Le terme de front de l'Ouest (aussi appelé le front occidental) fait référence au théâtre d'opérations en Europe de l'Ouest pendant la Seconde Guerre mondiale. De à , l'Allemagne nazie va combattre la France (Armée française puis Résistance) et le Royaume-Uni puis les États-Unis et le Canada, les principales nations belligérantes sur ce front. La férocité grandissante de ce conflit provoqua d'énormes destructions et d'immenses pertes militaires et civiles dans l'ouest de l'Europe mais certaines régions où le front s'enlisera connaitront les plus importantes destructions (Normandie, Alsace, Belgique, Pays-Bas...) et avec, nouveauté dans l'Histoire, les premiers bombardements aériens massifs de villes (d'abord allemands sur les Pays-Bas et l'Angleterre puis Alliés sur l'Allemagne mais également des villes de l'Europe occupée).

Le début de la guerre est une longue phase d'attente, la drôle de guerre, entre et . Les Français et les Britanniques ont mobilisé et massé leurs troupes sur la frontière allemande et belge mais le front reste figé, ne connaissant que quelques escarmouches, tandis que le gros des forces allemandes envahissent la Pologne. La première phase de combat sur le front de l'Ouest, à l'initiative de l'Allemagne, voit une victoire rapide de l'armée allemande en mai-, le blitzkrieg met en déroute les forces franco-belgo-britanniques. Les Britanniques réembarquent à Dunkerque et la France capitule militairement en obtenant un armistice. Les forces allemandes occupent alors les pays vaincus (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg et la France à l'exception d'une zone libre dans la moitié Sud du pays). Seul le Royaume-Uni après avoir gagné la bataille d'Angleterre n'est pas envahi et continue la guerre. Mais à l'exception des actions des résistance nationales dans les territoires occupés et les bombardements alliés depuis l'Angleterre, l'Ouest de l'Europe restera alors hors des zones de combat pendant près de quatre ans.

Un nouveau front s'est ouvert à l'est avec le lancement par l'Allemagne nazie de l'opération Barbarossa, l'invasion de l'URSS. L'entrée en guerre des États-Unis fin 1941 change la donne. Staline presse les Alliés occidentaux pour l'ouverture d'un second front en Europe afin de soulager les Soviétiques sur le front de l'Est. En , le débarquement en Afrique du Nord suivi par celui en Sicile ouvre un second front en Méditerranée. Les Allemands envahissent alors la zone libre française et après la chute de Mussolini et le renversement d'alliance de l'Italie, prennent le contrôle du Nord et du centre de la péninsule.

Mais les Alliés progressent peu en Italie et la nécessité d'ouvrir un second front dans le nord-ouest de l'Europe se fait pressante. Les Allemands accélèrent la construction du mur de l'Atlantique pour prévenir un débarquement allié. Celui-ci intervient le 6 juin 1944 en Normandie. Débute alors une éprouvante bataille de juin à , les forces alliées piétinant de longues semaines devant Caen et dans le bocage normand avant de percer le front allemand et de partiellement encercler les forces allemandes, la bataille de Normandie s'achève. Le , les Américains et les Français débarquent en Provence, l'initiative est alors aux Alliés, les Allemands se replient et le front de l'Ouest évolue alors rapidement : en quelques semaines une grande partie de la France et de la Belgique sont libérées.

Le commandement allié croit possible la fin du conflit avant la fin de l'année mais la progression est freinée à l'automne 1944. L'opération Market Garden, qui visait à contourner la ligne Siegfried par les Pays Bas est un échec et les Allemands montrent une résistance inattendue. Les Alliés doivent même faire face à une contre-offensive allemande dans les Ardennes en décembre 1944 et une, de moindre envergure, en janvier 1945 en Alsace. Finalement au sortir de l'hiver, les Alliés finissent par réussir à franchir le Rhin et envahir une Allemagne dont l'armée exsangue est alors en déroute. Les troupes alliées de l'Ouest font leur jonction avec les troupes soviétiques de l'Est en . Le à Reims, le colonel général Alfred Jodl signe l’acte de reddition inconditionnelle des forces armées allemandes, le lendemain le à Berlin est signée la capitulation allemande.

