Le fort de Bellegarde est une fortification du située à la frontière entre la France et l'Espagne, au-dessus de la ville du Perthus, dans les Pyrénées-Orientales.
Il sert alors au contrôle et à la défense du col du Perthus. vignette|Entrée du fort Histoire L'histoire de Bellegarde puise sa source dans le royaume de Majorque. En 1285, alors que ce royaume existe depuis moins de dix ans, Pierre III d'Aragon est une menace très sérieuse pour le jeune roi de Majorque Jacques II. Afin de se défendre, il fait bâtir une tour de surveillance au-dessus du Perthus, équipée pour se défendre de façon autonome. Elle a une hauteur de et ses murs sont épais de seulement .
Lorsque, durant le , le roi d'Aragon reprend le dessus militairement sur son voisin, la tour est délaissée par l'administration royale et elle ne sert plus qu'au seigneur de la région pour obliger les voyageurs à payer un péage.
Le Perthus devient un territoire français après le traité des Pyrénées (1659).
Durant la guerre de Hollande, Bellegarde est prise par les Espagnols le , puis reprise par le comte Frédéric-Armand de Schomberg après dix jours de siège, le Dr Hofer (dir.), Nouvelle Biographie générale, Copenhague, Rosenkilde et Bagger, 1969, XLIII, ..
En 1679, Vauban visite Bellegarde et approuve le plan d'agrandissement considérable que lui propose son ingénieur Christian Rousselot de Monceaux. Il y apporte des corrections, dotant notamment la place d'une fortification double« Bellegarde », sur vauban.asso.fr.. L'année suivante, Louvois accepte l'essentiel du projet. Les travaux sont engagésAlain Ayats, « Louis XIV et le Roussillon », sur mediterranees.net..
En 1793, les Espagnols lancent une offensive d'importance pour envahir le Roussillon. Le général Ricardos passe par le Vallespir, occupe Prats de Mollo le et le Fort Lagarde le . Il descend ensuite la vallée et prend Bellegarde le . Il est repris le par les troupes du général Dugommier.
Le fort accueille le corps de son libérateur à sa mort, le à Figueras, mais il est déplacé plus tard et remplacé par un monument à sa mémoireFort de Bellegarde : le gardien du col des Panissars sur histoireduroussillon.free.fr.
Durant la période révolutionnaire, le fort est un temps renommé « Fort de Midi-Libre »Villes révolutionnaires - M ou « Sud-Libre »Villes révolutionnaires - S, pour faire pendant à Condé qui, repris par les troupes républicaines, est nommé « Nord-Libre » Un régiment à travers l'histoire, le , ex- léger Par Henri Victor Dollin du Fresnel, page 123.
En 1939, c'est la Retirada, la fuite des républicains espagnols devant l'avancée des troupes franquistes. Les Espagnols sont soupçonnés et internés temporairement dans des camps à Prats de Mollo, Argelès, Rivesaltes. Le fort de Bellegarde jouera le rôle de camp d'internement en janvier et février 1939.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fort devient une prison de la Gestapo pour les prisonniers de guerre évadés, les républicains espagnols et les passeurs.
Architecture Le fort a une forme générale pentagonale. Le glacis qui l'entoure est assez important, de l'ordre de . Cinq bastions protègent l'enceinte principale, tous en relation les uns avec les autres. Derrière le rempart, un deuxième mur intérieur protège le cœur de la forteresse, marquant ainsi trois niveaux de protection : bastions, remparts, mur de protection. Le cœur de la forteresse est formé par les bâtiments de la garnison, pouvant contenir , une chapelle, un hôpital, une boulangerie et son moulin.
La chapelle est initialement plutôt grande ( de large par de haut). Elle est scindée au en deux niveaux, atténuant la hauteur. Les magasins à poudre sont enterrés dans des petits bastions aérés autonomes. La seule entrée du fort, la « Porte de France », est protégée par un fortin en forme de demi-lune. Le puits est gigantesque. D'un diamètre de , il fait de profondeur. Creusé en 1698, il est suffisant à l'époque pour permettre de soutenir un siège prolongé.
Accueil du public Le fort est ouvert au public une partie de l'année et a une petite exposition sur son histoire et l'archéologie du col de Panissars. Il est propriété de la commune qui le restaure progressivement et y organise des expositions artistiques.
Le fort fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le .
L'ancienne borne frontière n° 569 située à proximité du cimetière militaire du col de Panissars, remplacée par une nouvelle en granit, se trouve dans la cour principale du fort.
Galerie
Notes et références
Annexes Articles connexes Guerre du Roussillon Liste des châteaux des Pyrénées-Orientales Liste des forts de Vauban Liste des monuments historiques des Pyrénées-Orientales Randonnée dans les Pyrénées-Orientales Retirada
Liens externes
Fiche du Fort de Bellegarde, pour l'inventaire du ministère de la Culture Le fort de Bellegarde sur le site de la commune du Perthus Photos du Fort pour l'inventaire du ministère de la Culture Présentation sur le site Chemins de mémoire, du ministère de la défense
Bibliographie
Catégorie:Architecture militaire du XVIIe siècle Catégorie:Fortification de Vauban Catégorie:Monument historique dans les Pyrénées-Orientales Catégorie:Monument historique classé en 1967 Catégorie:Patrimoine du XVIIe siècle Catégorie:Fortification de montagne Catégorie:Histoire des Pyrénées-Orientales Catégorie:Frontière entre l'Espagne et la France Bellegarde Catégorie:Le Perthus Catégorie:Fortification du XVIIe siècle Catégorie:Site retenu pour le loto du patrimoine en 2024