplacements de combat, avec un entrain remarquable. Le lendemain, a repris contact avec l'ennemi dont la progression devenait menaçante. Combattant avec sa vaillance coutumière, et disputant le terrain pied à pied, a réussi à enrayer l'avance allemande. Enfin, pendant les trois jours suivants a maintenu intégralement toutes les positions, malgré les violentes tentatives faites par l'ennemi pour l'en chasser. Malgré ses lourdes pertes, a conservé un moral très élevé, s'est toujours montré animé du même esprit de sacrifice, et en toutes circonstance n'a cessé de manifester la même inébranlable confiance dans le succès.

Régiment indigène animé du plus bel esprit offensif. Le , sous le commandement du lieutenant-colonel PIDAUT, a enlevé de haute lutte des positions ennemies fortement défendues. Poursuivant l'ennemi sur un terrain accidenté et couvert, a atteint rapidement ses objectifs, réalisant ainsi une progression de 9 kilomètres et capturant de nombreux prisonniers et un matériel important. S'était déjà distingué les 15, 16 et devant Prunay, en brisant de puissantes attaques ennemies et en reprenant l'ascendant sur l'adversaire par de vigoureuses contre-attaques.