1939-1940 : Les victoires de l'Axe

Drôle de guerre

La drôle de guerre, est la première phase de la guerre à l'ouest dans les mois suivant l'invasion allemande de la Pologne et avant la bataille de France. Les Allemands attaquent la Pologne le . Aussitôt, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne et mobilisent leur troupes sur la frontière allemande et belge. La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg restent neutres. Mais de septembre 1939 à mai 1940, aucun des belligérants ne va engager le combat. Le gros des troupes allemandes est engagé en Pologne, Hitler à la suite de la faiblesse affichée de la France et de la Grande-Bretagne par la signature des accords de Munich l'année précédente ne s'attendait pas à cette déclaration de guerre. Les Français, malgré les accords passés avec la Pologne, n'attaquent pas l'Allemagne, préférant une guerre défensive derrière la ligne Maginot. Pendant 9 mois, le front ne connaitra que quelques escarmouches d'où l'expression en français de « Drôle de guerre » due au journaliste Roland Dorgelès (appelée en anglais phoney war, « fausse guerre » et en allemand Sitzkrieg, « guerre assise »).

Scandinavie

Alors que le front occidental est resté calme en , les combats entre les Alliés et les Allemands commencent sérieusement avec la campagne norvégienne quand les Allemands lancent l'opération Weserübung, l'invasion allemande du Danemark et de la Norvège, le . Ce faisant, les Allemands prennent les Alliés de vitesse. Ceux-ci avaient planifié un débarquement amphibie dans lequel ils pourraient commencer à encercler l'Allemagne, lui coupant l'approvisionnement en matières premières, principalement du minerai de fer, en provenance de Suède. Finalement, quand les Alliés tentent de débarquer en Norvège, l'attaque est repoussée. Cependant, la marine allemande (Kriegsmarine) a subi de lourdes pertes.

Bataille de France

En , les Allemands lancent une offensive à l'ouest dans ce qui sera appelé la bataille de France. Le , ils attaquent et envahissent d'abord les Pays-Bas et la Belgique, pourtant neutres. Au nord, les Pays-Bas ne résistent que trois jours. La Belgique, tournée par le nord, tiendra 18 jours en liaison avec les forces franco-britanniques. Les forces alliées étant battues par le Blitzkrieg allemand, l'armée belge capitule le , mais il n'y a pas d'armistice belgo-allemand et le gouvernement belge se réfugie en France, puis en Grande-Bretagne avec d'autres gouvernements. Les Britanniques réembarquent à Dunkerque, tandis que l'armée française cède avec à morts ainsi que blessés et que la France demande l'armistice, étant privée de tout soutien militaire. Les Allemands, quant à eux, encaissent des pertes qui s'élèvent à environ tués et blessés. La bataille est terminée, les Pays-Bas et la Belgique, qui n'ont pas signé d'armistice, sont occupés et administrés directement par les Allemands. Mais la France, grâce à l'armistice, sauve une partie de son territoire, la zone libre, qui n'est pas occupée par les Allemands et où s'installe un gouvernement français collaborateur : le régime de Vichy (nommé officiellement l'État français). Les Allemands voudraient traiter avec le Royaume-Uni, mais si les Britanniques refusent d'accepter un traité de paix, une option est de les envahir. Mais la marine allemande a subi de graves pertes en Scandinavie, et avant même d'envisager un débarquement, l'Allemagne doit réunir pour son infanterie des moyens amphibies et logistiques qu'elle ne possède pas, et aussi s'assurer en priorité une supériorité aérienne : c'est le début de la bataille d'Angleterre et du Blitz dès le mois de .

Bataille d'Angleterre

vignette|Troupes anglaises battant en retraite à Dunkerque. L'armée de l'air allemande (Luftwaffe) lance une opération de grande ampleur pour détruire la force aérienne britannique avec l'intention d'envahir le Royaume-Uni. C'est l'opération Lion de mer que l'on appelle aussi bataille d'Angleterre. L'objectif à court terme est de détruire le potentiel aérien britannique, en annihilant la production d'avions, en anéantissant les infrastructures aéroportuaires et, en intimidant la nation britannique, la forcer à la neutralité ou à la capitulation. Commencée en par l'attaque des convois maritimes britanniques, elle se poursuit par une tentative de destruction de la Royal Air Force et du potentiel aérien britannique jusqu'en avant de s'orienter vers le bombardement de Londres et de grandes villes. Cette erreur tactique permet à la Royal Air Force au bord de la rupture de se reconstituer. La bataille d'Angleterre marque la fin de toute espérance allemande d'envahir la Grande-Bretagne grâce à l'aviation britannique dans laquelle combattent des pilotes tchèques, polonais, belges et français qui ont refusé la défaite de leurs pays.

Pour les historiens militaires, l'invasion de l'Angleterre n'était qu'une idée et ne fut jamais un projet clairement élaboré, l'Allemagne n'ayant ni la puissance maritime, ni le potentiel amphibie et logistique pour une telle opération. Le but d'Hitler aurait surtout été de contraindre le Royaume-Uni à la paix (d'où le bombardement des villes à but psychologique et militairement inutile) pour lui permettre de se consacrer à son « grand dessein » de la conquête à l'Est par la guerre contre l'URSS en étant sûr de ne pas être attaqué dans le dos par une contre attaque britannique.

Le gros de la bataille d'Angleterre s'achèvera au printemps 1941, Hitler rassemblant ses avions restants pour son offensive à l'Est. Mais l'Angleterre connaîtra encore quelques bombardements importants de villes, jusqu'en , comme celui de Coventry qui anéantit cette ville, au point qu'il en naîtra le verbe « coventryser », synonyme d'anéantissement.

1941-1944 : L'intermède vignette|Débarquement de Dieppe en 1942. Malgré l'échec de la bataille d'Angleterre, Hitler estime que la Grande-Bretagne ne constitue plus une menace. La majorité de l'armée et l'aviation allemande est alors rassemblée pour le grand projet hitlérien, l'invasion de l'Union soviétique. Pendant près de trois ans, il n'y a plus de combats sur le front de l'Ouest, à l'exception de l'échec du débarquement allié de Dieppe en août 1942. Les seules actions sur le continent sont celles des résistances nationales clandestines dans les zones occupées, aidées et armées par les Alliés, et de quelques raids comme le raid britannique sur le port de Saint-Nazaire. Le combat se poursuit alors en Atlantique et dans le ciel européen.

Bataille de l'Atlantique

Le combat se poursuit en Atlantique où, depuis les bases sous-marines allemandes construites sur les côtes de France et de Norvège, les U-boots de la Kriegsmarine essayent d'isoler la Grande-Bretagne en attaquant ses navires marchands. Mais après des succès importants entre 1939 et 1942 et un important tonnage coulé, la tendance s'inverse. Avec l'entrée en guerre des États-Unis et à la suite d'une meilleure organisation de la protection navale et aérienne des convois et des progrès techniques comme le radar, l'ASDIC et les avions quadrimoteurs à long rayon d'action, la flotte sous-marine allemande subit de plus en plus de pertes. Le tonnage construit par les Alliés dépasse celui coulé par les U-Boots, qui ne sont plus en mesure courant 1943 d'être une vraie menace pour les convois vers la Grande-Bretagne. En , la bataille du cap Nord est la dernière bataille de surface dans l'Atlantique du conflit. Les Alliés ont gagné la bataille de l'Atlantique.

Construction du mur de l'Atlantique